DJI, le numéro 1 des drones grand-public, vient de déposer un brevet portant sur un nouvel engin. Mais ici, point d’hélices ni de rotors : il s’agirait en fait d’un buggy télécommandé terrestre, équipé d’une caméra stabilisée.

Un nouveau drone terrestre de DJI

Le 10 décembre dernier, DJI a déposé un brevet sur un nouveau type d’engin, ressemblant à une voiture télécommandée équipée d’une caméra stabilisée.  On retrouverait ainsi 4 roues équipées de pneus tout-terrains pouvant pivoter à 360 degrés pour une meilleure maniabilité dans toutes les directions. Pour réduire les vibrations, les roues sont reliées par des bras articulés au corps du véhicule. La caméra en elle-même serait placée sur des amortisseurs afin d’offrir une meilleure stabilité. Point notable, l’objectif pourrait être pointé dans n’importe quelle direction.

Par ailleurs, les (rares) détails techniques contenus dans ce brevet suggèrent que la caméra et sa nacelle pourraient être interchangeables. Ainsi, ce véhicule serait potentiellement en mesure d’accueillir des caméras de la gamme Zenmuse. Un point qui confirmerait la vocation professionnelle de l’engin, puisque ces caméras sont notamment utilisées sur les drones Inspire ou sur l’Osmo Pro de DJI. Particulièrement prisées des photographes et des vidéastes, ces caméras sont équipées d’un capteur micro-4/3 et (pour certaines d’entre elles) sont compatibles avec certaines optiques de Panasonic ou d’Olympus.

La DJI Osmo Pro, composée d’une poignée et d’une caméra Zenmuse X5R.

Enfin, le châssis pourrait être élevé ou abaissé en fonction de la vitesse du véhicule et de la nature du terrain. Au total, pas moins de 3 systèmes de stabilisation différents seraient à l’œuvre pour offrir des images particulièrement fluides : au niveau de la nacelle, des amortisseurs et des bras auxquels sont accrochées les 4 roues. Enfin, la batterie serait placée sur le dessous de la partie principale, assurant un centre de gravité très bas (afin d’éviter que le véhicule ne bascule en cas d’accélération trop brusque).

Ce (potentiel) futur drone terrestre de DJI serait ainsi la combinaison de plusieurs systèmes existant déjà – sous différentes formes – au sein de son écosystème : engin télécommandé, nacelle stabilisée, caméra 4K et… véhicule à 4 roues.

 

DJI Robomaster S1

En effet, le constructeur chinois a lancé en 2019 un petit buggy programmable, le DJI Robomaster S1. Toutefois, le brevet récemment déposé par DJI suggère que ce modèle pourrait s’avérer à la fois plus volumineux… et s’adresserait bien davantage aux professionnels de l’image ou aux amateurs passionnés. Une cible que DJI semble particulièrement bien connaître, et qu’elle vise déjà (avec un certain succès) avec les Mavic 2 Pro et Mavic 2 Zoom.

DJI Mavic 2 Pro

Le DJI Mavic 2 Pro, muni de son capteur Hasselblad

Pourquoi un drone terrestre alors qu’il existe déjà des caméras volantes ?

L’intérêt de ce type de véhicule est pluriel. D’une part, un engin terrestre présenterait une autonomie supérieure à celle d’un drone volant : soustraire un drone à l’attraction terrestre demande en effet une quantité d’énergie considérable.

D’autre part, un drone terrestre permet d’obtenir des images en contre-plongée particulièrement intéressantes pour les photographes et les vidéastes. L’engin pourrait également être manœuvré beaucoup plus facilement dans des endroits étroits (en suivant un sujet en se positionnant à côté de lui, comme dans la vidéo en fin d’article), avec un risque beaucoup plus faible pour les personnes et les objets situés aux alentours.

© Freefly Systems

Dernier aspect – et non des moindres – ce véhicule échapperait totalement aux règles encadrant la pratique des drones. En étant cloué au sol, ce buggy pourrait ainsi être aisément piloté en ville, ce qui s’avère nettement plus compliqué avec une caméra volante. Cela étant, ce type d’engin ne peut (et ne vise) évidemment pas à remplacer un drone, ne pouvant pas capturer d’images au-dessus du sujet.

MP #206 : conseils et règles à respecter pour faire voler votre drone en toute sécurité

À noter que ce nouveau modèle ferait irruption dans un contexte marqué par le durcissement des législations à l’égard des drones. Un point qui a d’ailleurs mené DJI à lancer son Mavic Mini, qui pèse 249 grammes pour ne pas être soumis aux règlementations affectant les engins de plus de… 250 grammes. De cette manière, le groupe chinois continue également son expansion dans des domaines nettement moins encadrés (et donc à l’avenir moins incertain) que les caméras volantes.

Le DJI Mavic Mini, dernière caméra volante du groupe chinois

Pour l’heure, bon nombre de détails techniques concernant ce véhicule terrestre et sa caméra demeurent inconnus. Toutefois, ce concept (quand il verra le jour) pourrait directement venir concurrencer le Freefly TERO, un véhicule télécommandé avec lequel il partage certaines similarités – comme le montre la vidéo ci-dessous. Après s’être rendu maître des airs, DJI se lancerait-il à la conquête du ciel ? La question semble bel et bien ouverte.