Alors que Skylum a dévoilé Luminar AI, son prochain logiciel de retouche photo basé sur l’intelligence artificielle, nous avons pu parler – à distance – avec Alex Tsepko, CEO de Skylum. Il nous explique la philosophie derrière Luminar AI, pourquoi Skylum a décidé de repenser complètement l’interface du logiciel, et son positionnement par rapport à Luminar 4.

Dans cette interview, vous en saurez également davantage sur les ambitions de Skylum de changer la façon dont nous retouchons nos photos, avec une vision au service du photographe et de son temps.

Alex Tsepko, CEO de Skylum

La dernière fois que nous avons discuté (en 2018), vous nous avez dit qu’Adobe détenait environ 80 % des parts de marché des logiciels photo. Quelle est la situation aujourd’hui ? Skylum a-t-il gagné des parts de marché avec Luminar 4 ?

Alex Tsepko : Au cours des deux dernières années, le nombre de personnes qui souhaitent à la fois prendre des photos et créer des contenus de haute qualité a augmenté. En conséquence, beaucoup plus de personnes se sont intéressées à la retouche de leurs photos. Mais les gens considèrent que la retouche photo traditionnelle est un processus qui peut prendre un temps infini. Et ils n’ont pas le temps d’apprendre Photoshop ou les éditeurs traditionnels. Mais ils veulent quand même obtenir de bons résultats. Luminar résout ce problème et, en conséquence, au cours des deux dernières années, la base d’utilisateurs de Luminar a été multipliée par 2,5.

Skylum veut proposer une alternative sérieuse à Lightroom avec Luminar

De nombreux propriétaires de Luminar l’utilisent comme un plugin pour Photoshop ou Lightroom. Ainsi, alors qu’Adobe continue de publier des mises à jour intéressantes de sa gamme de produits et d’élargir sa base d’utilisateurs, nous sommes bien placés pour étendre notre base d’utilisateurs de plugin à leurs côtés. Tout cela est motivé par le fait que les gens prennent plus de photos et, par conséquent, que plus de gens veulent créer des images impeccables de manière plus simple et plus rapide.

Pourquoi estimez-vous que l’IA est importante pour les photographes ?

Alex Tsepko : De nombreuses nouvelles technologies nous prennent simplement plus de temps. En cours de route, nous oublions que nous avons besoin de passer du temps avec nos proches, notre famille, nos collègues, etc.

Luminar AI : la retouche photo automatique grâce à l’intelligence artificielle

Chez Skylum, nous pensons que toute technologie doit servir un objectif significatif et, idéalement, noble. À cette fin, nous avons pensé qu’en ajoutant la puissance de l’intelligence artificielle dans notre éditeur, nous pourrions résoudre plusieurs problèmes importants à la fois.

Pour les personnes créatives, ces problèmes sont :

  1. Lorsqu’ils retouchent des photos, les gens passent 74 % de leur temps sur des tâches répétitives et routinières, ce que nous appelons le travail de routine. Cette statistique provient d’une étude réalisée par Adobe. En raison de la nature ennuyeuse de ce travail fastidieux, les gens en viennent à penser que la retouche photo est plus difficile et moins satisfaisante. Nous pensons que l’IA peut automatiser une grande partie de ce travail et permettre aux gens de réinvestir ce temps dans leur vie personnelle ou dans le développement de leur créativité.
  2. Lorsqu’un professionnel ouvre une photo pour la retoucher, le résultat final est déjà bien formé, sinon complètement présent dans son esprit… Ce n’est pas toujours le cas des photographes amateurs ou des hobbyistes.

Faute de connaissances, les amateurs et les hobbyistes se mettent à cliquer sur tous les boutons et à déplacer des curseurs en espérant obtenir un résultat probant. Trop souvent, ils échouent. En examinant ce problème, nous nous sommes demandé si l’intelligence artificielle pouvait servir de guide ; et ainsi servir les amateurs et les hobbyistes pour trouver et développer leur propre style.

