Deux ans après avoir dévoilé les Nikon Z 6 et Z 7, le constructeur japonais dévoile une seconde itération de ses boîtiers hybrides plein format avec les Nikon Z 6II et Z 7II, un duo équilibré entre polyvalence (24 Mpx) et haute résolution (45 Mpx). Cette nouvelle génération, teasée par le fabricant à ses clients fidèles fin septembre, mise sur des améliorations attendues par les utilisateurs, comme un double slot SD, des performances AF accrues grâce à un double processeur, un mode vidéo 4K60p ainsi qu’un véritable grip additionnel.

Présentés comme « le nouveau chapitre » par Nikon, ces nouveaux boîtiers marquent-ils une nouvelle étape dans la stratégie de conquête du marché de l’hybride plein format par Nikon avec la monture Z ou bien une simple remise à niveau très attendue ? La réponse dans notre article qui décortique les caractéristiques de ce nouveau duo.

Nikon à l’écoute

Parmi les nouveautés introduites par les Z 6II et Z 7II, Nikon a pris soin de répondre point par point aux remarques faites par les utilisateurs de Z 6 et Z 7. Exit le slot XQD/CFexpress unique, place à un double slot XQD/CFexpress et SD UHS-II pour un stockage plus sécurisé et moins onéreux. La poignée additionnelle n’était qu’un simple accu supplémentaire, désormais celle-ci dispose de contacteurs pour des commandes déportées adaptées à un usage vertical. Le système autofocus n’était pas assez rapide ? Nikon présente un AF plus véloce et plus précis. Enfin, l’alimentation continue en USB fait son apparition.

Comme on peut le voir, Nikon est à l’écoute et semble proposer tout ce qu’il manquait aux Z 6 et Z 7 avec cette nouvelle génération.

Dans le même moule

On prend les mêmes et on recommence ? En apparence, les Nikon Z 6/Z 6II et Z 7/Z 7II se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Nikon a fait le pari de ne rien changer en extérieur à ces deux boîtiers, avec une ergonomie strictement identique. La seule différence extérieur se trouve au niveau du nom du produit en facade du boîtier.

On retrouve ainsi la même ergonomie et le confort d’utilisation qui ont fait leurs preuves avec les Z 6 et Z 7, avec de très bonnes sensations en main – lire notre test 1 an avec le Nikon Z 6. Le boîtier en alliage de magnésium est ultra-résistant et léger, avec 705 g sur la balance et des mensurations quasiment identiques – 134 x 100,5 x 69,5 mm (L x H x P). Il bénéficie de la même construction résistante aux intempéries et à la poussière, avec un même niveau de protection que le D850.

Finalement, il semblerait que Nikon ai vu juste avec la première version car aucune modification n’a été faite : les boutons restent aux mêmes endroits, avec toujours le même niveau de personnalisation des commandes, une double molette de réglage, un joystick pour déplacer le collimateur, un switch entre les modes photo et vidéo aux réglages indépendants, un écran de contrôle OLED, etc.

Côté visée, rebelote. Les deux boîtiers utilisent un écran LCD tactile et inclinable de 3,2 pouces avec 2 100 000 pixels. Toujours pas d’écran sur rotule pour les vidéastes. Le viseur électronique est un écran OLED de 3,69 millions de pixels toujours aussi agréable, avec un grossissement de 0,8x, un dégagement oculaire de 21 mm et un bloc optique signé Nikon qui permet de réduire les aberrations.

Le taux de rafraichissement du viseur reste limité à 60 ips même si Nikon indique que le blackout a été réduit en rafale. Petite amélioration tout de même : lorsque l’écran est incliné, le détecteur de proximité de l’EVF est désactivé pour éviter de d’éteindre l’écran arrière en passant le doigt devant le viseur.

La véritable différence ergonimique se trouve donc du côté de la trappe à carte mémoire, qui ne cache plus un seul slot mais deux, pour une plus grande polyvalence et sécurité diront certain. Exit l’obligation d’utiliser une carte CFexpress (ou XQD), les Z 6II et Z 7II intègrent désormais un slot SD UHS-II supplémentaire, offrant des capacités de stockage moins coûteuses et malgré tout suffisamment rapides.

