Test Canon EOS R100 : hybride APS-C ultra-compact, abordable mais limité

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En mai 2023, Canon enrichissait sa gamme d’appareils photo hybrides APS-C en monture RF avec un boîtier ultra-léger. De par ses caractéristiques, le Canon EOS R100 est un boîtier d’entrée de gamme : il incarne ainsi la porte d’entrée dans l’écosystème EOS R. Il vise principalement un public néophyte, qui désire profiter d’une meilleure qualité d’image qu’avec un smartphone, sans sacrifier la simplicité d’usage. 

Alors, pari tenu ? En termes d’usage, les quelques concessions auxquelles doit consentir ce boîtier sont-elles pénalisantes ? Pour le savoir, ce petit hybride APS-C nous a accompagnés au quotidien pendant plusieurs semaines. Voici notre test complet du Canon EOS R100.

Phototrend Test Canon EOS R100

Canon EOS R100 : le 4e hybride APS-C en monture RF

Canon a pris son temps avant de proposer ses premiers boîtiers APS-C en monture RF. Pour autant, la marque a réussi l’exploit de passer de 0 à 4 références en à peine un an

La gamme est coiffée par l’EOS R7, destiné notamment aux fans de photo de sport et d’animaux. Son « vrai-faux jumeau », l’EOS R10, adopte un positionnement similaire, mais son capteur n’est pas stabilisé. En milieu de gamme, Canon propose l’EOS R50, un boîtier compact, connecté et équilibré.

Enfin, l’EOS R100 vient compléter cet écosystème. De tous les boîtiers EOS R, il est à la fois plus petit, le plus léger, mais aussi le plus abordable. Il ambitionne ainsi de marier sobriété avec efficacité, minimalisme avec performances. De ce point de vue, il peut être vu comme le lointain descendant de reflex à quatre chiffres (EOS 1200D, 2000D, etc) voire même du Canon EOS 100D.

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Canon EOS 1200D à côté du Canon EOS R100

Il est fourni en kit avec un objectif RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM et, le cas échéant, avec un téléobjectif RF-S 55-210 mm IS STM. Pour autant, il peut être équipé de n’importe quel objectif en monture RF. Sans oublier les objectifs reflex (en monture EF ou EF-S) via une bague d’adaptation.

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Voici les caractéristiques détaillées du Canon EOS R100 : 

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  • Capteur CMOS APS-C de 24,1 Mpx
  • Filtre passe-bas : oui
  • Processeur : Digic 8
  • Monture RF
  • Viseur électronique : 0,39 pouces, 2,36 Mpts
  • Ecran LCD : 3 pouces, 1,04 Mpts
  • Autofocus : Dual Pixel AF
  • Nombre de points AF : 443 (photo) ; 117 (vidéo)
  • Couverture AF : 3975 (photo), 3375 (vidéo)
  • Détection et suivi automatique : yeux/visage/tête/corps
  • Plage AF : -4 à 18 IL
  • Sensibilité : 100-12 800 ISO
  • Rafale (avec obturateur mécanique) : 3,5 i/s 
  • Rafale (avec obturateur électronique) : 6,5 i/s
  • Obturation : 30 à 1/4000 s
  • Vidéo : 4K 30 fps
  • Profils colorimétrique vidéo : N.A.
  • Stockage : 1xSD UHS-I
  • Connectivité sans fil : Wi-Fi, Bluetooth
  • Batterie : LP-E17
  • Rechargement par port USB : Non
  • Tropicalisation : Non
  • Dimensions : 116,3 x 85,5 x 68,8 mm
  • Poids : 336 g
  • Prix au lancement : 699 € (en kit)
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Nuit pluvieuse – Canon EOS R100 – Canon RF-S18-45mm f/4,5-6,3 IS STM – 45 mm, ¹⁄₈₀ s à ƒ / 6,3, ISO 8000

Ergonomie et prise en main

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Canon EOS R100 est… compact. Au premier abord, il ressemble à un mini-reflex, avec son ergonomie tout en rondeurs. De ce point de vue, il se montrera très rassurant pour les possesseurs d’un ancien boîtier de la marque.