Pour résoudre ces problèmes, Luminar AI utilise l’intelligence artificielle afin d’évaluer les photos de l’utilisateur et lui proposer plusieurs options de style. Ici, il est important de comprendre que le robot logiciel (IA) ne remplace pas la créativité humaine. En fait, la créativité humaine, sous la forme de photographes et de retoucheurs professionnels très talentueux, forme notre IA à comprendre ce qu’est une bonne image et la guide ensuite à travers une série d’options pour qu’elle y arrive … rapidement. Ainsi, un créateur dispose immédiatement d’une inspiration créative, suscitée par l’IA, et ne se retrouve pas bloqué lorsque l’expérience fait défaut ou, dans le cas des professionnels, que l’inspiration vient à manquer.

« Donner aux gens une telle liberté créative, c’est comme leur donner des super-pouvoirs créatifs. Telle est notre vision de l’intersection de l’intelligence artificielle et de la créativité. »

Parfois, une personne a besoin de créer une nouvelle « réalité », par exemple un effet de brouillard ou un ciel plus dramatique, pour réaliser sa vision à travers ses photos. Là encore, cela peut être très difficile pour les éditeurs photo classiques car cela nécessite une formation approfondie, beaucoup de temps passé à un travail monotone ou, dans la plupart des cas, les deux. Avec Luminar AI, nous utilisons l’intelligence artificielle pour rendre ces changements spectaculaires plus simples et plus rapides à réaliser. Donner aux gens une telle liberté créative, c’est comme leur donner des super-pouvoirs créatifs. Telle est notre vision de l’intersection de l’intelligence artificielle et de la créativité.

Luminar AI est comme l’esprit collectif des artistes, retoucheurs, designers et autres génies créatifs qui a été numérisé pour que nos utilisateurs y aient un accès facile et automatique. Nous comprenons également les limites de l’IA. Une chose qu’elle ne peut certainement pas faire est de remplacer le créateur lui-même, sa créativité ou son style personnel. Toutes ces choses sont intrinsèquement liées à l’identité du créateur, en tant que personne, et à la façon dont il voit le monde.

Si vous regardez les mises à jour récentes d’un éditeur photo traditionnel, vous verrez qu’elles ne changent pas vraiment le processus d’édition. Ils ajoutent plutôt un tas de boutons et de curseurs. Cette approche ne valorise pas votre temps ; elle ne vous libère pas du temps pour vivre votre vie. Au contraire, elle vous donne plus de travail, vous obligeant à vivre votre vie directement dans l’éditeur. Nous voulons penser différemment. Nous voulons que les créateurs vivent une vie en dehors de leur éditeur photo tout en étant capables de faire des photos sympas. Pour ce faire, nous utilisons l’IA pour automatiser, éliminer ou accélérer les tâches répétitives présentes dans les logiciels d’édition photo traditionnels.

Quelle est la vision de Skylum pour l’avenir de la retouche photo ?

Alex Tsepko : Les gens ont besoin de la photographie pour construire leur marque, vendre leurs services, leurs biens, raconter une histoire à leurs amis ou à leur famille. Pour bien faire cela, ils doivent être capables de bien éditer les photos, en y consacrant un minimum de temps.

De gauche à droite : Alex Tsepko, CEO, Dima Sytnik Co-founder & CPO, Paul Muzok Co-founder, Ivan Kutanin Chief Product Growth Officer

Dans notre vision de l’avenir, les créateurs ne perdent pas de temps dans un travail routinier. Ils ne perdent pas de temps sur les étapes inutiles, comme le copier-coller. Au contraire, ils utilisent des technologies intelligentes pour accélérer le processus de création photo, afin de raconter leur histoire au monde entier par le biais de l’impression, des médias sociaux ou de tout autre moyen. C’est un principe simple.

Que vous soyez photographe professionnel ou amateur, nous voulons que votre photographie soit guidée par votre vision créative unique, et non par un travail monotone. Vous vous concentrez sur la partie géniale de la photo, la partie créative. Vous oubliez complètement la routine et les processus redondants et inutiles. Nous voulons que les gens aient le pouvoir de créer des images cool sans y passer des heures, parce que votre temps est précieux. C’est aussi simple que cela.

Quels sont les premiers résultats de l’annonce de Luminar AI, votre prochain logiciel de photo ?

