Test Phototrend Canon EOS R3

Test Canon EOS R3, le plus sportif des hybrides de Canon (pour l’instant)

9.1
sur 10
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À la rentrée 2021, Canon présentait son premier hybride sportif. Avec l’EOS R3, Canon mise gros. Ce nouveau boîtier monobloc vise à accompagner les photographes professionnels dans leur transition vers l’hybride. Pour ce faire, il se dote de performances de pointe : rafale à 30 i/s, obturateur électronique sans rolling shutter, autofocus surpuissant et contrôlable par l’œil…

Nous avons eu l’opportunité de tester le Canon EOS R3 pendant plusieurs semaines. Quelles performances pouvons-nous obtenir avec le plus sportif des hybrides Canon ? La fonction de contrôle AF par l’œil tient-elle ses promesses ? Réponse dans notre test photo du Canon EOS R3.

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Canon EOS R3 : le plus pro des hybrides Canon… en attendant l’EOS R1 ?

Le Canon EOS R3 vient coiffer l’écosystème EOS R, lancé il y a tout juste trois ans avec le boîtier du même nom. Jadis cantonné aux EOS R et RP, la gamme d’hybrides de Canon s’est largement développé. EOS R5, R6 et maintenant EOS R3… c’est un portfolio complet que la marque japonaise propose à présent.

Extrêmement attendu par les photographes professionnels équipés en reflex Canon, l’EOS R3 est le premier hybride monobloc de la marque. D’une manière assez logique, on pourrait penser qu’il vient remplacer le Canon EOS-1D X Mark III, dévoilé en 2019. Pourtant, Canon continue de placer ce dernier tout en haut de sa gamme de boîtiers plein format.

Test Phototrend Canon EOS R3

Interrogée par Phototrend en septembre dernier, la marque reste évasive… mais ne ferme pas la porte à un modèle encore plus pro (EOS R1), boîtier « ultime » aux performances stratosphériques.

À gauche, le Canon EOS R3 ; à droite, le Canon EOS-1D X Mark III

Selon Canon, l’EOS R3 est conçu pour réunir le meilleur des 2 mondes. Ainsi, il doit offrir la fiabilité, la réactivité et la qualité du viseur des reflex – mais aussi la compacité, la stabilisation du capteur, le silence de l’obturateur électronique et les modes vidéo avancés des hybrides.

Comparé à l’EOS-1D X Mark III, le Canon EOS R3 présente cependant bien des avantages. Écran orientable, capteur rétroéclairé et empilé (stacked BSI) de 24 Mpx, stabilisation dudit capteur sur 5 axes, rafale plus élevée, modes de suivi AF plus avancés… Autant de points que nous développerons au cours de ce test.

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Sur le papier, l’EOS R3 gagne donc haut la main. Cependant, le « vénérable » reflex de Canon conserve l’avantage, notamment en termes d’autonomie. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter cet article.

Comparatif : Canon EOS R3 vs EOS-1D X Mark III, lequel est le plus pro ?

Retrouvez ci-dessous la liste complète des caractéristiques du Canon EOS R3 – comparées à celles du Canon EOS-1D X Mark III :

 Canon EOS R3Canon EOS-1D X Mark III
TypeHybrideReflex
Capteur CMOSPlein format de 24,1 MpxPlein format de 20,1 Mpx
Filtre passe-basOuiOui
ProcesseurDigic XDigic X
MontureRFEF
ViseurViseur électronique, OLED 5,76 M pointsViseur optique
Écran LCDTactile, orientable, 3,2 pouces, 4,15 M pointsTactile, fixe, 3,2 pouces, 2,1 M points
Écran de contrôle monochromeOuiOui
AutofocusDual Pixel AF IIDual Pixel AF
Nombre de points AF4779 • Visée reflex : 191 points dont 155 croisés (et un en double-croix)
• Visée écran : 3869
Couverture AF100% (auto), 100x90% (manuel)N.A.
Plage de fonctionnement AF-7,5 à 20 IL-4 à 21 IL
Algorithmes de suivi AFHumains, animaux (chiens, chats, oiseaux), sports mécaniques (autos, motos)EOS iTR AF X : humains
Sensibilité du capteur100-102400 ISO (extensible à 50-204800 ISO)100 – 102 400 ISO (extensible de 50 à 819 200 ISO)
Rafale (obturateur mécanique)12 i/s (avec suivi AE/AF)16 i/s (avec suivi AE/AF)
Rafale (obturateur électronique)30 i/s (avec suivi AE/AF)N.A.
Obturation30-1/16000s30 - 1/8000s
Vidéo6K 60 i/s, 4K 120 i/s4K RAW 30 i/s, 4K 60 i/s, Full HD 120 i/s
Profils colorimétriques vidéoC-LOG HDR, RAW DCI ou UHD (6K uniquement)C-Log 1, RAW DCI ou UHD (4K uniquement)
Stockage1 x SD UHS-II, 1 x CF Express2 x CF Express
Wifi2,4 et 5 GHz2,4 GHz
BluetoothBluetooth 5Bluetooth 4
Appli mobileMobile File Transfer Application, Canon Camera ConnectCanon Camera Connect
BatterieLP-E19LP-E19
Autonomie photo860 (LCD)
620 (viseur)
610 (LCD)
2850 (viseur)
Rechargement par port USBOuiNon
TropicalisationRésistant à la poussière et à l’humiditéRésistant à la poussière et à l’humidité
Dimensions150 x 142,6 x 87,2mm158 x 167,6 x 82,6 mm
Poids (avec carte et batterie)1015 g1440 g
Prix de lancement nu5999,00 €7299,00 €
Test Phototrend Canon EOS R3
N°10 – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 176 mm, f/5, 1/800s, 1600 ISO

Ergonomie et prise en main du Canon EOS R3

Débutons ce test par une évidence : le Canon EOS R3 reprend le gabarit de l’EOS R5… ainsi que le design monobloc des reflex pro de Canon.

