C’est indéniable, l’argentique revient à la mode, preuve en est avec la photographie instantanée qui se limite encore toutefois à trop peu de réglages. Pour repousser les limites, apprendre la photographie ou par nostalgie, beaucoup d’entres nous se procurent un appareil photo argentique, héritage familial, trouvé dans une brocante ou offert en cadeau. Heureux de renouer avec le grain, nous ne savons pas toujours par où commencer. Voici donc 10 astuces pour bien débuter en argentique.

1 – Choisir sa pellicule (format, sensibilité, noir et blanc ou couleur)

Noir et blanc, couleur, format 135, format 120 mm ?

Le 135 mm, le format standard

La première étape est simple, mais primordiale puisqu’il s’agit de choisir la pellicule adaptée à votre appareil photo. Le premier critère à prendre en compte est celui du format d’image de votre appareil photo. Le format le plus courant est le 135 mm encore appelé 35 mm, considéré comme le petit format, dont la taille de l’image est généralement de 24 x 36 mm et sert encore aujourd’hui de référence dans le monde du numérique.

Leica I, le premier appareil photo argentique commercialisé sur le marché compatible avec le format 135 mm

Pour la petite histoire, ce format de film vient du monde de cinéma. C’est à l’origine un film de 70 mm coupé en 2, devenu populaire via l’invention du Leica I par Oskar Barnack en 1925. La cassette de protection qui donne le nom de 135 a été introduite plus tard par Kodak en 1934.

Dans la plupart des cas, vous aurez affaire à ce format de film, en couleur, en noir et blanc, en négatif et en positif. Ce film est disponible en 12 poses, mais on trouve principalement des 24 ou 36 vues dont la sensibilité ISO s’étend généralement de 25 à 3200 ISO.

Attention, la longueur de la taille d’image peut être étendue ou réduite selon votre appareil photo argentique. Certains appareils panoramiques étendent la largeur d’image et utilisent le format 24 × 58 mm ou encore le 24 x 65 mm par exemple ou le réduisent en 18 x 25 mm.

Les autres formats (120 et 110)

Il existe d’autres formats tel que le 120 mm, adapté aux appareils dits « moyen format » dont la largeur de film est de 64 cm. Selon l’appareil photo utilisé vous pourrez ainsi enregistrer des images de 6 x 6 cm, 6 x 4,5 cm, 6 x 7 cm 6 x 9 cm.

Pellicule 135 à gauche pellicule 120 à droite

Le format 110 quant à lui est beaucoup plus petit, mais surtout plus rare. Aujourd’hui, il est vendu uniquement par le constructeur Lomography qui fabrique encore des appareils photos compatibles. Il n’est pas impossible que d’autres modèles phares tels que les Rollei 110A ou Pentax Auto 110 passent entre vos mains et qu’il vous soit utile de vous procurer ce type de pellicule.

Appareil photo moyen format utilisant le 120 © Ramiro Mendes

110, 135 ou 120 mm : il s’agit donc en premier lieu de connaître le format de film adapté à votre appareil. La sensibilité ISO du film a également son importance. Plus le film est sensible, plus il sera granuleux et plus il vous permettra de réaliser des prises de vues en conditions difficiles (comme en numérique, même si le « grain » est souvent moins esthétique est électronique).

Noir et blanc ou couleur, à vous de choisir. Préférez toutefois le négatif pour commencer. Beaucoup de laboratoires ne pratiquent plus le développement de diapositives, plus complexe et plus coûteux.

© Céline Nebor

© Céline Nebor

Au début, amusez-vous à tester différentes sensibilités, différentes marques afin d’observer les rendus par vous-même. Si vous souhaitez viser juste dès le départ, de nombreux sites vous permettent d’avoir un aperçu du rendu des pellicules vendues dans le commerce.

2 – Régler son appareil photo

Avant d’installer votre pellicule dans votre appareil photo, il est essentiel de le régler correctement en faisant correspondre la sensibilité ISO de votre film et la molette de réglage généralement positionnée sur le capot ou encore autour de l’objectif. La cellule de votre appareil photo (s’il en possède une) va ainsi mesurer la lumière et indiquer les réglages adéquats en fonction de cette sensibilité afin d’exposer correctement vos images. Si vous débutez avec une sensibilité qui ne correspond pas à celle de votre film, alors vous risquez de sous exposer ou surexposer votre image.

Nous verrons plus bas les alternatives existantes lorsque votre appareil n’intègre pas de cellule. Notez qu’il est tout de même important de connaître la sensibilité ISO de votre pellicule.

