Nikon vient de lever le voile sur le Nikon D850, son dernier boîtier plein format à haute résolution très attendu : 45,7 Mpx, vidéo 4K et AF 153 points. Plus tôt cet été, la marque nippone avait annoncé le développement de ce nouveau boîtier avec comme nom de code Hercule.

Le Nikon D850, disponible dès septembre, s’annonce déjà comme un boîtier plein format polyvalent pouvant servir à la fois aux photographes professionnels de studio, de sport, de mariage ou de mode comme aux photographes nature voire même aux vidéastes.

Nouveau capteur BSI de 45,7 Mpx

Le Nikon D850 dispose d’un capteur CMOS rétroéclairé plein format FX de 45,7 Mpx (dont 45,4 Mpx effectifs). Ce capteur est, comme le précédent D810, dépourvu de filtre passe-bas. Il s’agit d’un nouveau capteur et du premier capteur rétroéclairé utilisé par Nikon sur ses boîtiers plein format. La plage dynamique de ce capteur est présentée comme « exceptionnelle».

Le Nikon D850 devient ainsi le boîtier Nikon le plus défini, après avoir dépassé les 36,3 Mpx du Nikon D810 (retrouvez notre test du D810 en Islande). À ce jeu, Nikon n’est plus le maître puisque le 5DS R propose déjà 50 Mpx depuis 2015. Sony offre même un capteur de 42,4 Mpx avec le A7R II. Nikon donne pour explication à cette résolution un équilibre parfait entre définition, sensibilité et rapidité de traitement. Au-delà, le boîtier serait pénalisé par la lourdeur des fichiers, et qui utilise aujourd’hui des images de plus de 45 Mpx ? Ce discours ressemble à s’y méprendre à celui de Sony pour son A7R II.

Comme sur les précédents modèles, le Nikon D850 propose le mode FX plein format ainsi qu’un mode DX (équivalent APS-C) correspondant à un crop natif 1,5x des images dès la prise de vue. Le résultat : des fichiers de 19,5 Mpx exploitables et la possibilité d’utiliser des optiques DX sur le boîtier.

Plusieurs formats de RAW sont disponibles comme sur le D5 : L (45,4 Mpx), M (25,6 Mpx) et P (11,4 Mpx). Cela permet de créer des images à la taille nécessaire et ainsi économiser le précieux espace sur votre carte mémoire et votre disque dur. Il est vrai que 45,4 Mpx ne sont pas toujours nécessaires. Ces différentes tailles sont disponibles dans tous les modes (DX, crop 1,2x, 5:4 et un nouveau format carré 1:1).

L’arrivée de la taille M (25,6 Mpx) sur les boîtiers D8XX est une très bonne nouvelle pour les photographes souhaitant un bon compromis entre résolution et poids pour certaines de leurs images.

Avec ces formats RAW intermédiaires et le format DX plus qu’honnête (19,5 Mpx c’est presque la résolution du Nikon D500), le Nikon D850 offre une vraie polyvalence et peut servir de boîtier unique utilisable dans différents modes selon les usages. En photo animalière, on pourra utiliser le RAW L en crop DX pour obtenir 19,5 Mpx, en photo de studio, le RAW L en pleine résolution sera exploitable et en reportage, le RAW M en format standard offrira 25,6 Mpx.

Le boîtier intègre également une fonction de traitement par lots des RAW pour dérawtiser directement une série d’images ou toutes les photos du boîtier avant de les envoyer.

D850, un boîtier plus ergonomique

De boîtier en boîtier, la marque jaune s’améliore. Sur le D850, la première nouveauté visible est l’écran arrière de 3,2 pouces inclinable et tactile. Doté de 2,359 millions de points, cet écran, permet également de choisir au doigt la zone AF, déclencher et accéder aux menus.

Concernant le viseur, pas de version hybride EVF/OVF comme certains auront pu s’y attendre selon les rumeurs, mais un viseur optique à couverture 100% et avec un coefficient de grossissement de 0,75x. C’est le plus important construit par Nikon sur un reflex plein format, le D5 ne dépassant pas 0,72x et le D810 0,70x. Malheureusement, Nikon fait ainsi l’impasse sur le flash pop-up, une triste nouvelle mais un choix sûrement mûrement réfléchi par le constructeur. Le D850 rejoint ainsi les Canon EOS 5D.

