Au CP+ 2026, nous avons eu l’opportunité de rencontrer Toshiyuki Tsumura, Vice-président exécutif et directeur de la division Imaging de Panasonic.
Six ans après le S1 original, Panasonic a enfin dévoilé ses appareils phares de deuxième génération : le S1 II et le S1R II. Dans cet entretien, M. Tsumura revient sur le parcours de développement de ces appareils. Nous abordons l’évolution de la L-Mount Alliance, qui regroupe désormais dix fabricants et plus de 130 objectifs, ainsi que le partenariat technologique L² avec Leica. M. Tsumura évoque également le rôle du S9 pour séduire un public plus jeune, la stratégie d’objectifs compacts de Panasonic, le nouveau microphone DMW-DMS1 destiné aux créateurs en solo, ainsi que la philosophie derrière Lumix Lab 2.0 et Magic LUT. Place à l’interview.

Comment se porte la division Imaging de Panasonic dans le contexte actuel du groupe ? Avec la restructuration de certaines divisions (notamment la TV), quelles sont les priorités stratégiques pour le secteur photo/vidéo ?
Toshiyuki Tsumura : La division Imaging de Panasonic a intégré ses organisations grand public et AV professionnelles, développant son activité tout en mutualisant technologies et expertises. Face à la demande croissante en matière de production d’images et de vidéos de haute qualité, nous développons des produits à forte valeur ajoutée qui tirent parti des technologies fondamentales des deux divisions, et l’activité connaît une croissance régulière.

Nous définissons les priorités stratégiques de notre activité imaging comme le développement d’appareils photo haute performance permettant aux utilisateurs de capturer des photos et vidéos toujours plus impressionnantes grâce à leur créativité, tout en proposant des workflows productifs facilitant la retouche et le partage.
Notre division Imaging a fusionné les divisions grand public et AV professionnelles il y a deux ans, et a depuis fait progresser le développement produit en tirant profit des atouts de chacune. Cette année, en intégrant également la division Dispositifs optiques, nous disposerons d’un système capable de renforcer nos opérations de manière fluide, des composants jusqu’aux produits finis. Nous continuerons d’accélérer la croissance de la division Imaging, une catégorie en essor au sein de notre entreprise.
Comment Panasonic analyse-t-il l’évolution actuelle du marché photo/vidéo ? Quels segments vous semblent les plus prometteurs ?
Avec l’essor des réseaux sociaux, la demande de partage de photos et de vidéos devrait continuer à croître, de pair avec les avancées en matière de qualité d’image et de workflows plus fluides exploitant l’IA. Les segments les plus prometteurs sont selon nous le segment prosumer, qui réunit professionnels et passionnés avancés créant des contenus photo et vidéo de qualité, et le segment d’usage quotidien « smartphone + one », composé d’utilisateurs qui capturent et partagent immédiatement leurs contenus sur les réseaux sociaux.

Plusieurs observateurs ont noté un repositionnement vers le segment premium avec le S1 II et le S1R II. S’agit-il d’une stratégie délibérée de montée en gamme, ou comptez-vous maintenir une offre accessible qui a contribué à votre succès ?
La base de notre stratégie produit consiste à répondre aux besoins d’un large éventail d’utilisateurs à travers deux système : le plein format et le Micro 4/3. Nous allons également continuer à renforcer nos produits à objectif intégré [appareils compacts, NDLR], qui connaissent un regain de croissance.

