Lancé à l’automne 2025, le Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE est le deuxième objectif développé en partenariat avec l’opticien allemand Schneider-Kreuznach. Ce zoom transstandard pour hybrides plein format en monture Sony E adopte une plage focale tronquée à fond de zoom, qu’il compense par un gabarit et un tarif réduits.
Après un Samyang AF 14-24 mm f/2,8 FE déjà remarqué pour sa compacité, ce nouvel objectif vient donc compléter une ligne de zooms lumineux pensés pour les photographes nomades. Mais la recette fonctionne-t-elle aussi bien sur la plage focale la plus courante du marché ? La réponse dans notre test complet du Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE que nous avons pu étrenner pendant plusieurs semaines au Japon.

Sommaire
Présentation du Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE
Le zoom transstandard f/2,8 occupe une place centrale dans l’écosystème des hybrides plein format. Polyvalent par définition, il s’adapte aussi bien au reportage, au portrait, à la photographie de rue qu’au voyage.

Samyang avait surpris en 2022 avec l’AF 24-70 mm f/2,8 FE, son zoom autofocus. Ce nouveau 24-60 mm ne vient pas seulement lui succéder. Il incarne une ambition différente : celle de réduire encore le gabarit en tronquant légèrement la plage focale à fond de zoom. Une approche qu’avait déjà explorée Panasonic, par exemple, avec son Lumix S 24-60 mm f/2,8, lancé au printemps 2025.

La collaboration avec Schneider-Kreuznach – maison allemande fondée en 1913, réputée pour ses optiques de précision dans le domaine industriel et cinématographique – confère au projet une certaine caution technique. Ce partenariat avait déjà été mis à l’épreuve (avec succès) avec le Samyang AF 14-24 mm f/2,8 FE.
Afin d’obtenir une qualité d’image optimale, l’opticien a choisi une formule optique de 14 lentilles réparties en 11 groupes. Cela comprend 3 lentilles HR (haut indice de réfraction), 2 lentilles ED et 3 lentilles asphériques, conçues pour améliorer la netteté et minimiser les aberrations.

Voici la liste des caractéristiques techniques du Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE :
- plage focale : 24-60 mm (équivalent 36-90 mm en APS-C)
- objectif pour capteur : plein format
- ouverture maximale : f/2,8
- ouverture minimale : f/22
- construction optique : 14 lentilles en 11 groupes, dont 3 lentilles HR (haute réfraction), 2 lentilles ED et 3 lentilles asphériques
- diaphragme : circulaire, 9 lamelles
- distance minimale de mise au point : 18 cm (à 24 mm) / 32 cm (à 60 mm)
- grossissement maximal : 0,27x (à 24 mm)
- motorisation AF : moteur linéaire STM
- stabilisation optique : non (dépendance à l’IBIS du boîtier)
- tropicalisation : joints d’étanchéité (poussière et projections d’eau)
- diamètre du filtre : 72 mm
- dimensions : ø 78 mm × 102 mm (à 24 mm) / 126 mm (à 60 mm)
- poids : 494 g
- monture : Sony E (FE)
- prix au lancement : 749 €
Ergonomie et prise en main : une légèreté qui se remarque
Ce qui frappe d’emblée avec ce Samyang, c’est son poids. Moins de 500 grammes sur la balance – 494 g précisément – pour un zoom plein format ouvrant à f/2,8 constant, c’est tout simplement remarquable. À titre de comparaison, les 24-70 mm f/2,8 modernes avoisinent généralement les 600 à 800 g. Le Samyang pèse donc à peine plus que le Sony FE 24-50 mm f/2,8 G. Ceci se ressent instantanément sur un boîtier.

Monté sur un Sony A7 V, l’équilibre est excellent : l’objectif ne tire pas l’ensemble vers l’avant, et les sessions prolongées – reportage, photographie de rue, etc. – sont moins fatigantes.

Cette légèreté s’explique en grande partie par la plage focale raccourcie et par le choix des matériaux. On notera ainsi le recours au polycarbonate, pour des finitions identiques à celles du 14-24 mm f/2,8, avec lequel il forme un joli duo. Mentionnons le discret liseré bleu près de la lentille frontale.

Côté dimensions, comptez 10,2 cm de long pour un diamètre maximal de 7,8 cm. Sans surprise, le zooming ne se fait pas en interne et le fût atteint 12,6 cm à fond de zoom. La construction s’avère soignée. Les joints d’étanchéité sont présents aux points critiques, ce qui rassure en conditions humides ou poussiéreuses.


