Fujifilm vient d’annoncer ce jeudi 15 février 2018 le Fuji X-H1, son nouveau boîtier hybride APS-C qui intègre de nouvelles technologies attendues depuis longtemps chez Fujifilm, comme la stabilisation du capteur sur 5 axes, une construction plus robuste et un vrai mode 4K Cinéma. Ce boîtier est présenté comme « l’appareil le plus performant de la série X » par Fujifilm. Faisant le tour du propriétaire.

Voici les caractéristiques techniques du Fuji X-H1 :

  • Capteur : X-Trans CMOS Ⅲ de 24,3 Mpx
  • Processeur : X-Processor Pro
  • Monture : Fujifilm X
  • Boîtier : alliage de magnésium renforcé
  • Stabilisation : oui, stabilisation IBIS capteur sur cinq axes, efficacité 5,5 IL (standard CIPA)
  • Sensibilité : 200 à 12800 ISO, extensible à 100 – 51200 ISO
  • Viseur : viseur électronique LCD de 3,69 millions de points avec dégagement oculaire de 23mm, grossissement 0,75%, réactivité de 0,005s
  • Écran : LCD 3 pouces tactile et orientable de 1,04 million de points
  • Simulation de film ETERNA pour un rendu cinéma en vidéo
  • Rafale : jusqu’à 14 i/s en obturateur électronique, 8 i/s en obturateur mécanique sans gris et 11 i/s en obturateur mécanique avec grip VPB-XH1.
  • Vidéo : 4K Cinema (4096×2160) jusqu’à 24p, 4K Ultra HD (3840×2160) jusqu’à 30p, 1080 à 120p
  • F-log 4K avec enregistrement direct sur la carte mémoire, Bitrate 200 Mbps
  • Connectivité : Wifi et Bluetooth 4.0 LE, microphone intégré haute qualité (24 bits à 48 kHz)
  • Mémoire : double slot carte SD UHS-II
  • Autonomie : Batterie NP-W126S avec une autonomie d’environ 310 vues
  • Dimensions : 139,8mm x 97,3mm x 85,5mm (L x H x P)
  • Poids : 623g (673g avec batterie et carte mémoire)

Le premier boîtier stabilisé chez Fujifilm

Le Fuji X-H1 est le premier boîtier disposant d’un capteur stabilisé chez Fujifilm. Doté d’une stabilisation IBIS 5 axes, ce boîtier permet d’utiliser toutes les optiques XF et XC Fujifilm et de disposer d’un capteur stabilisé. Le gain en termes de stabilisation est jusqu’à 5,5 IL (mesure standard CIPA) ce qui le place au même niveau que le Sony A7RIII, mais en dessous du Panasonic G9 et sa double stabilisation permettant de gagner 6,5 IL.

La stabilisation fonctionne avec tous les objectifs Fujifilm, y compris les optiques déjà stabilisées, pour lesquelles le boîtier ne compense que les axes non compensés par l’optique.

Cette stabilisation est une réelle bonne nouvelle pour les Fujistes, car attendue depuis de nombreuses années maintenant. Arrivée avec le X-H1, elle va permettre l’usage de certaines longues focales plus facilement, et on peut aussi espérer qu’au fil des années, Fujifilm applique cette technologie à ses autres boîtiers – rien n’est moins sûr, notamment en raison de l’encombrement supplémentaire.

Côté technologie, cette stabilisation mécanique du capteur fonctionne grâce à trois accéléromètres et trois gyroscopes ainsi qu’un double processeur dédié, le tout effectuant « environ 10 000 calculs par seconde » indique Fujifilm.

À cette stabilisation s’ajoute également un système de réduction du scintillement (anti-flicker) qui permet d’obtenir une exposition constante en rafale. Cette fonction est utile pour photographier des scènes illuminées à l’aide d’éclairage artificiel (fluorescent ou lampes à vapeur de mercure).

L’obturateur mécanique est également moins sujet aux vibrations grâce à un nouveau mécanisme à ressorts et l’obturateur électronique au premier rideau permet de réduire encore plus les microvibrations.

Capteur X-Trans III Cmos de 24,3 Mpx

Le X-H1, fidèle à la stratégie de Fujifilm, réutilise le capteur X-Trans III CMOS APS-C de 24,3 Mpx déjà présent sur le X-T2, le X-Pro2 et le X100F. Pas de nouveau capteur donc, mais ce dernier a déjà fait ses preuves en termes de qualité d’image. Il ne dispose pas de filtre passe-bas et est couplé au processeur X-Processor Pro.

