Cette semaine, on vous présente une série de vues aériennes en Noir et Blanc qui brise les règles de l’architecture des villes modernes réalisée par Dongni, photographe graphiste chinoise de la ville de Shenyang, capitale de la province du Liaoning.

Diplômée de l’Académie des Beaux-Arts de Luxun et membre de l’Association d’art photographique de Pékin, Dongni mêle la créativité à la technique dans sa série Space&City et a remporté récemment le 1er prix Architecture du Sony World Photographie Awards 2017.

Inspirée du concept de « Ville mobile », Dongni explore les thèmes de l’espace et de l’urbanisme à travers cette série. C’est avec un drone qu’elle prend ces vues panoramiques saisissantes. Elles sont ensuite retravaillées en représentations abstraites laissant libre cours à l’imagination du spectateur.

Comment briser les règles ? « Space&City » en est une exploration visuelle. Dongni effectue à travers cette série impressionnante en Noir et Blanc une recherche sur les géométries des villes contemporaines. Elle déconstruit puis reconstruit le paysage urbain de la ville moderne. Une variété de formes urbaines et d’architecture minimaliste viennent briser l’ancienne construction recréant ainsi un nouvel espace de vie à travers les structures spatiales subsistant.

Refactoring – Palace of Fine Arts – © Dongni

Stretching- Downtown apron © Dongni

À travers ces 6 photographies, Dongni explore six thèmes en architecture : la transformation, la répétition, l’arrangement, l’étirement, le chevauchement et le remodelage. Chevauchements de routes qui s’articulent sur plusieurs niveaux comme les tentacules d’une pieuvre s’abattant sur la ville, ou encore autoroute à plus de 40 voies, répétition d’un bâtiment au sein d’une même image, transformation de la trajectoire et de la perspective des routes ou des immeubles sont autant de phénomènes que l’on peut découvrir dans le visuel de ces photographies prises pour la plupart dans les villes industrielles du Nord-est de la Chine.

Overlap – Freeway – © Dongni

Arrangement- Exhibition center © Dongni

Dongni joue sur les contrastes et sur les formes pour créer du relief dans l’image. Ses perspectives sont renversantes. Selon Dongni si la photographie aérienne connait un essor actuellement c’est parce qu’elle permet  » de transformer la perspective pour montrer le corps principal. De plus en plus de photographes sont intéressés pour essayer cette technique. Je pense que peu importe le type de performance de l’appareil, la qualité ou l’idée de l’auteur, il faut se concentrer sur la perspective du problème et sur l’expression visuelle » dit-elle dans une interview accordée au magazine Visual China. « Quand j’utilise les techniques de prises de vues aériennes, quelques idées germent en moi, je veux refaçonner les différents bâtiments de manière plus libre dans l’espace. De la rotation à l’étirement, rompre l’existant structuré, ordonné, plat et monotone pour lui donner plus de vitalité, ce qui est plus proche de ma vision de la ville », ajoute t-elle.

Repetition – Urban Planning Institute © Dongni

Inspirée du travail de Yona Friedman, architecte avant-gardiste qui a proposé le concept de « ville mobile », Dongni inclut dans son travail l’idée proposée par Friedman dans les années 1970 selon laquelle l’architecture ne devrait pas être imposée aux gens, mais plutôt adaptée à ceux qui vont l’habiter en prenant en compte le quotidien, les besoins et les souhaits des citoyens. Partant de ce postulat, elle travaille sur le style expressionniste et la forme abstraite exagérée dans son oeuvre.

Transform – Urban light rail © Dongni

Space&City met en place une répétition régulière et intensive résumant le sentiment de la ville moderne. Les photographies qui composent la série font la démonstration d’une utilisation libre du langage des formes visuelles. Selon Dongni, « dans un contexte spatial, quand on ignore les esthétiques des villes, qu’on ignore les règles et célèbre la déconstruction et la reconstruction de l’espace urbain, l’espace lui-même nous donne plus de contrôle et ajoute de la joie dans la ville ».

Dongni entend continuer à travailler dans le  style surréaliste et l’abstrait exacerbé, on attend ses prochains travaux avec impatience !