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Sur le terrain, ceci est une très bonne nouvelle, car l’ergonomie est tout simplement excellente. Tout en rondeurs, le boîtier s’avère très confortable. La poignée, bien creusée, offre une très bonne préhension. Les doigts tombent impeccablement en place, un creux permettant de caler son index. Toutes les commandes tombent parfaitement sous les doigts. Les canonistes devraient se sentir immédiatement à l’aise.

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En termes de gabarit, le Canon EOS R3 se montre très raisonnable (surtout face au 1D-X Mark III). Comptez 15 cm de large, 14,2 cm de haut et 8,7 cm de profondeur, pour un poids de 1,015 kg. En comparaison, le reflex pro de Canon est autrement plus gros et plus lourd (1,4 kg sans objectif). Une belle prouesse qui apporte un confort immédiat. Couplé à un objectif comme le Canon RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM, le tandem reste sous la barre des 2 kg. De quoi s’éviter un lumbago après un long shooting.

Le châssis du Canon EOS R3 est moulé en magnésium, offrant une très bonne résistance tout en restant suffisamment léger

Extérieurement, les finitions sont excellentes. On apprécie beaucoup la texture « nid d’abeille » de la poignée (verticale et horizontale). La construction du boîtier inspire confiance et augure une bonne durabilité. Comme sur les autres hybrides de la marque, le rideau de l’obturateur se referme devant le capteur lorsqu’on éteint le boîtier. Pratique pour éviter l’intrusion de poussières lorsqu’on change d’objectif sur le terrain. Toutefois, cette fonction peut être désactivée pour un allumage et une extinction du boîtier totalement silencieux.

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En outre, l’EOS R3 se montre généreux en termes de commandes physiques… tout en essayant de demeurer suffisamment simple. Sur la tranche supérieure, on note la présence du petit écran LCD de contrôle, repris sur les EOS R et R5. Le bouton « mode » est maintenant situé à droite, et est entouré par une roue crantée paramétrable. Par ailleurs, les boutons dédiés aux ISO ou à la balance des blancs sont portés disparus, remplacés par le bouton « M-fn » situé près du déclencheur, comme sur les autres hybrides Canon.

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La tranche supérieure de l’EOS R3 ressemble beaucoup à celle de l’EOS R5

À l’arrière, l’EOS R3 ne devrait pas dérouter les canonistes… mais certains points sont ici à noter. On commencera par la disparition du 2e écran monochrome. Sous l’écran principal, ce ne sont plus 4 mais 3 boutons qui sont présents (lecture, loupe et corbeille). À noter qu’ils sont les seuls à être rétroéclairés.

Du reste, l’ergonomie de l’EOS R3 est similaire à celle de l’EOS-1D X Mark III. On retrouve ainsi la grande roue crantée entourant le bouton « Set », le bouton « On-Lock-Off » – ainsi qu’un nouveau bouton « info ». Enfin, on retrouve le joystick et le bouton « AF-ON » sensitif, qui permettent tous deux de sélectionner le collimateur AF. Ces deux boutons sont d’ailleurs « répliqués » sur la poignée verticale. Sur le terrain, les boutons sont très bien positionnés, et tombent parfaitement sous le pouce.

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La véritable révolution vient de l’écran orientable. Pour la 1e fois, un hybride professionnel de Canon intègre un moniteur LCD monté sur rotule ! Certains puristes en perdront peut-être leur latin, mais sur le terrain cet aspect facilite incontestablement la capture d’images en contre-plongée ou à bout de bras. La seule inconnue est la résistance du mécanisme. Interrogée à ce sujet, la marque japonaise nous indique que la rotule est capable de résister aux chocs – mais jusqu’à quel point ? Un écran fixe est certainement moins pratique, mais il a l’avantage d’être plus résistant aux conditions extrêmes…

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L’écran orientable est l’une des grandes avancées du Canon EOS R3

Du reste, cet écran 3,2 pouces doté de 4,15 millions de points est très confortable. Analogue à celui du Canon EOS R5, il offre une excellente lisibilité. Après un détour dans les paramètres, la luminosité maximale permet d’observer les détails de la scène en plein soleil sans difficulté. Et, bien sûr, il est possible de replier l’écran vers le boîtier pour une meilleure protection lors du transport.

