À la rentrée 2020, Google a dévoilé son nouveau smartphone phare, le Pixel 5. Condensé du savoir-faire du géant californien, il mise sur un design alléchant, une fiche technique solide et un tarif attractif. Mais aussi – et surtout sur la force de ses algorithmes, afin d’offrir une expérience photo et vidéo hors pair. Qu’en est-il sur le terrain ? Pour le savoir, nous l’avons utilisé comme smartphone principal pendant plusieurs semaines. Voici donc notre compte-rendu complet du Google Pixel 5.

Caractéristiques du Google Pixel 5

Faire table rase du passé. Tel semble avoir été le maître mot de Google pour concevoir le Pixel 5. Ce dernier vient succéder aux Pixel 4 et 4 XL, lancés il y a tout juste un an. Ces 2 terminaux haut de gamme étaient intéressants à plus d’un titre. Malheureusement, ils furent boudés à la fois par la critique et par le public. En cause, un design quelque peu déroutant, un espace de stockage limité, et un tarif plutôt élevé.

Cette année, Google semble bien décidé à redorer le blason de ses terminaux – et à conquérir les faveurs du grand public. Ainsi, le positionnement stratégique du Pixel 5 est radicalement différent de celui de son prédécesseur.  Là où les Pixel 4 et 4 XL jouaient sur le terrain très concurrentiel du haut de gamme, le Pixel 5 joue la carte de la prudence et s’insère sur le créneau du milieu de gamme. Proposé à partir de 629 €, il vise tout simplement à offrir un rapport qualité-prix optimal, et ne cherche donc pas à rivaliser frontalement avec les porte-étendards d’Apple, de Samsung ou de Huawei, dont les derniers terminaux dépassent bien souvent la barre des 1 000 €.

Côté photo, il ne succombe pas à la démesure affichée par certains constructeurs, et continue d’embarquer 2 capteurs photo. Petite nouveauté, cependant (et non des moindres) : pour la première fois, Google équipe son Pixel 5 d’un objectif ultra grand-angle. À la manœuvre, on retrouve également tous les algorithmes du géant californien, afin d’obtenir en un clin d’œil des images réussies.

Sous le capot, le Google Pixel 5 embarque un processeur de dernière génération, le Snapdragon 765G. Il ne s’agit peut-être pas de la puce la plus puissante du marché, mais elle doit offrir au terminal une bonne réserve de puissance. À noter que le Pixel 5 sera compatible avec la 5G (dès que celle-ci sera déployée par les opérateurs en France). Il est disponible sous nos contrées dans un seul coloris, nommé « simplement noir« . Côté stockage, il embarque 128 Go de stockage.

Au final, ce terminal doit incarner un subtil équilibre entre sobriété et performances. Promesse tenue ? C’est ce que nous allons voir.

Voici la liste des caractéristiques complètes du Google Pixel 5 :

  • Écran : OLED, 6 pouces
  • Résolution : 1080 x 2340 pixels
  • Appareil photo dorsal :
    • 12,2 Mpx, optique équivalent 27 mm, ouverture f/1,7
    • 16 Mpx, optique équivalent 16,3 mm, ouverture f/2,2
  • Appareil photo frontal : 8 Mpx, f/2
  • Vidéo : 4K à 60 i/s, Full HD à 120 ou 240 i/s
  • OS : Android 11
  • Processeur : Snapdragon 765G
  • Stockage : 128 Go
  • Résistance à l’eau : norme IP68
  • Dimensions : 144,7 x 70,4 x 8 mm
  • Poids : 151 g

Google Pixel 5 : un design sobre, moderne et un très bel écran OLED

Alors que certains smartphones se parent d’écrans démesurément grands et multiplient le nombre de capteurs photo, le Pixel 5 se caractérise, d’une manière globale, par une certaine sobriété. Et ce qui pourrait passer pour un manque de fantaisie est en fait très appréciable : le Pixel 5 est un smartphone ni trop grand, ni trop petit, au design léché et assez minimaliste.

Ainsi, le terminal mesure 14,4 cm de haut, 7 cm de large et 8 mm d’épaisseur. C’est (un peu) plus qu’un iPhone SE, mais pas tant que ça. Mais là où ce dernier se distingue avec d’imposantes bordures, Google opte pour un écran entièrement bord-à-bord. Baptisé « Edge-to-edge display », il est seulement marqué par un petit poinçon situé dans le coin supérieur gauche.

