Entre nature et activité industrielle : Charbon Blanc de Téo Becher

Le paysage post-industriel a souvent été un sujet de prédilection pour les photographes, qui y ont trouvé une inspiration particulière liée au contraste entre passé et présent, entre mémoire et abandon.

Dans cette perspective, le photographe Teo Becher s’est aventuré entre 2016 et 2019 dans la vallée de la Maurienne, surnommée « la vallée de l’aluminium », afin de capturer la beauté d’un territoire marqué par l’activité industrielle mais aussi par la nature sauvage qui l’entoure. Les clichés sont rassemblés dans le livre Charbon Blanc publié chez le Bec en l’Air, en 2021.

Les montagnes de la Maurienne ont été pendant longtemps un haut lieu du développement de l’industrie de l’aluminium. Tout au long du vingtième siècle les usines y étaient alimentées en électricité par le torrent de l’Arc. Aujourd’hui, seule une usine est encore en activité, et la nature a repris ses droits sur le reste du territoire.

© Téo Becher

Aujourd’hui, la vallée est traversée par les infrastructures de la modernité : l’autoroute, qui longe l’usine et perce la vallée de part en part, et bientôt une ligne de train à grande vitesse, sujet à de nombreux débats écologiques et politiques. On y trouve également quelques stations de sports d’hiver, qui révèle une autre caractéristique de cette nature maitrisée, celle du tourisme et de la consommation des ressources naturels pour l’industrie du loisir.

© Téo Becher

Pour documenter cette histoire de la modernité, le photographe a utilisé la photographie argentique, au rythme de la marche. Une façon pour lui de « brouiller les codes en acceptant le hasard et l’imperfection de la chimie argentique, emportant le lecteur dans un flottement onirique qui renforce cette interdépendance entre humain et paysage ».

Ce livre, qui mélange les photographies de montagne et de l’histoire industrielle de la vallée de la Maurienne, a reçu le Prix HiP 2021 dans la rubrique Nature 2 Environnement.

Pour en savoir plus sur Charbon Blanc, rendez-vous sur le site de Téo Becher.