Le Prix Caritas pour la photographie sociale a annoncé les lauréats et finalistes de sa toute première édition. Le Prix encourage le travail de photographes autour de la précarité, de la pauvreté et de l’exclusion en France. Le jury, présidé par Agnès b., a décerné le premier prix à la photographe Aglaé Bory. Avec sa série Odyssées, elle interroge les thématiques de l’exil et de l’attente.

Appel à candidatures Prix Caritas : lumière sur la photographie sociale

Trois finalistes pour le Prix Caritas de la photographie sociale

Face à la montée de la précarité et de l’exclusion en France, le Réseau Caritas a décidé de créer un Prix photo afin d’encourager les photographes qui travaillent autour de ces thématiques. Et, plus largement, afin de faire évoluer le regard des individus sur les personnes vulnérables.

Associé à l’association FETART, qui organise notamment le Festival Circulation(s), le Prix se déroulera chaque année. À la clé, une dotation de 4000 €, des expositions et l’édition d’un livre photo.

Les 2 finalistes de cette année sont Myr Muratet pour sa série « Chapelle », qui retrace les flux migratoires du triangle du nord de Paris, ainsi que Julie Joubert. Dans sa série « MIDO », elle suit le quotidien de Ahmed — dans le quartier parisien de Marx Dormoy – rencontré dans un centre de réinsertion en 2017. Le jury a également décerné une mention d’honneur à Pierre Faure.

Odyssées d’Aglaé Bory, l’exil au coeur du 1er prix

Représenter le sentiment d’exil, c’est le fil conducteur du projet d’Aglaé Bory. Jeune photographe française, elle a étudié l’histoire de l’art à l’Université d’Aix-en-Provence et la photographie à l’École Nationale de Photographie d’Arles. Elle travaille désormais depuis 15 ans à Paris.

Pour réaliser ce projet, elle s’est rendue au Havre où elle a suivi plusieurs personnes en exil, demandeurs d’asiles ou réfugiés — dont la plupart sont en attente de statut. Visitant à leurs côtés les centres d’hébergements qu’ils occupent avant de recevoir une réponse de l’administration, elle a été témoin de cette attente douloureuse.

Prix Caritas Aglaé Bory

© Aglaé Bory – Abdelbrazik assis dans sa chambre

C’est au travers de ces diptyques qu’Aglaé Bory a cherché à établir une correspondance entre l’intériorité et le paysage. Par ce biais, elle retrace le chemin de l’exil — qu’elle met en relation avec l’épopée de l’Odyssée d’Homère, où Ulysse subit un exil de 20 années.

Mais elle traduit également le sentiment d’exil vécu par ces personnes, ainsi que l’attente à laquelle ils sont forcés. « Je les ai photographiés dans leurs lieux de vie, dans leur territoire quotidien, bien que précaire et temporaire. Leurs regards se perdent à travers les fenêtres. Ils sont dans le flou. Ils s’en remettent souvent au ciel, dont l’azur semble pourtant les ignorer », a relaté la photographe.

Prix Caritas Aglaé Bory

© Aglaé Bory – Mohamed assis sur un rebord

Ainsi, Aglaé Bory remporte une dotation de 4000 €. Un livre sur sa série sortira aux Éditions Filigranes et elle réalisera une exposition à l’automne avec certaines photographies des 3 autres finalistes, à Paris. Jusqu’à la fin de l’année 2021, leurs photographies seront présentées à d’autres évènements et bénéficieront d’une large visibilité.

Pour en savoir plus sur le prix, rendez-vous sur le site Caritas Photo.