Dévoilé en février 2019, le Panasonic Lumix S1 est le premier hybride plein format de Panasonic – aux côtés du Lumix S1R. Il inaugure un nouveau cap pour Panasonic, davantage habituée aux appareils Micro-4/3. Il vient également inaugurer la nouvelle monture L, développée en partenariat avec Leica et Sigma. Équipé d’un capteur CMOS plein format de 24,2 millions de pixels et sa capture vidéo en 4K à 60 i/s, il vient concurrencer frontalement des acteurs bien établis sur le marché des boîtiers hybrides tels que Sony et plus récemment Canon et Nikon.

Possesseur d’un reflex plein format Canon et n’ayant que peu goûté à l’hybride, j’ai profité d’un voyage à l’île Maurice pour tester le dernier-né de Panasonic en conditions réelles et ai pu ainsi mesurer les performances du dernier-né de la marque japonaise. Voici mon test terrain du Lumix S1 de Panasonic.

Prise en main et ergonomie du Lumix S1

Propriétaire d’un Canon 5D Mark III et canoniste depuis plus de 10 ans, je dois avouer que la construction robuste et brute en alliage de magnésium change de l’aspect lisse voire « plastique » de mon boitier actuel.

Son look à la fois baroudeur et rétro inspirent confiance. L’ergonomie et la position des boutons est parfaitement placée et étudiée. Preuve que la neuro-ergonomie fonctionne bien ici, car même un enfant de 2 ans arrive à manipuler avec aisance les deux molettes PSAM et sélecteur de contrôle.

Concernant les utilisateurs de reflex Canon, pas d’inquiétudes : vous vous retrouverez vite comme à la maison. C’est une bonne nouvelle pour les professionnels de l’image qui doivent connaitre sur le bout des doigts l’emplacement de chaque touche afin d’être le plus réactif possible.

Un écran orientable très appréciable

Longtemps décrié par les professionnels pour son coté « amateur », l’écran orientable – avouons-le – est une belle révolution ! Longtemps frustré par mes boitiers à écrans fixes, je ne me vois plus renoncer à la flexibilité offerte par ce type d’écran.

Dans toutes les situations du quotidien, vous allez certainement en avoir besoin pour les plongées ou contre plongées, la photo sur trépied ou à main levée (lorsque vous devez tendre le bras à la hauteur du sol par exemple). À ce jour, l’écran orientable est donc un véritable must-have. La charnière multi-axiale donne entièrement confiance et l’extension du bras est suffisante, même sur le coté.

Des menus intelligibles

Les menus s’avèrent très complets et on retrouve une bonne logique que j’aime tant. Ils sont classés par catégories de réglages en liste arborée tout en respectant une nomenclature de couleurs propres à chacun d’entre eux. Pour exploiter ce type de menus depuis plus de 10 ans sur Canon je me suis habitué à ceux du Lumix S1 en moins de 24h. Même la police de caractère est très proche ! Ce qui n’est absolument pas mon impression lorsque je manipule un boîtier Nikon, par exemple.

Un viseur abouti

Passer d’un viseur optique à un viseur électronique est un grand pas souvent décevant en ce qui concerne mes expériences passées. Doté d’une technologie OLED, le viseur du S1 est ultra-défini avec 5,760 millions de points et très lumineux. Il permet d’afficher des informations, paramètres et des collimateurs avec moins de contraintes imposées par nos bons vieux pentaprismes. Il offre donc pas mal d’avantages sur le terrain. Vous serez donc plus à l’aise sur vos cadrages notamment lorsqu’il faudra chercher les bords extrêmes du viseur pour caler votre composition.

Grâce à ses 225 collimateurs, les différentes configurations proposées en plus de la détection automatique efficace vous permettront des possibilités de focus quasi sans failles. En plein soleil l’avantage d’un viseur pour la photo comme la vidéo est aussi indéniable. Protégé des lumières parasites, il vous permettra d’affiner votre exposition sans biais ni perte de luminosité. Bref un must have. L’inconvénient c’est qu’il vous fera perdre un peu plus d’autonomie (-10 min / 150 min en mode vidéo par ex)

Un écran tactile Pixel Perfect ?