De cette manière, Google réussit à intégrer un écran 6 pouces au sein d’un terminal aux dimensions raisonnables. De fait, la prise en main est confortable et naturelle. Le smartphone tient naturellement au creux de la main et se glisse avec aisance dans nos poches de jean : un confort très appréciable.

Du reste, cet afficheur, de type OLED, est de très bonne facture. Fidèle à ses bonnes habitudes, Google livre un modèle offrant une très belle restitution des couleurs et des contrastes. La définition de 1080 x 2340 pixels est en recul par rapport à l’année dernière, mais elle demeure confortable. La lisibilité demeure excellente en toute circonstance.

À noter que l’écran du Google Pixel 5 dispose d’une fréquence de rafraîchissement maximale de 90 Hz. Dans les faits, l’écran est rafraîchi « par défaut » à 60 Hz, et le système passe à 90 Hz pour certains contenus, les jeux notamment. Écran OLED oblige, on retrouve aussi la fonction « Always-On Display« , qui affiche en permanence l’horloge et les notifications, même lorsque l’écran est éteint. Très pratique, cette fonctionnalité est (un peu) énergivore et peut être désactivée facilement. Enfin, mentionnons le mode « thème sombre », qui remplace le blanc de l’interface par une nuance de gris foncé, et qui se montre beaucoup plus agréable une fois la nuit tombée.

Au dos du Pixel 5, la sobriété est toujours de rigueur. Exit la finition en verre (très sensible aux traces de doigts) : le terminal adopte une robe très sobre, au rendu mat. Ainsi, la face arrière est en aluminium, offrant une meilleure résistance aux chocs. Pour permettre la recharge sans fil, Google a toutefois opté pour un revêtement extérieur en “biorésine” (c’est-à-dire en plastique), laissant passer les ondes. Le toucher de la coque est assez agréable et ne fait pas “cheap”, tout en étant peu glissant.

Au-delà du petit logo G de Google, on notera la présence du module photo en forme de carré, regroupant les deux optiques et le flash. De ce point de vue, la similarité entre le Pixel 5 et son prédécesseur est beaucoup plus grande. Pour compenser la disparition de la puce Radar Soli et de la reconnaissance faciale – pourtant très pratiques, le Pixel 5 s’équipe… d’un lecteur d’empreinte digitale au dos de l’appareil. Un élément que nous n’avions pas vu sur un terminal haut de gamme depuis 2016.

Mais sur le terrain, ce choix technique montre toute sa pertinence. En effet, il permet de déverrouiller le terminal en une micro-fraction de seconde. Ainsi, il se montre beaucoup plus efficace que les technologies de déverrouillage intégrées à l’écran, qui pêchent parfois par leur manque de fiabilité.

Logés sur la tranche droite de l’appareil, les touches de volume et le bouton On/Off tombent naturellement sous le pouce. Au bas du terminal, deux petites grilles permettent la sortie du son, et viennent entourer la prise USB-C. Contrairement au Pixel 4a, aucune prise jack n’est disponible. Pour brancher un casque filaire, il faudra recourir au petit adaptateur USB-C – jack 3,5 mm, qui n’est d’ailleurs pas fourni avec le téléphone.

Enfin, le Pixel 5 est certifié IP68, et est donc résistant à l’eau et à la poussière. Pour protéger davantage le terminal, Google propose une sp, constituées de plastique et de tissu. Grâce à leurs bords légèrement surélevés, elles protègent l’écran et l’appareil des chocs. De même, le petit trou permet de trouver plus facilement le lecteur d’empreinte. Ces coques sont disponibles sur le Google Store au tarif de 45 €.

Au final, les choix effectués par Google en matière de design s’avèrent payant. Le géant californien nous livre un terminal bien conçu, bien fini, agréable au quotidien.

Qualité photo : le Google Pixel 5, le smartphone idéal ?

Côté photo aussi, le Pixel 5 semble jouer la carte de la sobriété. Avec « seulement » 2 capteurs photo, le Pixel 5 fait figure d’étrangeté au milieu d’un paysage composé de modèles dotés de 3, 4 voire 5 capteurs photo. Toutefois, cette apparente simplicité masque la profusion d’algorithmes conçus par Google, et qui viennent enrichir l’expérience photographique.