Cette sensibilité est généralement comprise entre 25 et 3200 ISO. Placez votre molette sur la bonne sensibilité et le tour est joué. Vous allez presque pouvoir commencer à photographier.

© Céline Nebor

3 – Installer sa pellicule

Le chargement d’une pellicule semble de prime abord complexe, mais devient vite un jeu d’enfant une fois que l’on prend le coup de main. Si vous ne savez pas comment faire, de nombreuses vidéos explicatives sont disponibles sur Youtube. Si quelque chose coince, vous pouvez vous rendre dans un laboratoire qui développe les pellicules argentiques et demander à ce que l’on vous montre comment faire.

La pellicule est bien installée. L’amorce visible nous indique que la pellicule va pouvoir avancer correctement.

Il faut avant tout s’assurer que la pellicule soit bien chargée et s’enclenche correctement à l’aide des crans situés de part et d’autre. Ce n’est pas toujours le cas, si elle est mal installée. Vous risquez alors de faire 12, 24 ou 36 vues dans le vide.

4 – Ne pas ouvrir l’arrière de son appareil

Une fois la pellicule chargée, attention à ne jamais ouvrir l’arrière de votre appareil pendant l’utilisation d’un film et jusqu’à ce que celui-ci soit totalement rembobiné. Il suffit d’un rayon de lumière pour exposer la surface sensible de votre film et ruiner toute votre pellicule, selon le nombre de vues déjà enregistrées. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle est conservée dans une cassette de protection.

5 – Vérifier la pile

La plupart des appareils photo argentiques, même s’ils sont manuels, disposent d’une pile. Celle-ci permet à la cellule photo (ou posemètre) de fonctionner. Vérifiez que cette pile soit fonctionnelle avant de commencer à photographier.

6 – Mesurer la lumière pour mieux exposer vos images

En début d’article, nous vous invitions à mémoriser la sensibilité de votre film. Ce n’est pas anodin pour exposer correctement vos images. Dans la plupart des cas, l’appareil est équipé d’une cellule photo qui va mesurer la lumière et vous indiquer les rapports d’exposition ouverture et/ou vitesse les plus adaptés. Ces informations sont généralement visibles dans le viseur. Si l’appareil n’en est pas équipé, des applications gratuites existent et vous permettent de déterminer le temps d’exposition idéal. Une alternative simple et efficace, surtout si vous débutez. Des posemètres indépendants existent également pour vous aider à mesurer la lumière d’une scène.

Test du Lumu, le posemètre nouvelle génération

© Céline Nebor

7 – Rembobiner sa pellicule

Rembobiner sa pellicule n’est pas particulièrement compliqué. Il suffit de tirer la tigette de la molette et de tourner la molette dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Lorsqu’il n’y a plus de tension et que vous entendez un petit « clic » cela signifie que la pellicule est entièrement rembobinée. Si vous n’y arrivez pas ou n’êtes pas sur que la pellicule soit correctement rembobinée, vous pouvez vérifier cela dans le noir total et la rembobiner manuellement ou demander dans un laboratoire photographique que cela soit effectué par un professionnel.

8 – Faire développer sa première pellicule

© NordWood Themes

Il est possible de développer soi-même ses films, mais nous vous conseillons pour débuter de faire appel à un laboratoire photo. Chaque laboratoire propose des prestations différentes à des prix variés. Vous pouvez commencer par le développement seul de votre film, mais nous vous recommandons de demander une planche contact en complément pour avoir un aperçu miniature et en positif de vos images ou encore des petits formats tests, proposés par certains laboratoires. Si une image vous plait vous pouvez alors la développer en format plus grand.

Attention, la couleur, le noir et blanc, le négatif et le positif ne se développent pas de la même manière. Si vous souhaitez développer seul pensez donc à prendre en compte le type de pellicule utilisée.

9 – Demander un traitement poussé

Si vous n’avez pas correctement fait correspondre la sensibilité ISO de votre film au réglage de votre appareil vous pouvez demander ce que l’on appelle un traitement poussé ou retenu. Le traitement va compenser l’écart d’exposition pour être rattrapé au développement via un temps de développement plus long ou plus court. Attention, ces traitements ont des limites et ne peuvent pas garantir de récupérer toutes vos images.

10 – Conserver ses films au frigo

Si les pellicules ont une date de péremption, sachez que le moyen le plus efficace de les conserver est leur mise au froid. Composées de gélatine sur laquelle sont couchés des cristaux photosensibles, il est important que votre film ne surchauffe pas. Pensez toutefois à sortir la pellicule du frigo avant usage afin d’éviter la condensation.

Maintenant c’est à vous de jouer.