Très sensible à la qualité des écrans et souvent déçu, je dois dire que celui du Lumix S1 est quasiment sans défaut. Bien sûr, nous ne sommes pas sur de la résolution « Retina » comme sur nos smartphones dernière génération, cependant nous arrivons à 2,1 millions de points pour une taille standard de 3,2 pouces (ratio classique 3:2).

Cet écran LCD (à quand les technologies LED ou OLED ?) offre un angle de vision sans défaut, un aspect important lorsque l’on souhaite l’orienter sur ses 3 axes. La réponse tactile est parfaitement calibrée ce qui donne une excellente impression coté réactivité. Le 5D Mark IV (aussi confronté ici) par exemple, est en deçà de ces performances ergonomiques.

Encombrement et design

En toute sincérité, ne pensez pas obtenir un gain de poids ou de place faramineux avec le Panasonic Lumix S1. La taille du capteur est souvent à la base de compromis auxquels doivent faire face les constructeurs. Difficile de faire l’impasse sur un grand viseur, un écran confortable avec une dalle de 8cm, un bloc d’alimentation performant et des cartes mémoires de type SD et XQD.

C’est donc un beau boitier de moins de 11 x 15 x 9,7 cm (hors objectif) que vous allez devoir transporter.

La révolution ici ne se trouve pas dans le gain de poids vu la taille des optiques similaires à celles des reflex traditionnels. Comme vous pouvez le voir, le Lumix S 24-105mm f/4 que j’ai eu l’occasion de tester n’est pas beaucoup plus petit que le 24-70mm L 2.8 de Canon.

En termes de poids, on dépasse celui d’un 5D mark IV nu (890g) pour dépasser le kilogramme (toujours sans objectif). Le Lumix S1 est le plus gros et le plus lourd des hybrides plein format… et cela se sent.

Un comparatif entre le Nikon Z 6 et le Panasonic Lumix S1

Le double slot de cartes mémoires est très pratique et peut accueillir une carte SDXC (jusqu’à la norme 90 UHS-II) et une carte XQD (série G), un format où l’on attend toujours une baisse de prix notable depuis des années…

Coté connectique, nous sommes sur du standard : prise micro jack 2,5 mm pour une télécommande type DMW-RS2, microphone (mini jack 3,5 mm), casque (mini jack 3,5 mm), USB-C, HDMI-C. Pas d’exotisme avec du mini XLR ou du SDI, nous sommes dans l’air du temps.

La prise USB-C (3.1 Gen1) permet de recharger la batterie à partir d’autres appareils compatibles sans être dépendant d’une prise secteur.

Le rétro-éclairage de l’écran supérieur et des boutons permet de garder le contrôle en ambiance nocturne. C’est un détail que vous bénirez sur le terrain si votre boitier actuel en est dépourvu.

Un mode nuit permet aussi de basculer l’écran en affichage rouge et noir, ce qui permet de gagner en discrétion et pollution lumineuse en vidéo (plateaux) et lors très longues poses (filés d’étoiles par exemple).

Voici les caractéristiques techniques du Panasonic Lumix S1 :

  • Capteur CMOS Full Frame de 24,2 Mpx sans filtre passe-bas
  • Processeur Venus Engine
  • Monture L-Mount
  • Autofocus hybride (détection de phase et de contraste) à technologie DFD
  • Plage de fonctionnement AF : de -6 à 18 IL
  • 225 zones AF
  • Sensibilité ISO : de 100 à 51 200 ISO (extensible de 50 à 204 800 ISO)
  • Rafale jusqu’à 9 i/s (AF simple) ou jusqu’à 6 i/s (AF -C)
  • Obturation de 60 s à 1/8000 s
  • Viseur électronique avec écran OLED de 5,76 Mpx
  • Écran LCD de 3,2 pouces inclinable sur 3 axes
  • Dimensions : 148,9 x 110 x 96,7 mm
  • Poids : 1021 grammes (avec batterie et carte mémoire)

Les fonctionnalités appréciées du Panasonic Lumix S1

Focus Peaking

Venu d’un reflex, c’est sans doute une des fonctions les plus utiles au quotidien. Que ce soit en mode photo ou vidéo – sur votre écran principal ou dans le viseur – le focus peaking vous assurera une netteté parfaite à coup sûr. Ce mode est précis et fiable. Vous pourrez changer la sensibilité ainsi que la couleur des contours.