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Pesant seulement 490 g avec le zoom 18-45 mm de kit, il s’avère extrêmement léger et se glisse dans n’importe quel sac. Soulignons aussi ses excellentes finitions : les plastiques utilisés inspirent confiance et le boîtier ne semble pas fragile. On aimerait en dire autant de certains boîtiers concurrents, parfois plus haut de gamme !

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L’ennui, c’est que la compacité extrême de ce boîtier conduit à certaines concessions notables. Ainsi, la poignée du boîtier n’est pas assez creusée à notre goût. Heureusement, un repose-pouce bien dessiné offre une prise en main assez rassurante. Cependant, on aura tôt fait d’équiper le boîtier d’une dragonne Peak Design Micro Clutch, par exemple. Prudence également si vous envisagez de l’utiliser avec un (gros) téléobjectif.

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En termes d’ergonomie, hélas, Canon confond minimalisme et dépouillement. Ainsi, l’écran LCD de 3 pouces n’est ni tactile, ni orientable ! Pour un boîtier de 2023, même en entrée de gamme, ça fait tache. La navigation s’effectue à travers la croix directionnelle, qui entoure le bouton Q / Set.

L’ennui, c’est que l’interface de Canon n’a pas vraiment été prévue pour un usage non-tactile, ce qui ne facilite pas toujours les choses. En outre, impossible d’appuyer sur l’écran pour sélectionner un sujet sur lequel l’appareil doit faire la mise au point. Question intuitivité, on a déjà vu mieux.

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Un écran ni tactile ni orientable en 2023, ça fait tache !

L’EOS R100 a la bonne idée d’intégrer un viseur électronique. La dalle utilisée mesure 0,39 pouce et affiche 2,36 millions de points. Il s’avère confortable, bien qu’assez étriqué. Le réglage de la dioptrie s’effectue via une petite glissière cachée sous l’œilleton, et manque un peu de précision par rapport à l’habituelle mini-roue crantée.

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Sur la tranche supérieure, la roue de sélection de modes laisse une large place aux modes automatisés et au mode Scène (aux côtés des modes P, Tv, Av et M). Le petit flash pop-up est accompagné d’une griffe porte-accessoires « classique ». Une seule roue de réglage est présente : pour les (rares) photographes utilisant le mode M, il faudra passer d’un paramètre à l’autre en jouant avec la touche haut.

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On se consolera avec le soin apporté à la disposition des commandes. La roue de sélection des modes tombe parfaitement sous le pouce. De même, (l’unique) roue de réglage et le déclencheur sont idéalement situés. Les vidéastes apprécieront le bouton d’enregistrement vidéo, ainsi que la présence d’une prise micro.

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Le Canon EOS R100, à peine plus haut qu’un Ricoh GRIII… mais plus petit qu’une tasse !

Ainsi, l’EOS R100 nous laisse une impression très contrastée. Oui, l’ergonomie est très travaillée. Cependant, l’écran non-tactile, l’absence d’une 2e molette de réglage ainsi que certaines incongruités de l’interface sont assez regrettables, même sur un boîtier d’entrée de gamme.

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Canon cherche sans doute à éviter que l’EOS R100 ne vienne marcher sur les plates-bandes de l’EOS R50… et cela se voit beaucoup.

Performances et qualité d’image du Canon EOS R100

En termes de qualité d’image, le Canon EOS R100 souffle un peu le chaud et le froid. Oui, il est capable de livrer de belles images… mais il s’avère parfois limitant, comme nous aurons l’occasion de le voir.

Au cours de ce test, nous avons utilisé l’EOS R100 avec l’objectif de kit RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM et le téléobjectif RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM. Mais aussi avec la focale fixe RF 35 mm f/1,8 IS STM.

N’hésitez pas à cliquer sur chaque image présente dans ce test pour les voir en meilleure qualité.

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Rue Jean Moulin – Canon EOS R100 – Canon RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM – 45 mm, ¹⁄₂₀₀ s à ƒ / 6,3, ISO 125
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Une ligne montage… en plein Paris ! Canon EOS R100 – Canon RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM – 55 mm, ¹⁄₁₀₀ s à ƒ / 5,0, ISO 1250
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Les extraterrestres débarquent en Normandie – Canon EOS R100 – Canon RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM – 18 mm, 20.0 s à ƒ / 7,1, ISO 2000

Côté capteur : Canon fait du neuf avec du vieux

Entrée de gamme oblige, le Canon EOS R100 « fait de la récup ». Il hérite ainsi d’un capteur CMOS de 24,1 Mpx. Une définition qui ne nous est pas inconnue, Canon ayant déjà utilisé ce capteur à plusieurs reprises (EOS 200D, 250D, 2000D, M50 Mark I et II…). On retrouve également le processeur Digic 8. Une puce assez ancienne, mais qui avait déjà fait ses preuves dans les reflex et hybrides d’ancienne génération.

