La cérémonie de remise du prix des Sony World Photography Awards 2026 vient d’avoir lieu à Londres. Pour cette 19eédition, le prix a récompensé le travail de l’artiste visuelle Citlali Fabián. Également récipiendaire du prix de la catégorie Créativité, elle reçoit le prix de la Photographe de l’année pour son projet Bilha, Stories of my Sisters, mené auprès des communautés autochtones de l’État d’Oaxaca, au Mexique.
Sommaire
Architecture et design
Joy Saha remporte le 1er prix de la catégorie Architecture et design avec sa série Homes of Haor. Ses images aériennes, souvent capturées en vue zénithale, documentent l’architecture d’Ashtagram, au Bangladesh. Les maisons sont construites sur des tertres surélevés : chaque foyer se transforme ainsi en île lors de la mousson. Son projet souligne ainsi l’ingéniosité et la résilience des paysage aquatique et des communautés qui y résident.

2e place : André Tezza
3e place : Chen Liang
Créativité
Originaire de la communauté autochtone de Yalalteca, au Mexique, Citlali Fabián propose un travail mêlant photographies et illustrations numériques. Intitulé Bilha, Stories of my Sisters, elle vise à mettre en lumière l’histoire de femmes emblématiques de communautés de l’État d’Oaxaca ayant eu un impact significatif dans des domaines variés (droit, linguistique, arts, écologie). Elle vise ainsi à leur offrir visibilité et reconnaissance, tout en inspirant les jeunes filles à travers des modèles positifs. Elle reçoit ainsi le Grand Prix des Sony World Photography Awards 2026, ainsi que le prix de la catégorie Créativité.

2e place : Pablo Ramos
3e place : Ben Brooks
Projets documentaires
Santiago Mesa, lauréat de la catégorie Projets documentaires, a mené un travail en immersion dans des zones isolées du sud de la Colombie, où la culture de la coca constitue souvent l’unique moyen de subsistance face à l’absence de l’État. À travers cette série, le photographe vise à faire comprendre les rouages d’un système où la survie quotidienne dépend d’une production illicite imposée par les réalités géographiques et politiques.

2e place : Colin Delfosse
3e place : Alexandre Bagdassarian
Environnement
Notes on How to Build a Forest est un projet photographique mené en Équateur par la photographe Isadora Romero. Grâce à différentes techniques comme l’infrarouge ou la photographie thermique, elle tient à démontrer que les forêts ne sont pas seulement des espaces naturels, mais aussi des territoires culturels façonnés par les communautés humaines.

2e place : Matteo Trevisan
3e place : Shayne Hynan
Paysage
Dafna Talmor reçoit le prix de la catégorie Paysage grâce à son travail, initié par sa frustration devant ses propres photos de paysages. En intervenant directement au scalpel sur ses négatifs, elle a créé des images fragmentées et abstraites. Pour elle, une seule prise de vue ne suffit pas à capturer l’essence d’un lieu : elle a donc assemblé plusieurs perspectives afin de construire une réalité utopique.

2e place : Andreas Secci
3e place : Michael Blann
Perspectives
La Corée du Sud fait face à une baisse de la natalité sans précédent. En 2023, le taux de natalité du pays a atteint un niveau historiquement bas de 0,72 enfant par femme. À l’inverse, plus de 6 millions de foyers trouvent désormais un sens à la famille en adoptant un chien. Seungho Kim a choisi de placer ces deux extrêmes « sur la poêle brûlante de la vie ». Avec son projet Sunny Side Up, il livre des photos désordonnées, aux couleurs vibrantes, formant un très beau témoignage de la vie d’une famille coréenne. Pour ce travail, il reçoit le prix de la catégorie Perspectives.

2e place : Hayate Kurisu
3e place : Fredrik Lerneryd
Portrait
Le duo formé par Jean-Marc Caimi et Valentina Piccinni est récompensé pour son travail mené place Saint-Pierre, à Rome, entre le décès du Pape François et la nomination de son successeur. Plus qu’un sujet religieux, le projet capture l’énergie d’une foule immense et le besoin de se sentir connecté aux autres – comme lors d’un grand match de football, précisent les deux photographes. Leurs images mettent l’accent sur les visages, cadrant au 35 mm avec un léger flash frontal.