Taillé pour la vidéo

Face à un X-T2 redoutable en photographie, le X-H1 semble lui taillé pour la vidéo, avec de la 4K Cinema (4096 x 2160) 24p avec enregistrement F-Log directement sur la mémoire interne via la carte SD. Le débit maximal d’enregistrement est de 200 Mbps en 4K. Ce mode 4K Cinema permet d’enregistrer dans le format utilisé en cinéma, le 17/9, ce qui fait du X-H1 un appareil dédié aux professionnels de la vidéo. Par contre, sachez bien que la majorité des écrans télé 4K vendus sur le marché utilisent la 4K UHD (3840 x 2160), format également disponible sur le X-H1.

Un mode haute vitesse 120p est également disponible en 1080p, permettant d’obtenir des ralentis intéressants. Pour la captation audio, le X-H1 dispose d’un micro intégré haute qualité (24 bits à 48 kHz).

Enfin, Fujifilm lance la simulation de film ETERNA avec le X-H1, pour offrir un rendu cinéma. Il semble s’agir ici de la version Fuji du FLAT, avec une latitude plus large en post-traitement, tout en conservant des couleurs vives.

Un boîtier robuste et véloce

Si le Fuji X-T2 était déjà résistant et tropicalisé, le Fuji X-H1 met la barre un peu plus haut avec une construction en alliage de magnésium 25% plus épais offrant une plus grande résistance à la torsion et aux impacts. Le revêtement extérieur du boîtier est également moins sensible aux rayures que les précédents boîtiers Fuji.

Le X-H1 est bien entendu tropicalisé, résiste à la poussière, aux intempéries et à des températures jusqu’à -10°C.

Cette robustesse se ressent cependant dans les mensurations du X-H1, avec des dimensions (139,8mm x 97,3mm x 85,5mm) et un poids (673g) revus largement à la hausse par rapport aux autres boîtiers Fuji (132,5mm x 91,8mm x 49,2mm et 507g pour le X-T2).

On retrouve un peu l’embonpoint du Fuji GFX 50s et le X-H1 prend désormais plus de place qu’un hybride Sony A7RIII. Sur ce point, ce boîtier ne cherche pas à cacher ses formes, quittes peut-être même à se montrer rassurant pour les professionnels habitués à des boîtiers reflex APS-C plus imposants.

A gauche, le X-T2, à droite, le X-H1

L’autonomie annoncée du boîtier est de 310 images, contre 340 images pour le X-T2. Il utilise la même batterie NP-W126S. En vidéo, l’autonomie est également un peu plus faible.

L’algorithme d’autofocus aurait également été optimisé : le X-H1 dispose d’un meilleur AF à détection de phase en basse lumière, fonctionnant jusqu’à f/11 et qui peut dont être utilisé avec le XF 100-400mm f/4.5-5.6 R LM OIS WR couplé au convertisseur XF2X TC WR.

Une ergonomie améliorée

En termes d’ergonomie, le Fuji X-H1 tranche un peu avec les autres appareils de la gamme X de Fujifilm. Il dispose d’un nouveau design un peu moins rétro, plus anguleux, moderne, voire pro. Bizarrement, on retrouve des similitudes avec le Panasonic G9, mais aussi avec le GFX 50s, notamment avec l’ajout d’un écran de contrôle monochrome sur la tranche supérieure de l’appareil. Cet écran signe la fin de la molette de correction d’exposition.

La poignée du boîtier a été dessinée pour offrir une prise en main franche et confortable, une demande formulée par les photographes professionnels rencontrés par Fujifilm.

L’écran orientable sur 3 axes du Fuji X-T2 a été reconduit, mais ce dernier est désormais tactile. Le viseur électronique a quant a lui été amélioré, avec une définition de 3,69 millions de points et toujours un taux de rafraichissement de 100 i/s et un délai d’affichage de 0,005s avec un grossissement de 0,75x. Le délai d’activation du viseur (lorsqu’on place son œil devant l’oeilleton) a également été réduit.

D’autres changements sont plus subtils : Fuji a fabriqué l’obturateur mécanique le plus silencieux de sa gamme, avec également un déclencheur plus doux. Au dos, un bouton AF-On permet de faire la mise au point de manière indépendante du déclencheur, une très bonne idée. Les molettes et sélecteurs ont également été améliorés, avec une taille et une accroche revues.

Quelles différences entre le X-T2 et le X-H1 ?

Proposés à des prix relativement proches, la question se pose de savoir ce qui différencie réellement les X-T2 et X-H1.