Fonctions sans-fil

Utiles en théorie (pas des plus utilisées en pratique), les fonctions sans-fil Bluetooth et Wifi permettent de charger les photos prise avec votre Lumix S1 sur votre smartphone et de prendre le contrôle depuis ce dernier.

Le transfert des photos est assez lent, et pour cause : si vous photographiez en RAW, les photos se téléchargent directement en RAW dans l’application Lumix Sync.

Une fois téléchargées, vous vous retrouverez avec des fichiers .RW2 de 36Mo impossibles à exporter ou partager. Pour le moment je ne vois donc pas l’intérêt d’une telle fonction, à part pour une sauvegarde d’urgence du boitier sur votre smartphone. L’idéal serait donc de pouvoir utiliser une version jpeg utilisables et finalement partageable.

Idem dans Adobe Lightroom pour Mobile, les fichiers ne sont (pour l’instant) pas lisibles ce qui aurait pu être une bonne solution alternative pour les traiter et partager.

Coté prise de contrôle, c’est beaucoup mieux. La connectivité Wifi permet d’accéder à de nombreux réglages de l’appareil photo avec un délai relativement court (plus ou moins 1s). Pratique en vidéo si vous êtes en interview ou en photo de précision (macro par ex).

Un intervallomètre interne avec de nombreuses possibilités

Plusieurs modes de retardateurs sont possibles :

  • départ différé classique : vous pouvez définir le nombre de déclenchements pour chaque intervalle (ex 2 photos toutes les 2 secondes)
  • time-lapse : très pratique (plus qu’avec une télécommande classique), ce mode vous permettra de réaliser rapidement des séquences time-lapse épiques. Le nombre de photos et la durée des intervalles sont réglables. On regrettera juste l’impossibilité de faire des timelapses avec variation d’exposition pour créer de beaux couchers / levers de soleil.
  • Stop-motion : ce mode permet de capturer des animations saccadées afin de donner un look plus fun à vos vidéos ou pour réaliser des séquences découpées image / image.

Attribution infinie des boutons

Grâce au mapping numérique des boutons, il est possible de changer l’attribution de nombreuses fonctions sur la plupart des boutons du boitier. Les possibilités sont encore bien supérieures à celles proposées par Canon sur mon 5D mark III.

Panoramique 65:24 et d’autres formats d’images intéressants

Au-delà des rations d’images « classiques » (4/3, 16/9, carré…), le Lumix S1 permet de capturer des images au ratio 65:24, un format tout en largeur, et pourra s’avérer très utile aux photographes de paysage. L’appareil permet aussi de capturer des photos au ratio 2:1, un format large proche du CinemaScope –  pour donner un look ciné à vos images.

Détail important, ces formats ne sont pas enregistrés « en dur » puisque le 3:2 natif est conservé en RAW. Cela veut dire que votre JPEG et l’aperçu sur votre écran correspondront au format sélectionné, mais une fois dans votre logiciel de post-traitement, vous serez en mesure de retrouver le format d’origine comme ici dans Adobe Lightroom :

Quelques photos prises au format 1:1 dans les rues de Port Louis à Maurice :

Mode photo 4K/6K et rafale à 60 i/s

Ce mode permet de photographier à grande vitesse et de limiter la perte d’images cruciales sur des scènes rapides. Dans ces modes on dépasse tous les bons vieux reflex du marché avec des rafales allant de 30 i/s en 4K et 60 i/s en mode 6K.

C’est comme si vous pouviez choisir chaque image d’une séquence vidéo (ce qui est en fait un peu le cas ici). En mode 6K la résolution réduite à 18MP est largement suffisante pour la plupart des tirages ou utilisations web, ce qui permet d’avoir une véritable sulfateuse sans forcément s’équiper de boitier pro type D4S et 1DX 2 à 3 fois plus chers.

A noter que 3 types de déclenchements sont possibles en 4K et 6K afin de ne louper aucune photo :

  • 6K en mode rafale classique qui déclenche en laissant votre doigt appuyé.
  • 6K en mode rafale (Start/Stop) qui déclenche dès que vous appuyez sur le déclencheur et s’arrête lorsque vous rappuyez dessus. Très réactif celui-ci.
  • 6K en mode rafale avec pre-déclenchement : l’appareil photo capture en permanence 1 seconde d’images avant et après avoir pressé sur le bouton déclencheur. De ce fait vous avez l’assurance de n’avoir loupé aucune image importante de votre scène.