Z 6II et Z 7II : double processeur EXPEED 6 et capteurs identiques

Les Nikon Z 6II et Z 7II reprennent exactement les mêmes capteurs photo stabilisés sur 5 axes que les Z 6 et Z 7, soit un capteur CMOS plein format rétroéclairé (BSI) de 24,5 Mpx pour le Z 6II et 45,7 Mpx pour le Z 7II. Ici encore, Nikon semble avoir suffisamment confiance sur cette différenciation pour ne pas changer les choses.

Mais là où cela change – et où cela change tout – c’est au niveau de la puissance de calcul associée à ces capteurs photo. Nikon introduit en effet un double processeur Expeed 6 pour venir faire fonctionner le tout, ce qui a un impact conséquent sur les performances de ces boîtiers en termes de rafale, de buffer et d’autofocus.

Ainsi, le Z 6II est désormais capable de rafales jusqu’à 14 i/s en obturateur électronique et mécanique (contre 12 sur le Z 6) avec suivi AF/AE et le Z 7II monte jusqu’à 10 i/s. Et le double processeur permet de tenir cette rafale plus longtemps, avec désormais un buffer de 200 images en JPEG et 124 images en RAW 12 bits sans compression pour le Z 6II (200 JPEG et 77 RAW 12 bits pour le Z 7II). C’est bien mieux que les 37 RAW du Z 6.

En termes d’autofocus, les Z 6II et Z 7II sont aussi présentés comme bien plus performants que les Z 6 et Z 7. Ils disposent toujours respectivement de 273 et 493 points AF mais offrent une détection et un suivi plus rapide et plus précise des sujets. Ici, Nikon fait encore mieux que la mise à jour des Z 6 et Z 7 qui est venue améliorer l’AF, notamment en dédiant l’un des processeur à l’AF lors de la prise de vue. Nikon parle ici d’une technologie à la fois plus efficace et précise mais aussi plus simple à utiliser, grâce à une personnalisation des commandes de suivi possible sur le boîtier et un comportent différent à la fin du suivi : au lieu de retourner au centre, le collimateur revient à la position initiale choisie par le photographe.

La détection des yeux et des visages est bien entendu toujours présente dans le mode photo, mais elle n’est plus uniquement disponible en mode AF zone « Auto » et fait aussi son apparition dans le mode Wide L. En plus de cela, le suivi des yeux est désormais aussi disponible en vidéo (mode AF zone « auto » et Wide L), un véritable pas franchi pour faciliter la mise au point sur le sujet. On retrouve également quelques petites améliorations ergonomiques, comme le maintien de la position du collimateur au redémarrage du boîtier, ainsi que le choix entre la détection humain/animal directement dans le menu i pour perdre moins de temps.

Ici, c’est la nuit

Nikon positionne toujours ses boîtiers pour des performances nocturnes supérieures, notamment en termes d’AF. En termes de sensibilité AF, les Z 6II et Z 7II s’améliorent aussi avec -4,5 IL pour le Z 6II et -3 IL pour le Z 7II, et même jusqu’à -6 IL pour le Z 6II et -4 IL pour le Z 7II (avec une optique f/2) en mode AF Faible lumière.

Qui dit même capteur dit également même sensibilité ISO : le Z 6II a ainsi une plage ISO de 100 à 51 200 ISO (extensible de 50 à 204 800 ISO) alors que le Z 7II va de 64 à 25 600 ISO (extensible de 32 à 102 400 ISO). Ainsi, le Z 6II sera plus à l’aise que le Z 7II en photo de nuit.

Ce qui change, c’est le temps de pose maximal autorisé par ces boîtiers, qui peuvent désormais descendre jusqu’à 900 s en mode M, de quoi pouvoir obtenir des poses longues, très longues. Ces deux boîtiers disposent également d’une fonctionnalité time-lapse interne.

Vidéo 4K60p … en 2021 pour le Z 6II

L’autre grande nouveauté des Z 6II et Z 7II, c’est le support de la vidéo 4K UHD en 60p. Ici, il faudra cependant être patient, car cette fonctionnalité ne sera pas disponible à la sortie pour le Z 6II, mais sera ajoutée par un nouveau firmware gratuit disponible courant février 2021. Question de développement trop tardif par rapport à la date de lancement ? On imagine, puisque le Z 7II devrait quant à lui bénéficier de la 4K60p dès sa sortie en décembre.