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En clair, ce boîtier récupère donc des technologies de… 2017. En tant que tel, rien de grave… sauf que ce choix n’est pas sans conséquences en termes de qualité d’image et de réactivité.

Enfin, notez que les fichiers mesurent 6000 x 4000 pixels. Les RAW font entre 30 et 40 Mo, et les JPEG une dizaine de Mo.

Qualité d’image : c’est OK

En termes de qualité d’image, l’EOS R100 livre de belles images, sans plus. Le rendu global de l’image est assez soigné. La restitution des couleurs est très satisfaisante, de jour comme de nuit. Le niveau de détails est assez élevé – y compris avec les optiques de kit.

Jeunes pousses – Canon EOS R100 – Canon RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM – 183 mm, ¹⁄₄₀₀ s à ƒ / 7,1, ISO 4000
VMI – Canon EOS R100 – Canon RF 35 mm f/1,8 IS STM – 35 mm, 3,2s à ƒ / 6,3, ISO 100

À ce titre, nous avons eu l’impression que l’appareil applique un effet de sharpening (parfois assez prononcé) pour accentuer le niveau de détails. Sur les RAW, la « sensation de piqué » est un peu artificielle. Sur les JPEG, l’effet génère des artefacts peu esthétiques sur les détails les plus fins.

En outre, la mesure de l’exposition est parfois complexe. Puisque l’écran n’est pas tactile, il est difficile d’indiquer à l’appareil sur quelle zone faire la balance de l’exposition. Résultat, l’appareil fait un peu ce qu’il veut… et livre parfois une photo sur ou sous-exposée (voir image ci-dessous). Par ailleurs, les zones d’ombre affichent parfois une teinte bleutée assez étrange.

5 Caumartins – Canon EOS R100 – Canon RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM – 26 mm, ¹⁄₁₂₅ s à ƒ / 5,6, ISO 160
L’image est plaisante mais ce toit en tuiles est totalement « cramé ». Canon EOS R100 – Canon RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM – 55 mm, ¹⁄₁₆₀ s à ƒ / 7,1, ISO 100

De même, la dynamique du capteur est (très) limitée. Les blancs sont très vite cramés, les noirs vite bouchés. Les scènes présentant de forts écarts entre zones claires et zones foncées mettent clairement l’appareil en difficulté. En outre, une « frange » bleutée peut se produire en bordure des zones surexposées – et cette dernière est très difficile à rattraper a posteriori. Par ailleurs, l’appareil offre un rendu assez délavé sur certaines scènes en assez basse lumière.

Un bien beau garage – Canon EOS R100 – Canon RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM – 18 mm, ¹⁄₆₀ s à ƒ / 4,5, ISO 1000

Pire encore, le post-traitement des images est parfois très complexe, avec une latitude de retouche très restreinte. Les zones cramées sont irrécupérables. Le débouchage des ombres n’est pas évident, l’opération produisant beaucoup de bruit numérique. Sur les cas les plus complexes, une sorte de « voile » peut même apparaître sur nos images. Dans tous les cas, Canon nous avait habitué à (beaucoup) mieux.

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Saint-Lazare et bruit numérique – Canon EOS R100 – Canon RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM – 18 mm, ¹⁄₆₀ s à ƒ / 4,5, ISO 8000

En clair : mieux vaut utiliser l’appareil sur des scènes bien éclairées, sans grands écarts de luminosité. Ce qui est, in fine, assez limitant.

Montée en ISO du Canon EOS R100

Les résultats de la montée en ISO de l’EOS R100 sont plutôt corrects. Marginal de 100 à 400 ISO, le bruit fait son apparition à 500 ISO, avec une légère sensation de « grain » dans les zones d’ombre.

Le bruit devient plus notable à 1250 ISO, mais reste très maîtrisé jusqu’à 2000 ISO – malgré une légère perte de lisibilité sur les détails les plus fins. La dégradation des images devient plus perceptible à partir de 4000 ISO. Pour autant, les images restent exploitables jusqu’à 8000 ISO.