Autres fonctionnalités intéressantes

Réglage de la plage dynamique

Je ne suis généralement pas un grand fan de ce genre d’artifices numériques permettant soi-disant de gagner en plage dynamique. Souvent les constructeurs se contentent de modifier la courbe de contraste et de luminosité afin de « ramasser » les hautes lumières et pousser les tons foncés. Ici ce système est efficace si vous shootez beaucoup en JPEG ou si vous souhaitez obtenir des photos de vacances avec une meilleure plage dynamique, sans forcément passer du temps dans Lightroom. Evitez ce mode en basse lumière, puisqu’il aura tendance à faire apparaître un peu de bruit sur les zones sombres de votre image.

Recadrage et Zooming live

Nous sommes ici au dessus des fonctions que l’on retrouve chez Canon, car la fonction de zooming s’active d’elle même lorsque l’on manipule la bague de mise au point en mode manuel. Très pratique pour les scènes posées, moins lorsqu’il y a du mouvement. Aidé du Focus Peaking, impossible de vous louper sur des photos de paysages ou des packshots de précision à haute résolution.

Doubleur numérique de focale x2

Une option vous permet de zoomer 2x ou 4x dans l’image afin de rogner votre photo dès la prise de vue. Cela ne change bien sur votre focale mais simule l’agrandissement obtenu avec un 400 mm si vous activez ce facteur 2x sur un 200 mm par ex.

Si vous shootez en JPEG cela sera très pratique, mais en RAW moins. Mieux vaut triturer votre photo dans Lightroom pour obtenir le meilleur résultat possible et surtout voir si votre netteté et votre résolution (une fois l’image redressée par ex) s’y prête bien.

Mode HLG Haute résolution

Le mode HLG permet d’obtenir des photos avec une dynamique d’image native bien plus élevée. De ce fait, le résultat sera proche de votre mémoire visuelle riche en couleur sur des écrans compatibles HLG comme les téléviseurs 4K Panasonic. Idéal pour les présentations via le câble HDMI, elle vous sera cependant moins utile dans la plupart des situations… Attention : le fichier produit est au format HLG et ne sera donc pas lisible partout.

Performances du Panasonic Lumix S1

Autofocus et suivi du sujet

Les possibilités de suivi d’autofocus sont nombreuses sur le Lumix S1 et plutôt intelligentes. Tout comme les boitiers pro « classiques », on peut définir les délais de mise au point, anticiper les objets qui traversent le champ ou suivre un visage. Contrairement à un reflex classique, le nombre d’images hors focus est très faible voir quasi-nul. Ce qui est plutôt excellent pour une première prise en main.

Le confort des collimateurs en mode Auto ou en fonctions des zones choisies permet de suivre n’importe quel objet sans failles.

Une stabilisation 5 axes

En photographie, cette stabilisation permet de prendre des photos dans des conditions lumineuses difficiles (de faible luminosité donc) ou de faire des effets créatifs comme des filés sur l’eau par exemple. On est ici à des années lumières des performances que l’on obtient sur des boitiers classiques. Grâce à la stabilisation de l’optique et du boitier on obtient des performances entre 5,5 et 6 stops (5 axes au niveau du capteur et 2 axes sur l’objectif).

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 24 mm, f/10, 0,8s, 64 ISO à main levée

Cette photo parfaitement nette à été prise à ISO 64, f/10 avec une vitesse d’obturation de 0,8 s à main levée. Impossible sans trépied et sans une technologie similaire. En vacances, sur un mariage ou sur des terrains difficiles, les photographes apprécieront grandement cette aide !

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 24 mm, f/10, 0,8s, 64 ISO

Qualité d’image

Dynamique native

Avec 14,5 IL en paysage (source DXO Mark) la plage dynamique du capteur du Lumix S1 fait fort. Sur ce point, à l’instar des Sony A7 III et Nikon Z6, il fait donc partie des meilleurs appareils photo de sa catégorie.