Deux objectifs et un zoom algorithmique

Commençons par la partie matérielle. En effet, Google opte pour une configuration pour le moins originale. Là où beaucoup de smartphones intègrent un capteur secondaire moins performant que le capteur dit « principal », le Pixel 5 brille par son capteur principal de « seulement » 12,2 Mpx et par son objectif ultra grand-angle x0,6 de… 16 Mpx.

Mais surtout, le Pixel 5 fait totalement l’impasse sur le téléobjectif, pourtant incontournable. En effet, point de zoom optique x1,6, x2 ou x5 : Google choisit de s’en remettre entièrement à son zoom « algorithmique », nommé Pro Res Zoom. Là encore, ce choix technique est assez logique. Google considère que sa technologie de zooming est suffisamment mature ; à l’inverse, un ultra grand-angle ne peut pas être « imité » avec un algorithme.

Ainsi donc, le Pixel 5 intègre :

  • Un capteur photo principal de 12,2 Mpx de 1/2,55 pouce, surmonté d’une optique équivalent 27 mm ouvrant à f/1,7 ;
  • Un capteur photo secondaire de 16 Mpx de 1/3,09 pouce, muni d’une optique ultra grand-angle équivalent 16,3 mm avec ouverture à f/2,2.

Point notable : en termes de capteurs, Google reprend exactement le même duo que les Pixel 4 et 4 XL. Les améliorations en termes de qualité d’image doivent donc venir de la partie logicielle. Est-ce le cas ? C’est ce que nous allons voir dès maintenant.

Le Pixel 5 sur le terrain

Mettons fin à cet insoutenable suspens : oui, le Pixel 5 est un bon, voire un très bon photophone, capable de capturer de belles images. Il pourra donc vous accompagner au quotidien comme en voyage, en complément de votre matériel photo habituel.

Profitons-en pour glisser un mot sur l’interface, toujours aussi sobre et agréable. Certes moins fourni en effets créatifs que certains concurrents (coucou Huawei), elle propose de nombreux modes et s’avère très efficace. Néanmoins, aucun mode Pro n’est disponible, Google préférant garder la main via ses algorithmes. Si vous souhaitez effectuer vos réglages vous-mêmes, il vous faudra donc passer par une application tierce disponible sur le Play Store.

L’interface du Pixel 5 : simple et efficace. On notera la présence d’un petit niveau électronique, qui évite de capturer des photos penchées.

Quelques options du mode photo sont bien utiles. Ainsi, Google peut vous prévenir s’il détecte que l’objectif est sale, pour éviter de réduire la qualité de vos images. Vous pouvez également choisir d’enregistrement les données de profondeur de champ de vos images pour le partage sur les réseaux sociaux, ou bien encore paramétrer les réglages du bouton de volume (déclencheur, zoom ou désactivé).

Dans l’application, on retrouve également les photos animées ainsi que la possibilité de régler précisément l’exposition des hautes lumières et des ombres pour accentuer le contraste ou récupérer du détail dans l’image. A noter également la fonction « visages fréquents » déjà présente sur le Pixel 4 que vous pouvez activer et qui permet au smartphone de faire les réglages (mise au point, exposition) de préférence sur des personnes identifiées pour réussir à coup sûr l’image.

D’une manière générale, le Pixel 5 permet de capturer des photos de bonne qualité aux formats JPEG + RAW ou JPEG seulement. On notera que dans Google Photos, les fichiers RAW (format DNG) sont sauvegardés dans un dossier à part, notamment pour éviter de les synchroniser automatiquement dans Google Photos. Par défaut, les RAW sont ainsi enregistrés en local, à vous de choisir si vous souhaitez les synchroniser ou pas dans Google Photos. Une stratégie d’autant plus compréhensible que Google Photos change sa politique par rapport au stockage illimité des photos.

L’exposition des clichés est très bonne, de même que la restitution des couleurs. La restitution des détails est soignée (pour un smartphone), avec un lissage peu présent. Mentionnons aussi l’autofocus Dual Pixel, présent sur le capteur principal, et qui permet de faire le point et déclencher instantanément.