Enfin, à ISO maximum (12 800 ISO), le bruit de luminance est très présent. Heureusement, le bruit de chrominance est imperceptible. Seul (petit) reproche : le boîtier ne propose pas de mode « étendu » à 16 000 ou 25 600 ISO.

12800 ISO – Canon EOS R100 – Canon RF 35mm f/1,8 Macro IS STM – 35 mm, ¹⁄₃₂₀ s à ƒ / 6,3, ISO 12800

La montée en ISO de l’EOS R100 est donc honorable, même si le boîtier est pénalisé sur 2 aspects. D’une part, les zones claires sont très facilement « cramées ». Si on les « protège » en sous-exposant l’image, les zones sombres deviennent bouchées, et les rattraper produit énormément de bruit numérique. En somme, un serpent qui se mord la queue.

Dieppe gare et débouchage des ombres un peu violent – Canon EOS R100 – Canon RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM – 18 mm, ¹⁄₆₀ s à ƒ / 4,5, ISO 2000

L’autre souci vient des objectifs de kit en monture RF-S. Ces derniers sont très peu lumineux. L’objectif RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM « ferme » très rapidement, et l’on se retrouve à f/5,6 voire f/6,3 à 35 mm à peine (équivalent 50 mm en plein format).

L’image est globalement plaisante mais l’ouverture à f/6,3 traduit la faible ouverture maximale de l’objectif. Par ailleurs, les zones les plus claires sont cramées. Canon EOS R100 – Canon RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM – 45 mm, ¹⁄₈₀ s à ƒ / 6,3, ISO 200

En basse lumière, ceci impose au boîtier d’utiliser les hauts ISO. Et donc à dégrader la qualité d’image. Un phénomène d’autant plus gênant que la monture RF-S ne dispose à ce jour d‘aucune focale fixe lumineuse au format APS-C – et que les optiques RF sont assez onéreuses…

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Retrouvez ci-dessous une sélection de photos capturées avec le Canon EOS R100 :

Des modes de prise de vue pensés pour les débutants

Avec l’EOS R100, Canon s’adresse (très) clairement aux néophytes. Ainsi, le boîtier mise beaucoup sur ses modes de prise de vue automatisés, qui transforment l’appareil en un vrai « point and shoot » : il suffit de viser, d’effectuer la mise au point… et de prendre la photo (en JPEG uniquement). 

Outre les filtres créatifs proposés par l’appareil, on dispose d’un mode « Scène spéciale » où se cache le mode « silencieux » – ce dernier étant indisponible dans les modes P, Av, Tv et M. Enfin, l’appareil propose un mode « Auto hybride », où l’appareil crée un résumé vidéo des photos que vous capturez au cours de la journée. Une option qui trouve davantage sa place sur un smartphone que sur un boîtier photo, serions-nous tentés d’ajouter…

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Last but not least, l’EOS R100 dispose d’un mode vidéo. Mais ce dernier est assez limité, l’appareil se limitant à la 4K 25p – et avec un crop assez prononcé (1,55x). Il se rattrape en étant capable de filmer à la verticale nativement – pratique pour les réseaux sociaux. Un zoom numérique x3-x10 est aussi proposé, mais il dégrade très vite la qualité d’image. Heureusement, la stabilisation électronique est plutôt efficace… à condition de ne pas trop avoir la tremblote.

Autofocus du Canon EOS R100

Processeur Digic 8 d’ancienne génération oblige, le Canon EOS R100 propose un autofocus Dual Pixel AF… de 1e génération. Ce dernier s’appuie sur 3975 points AF (dont 143 sélectionnables par l’utilisateur). La plage de fonctionnement s’étend de -4 à 18 IL.

Sur le terrain, les performances de l’autofocus de l’EOS R100 sont inégales. Par défaut, le boîtier utilise le mode « visage + suivi », où l’appareil détecte tout seul le sujet sur lequel il doit faire la mise au point. L’ennui, c’est que la détection est assez aléatoire. Bien souvent, l’appareil se laisse distraire par un élément du décor… et refuse de faire la MAP sur le sujet – qui, du coup, a largement le temps de s’éloigner.