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 26 mm, f/4, 1/640s, 100 ISO

En vidéo grâce à la récente mise à jour optionnelle offrant le support du V-Log, la plage passerait à 14 IL également ce qui offrira aux cinéastes une plus grande marge de manoeuvre lors de leur étalonnage. Reste à savoir quelle zone d’exposition ce capteur à tendance à privilégier (informations dans les tons clairs ou foncés) sur le terrain.

Quoiqu’il en soit le Lumix S1 surperforme par rapport aux reflex traditionnels et cela se voit lorsque je compare ses performances avec mon Canon 5D mark III. Mais pas de là à se passer de filtres dégradés si vous prenez des couchers de soleil par exemple. Pour le moment, leur utilisation pour équilibrer des expositions extrêmes n’a pas de substitut valables, ou sans nécessiter une longue post-production. Bonne nouvelle, les optiques de la Gamme S disposent de diamètres classiques de 72 ou 77mm par exemple. J’ai donc pu utiliser mes bagues de porte-filtres habituels sur toutes les optiques Panasonic L-Mount.

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 24 mm, f/14, 15s, 50 ISO

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 24 mm, f/14, 15s, 50 ISO

Netteté

Les amateurs d’images très nettes ne seront pas déçus. On reste sur les standards des optiques d’exception chez Canon ou Nikon. Chez Panasonic ça pique donc aussi très fort.

Dans cet exemple ci-dessous on peut voir un crop à 100% qui montre clairement un piqué exceptionnel. Au vu de la résolution de 24,2 Mpx du boitier, exiger une meilleure netteté serait futile dans la plupart des destinations (web, print A4 ou moins).

Sur les deux objectifs utilisés sur ce test, je ne me suis jamais plaint de la qualité d’image que ce soit avec le Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4 Macro OIS ou le Panasonic Lumix S Pro 70-200 mm f/4 O.I.S, sur toutes les plages, même à pleine ouverture. Dans cette gamme S, la qualité ne souffre donc d’aucun compromis.

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 200 mm, f/4, 1/500s, 400 ISO

Crop à 100% – Lumix S1 + 70-200mm f/4 @ 400ISO – 200mm – f/4

Crop à 100% – Canon 5D Mark IV + 70-200mm f/4 L IS @ 400ISO – 200mm – f/4

Gestion du bruit

Les progrès en matière de gestion du bruit se font d’années en d’années. L’écart entre un 5D mark III et le Lumix S1 est ici flagrant. Vous gagnerez entre 2 et 3 stops de lumière pour un bruit équivalent.

Sur le Lumix S1, on peut aisément apercevoir que la limite exploitable se situe en deçà de 51 200 ISO. J’évalue le « sweet spot » entre 6400 et 12800 ISO où la quantité de bruit est tout à fait gérable, surtout si on fait une passe en post-production. Avec de telles performances, vous pouvez partir avec des ouvertures normales comme f/2.8 et f/4 sans avoir de risques de flous ou d’images trop sombres dans des paysages urbains nocturnes par exemple. Je vous laisse imaginer les possibilités avec de très grandes ouvertures notamment avec le Lumix S PRO 50mm f/1.4 !

Et la vidéo ?

Ayant testé principalement le Lumix S1 en photographie, mon avis ne pourra être que moins complet que celui de mon ami Romain Sarret (Roms Prod) que je vous invite aussi à lire ici.

Sa vidéo tournée en 4K avec une plage ISO allant jusqu’à 25600 ISO, confirme mes commentaires précédents en photo concernant la gestion du bruit exceptionnelle de ce boitier.

Au delà des fonctionnalités fortes appréciables telles que le focus peaking, une mise au point manuelle précise, le rendu est net et cinématique si on reste sur des vitesses d’obturations aux alentours de 1/50-1/80s. L’utilisation de filtres ND ou vari-ND sera requise.

Par rapport à un reflex, le rendu des images est largement au dessus, notamment par des contours moins grossiers, plus fins et nets.

Pour les cinéastes les plus exigeants, un mode de compression interne de 10 bits 4:2:2 est disponible en option. La clé de mise à jour DMW-SFU2 permet également d’activer le V-Log, un style d’image avancé qui permet d’étendre la plage dynamique à 14 stops virtuellement. Avec cette mise à jour, le Lumix S1 devient alors une véritable petite caméra de cinéma !

