Mercredi 16 avril 2026, lors d’une cérémonie au Grand Rex, la 16e édition du Nikon Film Festival a rendu son verdict. Sous la présidence du réalisateur Nathan Ambrosioni, le jury a couronné des œuvres aussi sensibles qu’audacieuses, où la beauté se révèle toujours plus complexe qu’il n’y paraît.

Présentation
Pour ce seizième rendez-vous, le Nikon Film Festival avait invité réalisateurs et réalisatrices à explorer un thème en apparence familier, mais infiniment retors : « La beauté ». Beauté des corps, des âmes, des imperfections, chacun y a apposé sa propre définition.

Côté courts-métrages, c’est L’Éclat de Tansi Makele qui a emporté le Grand Prix du Jury avec son conte contemporain sur l’apparence, le désir et le prix à payer pour être vue. Pour les mini-séries, le jury a unanimement salué Prunelle de Camille Charavet, portrait tout en nuances d’une rencontre inattendue entre deux êtres singuliers. Voici l’ensemble des films et séries récompensés.
Compétition courts-métrages
Grand Prix du Jury : L’Éclat de Tansi Makele
Une mannequin découvre qu’elle vomit des diamants, transformant son mal-être en une source de pouvoir paradoxale au cœur d’un shooting. Tansi Makele signe un conte moderne et percutant sur le prix de la visibilité, magnifié par la lumière d’Ana Maria Miranda qui remporte également le prix de la photographie.
Mention spéciale : Parfaite de Léo Grandperret et Nicolas Moreau
À travers le premier concours de beauté d’Ella, le duo de réalisateurs Léo Grandperret et Nicolas Moreau livre une œuvre tendue qui dissèque les mécanismes de la perfection. Porté par la jeune Ella Binoche, ce film impressionne par sa maîtrise et son minimalisme.
Prix International : Sirène d’Élise Rale
Contrainte d’accueillir un couple âgé dans un spa à l’heure de la fermeture, Léa voit sa perception du monde basculer de la corvée vers l’émerveillement. La réalisatrice Élise Rale réussit son passage à la réalisation avec un récit d’une grande finesse, axé sur la transmission et la beauté cachée.
Prix des Médias : Toussez d’Adrien Marcel
Le réalisateur Adrien Marcel a remporté le vote des médias avec ce court-métrage, tourné pour « moins de 30 euros » à l’intérieur d’un cabinet médical. Sa tonalité directe et impertinente ne laisse pas indifférent.
Prix de la Mise en scène : Dans tes yeux de Thomas Arnaud
Inspiré par le destin d’Ewa – la grand-mère de l’actrice principale Ewunia Adamusinska – Vouland – lors de la Seconde guerre mondiale, ce film rend hommage aux femmes déportées avec une pudeur et une rigueur visuelle absolues. Thomas Arnaud utilise son expertise de décorateur historique pour ancrer cette tragédie dans une réalité tangible et bouleversante.
Prix d’interprétation masculine : Nassim Gacem dans Le Rendez-vous des frères Lafargue
Dans l’intimité d’une salle de bain, un homme voit ses certitudes vaciller lors des préparatifs d’un rendez-vous galant. Les frères Lafargue signent un huis clos épuré dans lequel Nassim Gacem livre une performance remarquable d’économie et de précision.
Prix d’interprétation féminine : Olivia Machon dans Less Is More d’André Rodrigues Lopes
Entre son job dans les télécoms et sa troupe de théâtre amateur, Corinne incarne cette humanité ordinaire qu’André Rodrigues Lopes filme avec tendresse. Olivia Machon y insuffle une authenticité désarmante qui soutient tout l’édifice.
Prix de l’originalité et de la créativité : Le Casier d’Hugo Chetelat
Dans la vulnérabilité d’un vestiaire, Jean lutte contre le poids du regard d’autrui sur son propre corps enrobé. Hugo Chetelat aborde ce complexe avec une pudeur exemplaire, évitant soigneusement tout pathos superflu.
Prix du Scénario : Le Bijou d’Anthony Sonigo
Le Bijou est un conte sur l’amour filial entre un grand-père et son petit-fils s’articulant autour d’une bague, une chevalière « moche, mais chic ». Une histoire de transmission qui peut résonner en chacun de nous.
Prix du Montage : Stéphane Boye pour Aesthetic
À travers le calvaire d’un casting, Mariama subit la violence des diktats esthétiques qui transforment l’humain en simple marchandise visuelle. Le montage incisif de Stéphane Boye transforme cette critique politique en une expérience percutante.
Prix Sens Critique : La Pelle et la Bête de Romain Thirion
Le quotidien d’un chantier bascule dans le burlesque lorsqu’une trouvaille organique vient défier la froideur des machines. Fort de son expertise en effets spéciaux, Romain Thirion livre un film de genre à l’esthétique léchée et immersive.
Prix du Son : Louis Azaud et Antoine Barbot pour Hairitage d’Éléonore Behiri
Une séance de coiffure devient pour Tayla le portail d’un voyage onirique explorant ses racines et son héritage culturel. L’enveloppement sonore conçu par le duo Louis Azaud et Antoine Barbot s’est avéré crucial pour maintenir cette tension entre réel et imaginaire.
Prix des Écoles : Alaska Mike de Jérémy Brondoni
Pour Maud, thanatopractrice solitaire, la communication passe mieux avec les défunts qu’avec les vivants, jusqu’à une rencontre post-mortem inattendue. Ce projet étudiant brille par une profondeur thématique et un jeu d’acteur d’une maturité surprenante.
Prix du Public : Coupez ! de Yeux Ébènes, Jérémie Makiese & Tom Creuzet
Plébiscitée par les spectateurs, cette comédie transforme le chaos d’un tournage fauché en une déclaration d’amour au septième art. Yeux Ébènes et Jérémie Makiese prouvent avec brio que la détermination supplante largement les budgets confortables.
Compétition mini-séries
Grand Prix du Jury : Prunelle de Camille Charavet
Camille Charavet orchestre avec une infinie douceur le rapprochement inattendu de deux personnes que tout semble opposer. La série, franchement réussie et plébiscitée remporte également le Prix de la Photographie pour le travail minutieux d’Emmanuel Chevilliat et le Prix d’interprétation pour Luc Chareyron.
Prix du Scénario : Nos plus beaux moments d’Aurélien Leleux
Aurélien Leleux déconstruit le mythe de la maternité idéale à travers le quotidien épuisant et tragi-comique d’une jeune mère débordée. Sa plume, d’une franchise salvatrice, évacue les clichés pour offrir une chronique familiale d’une criante vérité.
Prix du Public : Toute en Beauté de Shérazade Khalladi
Entre désir de maternité tardive et obstacles burlesques, le parcours de Madeleine captive par son mélange d’absurde et d’émotion brute. Portée par une distribution de haut vol, cette série de Shérazade Khalladi s’est imposée comme le coup de cœur des spectateurs. Un beau mélange de comédie absurde et de sincérité.
Cette édition 2026 confirme une fois encore la vitalité et l’audace de la jeune création, offrant un regard pluriel et nuancé sur une beauté loin des évidences. Rendez-vous en 2027 pour une nouvelle édition qui promet déjà d’ouvrir d’autres horizons créatifs et de révéler de nouveaux talents.















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