Le stockage illimité à vie de vos images sur Google Photos, c’est (bientôt) fini. Le géant californien vient en effet d’annoncer la fin de la sauvegarde gratuite et illimitée de vos images, à partir du 1er juin 2021. En outre, vos photos pourraient être supprimées si votre compte est inactif. Retour sur ces changements majeurs.

Google Photos victime de son succès

Google Photos est sans conteste l’une des plateformes les plus utilisées au monde pour la sauvegarde des photos. Ainsi, ses utilisateurs auraient uploadé plus de 4 trillions de photos (soit 4 000 milliards d’images, rien que ça). Chaque semaine, ce sont plus de 28 milliards de nouveaux clichés qui sont ajoutés sur la plateforme.

Un succès lié en grande partie à la popularité des smartphones tournant sous Android, l’OS du géant californien. Ainsi, chaque utilisateur, nanti de son compte Google, a droit à un espace de stockage gratuit de 15 Go. Toutefois, Google permettait le « stockage gratuit et illimité » des images, si les utilisateurs choisissaient de les uploader en version compressée (plutôt que dans leur définition d’origine).

Et c’est justement ce dernier point que vient de modifier Google. Dans un récent post de blog, la firme californienne explique vouloir « s’adapter devant la demande croissance de stockage des utilisateurs« .

Vos photos décomptées de votre quota de stockage Google

Concrètement, à partir du 1er juin 2021, chaque photo que vous uploaderez sur Google Photos sera décomptée de votre quota de stockage. Ceci était déjà valable pour les photos téléversées dans leur définition d’origine – Google étend donc ce principe aux photos compressées, dites en « haute qualité ».

Cependant, les photos que vous aurez téléversées avant la date du 1er juin ne seront pas comptabilisées, et continueront donc (pour le moment) d’être stockées de manière illimitée sur la plateforme.

Ce changement de paradigme affectera tous les utilisateurs de Google Photos. Une exception cependant : les propriétaires d’un smartphone Google Pixel (Pixel 5 inclus) pourront continuer à utiliser le service comme avant, et bénéficier d’un stockage gratuit et illimité de leurs images en haute qualité. Interrogé par le site américain Android Police, Google a toutefois indiqué que les utilisateurs des futurs Google Pixel ne seront pas concernés par cette exception.

La fin du stockage illimité à travers l’écosystème Google

Au-delà de Google Photos, la firme californienne a annoncé un changement de politique plus global concernant la gestion des fichiers au travers de son écosystème. À partir du 1er juin, Google décomptera aussi tous les nouveaux fichiers créés avec Google Docs, Sheets, Slides, Drawings, les formulaires Google Forms, etc. de votre espace de stockage.

Il y a quelques mois, Google avait déjà provoqué le courroux de nombreux utilisateurs de Gmail, qui se sont aperçus que leurs emails (et leurs pièces-jointes) sont désormais décomptées par Google de leur espace de stockage – ce qui n’était pas le cas auparavant.

Vos données (potentiellement) effacées si votre espace est plein ou si votre compte est inactif depuis 2 ans

Dans un second post de blog, Google a rajouté un autre changement, et non des moindres. Si votre compte Google est inactif depuis 24 mois, ou si votre espace de stockage est saturé depuis 2 ans, Google se réserve le droit de supprimer tout ou partie de vos données.

Là encore, ceci ne s’appliquera qu’à partir du 1er juin 2021.

Un nouvel outil pour gérer votre stockage en ligne

Pour vous aider à surveiller le remplissage de votre espace de stockage, Google vient de dévoiler un nouvel outil. Ce dernier met à disposition une interface indiquant l’espace disque restant, ainsi qu’une estimation du rythme de remplissage de votre disque virtuel selon vos habitudes d’envoi.

Si votre espace est plein, la firme vous propose également différentes solutions pour supprimer vos fichiers les plus lourds. Emails dotés de pièces-jointes volumineuses, vidéos sur Google Photos, fichiers encombrants sur Google Drive… pourront ainsi être visualisés et supprimés plus facilement.

Naturellement, Google met en avant ses solutions payantes pour accroître votre espace de stockage en ligne, grâce à son service Google One. La formule la moins onéreuse vous fait bénéficier d’un espace de 100 Go pour 1,99 € par mois (ou 19,99 € par an). Le forfait le plus capacitaire monte à 30 To, au tarif de 149,99 € par mois.

Quelles alternatives à Google Photos ?

Si votre espace est quasiment plein, ou si vous souhaitez utiliser un autre service de stockage que celui de Google, de multiples solutions s’offrent à vous : iCloud (Apple), Dropbox, OneDrive (Microsoft) sont tout à fait pertinentes… mais payantes elles aussi.

Si vous souhaitez rapatrier vos clichés et vos vidéos depuis Google Photos vers votre ordinateur, une plateforme nommée Google Takeout, vous permet de télécharger vos données. Une fois connecté, il vous suffit de sélectionner Google Photos et de lancer l’opération. La préparation de l’enveloppe peut mettre plusieurs heures (voire plusieurs jours) en fonction du volume de données.

Enfin, pour sauvegarder vos photos, l’utilisation du Cloud n’est pas forcément l’unique option à envisager. Ainsi, l’utilisation d’un NAS peut être très pertinente, et vous permet de garder la maîtrise complète de vos données. Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre dossier dédié à ce sujet.

Bien sauvegarder ses photos : le livre

Un changement pénalisant… mais prévisible

Ce changement de paradigme pourrait s’avérer pénible pour de nombreux utilisateurs de Google Photos, qui ont pris l’habitude d’utiliser ce service pour conserver toutes leurs photos prises avec leurs smartphone successifs.

Malheureusement, cette évolution était à prévoir. Face à la quantité phénoménale de données présentes sur ses serveurs – sans parler du coût environnemental du fonctionnement des data centers – Google serre la vis… et incite ses utilisateurs à souscrire à un abonnement payant.

L’époque où Google se montrait (très) généreux en espace de stockage paraît aujourd’hui bien lointaine. Il y a plusieurs années, le géant californien n’hésitait pas à allouer des gigaoctets supplémentaires gratuitement. De la même manière, jusqu’au Pixel 3 XL, les photos dans leur résolution d’origine pouvaient être stockées en illimité. Un point qui a pris fin l’année dernière, lors de l’arrivée du Pixel 4.

Pour Google, tout ceci était sans doute une manière d’attirer les utilisateurs vers son écosystème. Et aussi de se constituer une gigantesque banque de données pour entraîner ses algorithmes de reconnaissance d’image.

Le moment est peut-être donc venu de chercher une alternative à Google Photos, et de reprendre la main sur la manière dont sont stockées vos données.