L’autofocus a refusé de faire la MAP sur le métro de droite, et s’est contenté de la faire sur les rails au 1er plan. Résultat, une photo légèrement ratée. Canon EOS R100 – Canon RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM – 155 mm, ¹⁄₁₆₀ s à ƒ / 7,1, ISO 500

Le mode « visage + suivi » est relativement pertinent en photographie de portrait. L’ennui, c’est que la détection de l’œil du sujet est très aléatoire. Une fois sur deux, l’appareil n’a même pas reconnu le visage de notre sujet, et s’est contenté d’une MAP « classique ». Dommage.

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Daniel – Canon EOS R100 – Canon RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM – 30 mm, ¹⁄₆₀ s à ƒ / 5,6, ISO 400

Les 3 autres modes de mise au point sont plus classiques (AF spot, collimateur unique, zone AF). Pour déplacer le collimateur, il conviendra d’utiliser la touche idoine et la croix directionnelle. Pratique pour des sujets statiques (comme la fleur ci-dessous). Mais nettement moins pour des sujets aux mouvements rapides.

Petites fleurs de Molitor – Canon EOS R100 – Canon RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM – 116 mm, ¹⁄₂₅₀ s à ƒ / 6,3, ISO 160

Du reste, la mise au point est globalement efficace. Les « vrais » ratés (liés à une erreur de l’AF) sont très rares, y compris en basse lumière. C’est seulement de nuit (ou en très basse lumière) que l’autofocus s’est mis à tâtonner franchement.

Madame vitesse – Canon EOS R100 – Canon RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM – 55 mm, ⅙ s à ƒ / 5,6, ISO 1600

En revanche, l’EOS R100 fait l’impasse sur les modes AF avancés (détection et suivi des animaux et des véhicules). Ces derniers sont réservés aux modèles plus haut de gamme (EOS R50, R10, R7).

Fenêtre sur chat – Canon EOS R100 – Canon RF 35 mm f/1,8 IS STM – 35 mm, ¹⁄₆₀ s à ƒ / 2,8, ISO 125

En mise au point manuelle, l’appareil dispose d’un mode de focus peaking. Hélas, ce dernier peut parfois être assez imprécis, et la loupe de MAP ne s’affiche pas automatiquement. En outre, l’appareil ne dispose pas des guides de mise au point (dont les aiguilles se superposent une fois la MAP correctement réglée). Un mode pourtant introduit sur l’EOS R.

Une rafale… anémique

Pour (tenter) de contenir le prix de son boîtier, Canon a limité singulièrement la cadence de déclenchement de son boîtier. Ainsi, le Canon EOS R100 monte à 3,5 i/s seulement (1er rideau électronique) avec suivi du sujet. En utilisant le mode « silencieux », on monte à 6,5 i/s – mais sans suivi du sujet. À ce stade, on en vient à se demander s’il faut parler de « rafale » ou d’un simple déclenchement en continu… 

De plus, le mode « silencieux » est pénalisé par un capteur très sensible au rolling shutter. En cas de mouvement un peu brusque, les verticales s’inclinent fortement. De même, l’effet de banding peut être assez prononcé sous certains éclairages artificiels.

Par ailleurs, le buffer est extrêmement limité. En rafale à 3,5 i/s, l’appareil permet de capturer 9 images avant de saturer… et ralentit fortement à partir de la 5e ou 6e image. Nous n’avions pas pour ambition de couvrir les prochains JO avec l’EOS R100 ; mais à ce train-là, il aura du mal à suivre les exploits sportifs du petit dernier !

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Enfin, difficile d’échapper au bruit de l’obturateur. Le « clic » au déclenchement est particulièrement sonore – et très plastique. Il peut donc devenir assez pénible. Last but not least, l’obturateur mécanique ne va pas au-delà de 1/4000 s – ce qui est assez logique compte tenu du positionnement de l’appareil.

Connectivité et autonomie… limités

Sans surprise, le Canon EOS R100 se dote d’un unique emplacement pour carte SD (UHS-I uniquement). Ce dernier est logé au même endroit que la batterie, au niveau du grip.

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Côté connectique, on dispose d’une prise micro (jack 3,5 mm), d’une prise télécommande, d’un port USB-C et d’un port micro HDMI. Hélas, point de prise casque à l’horizon.