Alex Tsepko : Nous venons d’annoncer Luminar AI et nous avons plusieurs types de retours. Tout d’abord, nous avons les premiers adeptes qui disent : « Wow ! Cool !, je comprends tout et j’en ai besoin ! » Ils utilisent déjà l’intelligence artificielle dans Luminar ou dans Adobe sous une forme ou une autre. Ils en comprennent la valeur et pensent que ce sera très intéressant parce qu’ils ne veulent vraiment pas passer autant de temps, d’efforts et de stress à retoucher leurs photos de manière traditionnelle. Ce groupe est enthousiaste, très communiquant bien qu’encore assez réduit.

Un autre retour sur Luminar AI est : « nous ne comprenons pas ce qu’est l’IA. Cela nous fait peur. Un robot remplacera-t-il complètement le photographe dans la retouche photo ? Cet éditeur d’IA est-il entièrement automatisé ? L’IA ne va-t-elle pas étouffer la créativité et aboutir à une « similitude » stérile ? L’IA va-t-elle me tuer dans le domaine de l’édition photo ? » Bien sûr, l’IA peut avoir une réputation très négative et nous le comprenons très bien. Mais pourquoi est-elle négative ? Il s’agit en partie de la représentation de l’IA dans la culture pop et la science-fiction. Mais une grande partie est aussi liée à la façon dont les gens présentent l’IA, en particulier les outils traditionnels de retouche photo. L’étiquette IA est apposée sur à peu près tout, des curseurs aux préréglages. Trop souvent, il n’y a pas de bon moyen de vérifier ce que fait leur « IA » et si elle apporte réellement de la valeur au photographe.

« L’IA n’automatise pas tout. Elle accélère certains processus. Elle ouvre de nouvelles possibilités créatives. »

Lorsque cela arrive à une toute nouvelle technologie, cela crée de la confusion, ce qui engendre de la peur. Notre défi est donc d’éduquer ces personnes sur les avantages et les réalités de l’IA : elle n’automatise pas tout. Elle accélère certains processus. Elle ouvre de nouvelles possibilités créatives.

Un troisième groupe, plus restreint, affirme que l’intelligence artificielle est réservée aux amateurs ; que les « vrais » professionnels font tout de manière manuelle. Pour nous, cette position est fondamentalement erronée. Un photographe talentueux est payé pour ses résultats, pas pour son workflow. Il est payé pour des photos réussies. Plus vite il fournit un résultat exceptionnel, mieux c’est pour toutes les personnes concernées. L’IA l’aide à y parvenir. Point final.

Donc, une partie de notre mission est d’éduquer ces gens. Nous leur montrons que l’IA est une extension de l’esprit créatif, et ne vient pas le remplacer. Au total, environ 90% de notre communauté est soit très enthousiaste à propos de Luminar AI, soit curieuse mais ne comprend pas vraiment comment elle peut les aider … pour l’instant.

Nous avons un plan pour les aider. Dès le mois d’octobre, nous ferons des démonstrations de nos produits, partagerons des « sneak peeks » et organiserons une série de webinaires, dont une réunion avec l’équipe de Skylum.

« Chez Skylum, l’IA est bien plus qu’un slogan de marketing … beaucoup plus. »

A travers ce processus, nous monterons aux gens que nous avons créé le bon éditeur, avec le bon assistant IA pour les aider à créer un meilleur travail en moins de temps. Nous leur montrerons que, chez Skylum, l’IA est bien plus qu’un slogan de marketing … beaucoup plus.

Comment Skylum a-t-il été touché par la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 ?

Alex Tsepko : Comme pour tout le monde, la pandémie a changé notre façon de vivre et de travailler. Je suis fier de dire que, en tant qu’entreprise, nous avons réagi rapidement pour prendre soin de notre équipe. Au début, nous avons mis tout le monde au travail à distance. Et, dans les six mois qui ont suivi le début de la pandémie, nous avons reconstruit ou étendu notre infrastructure pour soutenir pleinement notre équipe à distance.

En tant qu’entreprise mondiale, avec des employés en Ukraine, en Allemagne, aux États-Unis, en Corée du Sud et au Japon, ce n’était pas une mince affaire. En fin de compte, le travail à distance a profité à l’équipe. Les gens ont commencé à communiquer de manière plus directe avec tous leurs collègues et non avec ceux qui se trouvaient près de la machine à café.