Enfin, mentionnons le viseur électronique. Le Canon EOS R3 reprend le même écran OLED de 5,76 millions de points que l’EOS R5. Certes, ce n’est pas le viseur le plus défini du marché, puisqu’un boîtier comme le Sony A1 casse la baraque avec 9,44 millions de points. Dans la pratique, toutefois, le viseur de l’EOS R3 s’avère très confortable, grâce à un rafraîchissement à 120 Hz – et un dégagement oculaire de 23 mm. Et il offre une très bonne restitution de la scène, avec une couverture de 100 % du champ et un agrandissement de 0,76x. Sans oublier le déclenchement en rafale sans blackout.

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À noter que l’appareil propose aussi un mode de « simulation de visée reflex », avec un rendu HDR en temps réel. Cependant, Canon indique que ce mode est uniquement là pour offrir un plus grand confort lorsque la dynamique de la scène est très prononcée.

Toute la connectique filaire du boîtier a été regroupée sur la tranche gauche du boîtier. Il dispose d’un port USB Type C 3.2, un port micro-HDMI, une prise RJ45, une prise synchro flash, ainsi que 2 prises jack 3,5 mm pour un micro et un casque.

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Côté droit, on retrouve seulement le logement pour cartes mémoires. Comme sur l’EOS R5, on retrouve un double slot combinant un emplacement carte SDXC (compatible UHS-II) et un slot pour cartes CF Express type B.

Au-delà des habituels modes PASM, le Canon EOS R3 reprend le mode « FV » semi-automatique déjà aperçu sur les autres hybrides de la marque. On retrouve aussi trois modes de prise de vue personnalisés, notés C1, C2 et C3.

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In fine, le Canon EOS R3 offre une prise en main séduisante et rassurante. Grâce à son design monobloc, à sa double-poignée très creusée et à ses formes arrondies, le boîtier s’avère très agréable à utiliser au quotidien, même avec un objectif lourd et encombrant. En outre, toutes les commandes tombent parfaitement sous la main, et les menus sont clairs et bien organisés. Les canonistes équipés d’un EOS-1D X Mark II ou Mark III devraient retrouver leurs petits sans difficulté.

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Contrôle de l’AF par l’œil : comme une petite révolution

Avec l’EOS R3, Canon « ressuscite » une technologie inaugurée en son temps sur l’EOS 3, à la douce époque de l’argentique. Le contrôle de l’autofocus par l’œil du photographe est incontestablement l’une des fonctions phares du Canon EOS R3. Très intrigante, elle vise à transformer la façon d’effectuer la mise au point sur le sujet.

Sur le papier comme en pratique, l’expérience est d’une simplicité déconcertante. Il suffit de regarder le sujet, et d’appuyer sur la touche AF-On (ou à mi-course sur le déclencheur). L’appareil « verrouille » le sujet, effectue sa mise au point et le suit. Il ne reste plus qu’à déclencher pour capturer autant de photos que désiré.

Cette fonction repose sur un ensemble d’émetteurs infrarouge de faible puissance. Les rayons sont réfléchis par la pupille et la cornée, et l’appareil calcule la direction dans laquelle on regarde à partir de la position de l’œil dans le viseur.

Pour utiliser cette fonction, il convient en premier lieu de calibrer l’appareil. Étrangement, cette procédure n’est pas proposée au 1er démarrage du boîtier. L’apprentissage est très facile : il suffit de regarder des petits points situés au centre et dans les 4 directions et d’appuyer sur M-Fn. Selon Canon, plus on effectue la calibration, plus la détection de l’œil est précise.

On peut enregistrer jusqu’à 6 profils de calibration, que vous pouvez renommer à votre guise : avec ou sans lunettes, mais aussi pour d’autres photographes à qui vous prêtez votre boîtier. Vous pouvez aussi exporter les différents profils sur une carte SD afin les charger ultérieurement (sur un autre boîtier par exemple).

En regardant dans le viseur, un petit cercle orange indique où l’on regarde dans l’image. Pour éviter de perdre le sujet, par exemple dans le cas d’un objet « parasite » apparaissant dans le champ, il est nécessaire d’appuyer à nouveau sur AF-On pour verrouiller le sujet.

La cible orange indique l’endroit où regarde le photographe, tandis que le carré bleu indique l’objet sur lequel est effectué le suivi AF. Pour faire la mise au point sur la moto de droite, il suffit d’appuyer à nouveau sur la touche AF-On

Sur le terrain, cette fonctionnalité est extrêmement intuitive. La détection et le suivi des visages étant activée en permanence, l’autofocus accroche directement le sujet le plus proche de la bulle orange, même lorsque cette dernière n’est pas parfaitement positionnée au-dessus du sujet. Nous n’avons rencontré aucune difficulté à faire fonctionner ce système, qui se montre très réactif sur le terrain.

Ce procédé, très novateur, suscite cependant quelques réserves. À la longue, il peut devenir un peu fatigant pour l’œil, lors d’un événement sportif où les protagonistes changent rapidement de direction. Il est vrai que la petite cible orange peut venir distraire lors de la prise de vue, ce qui peut devenir agaçant.

D’autre part, nous avons rencontré un léger souci avec la procédure de calibration. Si pour la quasi-totalité des personnes l’opération se déroule sans souci, la procédure a échoué avec une personne, sans raison apparente.

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Enfin, si cette fonction est très pertinente pour toutes les scènes avec un humain ou un objet en mouvement, elle est peut-être un peu moins adaptée aux scènes plus posées. En photo d’architecture, par exemple, il est sans doute préférable de la désactiver d’un simple appui sur la touche « Set ».