La bague de zoom est bien positionnée, au milieu du fût, avec une course agréable et régulière. La bague de mise au point manuelle, plus étroite, répond avec précision. Le revêtement est finement texturé et on apprécie les deux motifs différents pour la bague de zoom et pour la bague de mise au point.

On dispose aussi d’un commutateur AF/MF ainsi que d’un bouton de contrôle personnalisable, bien utile pour verrouiller la mise au point ou déclencher d’autres fonctions.

On note la présence d’un port USB-C permettant de mettre à jour le firmware de l’objectif sans recourir à un dock dédié. Un bon point pour la longévité du produit.


Performances et qualité d’image
Pour étrenner ce zoom Samyang, nous l’avons principalement utilisé sur un Sony A7 V au capteur plein format de 33 Mpx ainsi que sur un Sony A1 au capteur de 50 Mpx.
N’hésitez pas à cliquer sur chaque image pour l’afficher en qualité optimale.




Sensation de piqué et netteté
À 24 mm et à pleine ouverture (f/2,8), le piqué au centre est très satisfaisant. Les détails sont bien restitués, avec un bon contraste.

En fermant à f/4 ou f/5,6, on atteint le meilleur niveau de performances de l’objectif, avec une netteté qui s’étend agréablement vers les bords du cadre.

À mesure que l’on zoome vers 60 mm, on observe une légère baisse de piqué à pleine ouverture, notamment en périphérie de l’image.

Cette légère mollesse aux bords de l’image à fond de zoom se corrige en fermant d’un ou deux diaphragmes. Ainsi, à f/5,6 ou f/8 et à fond de zoom, la netteté redevient tout à fait correcte, même sur le capteur très défini du Sony A1.

Pour un zoom de cette catégorie de prix et de ce gabarit, les performances optiques du Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE sont très honorables, tout en présentant quelques limites prévisibles à fond de zoom. Les teintes magenta habituelles de Samyang ne viennent pas trop envahir les clichés.

Distorsions
L’objectif présente une très forte distorsion en barillet à 24 mm, qui n’est corrigée que sur les JPEG. En effet, on ne dispose pas de profil de correction dédié sur Lightroom : il faudra corriger les déformations manuellement. Ajoutez à cela le vignettage au plus grand-angle (voir plus bas). En clair : l’objectif impose d’ajuster, voire de recadrer un peu chaque cliché à 24 mm.

Aux focales médianes, la distorsion devient quasiment nulle. À 60 mm, la déformation devient presque imperceptible.
Aberrations chromatiques
La combinaison de lentilles ED et HR fait son travail. Les aberrations chromatiques sont absentes ou discrètes sur la plupart des sujets. On les remarque davantage en périphérie, mais cela reste corrigible en post-traitement. On note que le seul profil intégré à l’optique concerne justement la gestion de ces aberrations.

Cette maîtrise des aberrations chromatiques est à souligner, car les objectifs de Samyang sont connus pour produire d’importantes dérives colorimétriques…
Vignettage
La gestion du vignettage est autrement plus problématique. En effet, sans profil de correction, au grand-angle 24 mm, l’assombrissement des coins est très prononcé. Ajoutez à cela les distorsions mentionnées plus haut, et peut observer le bord du fût du caillou ! Un phénomène nommé « vignettage mécanique », et qui laisse à penser que le cercle d’image de l’objectif ne couvre pas entièrement le capteur…


Un phénomène impressionnant, présent de la pleine ouverture jusqu’à f/16 – et qui nécessite d’être corrigé à la mano (pour les fichiers RAW) pour essayer de limiter les dégâts…



Heureusement ce vignettage très (très) marqué n’est pas visible sur l’ensemble de la plage focale. À mi-course (environ 40 mm), l’assombrissement est visible à f/2,8, mais n’est pas aussi prononcé. Il s’atténue bien dès f/4 et disparaît quasiment à f/5,6. Le même comportement est observable à 60 mm.
Bokeh
Pour un zoom transstandard, le rendu du flou d’arrière-plan est appréciable. Les 9 lamelles produisent des bulles de bokeh douces, sans effet onion rings marqué.

La transition entre le sujet et l’arrière-plan est progressive. Le résultat convainc notamment à 60 mm à la pleine ouverture, où la séparation sujet/fond est la plus intense. Aux focales courtes et médianes, les résultats seront moins impressionnants.

