En octobre dernier, Motorola avait dévoilé deux nouveaux smartphones présentant des caractéristiques photo et vidéo intéressantes : les Motorola One Macro et Moto G8 Plus. Très abordables, ils visent à apporter des fonctionnalités inédites et tentent ainsi de se démarquer sur un marché extrêmement concurrentiel. Après plusieurs semaines de prise en main, voici nos impressions sur ces deux smartphones Motorola.

Motorola One Macro : un objectif macro dédié

Disponible aux alentours de 230 €, le Motorola One Macro se distingue par la configuration de son triple module dorsal. Disposé à la verticale sur le côté gauche de la face arrière, il comprend :

  • Un capteur principal de 13 millions de pixels de 1/3,1 pouce, surmonté d’une optique ouvrant à f/2. Il est muni d’un autofocus à détection de phase assisté par une mesure laser ;
  • Un deuxième capteur de 2 millions de pixels de 1/5 pouce, doté d’un objectif avec ouverture à f/2,2
  • Un troisième capteur en tout point similaire au 2e capteur, mais cette fois destiné à la macrophotographie. Ce dernier est situé tout en haut du bloc optique, isolé des autres objectifs.

On notera également la présence d’un emplacement spécifique dédié à la mesure laser.

Premier constat : le capteur dédié à la macrophotographie ne compte que 2 millions de pixels. À l’usage, il génère donc des photos de seulement 1600 pixels de large. La latitude de rognage est donc très restreinte, mais cette résolution suffira amplement pour le partage des images sur les réseaux sociaux.

Sur le terrain, la mise au point à 2 centimètres permet de se rapprocher extrêmement près du sujet… au risque d’effrayer les insectes les plus farouches. De fait, la fonction macro est davantage conçue pour immortaliser feuilles et fleurs que les sujets les plus véloces.

L’interface de l’application photo de Motorola s’avère assez minimaliste. Pour activer le mode macro, il suffit d’appuyer sur l’icône en forme de fleur ou de parcourir les différents modes photo proposés par l’appareil.

Quelle qualité d’image pouvons-nous attendre de ce smartphone ? Disons-le d’emblée : nous avons été agréablement surpris par les photos capturées avec ce Motorola One Macro. Sur les images ci-dessous, les gouttelettes d’eau ont été parfaitement reproduites par l’appareil. Toutefois, on constate une accentuation assez artificielle des détails, qui se remarque davantage lorsque les images sont visionnées sur grand écran.

La restitution des couleurs est assez correcte, même si l’on observe une légère tendance du terminal à saturer les photos pour les rendre plus flatteuses. De même, le mode HDR tend à produire des images au rendu assez artificiel, avec un débouchage des ombres assez agressif.

Nous avons toutefois été surpris par le comportement de l’autofocus : ce dernier tend à « pomper » lorsqu’il ne parvient pas à accrocher le sujet : nous aurions peut-être préféré une mise au point fixe (d’autant plus que la distance de mise au point est de toute façon à 2 cm).

Toutefois, les limitations du capteur de 2 Mpx se font assez rapidement sentir : en agrandissant les images (ou en les visualisant sur un ordinateur), le rendu s’avère extrêmement granuleux. Malgré tout, il reste suffisant pour découvrir la macrophotographie et partager ses clichés sur les réseaux sociaux – et ne vise aucunement à rivaliser avec les objectifs macro pour reflex et hybrides.

Du reste, le Motorola One Macro est un smartphone très classique mais plaisant. Son écran IPS de 6,2 pouces est doté d’une résolution de 720 x 1520 pixels, suffisante pour la majorité des usages. On regrettera seulement l’aspect très « plastique » de la coque arrière, qui s’avère également très sensible aux traces de doigts. Propulsé par Android 9.0, l’appareil s’avère très fluide, mais on évitera de le soumettre à un usage trop intensif (au niveau des jeux notamment).

Disponible à 229 €, le Motorola One Macro est donc un smartphone intéressant pour celles et ceux désirant découvrir la macrophotographie à moindre frais – pour ensuite, un jour, s’orienter vers une véritable optique macro pour reflex ou hybride.