L’appareil est compatible Wi-Fi et Bluetooth 4.2. On peut donc l’utiliser avec l’appli Canon. L’appairage est simple et très rapide. Aucun lag n’est à noter lors de la prise de vue à distance. Seul (petit) regret : seuls les JPEG peuvent être copiés sur le téléphone.

On retrouve également la batterie LP-E17 – déjà présente sur de nombreux boîtiers entrée et milieu de gamme. Si vous possédez déjà un Canon EOS 200D, 250D, 800D… vous pourrez réutiliser vos batteries sans souci. L’autonomie annoncée est de 430 vues maximum (avec l’écran LCD).

Problème : sur le terrain, nous n’avons pas réussi à atteindre cette valeur ! Au cours d’un week-end à la campagne, nous n’avons pas réussi à dépasser les 277 vues avec une seule batterie. En clair, l’achat d’une batterie supplémentaire est indispensable.

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En outre, l’indicateur de batterie de l’appareil est très imprécis. On passe ainsi de 2 barres de batterie à 0 d’un seul coup. Le chargeur lui-même n’indique pas le niveau de charge de la batterie, et est donc assez imprécis.

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Enfin, dernier grief – et non des moindres – impossible de charger le boîtier via son port USB-C. Un comble pour un boîtier de 2023 !

À qui se destine le Canon EOS R100 ?

Léger, simple et accessible, le Canon EOS R100 est un boîtier pour photographes amateurs – et plus particulièrement celles et ceux cherchant un boîtier facile à prendre en main pour débuter la photographie.

Vendu en kit avec l’objectif RF-S 18-45 mm, il se montre très compact et est prêt à vous suivre partout, au quotidien ou en voyage. Sur le terrain, il offre une bonne qualité d’image, de jour comme de nuit – à condition que les écarts de luminosité de la scène ne soient pas trop prononcés… et de ne pas monter trop haut dans les ISO. Son autofocus est globalement efficace ; cependant, sa rafale très limitée lui ferme les portes d’un usage sportif.

Répétition – Canon EOS R100 – Canon RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM – 194 mm, ¹⁄₈₀₀ s à ƒ / 7,1, ISO 500

Au final, l’EOS R100 vise les photographes voulant profiter d’une meilleure qualité d’image qu’avec leur smartphone – sans pour autant perdre en simplicité d’usage. Mais est-ce vraiment le cas ? Dans bien des cas, un smartphone est (encore) plus facile à utiliser, son mode HDR est plus performant – et il est toujours dans votre poche. De son côté, l’EOS R100 a l’avantage d’être (beaucoup) plus polyvalent – puisque l’on peut changer l’objectif

Pour autant, on se trouve (très) vite bridé par ses performances. Certes, un boîtier pour néophytes se doit d’être simple d’accès ; mais encore faut-il qu’il ne bride pas les possibilités créatives de l’utilisateur. Et de ce point de vue, nous trouvons l’EOS R100 trop limité pour qui veut progresser rapidement en photographie.

Après la pluie – Canon EOS R100 – Canon RF-S55-210mm F5-7.1 IS STM – 103 mm, ¹⁄₁₂₅ s à ƒ / 6,3, ISO 800

Les concessions de Canon pour faire baisser la facture s’avèrent trop contraignantes. On doit ainsi se contenter d’un boîtier d’entrée de gamme (trop) bridé… ou s’orienter vers les autres boîtiers de la gamme EOS R, certes mieux équipés – mais plus chers.

Conclusion : Canon EOS R100, trop de concessions !

Avec l’EOS R100, Canon confond minimalisme et dépouillement. Oui, le boîtier est séduisant à plus d’un titre : son ergonomie et ses finitions sont très soignés, et la qualité d’image est globalement satisfaisante, aussi bien de jour que de nuit. Ultra-léger, il se glisser aisément dans n’importe quel sac.

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Mais on sent que Canon veut éviter à tout prix de trop empiéter sur les modèles plus haut de gamme. Ainsi, le nombre de concessions est trop élevé. Puisque le boîtier est destiné aux débutants, pourquoi l’écran n’est-il ni tactile, ni orientable ? Pourquoi avoir fait l’impasse sur le chargement via le port USB-C ?