Si le flux 4K en 24, 25 ou 30p est échantillonné sur l’ensemble du capteur, il faudra cependant compter sur un crop 1,08x pour la 4K 60p. En Full HD, les appareils sont capables de filmer en ralenti jusqu’à 120p, ici encore avec un recadrage.

Ces deux nouveaux appareils sont également compatibles HLG et peuvent filmer en 4:2:2 10 bits N-Log et en ProRes RAW mais uniquement avec un enregistreur externe via HDMI. L’Atomos Ninja V est compatible.

Comme les précédents modèles, ces boîtiers disposent d’un commutateur à l’arrière qui permet de passer du mode photo au mode vidéo, les réglages et écrans pour chaque mode étant paramétrables séparément. L’autofocus peut être sélectionné via l’écran tactile en vidéo.

Zebra, D-Lighting, Focus Peaking et stabilisation électronique sont toujours de la partie, avec une durée d’enregistrement limitée à 30 min, sans annonce quelconque sur des risques de chauffe du capteur.

Les autres nouveautés du mode vidéo sont l’alimentation continue en USB ainsi que le suivi des yeux humains, chats et chiens disponible également en vidéo.

Autonomie et connectique des Z 6II et Z 7II

Ne cherchez pas, il n’y a aucune différence avec les Z 6 et Z 7 au niveau des connectiques. Ces boîtiers disposent ainsi d’une entrée micro et prise casque, d’une prise USB 3.0 Type C (désormais capable d’alimenter le boîtier même en fonctionnement), d’un port mini-HDMI ainsi que d’un connecteur pour télécommande filaire. Bien sûr, le Wifi et Bluetooth sont présents.

Par contre, au niveau de la batterie, Nikon utilise la nouvelle EN-EL15c dévoilée avec le Z 5. Si celle-ci est aussi puissante que la précédente version et reste compatible avec les boîtiers utilisants les EL15A et B, elle est plus efficace pour fournir le boîtier en énergie et permet l’alimentation continue en USB en utilisant un câble USB-C compatible.

L’autonomie est légèrement améliorée, en passant de 310 à 320 images en norme CIPA, mais peut également durer plus longtemps grâce au nouveau mode Eco. Dans les faits, on pense que l’autonomie devrait être bien supérieur à ces chiffres qui ne reflètent pas un usage réel.

Petit détail : Nikon fournit toujours un chargeur externe avec ses boîtiers, en plus d’un câble USB-C. Bravo.

Ces petits détails qui comptent

Lors de la présentation de ces deux nouveaux boîtiers, Nikon a insisté sur plusieurs détails intéressants, qui montre un réel souci de l’ergonomie. Ainsi, comme vu plus haut, le capteur du viseur peut désormais être désactivé lorsque l’écran est incliné, pour éviter qu’un doigt, une dragonne ou tout autre élément vienne passer devant et éteindre l’écran. Cela nous est tous déjà arrivé et c’est vraiment gênant, surtout si vous avez l’habitude de photographier à hauteur de bassin.

L’horizon virtuel, qui prenait beaucoup de place à l’écran, a été affiné. Un mode ECO a été ajouté aux boîtiers, pour une autonomie prolongée, et un mode timelapse interne permet de générer des vidéos directement sur le boîtier. Enfin, le détail qui tue pour les vidéastes est la possibilité d’inverser le sens de rotation de la bague de mise au point, utile si vous venez d’un autre écosystème d’objectifs – coucou Canon.

Malheureusement, ces mises à jour aussi minimes qu’utiles ne devraient pas trouver leur chemin vers les Z 6 et Z 7 selon la marque. Une façon assez peu courtoise de ne pas remercier les premiers acheteurs de Z 6 et Z 7 qui se sont jeté sur la nouvelle monture Z sans attendre…

Mise à jour firmware via SnapBridge

Snapbridge permettra désormais de mettre à jour les firmware des boîtiers via mobile : c’est Nikon qui le dit et cette fonction, qui arrive avec les Z 6II et Z 7II, devrait être étendue à tous les boitiers compatibles SnapBridge.

L’application mobile permet toujours une prise en main à distance du boîtier, un partage des photos et vidéos rapides et offre la possibilité d’ajouter hashtags et copyright à ses images pour un flux de travail optimisé.