Dans tous les cas, il demeure toujours possible de sélectionner la zone de mise au point avec l’écran, avec le « traditionnel » joystick, ou encore avec le bouton AF-On sensitif.

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Performances et qualité d’image du Canon EOS R3

Au-delà de toutes ces considérations, le Canon EOS R3 est capable de capturer de très belles images, de jour comme de nuit, avec une simplicité déconcertante. La restitution des détails et des couleurs est exemplaire, et la stabilisation est remarquable. Enfin, l’autofocus est un modèle du genre.

Au cours de notre test, nous avons utilisé l’EOS R3 avec un large panel d’objectifs Canon, comme la focale fixe RF 35 mm f/1,8 STM, le zoom transstandard RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM ou encore le téléobjectif RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM.

N’hésitez pas à cliquer sur les photos de ce test pour les voir en meilleure qualité.

Vers la victoire – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 200 mm, f.5, 1/500s, 800 ISO
Et pourtant, la mer est loin ! – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 324 mm, f/5,6, 1/800s, 640 ISO
Ce n’est un mystère pour personne : dans certaines circonstances, le photographe doit savoir rester le plus discret possible, ce que l’obturateur électronique vient faciliter. – Canon EOS R3, Canon RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM, 70 mm, f/6,3, 1/640s, 100 ISO

Le premier capteur rétroéclairé et empilé de Canon : mais où est passé le rolling shutter ?

Comme indiqué précédemment, le Canon EOS R3 dispose d’un capteur de 24 Mpx – soit 4 Mpx de plus que l’EOS-1D X Mark III. Selon Canon, cette définition « raisonnable » est la promesse d’une plus grande réactivité, mais aussi d’une meilleure gestion du bruit numérique.

C’est très bien, mais en face, les boîtiers de la concurrence réussissent à faire mieux. Le récent Nikon Z 9 est doté d’un capteur de 45,7 Mpx, tandis que le Sony A1 monte à 50 Mpx. De tous les hybrides professionnels, le boîtier de Canon est donc celui dont le capteur est le moins défini. Canon justifie ce choix afin d’obtenir le meilleur compromis entre définition, vitesse d’acquisition et poids des fichiers.

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À gauche, le Nikon Z 9, à droite, le Canon EOS R3

Pour autant, le choix d’un capteur de 24 Mpx est loin d’être inintéressant. Puisque le nombre de pixels est moins élevé, les photodiodes sont plus gros et moins resserrés (un peu comme un métro en heure de pointe). Notons aussi que l’EOS R3 dispose d’un filtre passe-bas pour limiter les effets de moiré.

Enfin, soulignons que l’EOS R3 inaugure le tout premier capteur de Canon rétroéclairé (BSI) et empilé (stacked). Concrètement, le support photosensible (les photosites) est monté « à l’envers » et placé sur une mémoire DRAM, elle-même placée sur une couche de silicium. Déjà exploitée par Sony par plusieurs années, cette technologie présente des avantages indéniables en termes de performance.

Le nouveau capteur CMOS stacked BSI du Canon EOS R3

Ce capteur « nouvelle génération » peut être lu plusieurs dizaines de fois par seconde. Grâce à cette vitesse de lecture ultra-élevée, l’EOS R3 est le 1er boîtier où l’obturateur électronique est activé par défaut. Mieux encore, le boîtier affiche une rafale à 30 i/s (voir plus bas), et le shutter peut monter à 1/64 000 s.

Si l’on garde son doigt appuyé sur le déclencheur avec une rafale à 30 i/s, on remplit très, très vite sa carte mémoire !

Sur le terrain, les effets de banding et de flickering sous lumière artificielle sont correctement maîtrisés, aucune bande noire n’étant présente sur nos images. Cependant, entre 2 images d’une même rafale, l’exposition peut être irrégulière. Heureusement, une option « Prise de vue anti-scintillement » permet de corriger facilement ce phénomène.

Par ailleurs, le boîtier se rattrape avec un rolling shutter très bien maîtrisé. Même en cas de déplacement latéral très rapide, les verticales ne s’inclinent que très peu. De ce point de vue, l’EOS R3 est une vraie réussite. À tel point qu’il est possible de shooter entièrement avec l’obturateur électronique… et d’en oublier la présence de l’obturateur mécanique, dont le déclenchement s’avère très doux. Le Nikon Z 9 a fait le choix de s’en passer totalement : il n’est donc pas à exclure que Canon fasse de même avec son (futur) EOS R1…

Nikon Z 9 : Prise en main et premier test terrain de l’hybride professionnel

Enfin, notez que le Canon EOS R3 offre un mode vidéo très complet, et est capable de filmer en 6K à 60 i/s en RAW et en 4K à 120 i/s. Bon point, aucun crop n’est à noter si vous enregistrez en 4K ou 6K DCI.

Qualité d’image : l’EOS R3, si proche de l’excellence

Disons-le : la qualité d’image de l’EOS R3 est excellente. Mais est-ce vraiment une surprise ? Les récents boîtiers de la marque japonaise offrent tous des clichés très agréables à l’œil, à l’instar de l’EOS R6 que nous avons testé l’été dernier. Comme à l’accoutumée, on retrouve la « patte » de Canon, avec une colorimétrie riche et chaude.

