Peut-être un peu moins connu du grand public que ses collègues Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau ou encore Brassaï, le français Willy Ronis fait partie des grands noms de l’univers photographique de l’Hexagone entre le milieu des années 1920 et la fin des années 1990. A travers ce livre photo qui retrace 70 ans de sa carrière, tout le “sens de la poésie quotidienne” et la sensibilité de son oeuvre y sont dévoilés.

Edité chez Taschen pour la première fois en 2005 et incluant une préface écrite par Jean-Claude Gautrand, « Willy Ronis – Instants dérobés » compte en tout 192 pages et près de 170 photographies. Voici une petite vidéo réalisée à la sortie du livre dans laquelle le photographe revient sur quelques unes de ses images :

Willy Ronis et sa « représentation poétique du bonheur modeste »

Né en 1910 à Paris d’un père photographe, retoucheur et opérateur et d’une mère professeur de piano, le jeune Willy Ronis est immédiatement plongé dans le monde de l’art, de la musique et des labos photo. En parallèle de l’aide qu’il apporte au studio-atelier de son père, il commence à prendre des photos des rues de Paris, de ses vacances au ski, de la vie quotidienne en général.

© Willy Ronis - Instants dérobés - Taschen

© Willy Ronis – Instants dérobés – Taschen

Un an après la mort de son père, à ses 27 ans, Willy Ronis achète un Rolleiflex et décide de s’essayer à la photographie et au reportage indépendants. Il rencontre la même année Robert Friedman, alias Robert Capa, qui deviendra un de ses amis proches. Cependant, la Seconde Guerre mondiale le retranche en zone non occupée, et ce n’est qu’après le conflit qu’il effectue plusieurs missions de reportage photo notamment pour la SNCF sur le retour des prisonniers.

Entre 1945 et 1960, il devient membre du Groupe des XV, multiplie les reportages sociaux, documentaires, touristiques, et les expositions aux côtés des grands comme Doisneau, Brassaï, Izis. Puis à partir des années 1960, le monde de la photographie perd de son dynamisme et Willy Ronis se retranche dans le Vaucluse où il passe plusieurs années à se consacrer à l’enseignement en photo.

© Willy Ronis - Instants dérobés - Taschen

© Willy Ronis – Instants dérobés – Taschen

Ce n’est qu’avec le regain de la fin des années 1970, notamment avec la popularité grandissante des Rencontres d’Arles qui font de Willy Ronis leur invité d’honneur en 1980, que le monde de la photo redécouvre son patrimoine visuel social avec ces illustrateurs de « la condition humaine » tels que Ronis.

© Willy Ronis - Instants dérobés - Taschen

© Willy Ronis – Instants dérobés – Taschen

« Instants dérobés », la rétrospective d’une photographie humaniste

Après avoir présenté sa biographie détaillée, l’ouvrage découpe l’oeuvre du photographe en 5 grandes parties. La partie « Avant-Guerre 1926-1940 » partage les clichés de sa jeunesse regroupant ses photos de rue de Paris et de ses habitants et de ses virées en montagne.

« Paris Banlieue » se consacre plus précisément au Paris de Willy après le conflit, qui ne montre pas « l’insolite, le jamais vu, l’extraordinaire, mais bien ce qu’il y a plus de typique dans notre vie de tous les jours » (p.40). L’univers visuel caractéristique de l’époque, et proche de celui de Doisneau par exemple, transparaît dans de nombreuses images.

Willy Ronis - Instants dérobés - Taschen

Willy Ronis – Instants dérobés – Taschen

La partie « France » est un condensé de ses reportages réalisés à travers le pays des années 1940 aux années 1990 : des mineurs de Lens au champs de thym du Vaucluse en passant par les grèves de charpentiers parisiens en 1950, tous ses reportages sociaux et liés au monde ouvrier et rural y sont représentés.

Avec « Ailleurs », on retrouve les reportages touristiques de Willy Ronis effectués à l’étranger, notamment en Afrique du Nord, en Europe de l’Est et du Sud, au Royaume-Uni et à New-York.

© WIlly Ronis - Instants dérobés - Taschen

© WIlly Ronis – Instants dérobés – Taschen

© Willy Ronis - Instants dérobés - Taschen

© Willy Ronis – Instants dérobés – Taschen

Enfin le livre se clôt avec une dernière partie consacrée à ses « Portraits et Nus » : en plus d’immortaliser ses amis et artistes de l’époque (Robert Capa, Louis Aragon, Picasso, Jean-Paul Sartre), il offre des images pudiques et tout en douceur de nus féminins.

© WIlly Ronis - Instants dérobés - Taschen

© Willy Ronis – Instants dérobés – Taschen

Willy Ronis et ses « Instants dérobés », un classique de la photographie humaniste à avoir

Bien que ce livre ait une mise en page plutôt classique et reprenne dans les grandes lignes les oeuvres les plus représentatives de Willy Ronis, il reste assez détaillé pour (re)découvrir ce photographe emblématique, et reflète sa simplicité, sa sympathie pour ses sujets et sa passion pour les petites choses du quotidien. Son grand format de 24x30cm vous permet de contempler aisément ses images qui “ne sont jamais banales ou sentimentales et méritent pleinement d’être comptées au nombre des meilleurs travaux de la photographie humaniste du 20e siècle”.

Le livre a connu deux éditions, la première sortie en 2005 à 19,99€ et la seconde publiée en 2010 à 9,99€ seulement. Aujourd’hui le livre est aussi disponible en occasion, sur AmazonFnac et Price Minister notamment.

Un classique à avoir dans sa bibliothèque !

Revue de livre : les "Instants dérobés" de Willy Ronis
8Note finale
Contenu du livre8
Mise en page et qualité d'impression7.5
Rapport qualité / prix8.5
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