Hier, le tabloïd allemand est paru avec une grise mine. En effet, l’édition du 8 septembre 2015 de Bild (web et papier) est sortie exceptionnellement sans aucune image, afin de rappeler l’importance des photos pour montrer la (triste) vérité.

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Cette décision intervient après la publication le 3 septembre par le journal de la photo de l’enfant syrien Aylan Kurdi, trois ans et échoué sans vie sur une plage de Turquie. Accusé de voyeurisme en publiant cette photo en pleine page en quatrième de couverture, le journal se défend ainsi par la nécessité de montrer au monde « la faillite historique de notre civilisation dans cette crise des réfugiés ».

Couverture Bild enfant noyé

Et en effet, cette image du petit Aylan semble avoir aidé à ouvrir le débat en Europe sur la nécessité d’accueillir les réfugiés fuyants la Syrie.

Pour Amol Rajan, éditeur du journal The Independent, « le pouvoir de choquer est un outil vital du journalisme et, de ce fait, de la démocratie ». La motivation ici n’est pas celle du voyeurisme mais plutôt celle de « choquer le monde pour engendrer une action ».