Google Pixel 5, 27 m, f/1,7, 1/325s, 46 ISO

Naturellement, Google s’appuie sur sa solution maison HDR+ pour générer des clichés difficiles avec un rendu plus naturel. Dans la pratique, ce système est capable de produire de très belles images dans des situations très contrastées. Par contre, cette fonction ne peut être désactivée.

Cependant, en quelques occasions, le terminal tend à manquer un peu de subtilité. Ceci se traduit notamment par des ombres débouchées d’une manière un peu trop prononcée à notre goût. Heureusement, dans l’ensemble, le terminal s’en tire avec les honneurs. On est aux antipodes des photos livrées par certaines marques, dont les couleurs sont parfois saturées à l’extrême.

Google Pixel 5, 27 mm, f/1,7, 1/203s, 62 ISO

L’ultra grand-angle, de son côté, est également capable de produire de très bons résultats. On notera cependant que les fichiers font seulement 12,2 Mpx (et non 16 Mpx). Ceci veut sans doute dire que l’appareil tire parti des 2 capteurs et fusionne les données pour générer l’image finale.

Google Pixel 5, 16 mm, f/2,2, 1/24s, 41ISO

Sur le terrain, les images capturées à l’ultra grand-angle sont de belle facture, même si les images présentes des distorsions assez importantes. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas corrigées par le smartphone. Par ailleurs, on constate une légère perte de détails, surtout sur les bords de l’image. Rappelons également que comme sur de nombreux smartphones dotés d’un UGA, l’objectif ne dispose pas d’un autofocus, Google misant sur la taille du capteur et la focale pour une très grande profondeur de champ..

Malgré tout, cet objectif permet de diversifier ses cadrages et devrait faire la joie de celles et ceux voulant voir (très) large.

Google Pixel 5, 16 mm, f/2,2, 1/576s, 29 ISO

Et du côté du zoom, quelles performances pouvons-nous obtenir ? Venant remplacer complètement le téléobjectif « classique », la fonction Super Res Zoom, mentionnée plus haut, se base sur la capture d’un grand nombre d’images, qui sont ensuite fusionnées pour obtenir une image plus détaillée.

Contrairement au Pixel 4 XL (qui était doté d’un zoom optique x2), le Pixel 5 propose « seulement » un zoom x7 sans perte, et non x8, équivalent 189 mm en plein format. Le processus d’optimisation est appliqué après la capture de la photo. Aussi, il est recommandé de zoomer au sein de l’appli photo, plutôt que de rogner une image déjà capturée.

Google Pixel 5, 27 mm, f/1,7, 1/7813s, 77 ISO

Sur le terrain, les résultats sont… mitigés. Avec un zoom x2, le niveau de détails est satisfaisant. Les choses se gâtent avec un zoom x3 ou x4 : le lissage devient beaucoup plus présent. En zoomant sur l’image après sa capture, on aperçoit une nette perte de détails, les éléments de la photo apparaissant comme brouillés. Plus l’on se rapproche d’un zoom x7, et plus le résultat devient indigeste. In fine, ce zoom à base d’algorithmes est certes intéressant, mais il peine à remplacer un véritable téléobjectif.

À fond de zoom, le zoom « algorithmique » du Google Pixel 5 est à la peine. Google Pixel 5, 27 mm, f/1n7, 1/292s, 63 ISO

Enfin, un mot sur le mode Portrait du Pixel 5. Ce dernier livre des clichés légèrement zoomés. L’appareil permet de capturer des images de belle facture, avec un haut niveau de détails mais des couleurs assez saturées, proches du HDR, notamment en situation de contre-jour.

Le détourage du sujet est efficace, mais peine parfois à gérer certains détails complexes (voir ci-dessous). Par ailleurs, le floutage de l’arrière-plan manque de subtilité. On regrette également que le mode Portrait ne puisse pas être activé automatiquement lorsque l’appareil détecte un visage dans le champ.

Le détourage est assez précis au niveau des cheveux, mais l’espace laissé entre l’épaule et le poignet de Damien n’a pas été flouté. Google Pixel 5, 27 mm, f/1,7, 1/498s, 71 ISO

À noter que le mode Portrait peut aussi être utilisé avec des objets (et pas seulement avec des humains). Dans ce cas de figure, les résultats sont très bons. Ainsi, cette petite feuille est parfaitement nette, tandis que l’arrière-plan s’estompe progressivement.