2e place : Marisa Reichert
3e place : Federico Borella
Sport
Le photographe néozélandais Todd Antony reçoit le prix de catégorie Sport. Il met en avant les joueurs du Buzkashi, un sport ancestral d’Asie centrale pratiqué par les nomades. Les cavaliers se disputent la carcasse d’une chèvre évidée. Pas d’équipes, pas de règles précises, mais des photos en noir et blanc, d’une grande puissance visuelle.

2e place : Morgan Otagburuagu
3e place : Rob Van Thienen
Nature morte
Vilma Taubo décroche la première place de la catégorie « Nature morte » avec sa série de photos capturant des objets du quotidien devenus des symboles de résistance. Chacun d’entre eux a la particularité d’être lié à une période historique, à un pays ou encore à des luttes sociales – à l’instar d’un morceau de pastèque, dont les couleurs rappellent celles du drapeau palestinien.
Ses photos, capturées en studio, débarrassent volontairement les objets de leur contexte, amenant le spectateur à se faire sa propre interprétation. Elle met ainsi en lumière des combats pour des droits fondamentaux et la liberté d’expression.

2e place : Gargi Sharma
3e place : Daniele Vita
Faune et nature
Pendant deux ans, Will Burrard-Lucas a mené un travail en collaboration avec la réserve du Masai Mara et la Safari Collection, au Kenya, pour soutenir les gardes forestiers chargés de la protection des rhinocéros. Ces animaux étant très craintifs, il est difficile de suivre leurs déplacements dans les zones isolées.
Pour y remédier, le photographe a utilisé son propre système de pièges photographiques, les « Camtraptions », créant un vrai studio en pleine forêt avec un éclairage sophistiqué qui ne se déclenche que lorsque l’animal est parfaitement positionné. Il s’en dégage une unicité de cadrage, mais une grande diversité des animaux rencontrés. En effet, le photographe a également réussi à capturer des images spectaculaires d’autres espèces, comme un grand koudou.

2e place : Anita Pouchard Serra
3e place : Wolfgang Duerr
Photographe de l’année de la catégorie « Open »
Le volcan Yasur, situé sur l’île de Tanna, au Vanuatu, est considéré comme l’une des régions volcaniques les plus actives au monde. C’est dans ce décor, marqué par des explosions et les projections de lave, qu’Elle Leontiev a réalisé son portrait primé aux Sony World Photography Awards. Elle y met en scène Phillip, un volcanologue autodidacte. Pieds nus sur une bombe volcanique, il est vêtu d’une combinaison de protection offerte par des scientifiques étrangers. La photographe illustre ainsi le lien organique, voire spirituel, qui unit cet homme à la puissance brute de la terre.

Photographe étudiant de l’année
Jubair Ahmed Arnob reçoit le prix du Photographe étudiant de l’année. Son projet, nommé The place where I used to play ( l’endroit où je jouais), illustre la transformation de Green Model Town, une zone résidentielle dans la périphérie de Dhaka, au Bengladesh. Autrefois entouré de rivières, d’arbres et théâtre d’une riche vie locale, l’endroit est aujourd’hui marqué par une urbanisation incontrôlée.

2e place :
3e place :
Jeune photographe de l’année
16 ans, c’est l’âge de Philip Kangas, lauréat suédois de la catégorie « Jeune photographe de l’année ». Avec sa photo, Saving History from the flames, il a immortalisé une scène saisissante : des pompiers sauvant des œuvres d’art d’un incendie à l’académie royale des Beaux-Arts de Stockholm.

Contribution exceptionnelle à la photographie
Âgé de 88 ans, Joel Meyerowitz reçoit le prestigieux prix de Outstanding Contribution to Photography 2026. Figure majeure de la photographie de rue, en Europe comme aux États-Unis, il succède à Susan Meiselas (2025) et à Sebastião Salgado (2024).
Retrouvez l’ensemble des lauréats et finalistes de l’édition 2026 des Sony World Photography Awards sur le site de la World Photography Organisation.