Mise à jour vidéo V-Log du Lumix S1 : Panasonic dévoile les détails et son tarif

C’est donc le compagnon idéal pour des vidéos de famille qui vont durer dans le temps grâce à la 4K compressée et donc aussi facilement exploitable. Mais surtout il satisfera les amateurs de qualité cinéma pour des documentaires, des films de mariage ou corporate haut de gamme. Nous sommes donc en passe de voir de moins en moins ce rendu réflex très caractéristique des boitiers post-2008.

Autonomie du Lumix S1

Au niveau autonomie, la grosse batterie Panasonic DMW-BLJ31E fait un bon travail. Il ne faut cependant pas s’attendre à une autonomie miraculeuse par rapport à ce que vous connaissiez auparavant. On peut donc sur une seule charge filmer 75 min et faire 400 photos en continu. C’est assez peu : prévoyez une batterie de secours voire 2 ou 3 accumulateurs supplémentaires si vous faites du mariage ou si vous filmez par exemple.

Bonne nouvelle : la prise USB-C sur le boitier du S1 vous permettra aussi de charger sans le bloc chargeur et même lorsque l’appareil est utilisé.

Les objectifs Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4 Macro OIS et S Pro 70-200 mm f/4.0 O.I.S

Nouvelle Monture L

Fruit de son partenariat avec Leica et Sigma, le système de monture L-Mount est un écosystème intelligent qui a de l’avenir. Il vous sera donc possible d’utiliser les optiques de cette alliance – avec une intercompatibilité maximale. C’est un avantage non négligeable si vous avez peur de ne pas avoir assez d’optiques pour remplacer votre parc encore chez Canon ou Nikon. Entre les adaptateurs Sigma, Leica et les optiques en montures natives L, c’est plus de 70 optiques qui seront disponibles d’ici l’année prochaine.

La « L-Mount Alliance » : le partenariat officiel qui lie Leica, Sigma et Panasonic à la monture L

Pour mon test, Panasonic a pu me mettre à disposition les 24-105 mm et 70-200 mm tout deux ouvrant à f/4 et stabilisés.

Deux optiques Panasonic, à côté du 24-70 mm f/2.8

Un mode « macro » intéressant sur le 24-105mm

Le 24-105mm f/4 est doté d’un mode « macro » qui est en réalité un mode proxiphoto, qui vous permet de vous rapprocher beaucoup plus près d’un objet. Sans être du rapport 1:1, cela permet d’obtenir des grossissements (grandissements pour les experts) intéressants.

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 105 mm, f/4, 1/320s, 250 ISO

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 105 mm, f/4, 1/500s, 160 ISO

Pour avoir un rendu macro sans encore être sur de la taille réelle objet : capteur (1:1), vous pourrez utiliser une bonnette macro (ici la NISI close up lens). En installant cette bonnette vous conserverez la même quantité de lumière, et qualité d’image mais avec une distance de mise au point largement réduite !

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 105 mm, f/4, 1/400s, 160 ISO

En terme de plage d’utilisation, le 24-105 mm permet de faire à la fois du paysage comme du portrait. Trop court pour des objets éloignés ou de l’animalier sauvage, il sera votre compagnon idéal en voyage. Pour le mariage je ne suis ni fan des zooms, ni des ouverture en deçà de f/2.8 comme c’est le cas ici avec un diaphragme ouvert à f/4 au maximum… Donc tout dépendra de votre style (classique ou moderne) et des compromis que vous souhaitez faire sur vos cadrages, bokeh et luminosités.

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 24 mm, f/5,6, 1/400s, 400 ISO

Panasonic Lumix S1 – Panasonic Lumix S 24-105 mm f/4, 105 mm, f/5,6, 1/200s, 400 ISO

Exemples d’images prises avec le Lumix S1 :

Lumix S1 et Lumix S1R : quelles différences ?

Si vous hésitez entre les deux, le Lumix S1 couvrira probablement 90% de vos besoins. Le S1R a une réelle valeur ajoutée pour les férus de résolutions extrêmes : 47,3 Mpx voire même 187 Mpx avec son mode haute résolution.