Le boîtier est toujours aussi bien construit : alliage de magnésium et fibre de carbone. Il prend quelques grammes en pesant 1005 g contre 980 g pour le D810. Le grip est un peu plus creusé pour une meilleure préhension. Comme sur le Nikon D500 et le D5, le bouton ISO se déplace sur le dessus de la poignée et le boîtier gagne un joystick pour déplacer le point AF et une touche Fn2 à l’arrière.

Construit pour les conditions extrêmes, le D850 est tropicalisé et son étanchéité a été renforcée selon Nikon, notamment grâce à la suppression du flash pop-up. Pour les photos dans l’obscurité, les boutons de réglages, y compris à l’arrière, sont rétroéclairés comme sur le D5.

Côté alimentation, le Nikon D850 conserve les mêmes batteries que D800 et D810. L’autonomie annoncée est de 1840 images sur une batterie et 5140 en utilisant la poignée-alimentation MB-D18 (et la batterie du EN-EL18b utilisée par le D5). Le grip utilise donc une batterie différente.

Dans l’héritage du D5

Comme ce fut le cas pour le D500, le D850 reprend certaines caractéristiques au D5, fer de lance de Nikon. Il emprunte ainsi le processeur EXPEED 5 du D5 et D500 pour une sensibilité ISO allant de 64 à 25 600 ISO (extensible de 32 à 102 400 ISO, y compris en vidéo). Le capteur rétroéclairé promet de meilleures performances en faible lumière.

Le système AF est identique à celui du Nikon D5, soit le Multi-cam 20K 153 points dont 99 points AF en croix. Par rapport au D810, la zone couverte est agrandie de 130%. Cette couverture AF plus large offre de très bonnes performances en termes d’accroche (jusqu’à -4 IL). Le capteur de mesure de lumière se repose sur 180 000 photosites RVB, ce qui permet d’offrir une très bonne détection des sujets et même de la reconnaissance de scène. 15 collimateurs sont sensibles jusqu’à f/8.

Un boîtier réactif avec 7 i/s

Grâce au processeur Expeed 5, le D850 est capable de rafales à 7 i/s sans grip et monte à 9 i/s avec la poignée d’alimentation. C’est bien mieux que la rafale de 5 i/s du D810. Celle-ci peut être tenue jusqu’à 51 images en RAW (loin des 200 images du D5 sur carte XQD mais mieux que les 28 vues du D810). En JPEG, la rafale va jusqu’à 200 images, une limite qui nous semble être imposée arbitrairement.

Le Nikon D850 intègre désormais un obturateur électronique qui permet un mode complètement silencieux en Live View. Dans ce mode, le Nikon D850 est capable de photographier en rafale à 6 i/s en pleine résolution ou à 30 i/s en format DX en JPEG normal, pendant 3 secondes.

En Live View, le D850 intègre également une fonction de Focus Peaking pour la mise au point manuelle. Cela vient compenser l’absence de viseur hybride donné dans les rumeurs, même si les EVF sont bien plus complets pour cela.

Le D850 offre également un mode de décalage de la mise au point automatique pour réaliser du focus stacking jusqu’à 300 photos et jusqu’à 10 étapes de mise au point (à empiler via un logiciel séparé, voire notre tutoriel).

La vitesse d’obturation maximale est de 1/8000 s en obturateur mécanique. L’anti-flickering est également de la partie.

Un boîtier plein format ouvert à la vidéo

En vidéo, le Full HD laisse la place à l’Ultra HD avec le D850. En 4K (3840 x 2160 px) sans recadrage (contrairement au D5) en 30/25/24 fps, ce boîtier plein format semble enfin être destiné aux photographes vidéastes. Le boîtier dispose bien entendu du profil vidéo FLAT et peut également offrir un mode slow motion à 120 i/s, cette fois-ci avec recadrage et stabilisation électronique. Sur le son, le D850 propose un mode atténuateur audio.

Pour des besoins plus professionnels, il est possible de connecter un enregistreur externe en HDM, par exemple pour obtenir du 4:2:2 sur 10 bits sans compression.

Pour les amoureux de timelapse, le D850 permet de réaliser des timelapses en 4K directement depuis le boîtier et l’intervallomètre photo aura une définition de 8K.

L’écran tactile facilitera la sélection de la zone AF, même s’il faudra voir comment se comportent les optiques lors des premiers tests, notamment dans la fluidité de la mise au point.