Le X-H1 intègre de nouvelles fonctions. Parmi elles, on note le Bluetooth, la réduction du scintillement (notamment utile pour la photographie de sport en intérieur), la présence d’un premier obturateur électronique au premier rideau , l’enregistrement F-Log interne (sans grip nécessaire), la détection de visage en 4K, l’écran tactile, la simulation de film ETERNA, un microphone interne de haute qualité, l’enregistrement relais sur carte SD (très pratique en vidéo).

Le X-H1 semble également un niveau au-dessus en vidéo avec de la « vraie » 4K Cinéma à 4096 x 2160 contre seulement de la 4K Ultra HD sur le X-T2 (3840×2160). Les durées d’enregistrement vidéo sont également plus longées de quelques minutes, avec un débit max de 200 Mbps.

Par contre, le X-H1 est plus gros, plus lourd et plus énergivore que le X-T2, tout en étant moins endurant en rafale que ce dernier, avec des vitesses de rafale identiques, mais un buffer légèrement plus faible. Son viseur électronique est plus défini que le X-T2 (3,69 millions de points contre 2,36), mais perd 0,02x en grossissement, à 0,75x contre 0,77x.

En conclusion de ce petit comparatif, on note que le X-H1 est davantage dédié à la vidéo, domaine dans lequel il bat le X-T2. Il dispose également d’une meilleure construction et d’un AF amélioré, avec quelques fonctions appréciées comme le premier rideau électronique et la réduction du scintillement). Le X-T2 reste cependant plus compact et un peu plus endurant, notamment en raison de l’absence de stabilisation capteur et d’un écran non tactile.

Poignée VPB-XH1 et oculaire large EC-XH-W

Deux accessoires sont également disponibles à la sortie du X-H1 : la poignée d’alimentation VPB-XH1 et l’oculaire large EC-XH-W.

La poignée ajoute deux batteries à celle déjà présente dans le boîtier ce qui passe l’autonomie à environ 900 déclenchements. Un mode Boost permet d’utiliser plusieurs batteries de manière simultanée pour des performances améliorées, notamment en termes de rafale, de black-out dans le viseur et de durée maximale d’enregistrement vidéo (30 min en 4K avec la poignée). Une prise casque, non présente sur le boîtier, permet de contrôler le son et la poignée peut recharger deux batteries de manière simultanée en 2 heures. Son prix est de 329€.

L’oculaire large permet quant à lui de réduire la lumière parasite lors de la visée, ce qui est pratique en plein soleil ou avec des lumières latérales, en photo comme en vidéo. Il est vendu 19,90€ et est compatible avec tous les boîtiers de la série X et GFX.

Prix et disponibilité

Le Fuji X-H1 sera disponible dans le courant mars 2018 au prix public conseillé de 1899€ nu et 2199€ avec la poignée d’alimentation VPB-XH1.

Notre premier avis sur le Fuji X-H1

On attendait Fujifilm sur un boîtier destiné aux professionnels, nous voilà servis avec le X-H1, qui inaugure la stabilisation du capteur sur 5 axes chez Fujifilm, technique jusqu’alors trustée à Olympus, Panasonic et Sony sur les hybrides. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un boîtier plein format et l’on reste toujours sur l’APS-C avec le même capteur X-Trans III de 24,3 Mpx qui équipe les X-T2, X-Pro2 et X-T20.

La différence se joue donc ailleurs, sur l’ergonomie, la construction et les fonctions professionnelles du boîtier, notamment en vidéo. Doté d’une vraie résolution 4K Cinéma, F-Log interne à 200 Mbps, le X-H1 sera sûrement le boîtier vidéo approuvé par les Fujistes. En photo, l’AF-C plus performant et la stabilisation apportent quelques améliorations, mais le duo capteur / processeur est connu et offrira la même qualité d’image qu’un X-T2.

Plus robuste et résistant, mais aussi un peu plus lourd qu’un X-T2, le X-H1 saura peut être convaincre les photographes professionnels à la recherche de sécurité, de longévité et de résistance, une véritable demande. D’autant plus que le prix, par rapport au X-T2, n’est pas démesuré (1899€ nu contre 1598€ pour le X-T2).

Il se positionne également plutôt bien face aux boîtiers pros concurrents, comme le Panasonic G9, l’Olympus OM-D E-M1 Mark II ou bien encore le Nikon D500.

Et vous, que pensez-vous de ce nouveau boîtier X-H1 de Fujifilm ?

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