Champi-fever – Canon EOS R3, Canon RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM – 70 mm, f/2,8, 1/100s, 640 ISO

Notez que l’EOS R3 dispose (lui aussi) d’un mode de prise de vue en HDR PQ (Perceptual Quantization), disponible en photo et en vidéo. La plage dynamique s’avère plus étendue (norme ITU-R BT.2100 et SMPTE SE). Les images sont enregistrées au format HEIF. Et, naturellement, l’affichage réel des couleurs dépendra de votre écran.

Sur le terrain, la montée en ISO est remarquable. La plage native de l’appareil s’étend de 100 à 25 600 ISO, mais elle peut être étendue à 204 800 ISO si besoin.

L’autobus Renault SC10, figure légendaire du paysage parisien – Canon EOS R3, Canon RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM, 24 mm, f/4,5, 1/100s, 10000 ISO

Assez discret à 1000 ISO, le bruit numérique devient plus visible à 2000 ISO, mais demeure très facile à corriger en post-traitement. Il devient un peu plus visible à partir de 3200 ISO, et s’accentue aux alentours de 4000 ISO.

Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 100 mm, f/8, 1/100s 3200 ISO

Mais étrangement, la quantité de bruit reste assez stable à partir de 8 000 : même à 10 000, 12 800 voire 16 000 ISO, le niveau de détails reste élevé et les images sont exploitables. Une performance inatteignable il y a encore quelques années. Ce point devrait rassurer celles et ceux shootant avec des optiques peu lumineuses et/ou lorsque la lumière diminue.

Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 324 mm, f/8, 1/400s, 20000 ISO

Il faut vraiment pousser le boîtier dans ses derniers retranchements pour obtenir « du gros bruit qui tache ». À 64 000 ISO, le bruit numérique devient très présent et la perte de détail se fait sentir.

Z6400 forever ! – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 254 mm, f/6,3, 1/320s, 64000 ISO

Enfin, à 102 800 ISO, point de salut, le bruit est particulièrement présent et s’avère très difficile à rattraper.

Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 500 mm, f/7,1, 1/250s, 102400 ISO

Enfin, à 204 800 ISO, le bruit est omniprésent. Toutefois, les détails de la scène restent visibles. Si l’image ne pourra sans doute pas être imprimée en 4×3, elle demeure un minimum exploitable.

Ferris wheel perspective – Canon EOS R3, Canon RF 24-105 mm f/4 L IS USM, 96 mm, f/10, 1/640s, 204800 ISO

Finalement, la gestion du bruit numérique est remarquable. On peut ainsi capturer des images en basse lumière à main élevée sans dégrader la qualité d’image. Bien que le boîtier ne soit pas forcément conçu dans ce but, capturer des images de nuit sans trépied devient une partie de plaisir.

Périph’ et tour Duo – Canon EOS R3, Canon RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM – 28 mm, f/7,1, 1/15s, 25600 ISO

Notre seule « vraie » critique vient de la plage dynamique du capteur. Oui, il est possible de récupérer une grande quantité d’informations dans les zones sombres de l’image. Malheureusement, l’inverse se vérifie beaucoup moins pour les hautes lumières, comme le montre la photo ci-dessous. Nous avons pu déboucher les ombres sur le bâtiment de cette ancienne usine électrique sans trop de difficulté ; en revanche, aucun moyen d’atténuer l’intensité lumineuse des phares des véhicules en contrebas.

Autofocus : mise au point et suivi très performants

À l’instar des autres boîtiers récents de la marque, le Canon EOS R3 mise sur la technologie Dual Pixel AF II. Le boîtier se base sur un total de 4779 points AF. En auto, la couverture AF est de 100 % (largeur et hauteur). En manuel, elle est de 100 % en horizontal et de 90 % en vertical. Par ailleurs, 3 nouveaux modes « flexibles » permettent de redimensionner à l’envi la zone de mise au point, en hauteur comme en largeur. Dès que l’autofocus détecte un sujet à l’intérieur de cette zone, il effectue instantanément la mise au point dessus.

Hippodrome de la Solle, Fontainebleau – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 472 mm, f/8, 1/500s, 500 ISO

La vraie nouveauté concerne les algorithmes d’aide à la mise au point. Interrogée à ce sujet, Canon indique qu’ils ont été « entraînés » (grâce au Machine Learning) afin d’être encore plus efficace. Au-delà de la détection des humains et des animaux (visage et yeux), l’EOS R3 gagne un nouveau mode de détection et de suivi des voitures et des motos, où le boîtier est capable de détecter la tête du pilote automatiquement.

High speed – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 128 mm, f/5, 1/40s, 4000 ISO

Pour aider à la mise au point, l’EOS R3 dispose de 4 scénarios (en plus d’un mode « auto ») :

  • réglage polyvalent et versatile ;
  • suivi du sujet sans tenir compte des obstacles ;
  • mise au point immédiate de n’importe quel sujet entrant dans la zone de MAP,
  • pour les sujets accélérant ou ralentissant subitement. Autant dire que ce dernier est particulièrement utile lors d’événement sportifs.
Le 4 victorieux – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 428 mm, f/6,3, 1/800s, 2000 ISO

Sur le terrain, la mise au point et le suivi sont particulièrement efficaces. Pour tester les capacités du boîtier, nous l’avons notamment utilisé avec le vol d’oiseaux au festival de Montier-en-Der. Sur les clichés ci-dessous, un ensemble de mouettes plongeait dans un plan d’eau pour pêcher de petits poissons.