Google Pixel 5, mode Portrait, 27 mm, f/1,7, 1/45s, 53 ISO

Néanmoins, il est dommage que le Pixel 5 n’ait pas de mode macro dédié, malgré la présence d’un objectif ultra grand-angle. Ainsi, la distance de mise au point minimale est d’environ 10 cm, permettant (au mieux) de pratiquer la proxiphotographie.

Google Pixel 5, 27 m, f/1,7, 1/107s, 47 ISO

Le Pixel 5, champion de la photo de nuit ?

Pour améliorer la capture de clichés nocturnes, Google continue de faire appel à son mode Night Sight (Vision de nuit). Ce dernier était déjà présent sur les Pixel 3 et 4, et nous avait bluffé par ses performances. Pour mémoire, ce mode de prise de vue est capable de prendre jusqu’à 9 clichés en pose longue, qui sont fusionnés par le smartphone. Le but : capturer plus de lumière et produire des images plus détaillées et moins bruitées.

Google Pixel 5, 27 mm, f/1,7, 1/13s, 547 ISO

Petite nouveauté du Pixel 5 : le mode Vision de nuit s’active automatiquement dès que l’appareil détecte que vous essayez de prendre une photo de nuit. De même, le mode Night Sight peut aussi être utilisé avec le mode Portrait.

Google Pixel 5, 16 mm, f/2,2, 1/25s, 206 ISO

Dans la pratique, la capture d’images nocturnes est toujours aussi efficace, et le terminal permet de générer des images parfaitement exposées en quelques secondes seulement.

Google Pixel 5, 27 mm, f/1,7, 1/17s, 146 ISO

Par rapport au Pixel 4 XL, les images s’avèrent plus lumineuses. À tel point que le rendu des images manque un chouïa de naturel, avec des ombres débouchées un peu agressivement. Dans certains cas, nous aurions peut-être préféré un rendu plus naturel, moins « HDRisé ».

Google Pixel 5, 16 mm, f/2,2, 0,31s, 509 ISO

L’utilisation de l’objectif ultra grand-angle permet de capturer des images très intéressantes. Néanmoins, les clichés présentent un niveau de détails inférieur (par rapport à l’objectif grand-angle standard). La faute, sans doute, à un capteur certes plus défini, mais aussi plus petit.

Google Pixel 5, 16 mm, f/2,2, 1/5s, 363 ISO

Enfin, le zoom « algorithmique » couplé au mode Night Sight permet d’obtenir de bons résultats. Le rendu global des images est très agréable à l’œil. Cependant, on constate une baisse du niveau de détails ; un phénomène qui s’accroît au fur et à mesure de l’utilisation du zoom.

Google Pixel 5, 27 mm, f/1,7, 1/11s, 177 ISO

Malheureusement, nous n’avons pas (encore) pu nous livrer à l’astrophotographie avec le Pixel 5, les nuages du mois de novembre n’ayant pas été propices à cette pratique photo.

Vidéo 4K à 60 i/s et stabilisation hors-pair

Du côté de la vidéo, le Pixel 5 est un très bon élève. Au-delà de la qualité des images, nous avons surtout été bluffés par son système de stabilisation, qui parvient à réduire quasi-totalement les tremblements de l’utilisateur.

Comme la plupart de ses concurrents, le Pixel 5 permet de capturer des vidéos en 4K à 60 i/s… mais uniquement avec le capteur principal.

Le capteur secondaire, de 16 Mpx semble en effet bridé. Ainsi, si l’on souhaite filmer avec l’ultra grand-angle, l’appareil permet seulement de filmer en… 30 i/s. Dommage.

Au-delà du mode « standard », utilisé par défaut, le Pixel 5 inclut 3 nouveaux modes de stabilisation : « verrouillée« , « active » et « plan panoramique« .

Le premier mode active un zoom x2, et fige la scène comme si l’appareil était placé sur un trépied. Ainsi, les mouvements de la caméra sont totalement gommés, permettant de se focaliser sur la scène en elle-même. L’application permet d’effectuer un zoom x5, mais la qualité de l’image est fortement dégradée. Les images capturées dans ce mode sont en 4K à 60 i/s.

Le mode « stabilisation active » devrait faire plaisir aux amateurs de vidéo sportive. Elle permet de faire des travelings latéraux de plus lisses, à l’apparence plus professionnelle. En revanche, la définition est limitée à la Full HD à 30 i/s seulement.