Motorola G8 Plus : mettez une action-cam dans votre smartphone

Le Moto G8 Plus incarne le renouveau de la gamme Moto, particulièrement appréciée des fans de la marque. Disponible aux alentours de 280 €, ce smartphone résolument milieu de gamme se dote d’une configuration photo intéressante à plus d’un titre. On retrouve ainsi :

  • Un capteur principal de 48 millions de pixels, surmonté d’une optique ouvrant à f/1,7. Il est muni d’un autofocus à détection de phase assisté par une mesure laser ;
  • Un capteur secondaire de 16 millions de pixels (placé en haut), doté d’une optique équivalent 14 mm ouvrant à f/2,2. Ce module est exclusivement destiné à la capture vidéo ;
  • Un troisième capteur de 5 millions de pixels, dédié à la mesure de la profondeur de champ (ToF).

Ce capteur principal ne nous est pas inconnu : il s’agit du Sony IMX586, basé sur la technologie CMOS empilé (stacked CMOS). Il bénéficie du procédé « quad bayer » regroupant les photosites pour améliorer les performances en basses lumières. On retrouve ce capteur sur de nombreux modèles récents, comme les OnePlus 7T et 7T Pro, autrement plus onéreux.

En vidéo, l’appareil est capable de capturer des séquences en 4K à 30 i/s, mais propose également le réaliser des vidéos en 60 ou 120 i/s en Full HD.

La principale innovation de ce modèle réside dans son capteur de 16 millions de pixels : il est tourné à 90 degrés et permet de réaliser des vidéos horizontales tout en tenant l’appareil à la verticale. Un procédé que Motorola avait déjà introduit sur le One Vision, et qui permet au constructeur de parler d’Action Cam. À la clé, une meilleure prise en main et des vidéos plus fluides.

Dans la pratique, nous ne sommes pas totalement convaincu de la réelle plus-value apportée par cette disposition du capteur. Sur le terrain, la stabilisation des images s’avère plutôt décevante, aussi bien avec le capteur spécifique de 16 Mpx qu’avec le capteur principal de 48 Mpx.

Les images s’avèrent assez saccadées et pèchent par leur manque de fluidité. Malgré l’appellation d’Action Cam, on est donc très loin des performances d’une GoPro, dont les mécanismes de stabilisation parviennent à faire des miracles sur des terrains très accidentés.

On relève ainsi des tremblements sur les vidéos capturées en marchant ou en position statique. Un comble pour un appareil vantant la qualité de sa stabilisation.

Nous avons également poussé l’appareil dans ses retranchements en le testant depuis un side-car (dont la nacelle n’absorbe que très peu les aspérités de la route). Dans ce cas de figure, l’appareil permet d’éliminer en partie les tremblements de son propriétaire, même s’il ne pourra en aucun cas remplacer un système stabilisé de meilleure facture.

De nuit, les résultats sont encore plus mitigés. Le rendu des images apparaît comme brouillé et le bruit numérique est assez présent. De même, la stabilisation peine à effectuer correctement son travail et génère des « vibrations » de l’image assez gênantes, comme en témoigne la vidéo ci-dessous, capturée sur un vélo :

Ce modèle est donc encore loin d’égaler la prouesse d’appareils comme le Google Pixel 4 XL, même s’il convient de rappeler que le Moto G8 Plus est environ 3 fois moins cher.

Indépendamment de la partie photo/vidéo, le Moto G8 Plus est un bon compagnon au quotidien. Animé par un processeur moyenne gamme Snapdragon 665 (couplé à 4 Go de mémoire vive), le terminal se montre très fluide et affronte sans broncher une utilisation soutenue. Seuls les jeux les plus gourmands risquent de le pousser dans ses retranchements. Nous avons également apprécié sa batterie de 4000 mAh qui lui procure une autonomie de 2 jours et demi. L’appareil a le bon goût d’être fourni avec un chargeur rapide de 15W.

Au final, ce Moto G8 Plus est un très bon terminal permettant de filmer (à l’horizontale) des vidéos stabilisées… même si nous ne sommes pas vraiment convaincus par la capture à la verticale de vidéos horizontales.

Le Moto G8 Plus est disponible au tarif de 279,99 €.