Votez pour la série « Coexistence » de Pierre-Louis Ferrer aux Zooms 2024 du Salon de la Photo

Oppo quitte la France sur fond de guerre des brevets avec Nokia

Le couperet tombe. Oppo France – ou plutôt son distributeur exclusif Yang Technologycesse ses activités sur le territoire français, en dépit du succès rencontré par ses smartphones. En cause, un contentieux l’opposant à Nokia. Retour sur les motifs de ce départ et sur ses conséquences pour les utilisateurs.

Les smartphones Oppo sur le départ

Les rumeurs de ces derniers mois étaient donc fondées. Yang Technology, qui n’est autre que le distributeur exclusif de la marque Oppo en France, annonce la fin de ses activités dans l’Hexagone. Une annonce qui fait suite à une certaine période de flottement. Ainsi, les derniers modèles de la marque – comme l’Oppo Find X6 Pro – n’ont jamais été lancés officiellement en Europe.

Pour mémoire, la marque chinoise est l’un des membres du géant BBK Electronics (qui regroupe également Vivo, Realme et OnePlus). Arrivée sous nos contrées en juin 2018 – via Yang Technology – Oppo avait rapidement réussi à développer une certaine notoriété via un réseau de distribution bien fourni (Fnac, Boulanger, Amazon…). Et grâce à des opérations marketing de grande ampleur, à l’instar de son partenariat avec le tournoi de Roland Garros. Sans oublier, bien sûr, une gamme de smartphones pertinents, à l’instar du Find X5 Pro et du Reno 8 Pro.

Oppo vs Nokia : un nouveau volet de la guerre des brevets

Le départ précipité du n°4 des smartphones en France (10 % de parts de marché) trouve sa source dans le contentieux qui oppose la marque avec le géant Nokia. En effet, la marque n’aurait pas renouvelé les accords de licences avec Nokia pour l’utilisation de technologies 4G/5G, jugeant leur coût « excessif ». Nokia a ainsi obtenu plusieurs interdictions provisoires à la vente contre Oppo en Allemagne en 2022.

En parallèle, la Cour d’appel de Paris vient cependant de rendre raison à Oppo. Ainsi, la marque chinoise a gagné en première instance face à Nokia, les juges ayant considéré les brevets EP486 et EP731 du finlandais « comme nuls pour motif d’absence de nouveauté ». Il est cependant fort probable que Nokia entame une procédure en appel

Pour autant, ceci ne change rien au fond de l’affaire. Plutôt que risquer de perdre la maîtrise de ses coûts en payant une redevance globale – réclamée par les tribunaux allemands – , la marque chinoise a décidé de quitter le marché européen – qui ne représentant qu’une part relativement modérée de son chiffre d’affaires mondial.

Quelles conséquences pour les consommateurs ?

À l’heure actuelle, le site français d’Oppo est toujours en ligne. Mais sur le terrain, le départ de la marque est bien plus concret, les stocks étant épuisés auprès des différents revendeurs. Toutefois, Oppo pourrait conserver une présence en France – certes marginale – malgré la fin de Yang Technology.

Ainsi, la marque se veut rassurante au sujet de ses smartphones. « Le service client est repris par Oppo ; ainsi, l’ensemble des utilisateurs peuvent continuer à utiliser les produits Oppo, à accéder aux services après-vente, à recevoir les futures mises à jour du système d’exploitation, etc. », indique Yang Technology dans un récent communiqué.

Ce départ d’Oppo soulève cependant quelques inquiétudes au sujet de l’avenir sous nos latitudes des marques OnePlus, Realme et Vivo.

Enfin, cette affaire rappelle évidemment celle ayant entouré Huawei en 2019. En raison de souçons d’espionnage, les États-Unis avaient interdit au groupe chinois (alors n°2 mondial des smartphones) d’utiliser des technologies américaines. Huawei a ainsi perdu sa licence Android auprès de Google, et rencontre toujours d’importantes difficultés pour s’approvisionner en puces ARM.

Une situation qui avait causé le départ de la marque en Europe – dont Oppo ou Xiaomi ont d’ailleurs largement profité. Quoi qu’il en soit, la fin des activités européennes d’Oppo marque une nouvelle étape dans la guerre des brevets, qui fait rage depuis plusieurs années dans toutes les sphères de la high-tech.