Au-delà de sa profession d’architecte, Cyrille Druart entretient depuis 20 ans une réelle passion pour la photographie argentique. Autodidacte depuis ses débuts, il présente plusieurs séries de photographies en noir et blanc sur son site Internet et se retrouve rapidement représenté par la Galerie Philia.

Son intérêt se porte autant sur gens dans l’univers urbain que sur les paysages sublimes croisés lors de ses voyages. Pas prêt de se séparer de son Leica M7, ses clichés remplis de poésie témoignent de la douceur de l’argentique.

Le Songe – © Cyrille Druart

La découverte de la photo en noir et blanc

Né en 1980 à Paris, Cyrille Druart découvre très vite le plaisir de la photographie argentique. Il débute ses études d’architecte à Penninghen dans le 6e arrondissement de Paris et découvre l’existence d’une chambre noire de tirage argentique. Son père lui fait cadeau d’un Nikon FM2 – le Graal des reporters photo des années 80 – et découvre le plaisir de photographier. Il achète rapidement son propre matériel et immortalise ce qui l’entoure. Il vit alors ses premières expériences en temps que photographe amateur.

New York – © Cyrille Druart

Par la suite, Cyrille Druart fait le choix de se tourner uniquement vers l’argentique noir et blanc. La couleur ne l’intéresse pas. Il n’a d’ailleurs réalisé qu’un total de cinq pellicules couleur dans sa vie. « Pour moi, la couleur c’est la réalité. Et la réalité je n’en veux pas. Je préfère la transformer, capter les ombres, les lumières, des instants. Mais tout relier au réel ne m’intéresse pas », explique le photographe.

« Pour moi, la couleur c’est la réalité. Et la réalité je n’en veux pas. »

« L’abstraction ne m’intéresse pas, j’aime bien avoir un pied dans le réel. Mais pour s’en détacher au maximum, le noir et blanc très contrasté marche très bien », ajoute-t-il. Comme tout photographe de noir et blanc, Cyrille Druart cherche le grain, le reflet de la lumière dans la matière du monde qui l’entoure.

Tokyo – © Cyrille Druart

Passion de l’argentique, refus du numérique

Numérique contre argentique. Deux types de photographies opposées qui font souvent débat. L’une fige ce que voit l’œil et rend une image lisse quand l’autre la rend granuleuse. Pour Cyrille Druart, pas de doute. Il ne se plaît pas dans le numérique et ne jure que par son Leica M7.

« Selon moi le numérique ouvre une infinité de possibilités de photographie. Et je pense qu’il faut des limites en photo pour arriver à être créatif. Pouvoir prendre une photo en couleur et la transformer en noir et blanc, c’est déjà trop de possibilités pour moi« , affirme-t-il.

Dream Construction – © Cyrille Druart

Ne photographier qu’en noir et blanc est un exercice qui demande de la pratique. Car pour réaliser un beau cliché, il faut apprendre à se détacher des couleurs qui nous entourent et poser un « voile » négatif devant notre œil. « J’utilise beaucoup les pellicules panchromatiques Tri-X de Kodak. Avec ça, je ne vois pas le monde en couleur, car je sais que je vais enregistrer mes clichés en noir et blanc. C’est avant tout un état d’esprit avant d’actionner le déclencheur« , déclare Cyrille Druart.

Japon Flottant – © Cyrille Druart

Argentique poétique

Les photographies de Cyrille Druart jouent des contrastes, des perspectives et des lumières afin de laisser place à l’imagination. « Je fais en sorte que mes clichés soient plus graphiques, comme des tableaux. Je peux jouer avec les champs, les flous pour recréer une scène, des émotions, tout cela sans retranscrire exhaustivement la réalité », déclare-t-il.

Le Songe – © Cyrille Druart

Ses clichés – très picturaux – gardent un aspect authentique de l’argentique. On retrouve sur certains clichés les fameuses bandes noires de l’agrandisseur, ou les numéros de série Kodak de la pellicule. Autant dans des paysages ruraux que dans ses voyages au Japon ou à New York. Cet aspect graphique textuel vient apporter de la douceur et de la légèreté aux photographies de Cyrille Druart.

Enfin, ses images argentiques sentent la passion de la photographie de cet architecte de métier. « Ma photographie n’a pas vocation à être engagée. Ce n’est pas de la photo commerciale. Je veux faire des images qui me plairont quand je retomberai dessus plus tard et qui plairont aux autres. Je ne cherche qu’à transmettre mes émotions de douceurs et de calmes quand je prends la photo à ceux qui regarderont« , déclare-t-il.

Dream Construction – © Cyrille Druart

Retrouvez le travail de Cyrille Druart sur son site Internet.

MP #205 : 10 astuces pour débuter en photographie argentique