Nous communiquons également davantage avec les photographes, dont beaucoup ont l’habitude de voyager mais qui, pour l’instant, restent chez eux. Ainsi, alors que de nombreux créateurs sont actuellement limités dans leurs déplacements, nous nous efforçons de mieux les connecter à nos produits afin qu’ils soient en phase avec la direction que prend Luminar AI. Par exemple, nous avons actuellement des projets en cours avec Elia Locardi, Pierre Lambert, Serge Ramelli, Cuma Cevik et Daniel Kordan.

Sur le plan économique, nous n’avons constaté que très peu d’impact négatif, car notre communauté est également chez elle et, lorsqu’elle est chez elle, elle utilise Luminar pour rattraper son retard en matière de post-traitement. Si nous sommes bien sûr heureux que notre entreprise ait continué à se développer de manière constante pendant tout ce temps, nous sommes tout aussi heureux de savoir que nous avons agit pour prendre soin de la communauté dans son ensemble.

Skylum récolte près de 120 000 $ pour lutter contre le Covid-19

En avril dernier, nous avons lancé un programme pour faire un don de 5 dollars sur chaque achat effectué sur skylum.com pour lutter contre la COVID-19. Le programme a connu un grand succès et a permis de récolter 118 515 dollars qui ont été reversés à l’Organisation mondiale de la Santé, à Heart to Heart International et à Global Giving. Avoir une mission sociale est une valeur fondamentale chez Skylum. En fin de compte, les entreprises sont faites de personnes, et les gens sont censés s’entraider. Et, dans notre réponse à la COVID-19, nous sommes fiers de dire que nous avons été à la hauteur de l’événement.

De nombreux lecteurs s’interrogent sur les prochaines mises à jour de Luminar 4. Les clients de Luminar 4 peuvent-ils s’attendre à des mises à jour et des améliorations de performances majeures dans un avenir proche ?

Alex Tsepko : Tout d’abord, disons que le mot « majeur » a une signification différente selon les personnes. Cela dit, dès que nous sortirons Luminar AI, nous porterons à nouveau notre attention sur Luminar 4. Nous savons qu’il y a des bugs notables, en particulier sur Windows, et nous n’aimons pas cela.

« Luminar AI est l’avenir de l’édition chez Skylum. »

Pour l’instant, toute notre petite équipe se concentre cependant sur le lancement de Luminar AI. Après ce lancement, nous travaillerons à l’amélioration des performances de Luminar 4. En outre, nous prendrons en charge de nouvelles mises à jour durant tout 2021. Au-delà de cela, nous n’ajouterons plus de fonctionnalités majeures à Luminar 4 car Luminar AI est l’avenir de l’édition chez Skylum.

Luminar 4.3 : amélioration des performances et quelques nouveautés bienvenues

Nous nous assurerons donc que Luminar 4 est aussi robuste que possible, y compris avec les corrections de bogues, l’accélération des performances et la prise en charge de nouveaux appareils photo. Nous pensons qu’à ce niveau de prix, Luminar 4 est déjà une très bonne option pour nos utilisateurs et leurs licences resteront actives même s’ils choisissent de ne pas passer à Luminar AI.

Comment Luminar AI et Luminar 4 vont-ils fonctionner ensemble, sachant que de nombreuses fonctionnalités IA sont présentes dans les deux versions ?

Alex Tsepko : Bien qu’elle partage la marque Luminar, Luminar AI a été reconstruite de fond en comble comme un produit entièrement nouveau. Qu’est-ce que cela signifie ? Luminar AI a une architecture logicielle et un moteur entièrement nouveaux. Il reprend certaines des meilleures caractéristiques de Luminar 4 tout en y ajoutant de nouvelles fonctions puissantes. Mais, il n’y aura pas d’interconnexion entre les deux produits.

Lors de sa sortie, Luminar 4 était complètement innovant, y compris certains éléments d’IA. Nous avons donc pensé au départ qu’il pourrait servir de passerelle vers Luminar AI. Mais, au début de la phase de conception, nous avons réalisé que Luminar 4 est toujours, malgré tout, un éditeur de photos traditionnel. Pour atteindre nos objectifs pour Luminar AI, nous avons dû construire un nouveau produit à partir de zéro, ce qui signifie qu’il devait être autonome par rapport à Luminar 4.