Connectivité : SnapBridge mais pas de Wifi direct

Niveau connectivité, le D850 est équipé du Bluetooth et du Wifi, mais uniquement via le protocole SnapBridge développé par Nikon qui, pour rappel, permet de commander et transférer les photos vers un terminal mobile, même lorsque le boîtier est éteint. Il n’y a donc toujours pas de possibilité de transfert direct en Wifi vers un ordinateur par exemple, sauf à utiliser le module WT-7.

Niveau connectique, le D850 est complet avec une prise casque, micro, USB 3.0 et HDMI Type C.

Pour enregistrer les photos, le D850 dispose d’un double slot mémoire : une carte SD UHS-II et une carte XQD. Ici, Nikon continue sa lancée et porte à bout de bras le format XQD.

Un kit pour numériser ses films argentiques

Boîtier à très haute résolution, le Nikon D850 dispose d’un accessoire permettant de numériser ses films argentiques. L’adaptateur Nikon ES-2, utilisé avec un objectif macro, permet ainsi de scanner des négatifs couleur ou noir et blanc en 5800 dpi et avec le négatif directement traduit en positif par l’appareil. L’adaptateur, disponible au tarif de 149€, permet également de faire défiler les différentes vues d’un bandeau de négatif.

Cette fonction, accessoire pour certains, sera bienvenue pour les professionnels qui souhaitent scanner d’anciens films avec la meilleure qualité possible.

Prix et disponibilité du Nikon D850

Le Nikon D850 sera disponible à partir du 7 septembre 2017 au prix public conseillé de 3799€ boîtier nu. Un kit avec le zoom AF-S 24-120mm f/4 VR est également prévu au prix de 4599€. Le grip additionnel MB-D18 est vendu 429€.

Notre premier avis sur le Nikon D850

Annoncé pour les 100 ans de Nikon, le D850 est un boîtier abouti et polyvalent qui produira à coup sûr des images de qualité et servira à de nombreux photographes professionnels. Comme l’explique Nikon, le D850 offre « la polyvalence de trois appareils photo » en un seul modèle. Il combine définition, sensibilité et rapidité pour être utilisé aussi bien en photographie studio qu’en photo de sport. On se demande même si le D850 ne fait pas plus d’ombre aux D5 et D750 qu’il ne remplace le D810.

Un détail à noter : le D850 est similaire en tout point au D500 au niveau de la disposition des boutons. Nikon prend ainsi le chemin de Canon avec la famille 5D et 7D qui sont également des « clones » en apparence.

Héritant de nombreux composants du Nikon D5, le D850 est un boîtier attirant pour toute personne ayant déjà mis la main sur un reflex, et l’oeil dans le viseur d’un reflex plein format. Le D850 est un monstre de puissance et représente le boîtier ultime, celui capable de répondre à tous les besoins. Avec ce boîtier, Nikon montre qu’il est possible de proposer la très haute résolution sans compromis. Avec ce nouveau capteur rétroéclairé, Nikon crée peut-être même l’étalon en termes de qualité d’image.

Mais comme pour le D800 en son temps, il faudra bien penser à ce que le D850 implique : des optiques dernier cri très onéreuses, un ordinateur surpuissant pour développer les RAWs et un dos bien solide.

Aujourd’hui, de nombreux photographes souhaitent faire le chemin inverse vers plus de légèreté, de discrétion et de compacité. Il faudra encore attendre avant que Nikon ne s’adresse à eux.

Les premières photos réalisées au Nikon D850

Voici les premières photos réalisées au Nikon D850 :

Nikon D850 - 14-24mm f/2.8 - 19mm f/11 30s ISO 400

Nikon D850 – 14-24mm f/2.8 – 19mm f/11 30s ISO 400

Nikon D850 – 70-200mm f/2.8 – 70mm f/6.3 1/400s ISO 64

Nikon D850 – 24-70mm f/2.8 – 62mm f/5.6 1/2500s ISO 1600

Nikon D850 – 14-24mm f/2.8 – 15mm f/2.8 15s ISO 10000

Nikon D850 – 105mm f/2.8 – 105mm f/3.4 1/200s ISO 640

Nikon D850 – 70-200mm f/2.8 – 140mm f/3.2 1/200s ISO 4000

Nikon D850 – 24-70mm f/2.8 – 24mm f/8 1/800s ISO 320

Les vidéos sur le Nikon D850