Les lauréats de la 29e édition de Visa pour l’Image qui se tient à Perpignan ont été annoncés samedi. Le Festival incontournable pour les journalistes récompense au sein de 14 catégories les photographies et photoreportages sélectionnés par le jury. Un panorama du monde dans ses enjeux actuels : Mossoul, Philippines, Finlande, Afrique, en passant par le Pérou, les régions océaniques du globe ou encore l’Ukraine.

Laurent Van Der Stockt, grand gagnant, remporte cette année le Visa d’Or avec son photoreportage sur la guerre de Mossoul.

Voici le palmarès 2017 de Visa pour l’Image :

Grand gagnant du prix Visa d’Or Paris Match News : Laurent Van Der Stockt

Godjali, quartier libéré de Mossoul, le 02 novembre 2016 – © Laurent Van der Stockt pour Le Monde / Getty

Le Visa d’Or News 2017 a été remis au photojournaliste belge Laurent Van der Stockt pour sa couverture de la bataille de Mossoul en Irak depuis Octobre 2016 pour Le Monde.

Laurent Van der Stockt a suivi la première division des forces antiterroristes irakiennes durant des semaines. Ses photographies, depuis 2016, couvrent les combats entre ISIS et les forces irakiennes, les attentats-suicides et la condition des civils en Irak. Elles témoignent de la réalité des affrontements et des civils démunis.

Visa d’Or Magazine : Daniel Berehulak

Des proches accablés à la vue des corps de Frederick Mafe et Arjay Lumbago, abattus en pleine rue. Manille, 3 octobre 2016. © Daniel Berehulak pour The New York Times

Daniel Berehulak remporte le Visa d’Or Magazine avec son reportage « Ils nous abattent comme des animaux » aux Philippines.

Au cours de 35 jours sur place, Daniel Berehulak, photojournaliste australien basé à New Delhi, a photographié 57 victimes de meurtres dans 41 lieux : rue, voies ferrées, parvis d’écoles pour filles, épicerie, etc. Le photographe déclare : « ce que j’ai vu aux Philippines atteint un degré de brutalité inédit ». En dehors des personnes tuées dans le cadre des opérations officielles, la police nationale a enregistré plus de 3 500 homicides non résolus depuis juillet 2016.

Visa d’Or de la Presse quotidienne : Sami Kero

Ice Hole © Sami Kero / Helsingin Sanomat/Finland

Le gagnant est Sami Kero pour le quotidien finlandais Helsingin Sanomat avec son travail intitulé « Ice Hole » sur les trous dans la glace utilisés comme piscines hivernales extérieures en Finlande. Sami Kero est un photojournaliste ayant couvert les crises et conflits internationaux majeurs en Afghanistan, en Irak, Égypte, Israël, République Démocratique du Congo. Il remporte le Visa d’or de la Presse quotidienne pour son travail effectué dans un pays en paix sur un sujet néanmoins spectaculaire.

Visa d’Or Figaro Magazine d’Honneur : Michael Nicholas

À l’orphelinat des éléphants du David Sheldrick Wildlife Trust (DSWT). Parc national de Nairobi, Kenya, 2010 © Michael Nicols/National Geographic Creative

Dans ce reportage pour National Geographic intitulé « Wild« , Michael Nichols, surnommé le « Indiana Jones » de la photographie, nous pousse à voir autrement les animaux sauvages et la nature. Il réalise des photographies innovantes en combinant des éléments de fine art et de photojournalisme.

Visa d’Or Humanitaire du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) : Angela Ponce Romero « Ayacucho »

Une jeune femme de Cayara apporte des fleurs pour honorer les morts. Ayacucho, Pérou, 2017 © Angela Ponce Romero

Ayacucho © Angela Ponce Romero

Angela Ponce Romero est récompensée pour son travail intitulé « Ayacucho » du nom de la capitale de la province d’Huamanga au Pérou. Dans le langage amérindien Quechua « Aya » signifie « cadavre » et « Cuche » signifie angle. « Dans l’angle de la mort » traduit également « Dans le couloir de la mort ». Le reportage traite du conflit armé péruvien et des milliers de personnes décédées ou portées disparues lors des violences entre les forces gouvernementales et le groupe armé du Sentier Lumineux durant les deux dernières décennies.

Visa d’Or de l’Information Numérique France Info : Vlad Sokhin

Peia Kararaua (16 ans), dans un quartier inondé du village d’Aberao, îles Kiribati, l’un des pays les plus durement touchés par la montée du niveau des mers. – © Vlad Sokhin / Cosmos / Panos Pictures / laif

Majuro International Airport, Majuro Atoll, Republic of the Marshall Islands © Vlad Sokhin / Cosmos / Panos Pictures / laif

Sergey, essayant de sortir sa voiture de la zone inondée de Oktyabrsky en Russie © Vlad Sokhin / Cosmos / Panos Pictures / laif

Warm Waters est un projet numérique d’enquête photographique sur l’impact du changement climatique sur les communautés et la faune dans les régions océaniques du globe, de l’Arctique au Pacifique Sud en passant par les nations insulaires d’Océanie. Dans le cadre de ce projet, Vlad Sokhin a voyagé de la pointe nord de l’Alaska jusqu’aux confins de la Nouvelle-Zélande et dans toute l’Océanie. Le changement climatique est désormais la crise environementale la plus grave de l’histoire de l’humanité. Ces photographies montrent que le changement climatique ne concerne pas que les générations futures mais est un problème urgent.