Dive in – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 343 mm, f/6,3, 1/800s, 1250 ISO

Ceci représente un vrai défi pour n’importe quel boîtier photo. Après une phase de vol linéaire, l’oiseau casse sa vitesse avant de fondre vers l’eau. L’autofocus doit donc s’adapter très rapidement à ce changement de direction et de vitesse – et s’en est sorti haut la main.

Fly away – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 500 mm, f/7,1, 1/320s, 800 ISO

De même, nous nous sommes rendus à l’hippodrome de la Solle, à Fontainebleau. Au-delà des potentiels changement de direction des chevaux, c’est surtout le suivi du sujet qui est mis à l’épreuve, puisque le but de la manœuvre est de suivre un seul cavalier au milieu d’un groupe.

Malgré la grande distance au sujet, l’appareil a réussi à suivre le cavalier de tête sans difficulté. – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 500 mm, f/8, 1500s, 2000 ISO

Heureusement, dans les deux cas, le boîtier s’en sort toujours avec les honneurs. La mise au point est effectuée sans aucun délai et s’avère très précise. Même sur des sujets se déplaçant à grande vitesse, l’œil est détecté très rapidement (l’œil d’une mouette, la tête d’un cheval à grande distance, etc.).

Superbe élan – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 200 mm, f/5, 1/500s, 800 ISO

D’autre part, le suivi est remarquable en toute circonstance. Les seules difficultés que nous avons rencontrées étaient liées à l’absence quasi-totale de contrastes, combinée à une faible luminosité.

Le 3 tente de distancer le 5, talonnés par le 2 qui a perdu son cavalier quelques instants plus tôt – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 500 mm, f/8, 1/640s, 400 ISO

À ce sujet cependant, on notera que l’autofocus est particulièrement sensible en basse lumière (jusqu’à -7,5 IL). De fait, il devient aisé de faire la MAP dans des environnements très faiblement éclairés, même avec des sujets en mouvement.

Gotta Go Home – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 500 mm, f/7,1, 1/100s, 25600 ISO

Comme le dit l’adage, « qui peut le plus peut le moins » – et ceci se vérifie parfaitement avec l’EOS R3, qui s’en sort à merveille pour des photos de portrait « classiques ». L’œil est détecté quasi-instantanément et aucune difficulté n’est à noter.

Rafale à 30 i/s : c’est du brutal

Comme indiqué précédemment, la technologie de capteur utilisée par l’EOS R3 (stacked BSI) lui offre une vitesse en lecture extrêmement élevée.

Concrètement, c’est ce qui lui permet d’afficher une vitesse en rafale pouvant atteindre la cadence de 30 images par seconde – avec suivi du sujet, bien sûr.

Non, ceci n’est pas une vidéo; mais une rafale à 30 i/s

Dans les faits, en « rafale haute + » (30 i/s), le suivi affiche un quasi-sans-faute, avec un taux de déchet très bas. Et surtout, la rafale se fait sans blackout, permettant de rester entièrement concentré sur la prise de vue. Pour éviter de remplir trop rapidement vos cartes-mémoires, 2 autres modes de rafale sont disponibles : rafale haute (environ 15 i/s) et rafale à faible vitesse (3 i/s).

Retour des cavaliers après la course : l’action étant plus lente, la rafale à 30 i/s n’est pas indispensable. Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 135 mm, f/7,1, 1/250s, 100 ISO

Pour pallier l’absence de bruit au déclenchement, l’appareil diffuse un petit bruit via un haut-parleur situé en bas à droite du boîtier. Heureusement, il est possible de le désactiver pour un fonctionnement entièrement silencieux.

Snapshot – Canon EOS R3, Canon RF 100-500 f/4,5-7,1 L IS USM, 238 mm, f/6,3, 1/640s, 100 ISO

Et n’oublions pas l’obturateur mécanique, qui permet de capturer à la cadence maximale de 12 i/s. Une valeur inférieure à celle de l’EOS-1D X Mark III, qui montait à 16 i/s (ici supplantée par les performances de l’obturateur électronique).

Notons aussi la grande latitude offerte par le shutter électronique en termes de vitesse d’obturation, allant de 30 secondes à… 1/64 000 seconde (non, il n’y a pas un zéro de trop). L’incrémentation est par pallier d’un tiers de stop de 30s à 1/16000s, puis de 1 stop de 1/16000 à 1/64000. Du côté de l’obturateur électronique, le boîtier offre une plage allant de 30s à 1/8000 s.

Pont de Bercy – Canon EOS R3, Canon RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM, 30 mm, f/5, 2s, 100 ISO

Enfin, le buffer du boîtier se montre très généreux – et heureusement. En rafale à 30 i/s, l’EOS R3 est capable d’encaisser jusqu’à 150 images RAW en une seule fois (ou 530 JPEG environ), même en utilisant une « simple » carte SDXC. Si vous ralentissez la cadence, par exemple en utilisant l’obturateur mécanique, le buffer devient virtuellement illimité. En revanche, si votre carte mémoire est un poil lente, l’appareil peut prendre un peu de temps après ladite rafale pour décharger la carte mémoire. Et pendant ce laps de temps, impossible de déclencher l’appareil.