Il est donc plutôt destiné à ceux qui travaillent dans la photographie de mode ou de produit, la retouche, la publicité ou qui impriment sur des formats supérieurs à 101 x 67 cm (taille d’une image obtenue avec le LUmix S1 à 6000 x 4000 pixels en 150 ppi). Nous sommes nombreux à penser les utiliser ainsi, mais en pratique cela représente une minorité de nos fichiers

En termes de sensibilité native, le S1R part avec un handicap dû à sa densité de pixels deux fois plus élevée. Pour encaisser cette résolution phénoménale les photosites sont tassés ce qui provoque encore plus de perturbations électromagnétiques (une des causes du bruit numérique). On passe donc ainsi d’un ISO natif de 51200 pour le S1 à 25600 pour le S1R…

À qui se destine le Lumix S1 ?

Les photographes et cinéastes de mariage souhaitant switcher sur un mirrorless pro vont être ravis. Le Lumix S1 est une solide alternative aux Sony A7 III, Nikon Z 6 et EOS R. La gestion du bruit, ses fonctions vidéo et son système de stabilisation efficace à défaut d’être révolutionnaire vous permettront de faire la différence sur le terrain. Au delà du monde du mariage qui représente une belle clientèle potentielle pour la marque, les reporters, photographes animalier ou sportif vont fortement apprécier le crop capteur et les rafales fulgurantes que l’on peut obtenir sur un budget – relativement contenu – de 2500€.

Conclusion

Le Lumix S1 est sans aucun doute un des meilleurs hybride full-frame du moment. Pour ceux qui ont encore un pied dans le monde des reflex, ce boitier est le pont idéal vers le monde des mirrorless. Au-delà des performances exceptionnelles en gestion du bruit vous permettant d’atteindre les 51200 ISO presque sans compromis, son ergonomie vous confèrera rapidement une excellente prise en main. On ne peut qu’apprécier ses menus clairs et fournis, son écran déporté et orientable, sans oublier son viseur électronique fidèle et lumineux.

La qualité d’image sans failles délivré par ce capteur de 24,2 Mpx permet d’obtenir des images piquées et riches en détails. Le rendu vidéo peut être très cinématique en utilisant les styles d’images flat, ou avec la fonction V-log perfectionnant cet appareil photo – petite caméra de cinéma.

L’autofocus – et les 225 collimateurs qui l’accompagnent – s’avère puissant, précis et rapide. Combiné aux rafales pouvant atteindre jusqu’à 60 i/s, il vous sera difficile de rater vos photos en pleine action. Son système de stabilisation unique jusqu’à 5 axes est un avantage non négligeable en photo comme en vidéo. Sans espérer remplacer votre trépied, vous pourrez avoir des images stabilisées à des focales dites normales (ex 50mm).

Le parc d’objectif prévu par l’alliance Panasonic, Leica et Sigma va donner un avantage concurrentiel non négligeable à la gamme S qui se dévoile. La qualité des optiques testées ici (24-105mm et 70-200mm f/4 IS) n’a rien à envier à celles proposées par Canon ou Nikon dans leurs gammes pro. Nous avons donc hâte de re-découvrir ce boitier avec les nouvelles optiques ultra-lumineuses annoncées. Sans gain réel en terme de compacité et de poids si on ajoute la taille des optiques, ce boitier vous laissera tout de même une bonne impression lorsque vous voyagerez avec.

Malgré tout, on regrettera que la connectivité sans-fil ne soit pas plus complète pour le moment, ce qui permettrait par exemple de partager les images sur les réseaux sociaux plus rapidement même en prise de vue RAW.

Que vous soyez vidéaste ou photographe de mariage, instagrammeur ou amateur averti en recherche d’un boitier plein format performant, le Lumix S1 est l’appareil photo qui vous accompagnera aisément dans toutes les situations.

Jusqu’au 31 décembre 2019, Panasonic rembourse 400€ sur l’achat d’un Panasonic Lumix S1.

Test du Panasonic Lumix S1 par un utilisateur de reflex plein format
Qualité d'image et montée en ISORéactivitéStabilisation sur 5 axesAF performant en photo et en vidéoÉcran déporté multi-axial très pratiqueViseur électronique confortableMenus clairs et accessibles
Poids et encombrementFonctions sans-fil limitéesAutonomie parfois un peu juste
8.8Note finale
Fabrication / finitions8.5
Qualité d'image9.5
Ergonomie8
Réactivité9