Duo père-fille – Canon EOS R100 – Canon RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM – 127 mm, ¹⁄₂₅₀ s à ƒ / 7,1, ISO 1000

Certes, certaines limitations, comme la rafale assez basse, sont (facilement) justifiables afin de faire baisser la facture. En revanche, d’autres sont plus critiquables, comme la mauvaise gestion des écarts de luminosité, la montée en ISO perfectible ou l’autonomie restreinte.

Au final, le Canon EOS R100 s’avère trop limité – et trop limitant pour celles et ceux qui veulent plus qu’un « simple » point-and-shoot à objectif interchangeable. Dès lors, difficile de le recommander en tant que tel. On lui préfère son grand frère, l‘EOS R50 – sans oublier les boîtiers de la concurrence, souvent bien mieux équipés… mais plus chers.

Le Canon EOS R100 est disponible nu à 579 € et en kit avec l’objectif RF-S 18-45 mm f/4,5-6,3 IS STM au tarif de 699 €. Un kit intégrant en plus le téléobjectif Canon RF-S 55-210 mm f/5-7,1 IS STM s’affiche à 929 €.

Vous pouvez retrouver ce boîtier chez Digit-PhotoMiss Numérique, Digixo, CamaraPhoto-UniversIPLN et à la Fnac et dans toutes les boutiques photo spécilisées.

Test Canon EOS R100 : hybride APS-C ultra-compact, abordable mais limité
Fabrication / finitions
8.5
Ergonomie
7.8
Qualité d'image
7
Montée en ISO
7.5
Efficacité de l'autofocus
7.5
Fonctionnalités
7
Vitesse en rafale
3
Capacité du buffer
2
Autonomie
6
Vidéo
7.6
Rapport qualité-prix
6.5
Points forts
Très compact et léger
Très bonnes finitions
AF globalement efficace
Interface et menus accessibles, même pour les débutants
Flash pop-up
Points faibles
Écran non-tactile et non-orientable
Autonomie trop juste, pas de charge via le port USB-C
Obturateur mécanique très bruyant, rafale ultra-lente, buffer minuscule
Montée en ISO perfectible
Mauvaise gestion des forts écarts de luminosité
Mode vidéo limité
Parc optique RF-S encore limité en entrée de gamme
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  1. Bonjour
    Quand je lis les points negatifs je souris
    Bref je fais de la photo avec un eos 10d.et des objectifs manuels.. Les resultats que j obtiens sont superbes. 6.5 millions de pixels des objectifs manuels… Votre evaluation est une evaluation et une notation sur un gadget technologique mais pas sur un apareil photo. Vous parlez de capteur mais pas de bokeh… Un ecran orientable. Comme si c etait essentiel… Un ecran tactile. Mon dieu si j en ai pas je meurt… Bref ces outild technologiques eloignent les gens de la vrai photo.. Ansell adams dirait quoi lui.. Cet apareil est tres bien vous allez chercher des details sans importance qui n ont rien a voir 1vec la creation photographique. Hors sujet donc.. Bone jiurnee aun passiinne de photo.. La vraie !

  2. C’est marrant je suis sorti hier avec un 200d en attendant de récupérer mon RP qui est en SAV et j’ai l’impression de quasi lire un test du 200D. J’ai pris en main le 100D au salon de la photo effectivement il a une allure de bonne qualité et je suis d’accord que l’écran non orientable sur un hybride vc’est très dommage car souvent bien pratique. Comme le dit Charles ça n’est pas non plus indispensable d’avoir ça pour faire de la photo. En tout cas aujourd’hui une alternative serait de prendre un 200D d’occasion qu’on trouve pour 300 euros qui a le même capteur et l’écran orientable. Il est en monture EF mais pas grave de pas pouvoir mettre des objo RF qui même si souvent qualifiés de pas chers sont en général 2x plus chers que les EF. On pourra toujours ensuite si on persévère acquérir un hybride et passer aux objectifs RF tout en continuant d’utiliser des EF tous compatibles grâce aux bagues canon qui fonctionnent à merveille.
    Je constate aussi des petites inégalités sur le 200D dans le calcul de l’exposition ça m’a un peu surpris car je n’avais pas connu ça sur le 100D. Bref le R100 mignon, séduisant par sa compacité mais je lui préfère un 200D avec le zoom kit de base + un EF 50mm 1.8 et pour 400 euros max je démarre la photo