Enfin, le mode « plan panoramique » permet de capturer plus facilement de grands travelings, au rendu « cinématographique ». Au lieu de déplacer le smartphone très lentement, ce mode permet d’effectuer un déplacement rapide et d’obtenir une vidéo ralentie (x0,5) et plus stable. À noter que le son est désactivé dans ce mode. Les images sont certes capturées en 4K, mais le rendu final est limité à 30 i/s et ici encore attention à l’utilisation du zoom qui dégrade fortement l’image (saurez-vous retrouver le passage qui utilise le zoom dans la vidéo suivante ?)

Ces 4 modes de stabilisation s’avèrent très pertinents, et permettent de capturer des vidéos d’une grande fluidité. Nous avons été impressionnés par le mode de « stabilisation verrouillée« , où l’appareil semble totalement figé. Une fois de plus, Google montre la puissance de ses algorithmes… et prend de l’avance sur la concurrence.

Notons que l’appareil permet de filmer en ralenti à 120 i/s (Full HD) et 240 i/s (en 720p uniquement). Depuis l’interface, de petits curseurs permettent de définir le début et la fin de l’effet de ralenti. Néanmoins, nous sommes assez déçus par la qualité des images capturées dans ce mode. En effet, la baisse de qualité est importante, et les détails apparaissent comme brouillés.

Enfin, mentionnons le mode « Accéléré », qui permet de capturer de petites séquences en timelapse. Là encore, la stabilisation est remarquable.

Performances et interface

Comme nous l’indiquions plus haut, le Google Pixel 5 intègre une puce Snapdragon 765G, accompagnée de 8 Go de mémoire vive. Ce processeur n’est peut-être pas le plus haut de gamme du marché, mais il doit offrir un niveau de performances satisfaisant en toute circonstance.

Dans la pratique, le Pixel 5 se montre d’une fluidité à toute épreuve. Nous n’avons jamais rencontré le moindre ralentissement, même avec les applications les plus gourmandes. Pour tester ses performances réelles, nous avons installé le jeu #Drive, et avons réglé le niveau des graphismes sur le niveau le plus élevé. Heureusement, l’appareil s’en sort avec les honneurs et chauffe très peu.

Conçu par Google, le Pixel 5 bénéficie d’Android 11, toute dernière version de l’OS du géant californien. À noter que l’appareil doit bénéficier des mises à jour du système pendant 3 ans. Cela peut paraître beaucoup ; mais en face, Apple met à jour ses appareils pendant 5 ans. Ainsi, un iPhone 6S peut recevoir iOS 14, alors qu’il est sorti en septembre 2015…

Quelle autonomie pour le Google Pixel 5 ?

Sur le terrain de l’autonomie, les précédents Pixel faisaient pâle figure face à la concurrence, malgré toutes les optimisations logicielles apportées par Google. Mais cette année, le Pixel 5 semble inverser la tendance, et s’équipe d’une batterie de 4080 mAh, bien plus capacitaire que celle de 2800 mAh du Pixel 4.

Dans la pratique, l’appareil peut être utilisé pendant toute une journée sans aucun problème. Il peut atteindre les 2 jours d’autonomie en cas d’utilisation modérée. Le choix d’un processeur moins gourmand en énergie semble payant : le Pixel 5 présente une autonomie tout à fait correcte.

En revanche, la recharge rapide promise par Google est loin de nous impressionner. Allumé, l’appareil met environ 1h45 à être entièrement rechargé. Il peine donc à égaler les meilleurs smartphones actuels.

Enfin, mentionnons la charge sans fil réversible, qui permet au Pixel 5 de recharger des accessoires, comme les nouveaux Pixel Buds.

À qui se destine le Google Pixel 5 ?

Avec sa profusion d’algorithmes en tout genre et l’intégration très poussée des services de Google, le Pixel 5 se destine aux amateurs de nouvelles technologies et aux fans de l’écosystème du géant californien.

Avec son double-module dorsal et sa profusion d’algorithmes de prise de vue, l’appareil se destine aussi à celles et ceux voulant disposer en permanence d’un appareil capable de produire des photos de bonne qualité dans la plupart des circonstances. De même, il devrait plaire aux vidéastes grâce à son système de stabilisation extrêmement efficace.