La distance de mise au point minimale très courte de 18 cm à 24 mm (et 32 cm à 60 mm) permet aussi d’obtenir des résultats créatifs en « quasi-macro », avec des effets de bokeh intéressants sur les plans d’ensemble en proximité.

Autofocus
La motorisation linéaire STM assure un autofocus assez rapide, précis et silencieux. Sur le Sony A7 V, l’accroche du sujet est très efficace en AF continu sur des sujets aux déplacements modérés.

Pour la photographie de portrait, de voyage ou de rue, les performances sont tout à fait satisfaisantes.

En revanche, pour des sujets aux mouvements très rapides – sports, animaux en action – l’objectif montre ses limites. Il n’est pas vraiment conçu pour cet usage, et il serait injuste de l’y comparer à des zooms plus ambitieux et mieux dotés.

Retrouvez ci-dessous une sélection d’images capturées avec le Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE :





















Face à la concurrence
La monture Sony E étant l’une des plus ouvertes du marché, la concurrence est dense sur ce segment. Quelques alternatives méritent d’être examinées.
- Sony FE 24-50 mm f/2,8 G : compact et très léger (440 g), il offre une intégration native parfaite avec les boîtiers Sony et un autofocus ultra-réactif. Sa qualité optique est excellente, mais sa plage focale tronquée est la moins polyvalente de cette sélection. Affiché à 1 099 €, il s’avère plutôt onéreux.
- Tamron 28-75 mm f/2,8 Di III VXD G2 : l’option la plus équilibrée. Ce zoom offre une plage focale étendue et un autofocus VXD particulièrement précis. Sa polyvalence et sa construction tropicalisée en font un outil robuste pour les photographes de terrain. Disponible à 849 € (hors promo), il offre un excellent rapport qualité-prix.
- Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN II Art : l’optique de choix pour la performance pure sans compromis. Cette version II est plus légère et compacte – mais reste plus lourde que celle de Samyang (735 g). Proposée à 1 339 €, elle coûte près de double du prix du Samyang, mais pour une qualité d’image et une ergonomie supérieures.
- Sigma 28-70 mm f/2,8 DG DN Contemporary : ce zoom privilégie la compacité et la légèreté (470 g) pour le voyage, au détriment de la focale max au grand-angle, qui ne débute qu’à 28 mm. Avec un tarif de 829 €, il se positionne comme un concurrent direct plus que pertinent.
- Sony FE 24-70 mm f/2,8 GM II : le sommet de la gamme Sony, alliant un piqué stratosphérique à une légèreté record pour un zoom de ce type. Son tarif le réserve à ceux qui ne voudront faire aucun compromis sur la réactivité de l’autofocus et la précision optique. S’affichant à 2 399 €, il est plus de trois fois plus cher que le Samyang, un écart difficile à justifier – hors usage pro.
Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE, le zoom du voyageur raisonnable ?
Le Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE ne cherche pas à rivaliser avec les zooms transstandards de référence. Sa philosophie est différente : proposer une ouverture constante f/2,8, une formule optique co-développée avec Schneider-Kreuznach, dans un gabarit et à un tarif qui rendent cet investissement accessible à un public bien plus large.
Le pari est globalement réussi. La légèreté est réelle et se ressent au quotidien. Les performances optiques sont bonnes à très bonnes à 24 mm, légèrement en retrait à fond de zoom, mais jamais décevantes. L’autofocus est fiable pour les usages courants. La distance de mise au point très courte apporte une polyvalence créative bienvenue.

Les concessions existent. La plage focale tronquée à 60 mm demandera, selon les pratiques, de faire un pas supplémentaire pour composer certains plans. De même, la distorsion et le vignettage (vraiment) très marqués à 24 mm forceront à se reposer sur les JPEG – ou impliqueront de fastidieuses corrections manuelles sur les RAW.
Mais un tarif de 749 €, pour un zoom f/2,8 plein format, co-signé avec une maison réputée comme Schneider-Kreuznach, et pesant moins de 500 g, représente un rapport qualité/prix qui reste difficile à contester. Pour les photographes qui privilégient la mobilité sans vouloir faire une croix sur la luminosité, le Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE est une option sincèrement convaincante.
Le Samyang AF 24-60 mm f/2,8 FE est disponible au tarif de 749 €.
Vous pouvez retrouver ce zoom chez Digit-Photo, MN Photo Video, Digixo, Camara, Photo-Univers, IPLN, à la Fnac et dans les boutiques spécialisées.