Prix Canon de la Femme Photojournaliste 2017 : Catalina Martin-Chico

Ex-guérillera FARC avec son enfant né à la suite de l’accord de paix entre le mouvement armé et le gouvernement colombien en septembre 2016. Les ex-guérilleros restent dans les zones de transition jusqu’à la remise de leurs dernières armes. Campement de Guaviare, jungle colombienne. – © Catalina Martin-Chico / Cosmos

Catalina MARTIN-CHICO, dans son projet de reportage, observe l’explosion de la natalité chez les ex-membres des FARC en Colombie suite à l’accord de paix.

Prix photo Fondation Yves Rocher : Fausto Podavini

Des enfants jouent sur les rives de l’omoplate qui s’écoule du nord au sud de l’Ethiopie. Le cours de la rivière et sa vallée sont menacés par le barrage Le Gibe III, plus haut barrage hydroélectrique d’Afrique. © Fausto Podavini

© Fausto Podavini

Ce prix est attribué, pour sa troisième édition, à un photographe professionnel désirant réaliser un travail journalistique sur les problématiques liées à l’environnement, aux relations entre l’Homme et la Terre, aux grands enjeux du développement durable. Le lauréat Fausto Padovini est récompensé pour son projet reportage sur les changements sociaux en Éthiopie et au Kenya liés à la construction d’infrastructures dans la vallée de l’Omo.

Prix de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik 2017 : Rafael Yaghobzadeh

Des soldats de la Garde nationale ukrainienne assistent à un office religieux lors de l’Epiphanie orthodoxe dans une base militaire près de Lviv, dans l’Ouest de l’Ukraine. 19 janvier 2016 ©Rafael Yaghobzadeh

Des directeurs photo de magazines internationaux ont élu fin juin le lauréat du Prix de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik. Ils ont voté pour le jeune photographe de l’année qui selon eux a réalisé le meilleur reportage 2016/2017 publié ou non avec son reportage sur l’Ukraine.

Getty Images Grants for Editorial Photography : Paul Bronstein, Alejandro Cegarra, Antonio Faccilongo, Barbara Peacock, Alessandro Penso

Le Getty Images Grants a supporté des photojournalistes et des projets créatifs originaux et innovants dans le cadre du programme « Grants » et investi une jolie somme. Lancé en 2004, le programme tend à promouvoir des photographies marquantes en photojournalisme dans le but de toucher les consciences sur des problèmes culturels et sociaux. Soixante-huit photojournalistes ont déjà réalisé et présenté des reportages innovants et insolites.

Prix Pierre & Alexandra Boulat : Romain Laurendeau

© Romain Laurendeau

Romain Laurendeau est récompensé pour son projet de reportage sur les endroits secrets et clandestins en Algérie où les jeunes peuvent expérimenter la liberté sous toutes ses formes, loin du regard de la société et de sa dangereuse stigmatisation. Le prix, soutenu par la Scam pour la troisième année, permet à un photographe de réaliser un projet de reportage inédit.

Prix Camille Lepage : Pierre Faure

© Pierre Faure

Pierre Faure reçoit le prix Camille-Lepage co-financé par la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (SAIF) pour son travail sur la montée de la pauvreté en France, sujet peu traité dans les médias qui mérite qu’on s’y intéresse. Ce prix vise à encourager un photographe engagé au long-cours.

Prix Carmignac du photojournalisme : Lizzie Sadin

© Lizzie Sadin

Lizzie Sadin est récompensée pour son projet sur l’esclavage des femmes et des filles au Népal. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime à plus de 2.5 millions de personnes les victimes de l’esclavage moderne et les femmes sont en première position. Elles représenteraient, selon Amnesty International, 80% de la traite des êtres humains, dont près de 50 % seraient mineures. Les types d’exploitation sont nombreux : sexuelle, travail forcé, esclavage domestique.

Prix ANI/Pix TRAKK : Jérémy Jung

Liisi Loiv, jeune fille seto posant avec son costume traditionnel. Chez les Setos le costume traditionnel se porte aujourd’hui lors d’occasions spéciales uniquement. Liisi a brodé elle même les motifs rouges de son costume : « je suis fière d’être Seto, c’est là d’où je viens, où j’ai grandi ».

Le royaume du Setomaa est situé sur la frontière entre l’Estonie et la Russie, dont l’accord n’a jamais été ratifié par la Russie. Jérémie Jung est parti à la rencontre des Setos, a parcouru cet étrange territoire en équilibre sur la frontière entre l’Union Européenne et la Fédération de Russie. Le lauréat sera exposé dans le cadre des Visas de l’ANI aux « Gobelins, l’école de l’Image » à Paris du 6 au 24 novembre 2017.

Retrouvez toutes les expositions de Visa sur l’Image qui prendra fin le 17 septembre 2017 sur le site officiel. Vous pouvez également consulter notre article sur le Festival en direct de Perpignan