« Luminar AI est en soi une alternative aux éditeurs traditionnels, ce qui signifie qu’il s’agit d’une alternative à Luminar 4. »

Luminar AI propose son propre processus d’édition, que nous appelons le « workflow guidé par l’IA ». Vous ouvrez une photo et, après une première analyse, Luminar AI vous propose quelques options de style et, en fonction de votre sélection, vous guide dans la bonne direction créative.

Luminar AI est en soi une alternative aux éditeurs traditionnels, ce qui signifie qu’il s’agit d’une alternative à Luminar 4. Par conséquent, il n’y aura pas de dépendance croisée, ce qui était une décision très délibérée de notre part. Bien qu’il s’agisse de produits distincts, la communauté constatera rapidement que Luminar 4 et Luminar AI partagent de nombreuses fonctionnalités intéressantes, et qu’ils n’auront donc pas besoin de se former à nouveau.

Luminar AI sera-t-il aussi puissant et configurable que Luminar 4 ?

Alex Tsepko : Luminar AI tire le meilleur de Luminar 4. La plupart des choses qui ont disparu sont celles qui, objectivement, prennent beaucoup de temps. Par exemple, il n’y a plus de manipulation des calques dans Luminar AI.

Pourquoi ? Ces choses sont des artefacts, un héritage du modèle obsolète de la chambre noire. Luminar AI continue d’obtenir les résultats finaux pour lesquels on utilise souvent des calques, comme le remplacement du ciel ou la fusion de deux images, mais il le fait d’une nouvelle manière qui réduit à la fois la complexité et le temps.

Luminar AI fera tout ce que font les éditeurs traditionnels, comme Luminar 4, et produira les mêmes voire, le plus souvent, de meilleurs résultats. Et Luminar AI ajoutera des fonctionnalités qui permettront d’atteindre ces trois objectifs :

  1. Accélérer considérablement votre flux de travail.
  2. Guider votre pensée créative en vous suggérant différentes options de post-traitement.
  3. Fournir de nouvelles façons de créer de superbes images que Luminar 4, ou tout autre éditeur de photos traditionnel, ne peut tout simplement pas faire.

Cela fait un moment que vous n’avez pas développé d’applications mobiles. Prévoyez-vous de vous attaquer au nombre croissant de photographes sur smartphone dans un avenir proche ?

Alex Tsepko : Bien sûr, la réponse est oui. Nous effectuons actuellement une étude de marché. Par principe, nous ne commençons pas à développer un nouveau produit sans faire les recherches nécessaires.

Par exemple, pour Luminar AI, nous avons mené plus de 200 entretiens avec des utilisateurs de tous les niveaux de compétence et d’expérience afin de vraiment comprendre ce qu’ils attendaient d’un nouvel outil d’édition. Cette recherche nous a permis de comprendre leurs principaux problèmes, qui peuvent se résumer ainsi : ils passent trop de temps dans les logiciels de post-traitement traditionnels sur des tâches ennuyeuses et routinières pour atteindre leurs objectifs, ce qui, pour parler franchement, les contrarie.

« Nous voulons comprendre comment les gens retouchent leurs photos sur leurs smartphones. »

De même, avant de commencer à travailler sur un produit mobile, nous voulons être sûrs de construire le bon produit. Pour cela, nous devons découvrir ce que veulent les consommateurs. Les éditeurs traditionnels ne sont pas construits de cette façon. Au lieu de cela, ils se contentent de regrouper un grand nombre d’outils sous une toute nouvelle interface et de dire : « Regardez ce nouvel éditeur ! »

Cette approche ne nous intéresse pas. Ce n’est pas la façon de faire de Skylum. Nous voulons comprendre comment les gens retouchent leurs photos sur leurs smartphones. Peut-être ne veulent-ils pas d’un flux d’édition complet. Des corrections en un bouton ou un système basé sur des filtres seraient peut-être mieux adaptés à une solution mobile. Les créateurs de contenu sur mobile se comportent différemment de ceux qui créent sur ordinateur. Il est donc inutile de simplement copier le logiciel sur ordinateur vers un modèle mobile ou basé sur un navigateur.

Ce n’est pas une façon logique de créer des produits que les gens veulent et dont ils ont besoin. C’est pourquoi nous sommes en train de rechercher ce dont les utilisateurs ont besoin dans une version mobile de Luminar AI. Nous prendrons le temps de bien faire les choses et de fournir un produit qui offre une réelle valeur et une innovation aux créateurs de contenu sur mobile.

