Depuis plusieurs années, la photo est devenue l’un des principaux atouts différenciateurs des smartphones haut de gamme. Leader sur le marché des capteurs photo, Sony rencontre toutefois des difficultés à satisfaire une demande toujours croissante, selon un récent article publié par Bloomberg.

Si les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour concevoir des smartphones toujours plus abouti, il existe (a minima) deux composants que la majorité d’entre eux acquièrent auprès de constructeurs tiers : le processeur et… les capteurs photo. Ainsi, depuis plus de 10 ans, Sony s’est spécialisé dans la fourniture de capteurs à un grand nombre de constructeurs de smartphones… et s’arroge aujourd’hui plus de 50 % de parts de marché. Revers de la médaille : face à une nette hausse de la demande, l’entreprise japonaise peine aujourd’hui à honorer toutes les commandes.

Pour tenter de répondre à une demande en forte hausse, Sony a été contraint de faire fonctionner ses usines jour et nuit, indique Terushi Shimizu, directeur de la branche semi-conducteurs de Sony. Le groupe a également doublé ses investissements dans ce domaine à hauteur de 280 milliards de yens (2,2 milliards d’euros) et doit inaugurer en 2021 une nouvelle usine à Nagazaki. « Nous tenons à présenter nos excuses auprès de nos clients, car nous ne pouvons tout simplement pas en faire assez ».

Le capteur Sony IMX686 , récemment dévoilé dans une vidéo publiée par le groupe japonais

Si le marché des smartphones enregistre un léger recul en 2019, le nombre d’objectifs présents au dos des terminaux n’a cessé d’augmenter. De nombreux modèles intègrent ainsi un triple, voire un quadruple module dorsal, multipliant ainsi le nombre de capteurs requis pour une seul unité. Fournisseur exclusif d’Apple, Sony doit ainsi fournir trois capteurs de 12 Mpx pour chaque iPhone 11 Pro et iPhone 11 Pro Max. Mais la marque californienne est très loin d’être la seule à faire appel au savoir-faire de Sony. En juillet 2018, Sony avait dévoilé son capteur IMX586 de 40 millions de pixels – et que nous avons retrouvé sur un certain nombre de modèles au cours de l’an passé. Ce capteur sera remplacé courant 2020 par l’IMX686, récemment dévoilé.

Sony s’accapare actuellement 50,1 % de parts du marché des capteurs pour smartphones et vise à atteindre sa présence en atteignant les 60 % à l’horizon 2025. Le groupe de Tokyo est suivi par Samsung (29,0 %) et par Omnivision (7,9 %). Pour le groupe japonais, l’accroissement des capacités de production est un enjeu crucial afin de lutter contre la concurrence croissante de Samsung, qui a récemment dévoilé un nouveau capteur de… 108 millions de pixels, conçu en partenariat avec le chinois Xiaomi. Aujourd’hui, l’activité semi-conducteurs de Sony est la plus rentable, après sa console de jeux PlayStation, selon Bloomberg.

Omnivision, quant à lui, est sans doute moins connu que Sony et Samsung mais fournit des capteurs photo d’entrée et moyenne gamme à différents constructeurs comme Motorola ou Asus. En juin dernier, le groupe originaire de Singapour s’était illustré en dévoilant un capteur de 48 Mpx (utilisant la technique du Pixel Binning pour produire des images de 12 Mpx), dont les caractéristiques n’étaient pas sans analogie avec le capteur IMX586 de… Sony.

Le Panasonic Lumix S1, équipé d’un capteur plein format fourni par Sony

Cependant, la fourniture de capteurs Sony à des constructeurs tiers ne s’arrête pas aux smartphones. Ainsi, les Panasonic Lumix GH5 et Lumix G9 sont tous deux dotés d’un capteurs 4/3 Sony IMX272. De même, l’excellent hybride APS-C Fujifilm X-T3 serait équipé (selon toute vraisemblance) d’un capteur Sony IMX571.

Enfin, le capteur plein format du récent Lumix S1 n’est autre que le capteur Sony IMX410CQX, que l’on peut également retrouver au sein des Nikon Z 6, Sony A7 III et Sigma fp.

Sur smartphone comme sur les appareils photo, l’avenir des semi-conducteurs Sony semble tout tracé. À condition, bien sûr, d’être en mesure d’honorer ses (nombreuses) commandes.