MB-N11, enfin un vrai grip additionnel

Alors qu’on peut dire que Nikon a complètement raté son grip pour les Z 6 et Z 7, ne proposant qu’une simple brique (MB-N10) pour doubler l’autonomie de ses boîtiers, le constructeur n’a pas fait la même erreur avec les Z 6II et Z 7II.

Il propose ainsi la poignée-alimentation MB-N11 qui, en plus de doubler l’autonomie du boîtier grâce à deux emplacements pour batteries, dispose de contacteurs et est dotée de commandes déportées – déclencheur, molettes, joystick et boutons – pour la photo en orientation verticale. Cette poignée fera également office de station de recharge une fois déconnectée, grâce à un port USB-C qui permettra de recharger les deux batteries présentes à l’intérieur. Et si vous disposez déjà d’une MB-N10, celle-ci reste compatible.

Une télécommande radio sans fil WR-R11b est également annoncée avec ces boîtiers, pour permettre de déclencher à distance et de manière synchronisée plusieurs appareils. Elle pourra également être reliée à un flash externe, comme le SB-5000, et est compatible avec la télécommande WR-1 pour un contrôle longue portée.

Et les Z 6 et Z 7 dans tout ça ?

Avec ces deux nouveaux boîtiers, Nikon propose 6 appareils photo hybrides en monture Z, dont 5 en plein format. Les Z 6 et Z 7 restent pour le moment au catalogue, sûrement à des prix plus doux pour séduire une cible moins argentée. Une stratégie déjà éprouvée par Sony et ses A 7 qui permet de proposer de l’hybride plein format à moins de 1 000 €.

Prix et disponibilité des Nikon Z 6II et Z 7II

Annoncés aujourd’hui, les Nikon Z 6II et Z 7II seront disponibles d’ici la fin de l’année.

Le Nikon Z 6II sera disponible nu à partir du 5 novembre 2020 à un tarif de 2 199 €.

Le Nikon Z 7II sera disponible nu à partir du 10 décembre 2020 au tarif de 3 399 €.

Des kits avec adaptateurs FTZ et NIKKOR Z 24-70 mm f/4 seront également proposés. Les tarifs sont 100 et 300 € moins chers que les Z 6 et Z 7 à leur sortie en 2018.

Nikon propose également une offre de reprise de 200 € à l’achat d’un Z 6II ou Z 7II si vous apportez un appareil photo Nikon, dès le début des ventes et jusqu’au 10 janvier chez les revendeurs participants.

La poignée-alimentation MB-N11 sera disponible en novembre 2020 au tarif de 339 €.

Notre premier avis sur les Nikon Z 6II et Z 7II

Nous sommes plutôt tiraillés face à cette annonce de Nikon : d’un côté, le constructeur propose sur le papier une amélioration des performances autofocus bienvenue pour rattraper la concurrence sur l’hybride plein format, notamment Sony. Le suivi AF sera ainsi plus rapide et précis, avec une rafale également plus rapide et endurante grâce à un processeur supplémentaire. La vidéo 4K60P – à venir en 2021 pour le Z 6II – et des raffinements ici et là, comme notamment un double slot mémoire avec le retour de la SD UHS-II, complètent le tableau. On apprécie également le grip MB-N11, même si franchement on ne comprend toujours pas ce qui est passé par la tête des ingénieurs avec les Z 6 / Z 7 et leur absence de contacteurs pour déporter des commandes en mode vertical.

D’un autre côté, l’absence d’évolution majeure au niveau du capteur, du viseur électronique, de l’écran orientable – toujours pas sur rotule – la 4K60p au prix d’un crop important ainsi que le fait que Nikon n’apportera aucune mise à jour apparue sur cette seconde génération aux Z 6 et Z 7 nous laissent un peu sur notre faim. Certes, les Z 6 et Z 7 restent ainsi toujours aussi séduisant pour qui recherche un hybride Nikon plein format, notamment grâce à une baisse de tarifs à venir. On s’attendait peut-être à un peu plus d’innovation de la part de Nikon sur ces boîtiers, d’autant plus quand on voit la marche forcée des autres constructeurs, Sony en tête.

Nous ne manquerons pas de développer les points mentionnés lors d’une prise en main de ces nouveautés cet hiver.

Test Nikon Z 6 : un an avec l’hybride plein format Nikon qui va vous faire switcher