Selon vous, quelle est la fonction d’IA la plus réussie de Luminar AI ?

Alex Tsepko : Il n’y a pas une seule caractéristique qui se démarque. La « killer app » est plutôt la façon dont les outils de Luminar AI sont conçus pour fonctionner ensemble afin d’obtenir des résultats étonnants. Par exemple, les flux de travail construits autour de notre assistant AI, les modèles et le traitement par lots seront incroyablement utiles aux photographes commerciaux qui ont besoin d’obtenir rapidement des résultats sur de nombreuses photos.

« Luminar AI devrait plaire à tous ceux qui veulent réaliser de superbes images. »

Un autre modèle qui, je pense, fera fureur est ce que nous appelons le flux hybride, où l’on utilise une combinaison d’intelligence artificielle et de contrôles manuels discrets. C’est un outil puissant pour les photographes qui veulent vraiment avoir un contrôle manuel sur les détails les plus fins. Ici, l’intelligence artificielle automatise les tâches de routine pour accélérer la production tout en leur permettant de passer le plus clair de leur temps à travailler sur les détails créatifs qui rendent leur travail unique.

Ce mélange d’IA et de flux de travail traditionnel devrait vraiment intéresser les personnes pour qui la retouche photo est un processus et un passe-temps. En fin de compte, Luminar AI devrait plaire à tous ceux qui veulent réaliser de superbes images.

Nous avons pensé à chaque petit détail de l’expérience utilisateur et l’avons simplifié. Pour utiliser une métaphore différente, pensez au cockpit de la capsule Apollo originale, qui, selon les normes modernes, offre une interface utilisateur étrange, colossale et complexe, truffée de boutons, de molettes et de leviers. Pensez maintenant au cockpit de la capsule Dragon récemment lancée par SpaceX. La complexité a disparu, remplacée par une série d’écrans tactiles simples et élégants. La physique des vols spatiaux est-elle devenue moins complexe ? Non. Mais la façon dont les hommes interagissent avec le vaisseau et le contrôle au sol a été rendue infiniment plus simple, plus accessible et, par conséquent, plus puissante. Avec Luminar AI, nous avons adopté la même approche pour l’édition de photos. Et, je pense que la communauté trouvera cela tout aussi étonnant.

Y a-t-il autre chose que vous voulez dire à nos lecteurs français ?

Alex Tsepko : La France et l’Allemagne sont nos plus grands marchés européens. La France est l’un de nos quatre premiers marchés mondiaux. Au cours de l’année dernière, le nombre de photographes français et d’utilisateurs de Luminar a quadruplé. Cela nous indique que les photographes français, qu’ils soient professionnels ou amateurs, apprécient leur temps et veulent créer des choses sympas sans perdre de temps en routine inutile.

« La France est l’un des quatre premiers marchés mondiaux pour Skylum. »

Nous sommes donc sur la même longueur d’onde que la communauté photographique française. Nous le comprenons et l’apprécions, c’est pourquoi nous pensons que, en tant que société, nous devons passer plus de temps en France, peut-être avec une présence physique sur place. À cette fin, nous envisageons même d’ouvrir une sorte de petit hub à Paris ou dans une autre ville de France. Nous envisageons également de lancer une équipe française, mais nous n’en sommes pas encore là. Bien sûr, nous avons des partenaires français, mais pour l’instant nous n’avons pas d’équipe Skylum dédiée qui travaille en France. Néanmoins, nos cultures sont étroitement liées, nous sommes intéressés par la langue et nous comprenons que notre produit doit répondre à toutes les exigences des utilisateurs français.

Ainsi, à l’approche de 2021, nous nous engageons à rendre la localisation française, tant dans notre logiciel que sur notre site web, très claire et robuste. Et, bien sûr, nous voulons travailler davantage avec les photographes français. Pour ce faire, nous envisageons des événements tels que des rencontres. Si vous souhaitez participer au lancement en France de notre éditeur photo moderne et non conventionnel, veuillez nous écrire à newsteam@skylum.com.


Merci à Alex Tsepko d’avoir répondu à nos questions. Pour en savoir plus sur Luminar AI, rendez-vous sur le site de Skylum ou retrouver tous nos articles sur le sujet.