Last but not least, l’EOS R3 est aussi le 1er hybride à offrir la synchronisation du flash avec l’obturation électronique. Les vitesses données par Canon sont impressionnantes : 1/180s en E-TTL (electronic through-the-lens) et 1/250s en mode 1er rideau.

Stabilisation du capteur

À l’instar des EOS R5 et R6, le Canon EOS R3 dispose d’un capteur stabilisé sur 5 axes. Comme ses principaux concurrents, l’appareil est donc en mesure de compenser les mouvements verticaux et horizontaux du photographe, mais aussi en roulis, en tangage et en lacet.

Avec les optiques RF, l’EOS R3 propose la double-stabilisation, avec une synchronisation permanente de l’objectif et du boîtier. Canon annonce ainsi un gain maximal de 8 stops avec certains objectifs, comme le zoom transstandard Canon RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM ou la focale fixe RF 85 mm f/1,2 L USM. Avec le télézoom Canon RF 100-500 mm f/4,5-7,1 L IS USM, le gain maximal théorique est de 6 stops. À noter qu’il n’est pas possible de conserver la stabilisation capteur si vous désactivez celle de l’objectif.

High speed, slow tram – Canon EOS R3, Canon RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM, 28 mm, f/3,2, 0,4s, 400 ISO

Dans la pratique, la stabilisation offerte par l’EOS R3 est assez spectaculaire. Nous avons réussi à descendre à 1/30s à 400 mm avec le téléobjectif 100-500 mm mentionné ci-dessus. Et à 24 mm, nous avons même réussi à capturer une série d’images nettes à main levée avec un temps de pose de… 3 secondes ! Clairement, cette performance est très rassurante lorsqu’on shoote dans des environnements peu éclairés et/ou avec une optique peu lumineuse. Pour une plus grande sécurité, on peut aussi indiquer au boîtier de conserver automatiquement une vitesse suffisamment rapide.

Et une, et deux, et trois secondes de pose à main levée ! Canon EOS R3, Canon RF 24-70 mm f/2,8 L IS USM, 24 mm, f/3,2, 3,2s, 100 ISO

Comme sur les précédents hybrides Canon, la seule limite intervient lorsqu’on utilise un objectif stabilisé en monture EF. Dans ce cas précis, la stabilisation du capteur se fait seulement sur un axe vertical/horizontal. De même, le stabilisation de l’objectif et celle du capteur ne se synchronisent pas, ce qui minimise singulièrement les performances, puisqu’elles seront analogues à celles obtenues avec un reflex. En clair, un objectif en monture RF est obligatoire pour disposer des bienfaits de la double stabilisation optique + boîtier.

Sucette géante – Canon EOS R3, Canon RF 24-70 mm, f/2,8 L IS USM, 57 mm, f/10, 2s, 400 ISO

Autonomie

Si vous possédez déjà un reflex Canon EOS-1D X Mark II ou Mark III, l’EOS R3 vous réserve une bonne surprise. En effet, le boîtier a le bon goût de reprendre la même batterie LP-E19 que ses aînés. Si vous avez déjà un stock de batteries, vous pourrez donc les réutiliser sans difficulté. De même, le chargeur fourni est le même que par le passé (LC-E19).

D’après son constructeur, le Canon EOS R3 doit être capable d’endurer jusqu’à 860 photos avec l’écran LCD, et 620 clichés avec le viseur (norme CIPA). Heureusement, dans la « vraie vie », les valeurs que nous avons obtenues sont très largement supérieures.

Lors de notre journée à l’hippodrome de Fontainebleau, nous avons réussi à capturer plus de 2800 photos avec une seule batterie (dont quelques-unes en pose longue), en utilisant l’obturateur électronique. Indubitablement, ce dernier se montre beaucoup plus économe en énergie que le shutter mécanique traditionnel. Une preuve supplémentaire, s’il en est encore besoin, de la pertinence du choix technique opéré par Canon.

Enfin, il est possible de recharger le boîtier avec le port USB-C. Pratique pour recharger son boîtier dans son sac avec une « power bank » … même si la charge peut être assez longue. Comme sur les autres hybrides de la marque, il est possible d’utiliser le boîtier lorsqu’il est branché, mais ceci interrompt la charge. Enfin, Canon continue d’imposer l’emploi d’un câble « Power Delivery » : si vous n’en avez pas sous la main, point de salut.

Connectivité du Canon EOS R3

Professionnels obligent, le Canon EOS R3 affiche une connectivité ultra-complète. Il est compatible Wifi (2,4 et 5 Ghz, enfin !) et Bluetooth 5.0. Pour ajouter rapidement les informations de géolocalisation, le boîtier est compatible avec plusieurs systèmes satellites (GPS, Glonass, Galileo et QZSS). Il est également muni d’une prise RJ45, destiné aux photojournalistes pour téléverser les photos sur le serveur FTP d’une rédaction.