Enfin, grâce à son apparence extérieure et son interface très sobres, le Pixel 5 devrait beaucoup plaire à celles et ceux recherchant une certaine forme de simplicité. En revanche, si vous aimez les couleurs flashy et les effets d’animation spectaculaires, d’autres smartphones seront peut-être davantage à votre goût, notamment du côté des constructeurs chinois.

Le Google Pixel 5 face à la concurrence

Contrairement à son prédécesseur, le Pixel 5 se distingue par son positionnement tarifaire. Orienté milieu de gamme, il est disponible à partir de 629 €. De fait, il évite de se mesurer frontalement aux cadors du marché.

Côté Apple, le concurrent direct du Pixel 5 est incarné par l’iPhone 11. Disposant lui aussi d’un grand-angle et d’un ultra grand-angle (mais pas d’un zoom optique), il offre une très belle qualité d’image et un design très léché. Grâce à l’arrivée de son successeur en septembre 2020, son tarif a largement baissé : là où l’iPhone 12 est affiché à partir de 909 €, l’iPhone 11 est proposé à partir de 689 € et demeure une vraie valeur refuge.

Toujours chez Apple, mentionnons aussi l’iPhone SE, lancé au printemps 2020. Particulièrement compact, il offre une belle qualité d’image… mais fait l’impasse sur l’ultra grand-angle et le téléobjectif. En outre, son écran est assez petit (4,7 pouces). Malgré tout, cet appareil est extrêmement plaisant à utiliser en toute circonstance. Il devrait plaire à celles et ceux cherchant un smartphone à la fois simple, performant et efficace. On aime aussi beaucoup son prix : l’iPhone SE s’affiche à partir de 489 € seulement.

Enfin, mentionnons aussi le OnePlus Nord, sorti également à la rentrée 2020. Certes moins compact que le Pixel 5, ce smartphone bénéficie d’un design léché, d’un très bel écran et offre une qualité photo très satisfaisante (malgré un ultra grand-angle en retrait). On aime aussi beaucoup sa grande autonomie et sa prise en main très agréable. Le tout pour un tarif très alléchant : le OnePlus Nord est disponible à partir de 399 € avec 128 Go de stockage. Une version dotée de 256 Go est disponible pour 100 € de plus.

Conclusion

Le Pixel 5 n’est peut-être pas le plus flamboyant des smartphones, mais il montre l’expertise de Google. Ici, point d’écran géant, point de quadruple ou de quintuple capteur photo, point d’écran aux bords incurvés… La sobriété est le maître-mot de ce terminal.

Derrière cette apparente simplicité, le Google Pixel 5 est un appareil d’une redoutable efficacité. Et surtout, Google démontre une nouvelle fois que le hardware ne fait pas tout. En mettant l’accent (et pas qu’un peu) sur la couche software, le géant californien nous livre un smartphone très performant, notamment en photo.

On regrettera cependant l’absence d’un « vrai » téléobjectif, le zoom algorithmique peinant à remplacer totalement une véritable optique. En vidéo, nous avons cependant été bluffés par les nouveaux modes de stabilisation logicielle intégrés par Google. Au-delà, le Pixel 5 est un smartphone au design plaisant, et qui s’avère agréable à utiliser au quotidien.

Au final, Google réussit un subtil jeu d’équilibriste. Presque sans tambour ni trompette, le Pixel 5 coche (presque) toutes les cases et offre l’un des meilleurs rapports qualité-prix du moment.

Le Google Pixel 5 est disponible en France dans un seul coloris (noir) et au tarif de 629 € pour 128 Go de stockage.

Test Google Pixel 5 : le smartphone photo sobre et efficace
Prise en main agréableTrès bel écranRéactivité de l'appareil photoBonne gestion de la batterieQualité générale des photos, de jour comme de nuitLecteur d'empreinte ultra-réactifTrès bon rapport qualité-prixStabilisation vidéo hors-pair
Traitement HDR parfois un peu lourdZoom "algorithmique" en retrait par rapport à un "vrai" zoom optiqueRecharge lentePas de mode photo ProQualité d'image légèrement en retrait en vidéoPas de vidéo 4K 60 i/s avec l'ultra grand-angle
8.5Note finale
Design8
Ergonomie et prise en main8.5
Fonctionnalités8.8
Qualité d'image8.5