À ce titre, notons que l’EOS R3 inaugure une nouvelle application, nommée Mobile File Transfer. Elle fait office de passerelle sans fil entre le boîtier et un serveur distant, en s’appuyant sur le smartphone du photographe. L’appli permet aussi d’écrire des tags pour les photos, d’ajouter des notes vocales, ainsi que des coordonnées GPS.

Pour l’heure, cette appli est gratuite – mais elle ne supporte que les EOS R5, R6 et EOS-1D X Mark III. Par ailleurs, Canon prévient qu’elle deviendra payante à partir de la version 1.3.

À qui se destine le Canon EOS R3 ?

Paré pour l’action, le Canon EOS R3 se destine principalement aux professionnels de la photographie sportive et animalière – ou aux amateurs éclairés et fortunés. De ce point de vue, il peut être vu comme le successeur sans miroir du reflex Canon EOS-1D X Mark III.

Avec son ergonomie très étudiée, l’EOS R3 vise sans aucun doute à convaincre les canonistes de passer à son écosystème hybride. Et de ce point de vue, l’EOS R3 réussit son pari haut la main. Le positionnement des commandes est très étudié, permettant de se trouver immédiatement à son aise, sans avoir à apprendre par cœur une nouvelle organisation du menu.

La seule « vraie » réserve provient de la résistance aux conditions extrêmes. Dans les faits, le boîtier est constitué d’un alliage de magnésium, qui s’avère très résistant sur le terrain. Mais selon Canon, l’EOS-1D X Mark III conserve quelques avantages non-négligeables au niveau de la robustesse, tant au niveau de l’obturateur que du boîtier en général. On pense notamment à son écran orientable, certes très pratique, mais qui peut devenir un point faible. Certes, Canon indique avoir renforcé la rotule de l’écran, mais ce mécanisme reste de facto plus fragile que l’écran fixe de l’EOS-1D X Mark III.

Il ne s’agit en aucun cas de dire que l’EOS R3 est insuffisamment renforcé. Mais si vous envisagez de monter une expédition vers le pôle Nord, un boîtier comme l’EOS-1D X Mark III reste (pour le moment) un peu plus adapté.

Par ailleurs, avec sa définition de « seulement » 24 Mpx, l’EOS R3 perd quelques points face à ses principaux concurrents. Si le tirage de photos en très grand format est une priorité, vous devrez peut-être vous tourner vers un autre boîtier.

Enfin, se pose la question du parc optique. Oui, la monture RF des hybrides Canon est beaucoup plus étendue que par le passé. Et la sacro-sainte « trinité des zooms » ouvrant à f/2,8 est particulièrement réussie. Néanmoins, le parc optique en monture EF demeure infiniment plus étendu. Oui, il est possible d’utiliser la bague EF-RF pour les réutiliser toutes, mais elle déplace le centre de gravité de l’ensemble vers l’avant. Dès lors, si vous êtes réellement allergique aux bagues d’adaptation, le reflex garde encore sa pertinence… mais pour combien de temps ?

Canon EOS R3 : le nouveau meilleur ami des photographes professionnels

Trois ans après l’inauguration de la gamme EOS R, Canon prouve de manière éclatante qu’il a su prendre le virage de l’hybride. L’EOS R3 est un excellent boîtier, qui saura accompagner les professionnels en toute circonstance. Rafale à 30 i/s sans rolling shutter, détection et suivi du sujet sans faille, viseur sans blackout, ergonomie générale confortable… Le plus haut de gamme des hybrides de Canon coche un grand nombre de cases.

Du reste, Canon montre sa capacité à innover. Le contrôle de l’autofocus par l’œil est bluffant et s’avère assez facile à utiliser sur le terrain (même s’il demeure perfectible). Reste à voir si les professionnels l’utiliseront en permanence… ou s’ils continueront à se baser sur le « traditionnel » joystick.

Au final, le seul élément incongru de ce boîtier vient de sa dénomination. En inaugurant une série « 3 », Canon entretient le doute sur l’arrivée (probable) d’un EOS R1, encore plus haut de gamme, et qui viendrait de facto supplanter l’EOS R3. Est-ce à dire que ce dernier est là en guise de « remplissage » ? Heureusement non, et le boîtier a de très sérieux arguments à faire valoir. Agréable à utiliser au quotidien et ultra-performant, le Canon EOS R3 est une excellente option pour les photographes professionnels souhaitant faire le grand saut vers le monde des hybrides.

Le Canon EOS R3 est disponible au tarif de 5999 € à la Fnac, chez Digit-Photo, Miss Numérique, Camara, Photo-Univers, et dans toutes les boutiques photo spécialisées.

Test Canon EOS R3, le plus sportif des hybrides de Canon (pour l’instant)
Fabrication / finitions
9
Qualité d'image
8.7
Ergonomie
9
Réactivité
9.5
Points forts
Excellente ergonomie et viseur très confortable
Qualité d'image et montée en ISO
Rafale jusqu'à 30 i/s et AF ultra-performant
Absence quasi-totale de rolling shutter
Stabilisation 5 axes performante
Très bonne autonomie
Contrôle de l'AF par l'œil innovant...
Points faibles
Rafale à "seulement" 12 i/s avec l'obturateur mécanique
Définition la plus basse des hybrides professionnels
Dynamique réduite dans les hautes lumières
AF par l'œil perfectible (et un peu gadget)
9.1
sur 10
Où acheter