L’an passé, notre priorité était l’évolution de la gamme S1 II. En considérant l’activité appareils photo dans son ensemble, nous disposons aujourd’hui d’une gamme complète de boîtiers hybrides plein format, et Micro 4/3. Nous continuons à enrichir chaque année non seulement les boîtiers, mais aussi les objectifs. De plus, nous maintenons une présence solide sur les modèles à objectif intégré, où la demande reste soutenue. Plutôt qu’un glissement vers une stratégie exclusivement premium, nous allons continuer à renforcer chaque segment.
Comment évolue la L-Mount Alliance aujourd’hui ? La collaboration avec Leica et Sigma se renforce-t-elle, notamment après l’arrivée du Leica SL3 et de nombreux objectifs Sigma ? Comment percevez-vous également l’arrivée de Viltrox ?
La L-Mount Alliance, qui a débuté en 2019 avec trois fabricants, compte désormais dix membres et propose plus de 130 objectifs, ce qui en fait le système de monture offrant le plus large choix au monde. C’est avec plaisir que nous voyons les clients profiter d’une gamme aussi riche, y compris avec la participation de Viltrox. Avec nos partenaires de l’Alliance, nous continuerons à œuvrer pour renforcer l’attrait de la monture L.
Par ailleurs, Leica Camera AG a conclu avec nous un accord de collaboration global afin de développer conjointement la L² Technology, qui contribue à renforcer les produits des deux entreprises.
Vous avez évoqué la L² Technology. Pouvez-vous nous en dire plus ?
En 2022, Panasonic et Leica ont établi un partenariat axé sur une alliance complémentaire. Depuis, nous avons engagé des discussions avec Leica sur les avancées technologiques à moyen terme, ainsi que sur le développement de technologies et dispositifs avancés. Ce type d’échange autour d’un développement technologique conjoint représente un tournant majeur depuis notre accord. C’est cette collaboration que nous appelons L² Technology : des technologies développées conjointement par Panasonic et Leica.
Je m’en excuse, mais ce que nous développons actuellement est une question hautement confidentielle. Nous ne pouvons pas divulguer ces détails pour l’instant, mais nous sommes en contact très régulier avec Leica.
On pourrait supposer que Panasonic apporte les technologies de base et les capteurs, tandis que Leica se concentre peut-être sur d’autres aspects, comme la science des couleurs ou le réglage fin du développement des capteurs ?
Nous ne prédéfinissons pas quel rôle spécifique Panasonic ou Leica doit jouer. Nous discutons du développement global et de la stratégie dans le cadre d’un accord global pour notre orientation future. Nous ne décidons pas à l’avance quelle entreprise développe quelle technologie : ce n’est pas ce type d’alliance. Au contraire, les deux parties rassemblent et partagent des informations basées sur les besoins des utilisateurs pour le développement futur. L’essentiel, c’est que nous poursuivons cela conjointement.

Quand avez-vous commencé à développer le Lumix S1 II et le S1R II ? Quel a été l’accueil du marché, notamment par rapport à vos attentes ?
Notre développement produit est toujours centré sur la proximité avec nos clients et la création de produits adaptés à leurs besoins. Depuis l’introduction de la gamme S1, nous avons écouté attentivement nos clients, analysé leurs retours et les avons intégré dans nos produits.
Lors du lancement du S1, nous étions en pleine transition rapide des reflex vers les hybrides, et la gamme S1 a été développée pour répondre pleinement à cette demande. Face à l’expansion ultérieure du marché des hybrides et à la demande croissante de contenus vidéo portée par les réseaux sociaux, cela a pris du temps, mais nous avons procédé à des améliorations globales pour répondre à ces évolutions.
En plus de la réduction du poids et de l’amélioration drastique de l’autofocus, nous avons répondu à l’essor fulgurant de la vidéo, un changement majeur depuis le lancement de la gamme S1, en intégrant notamment l’enregistrement vidéo interne en RAW, la reconnaissance élargie d’objets par IA, la stabilisation renforcée en vidéo et la prise en charge de l’ARRI LogC3, entre autres améliorations techniques.
Six ans après le lancement du S1, nous sommes fiers d’avoir développé le modèle ultime, et nous pensons que la gamme S1 II a su incarner et concrétiser les besoins des créateurs.

Et on peut imaginer que les Lumix S5 II et S5 IIX ont aussi ouvert la voie au Lumix S1 II…
Après le lancement du S1 [en 2019, NDLR], nous avons lancé le S5 en 2020. Après avoir recueilli les retours de nos clients sur le segment intermédiaire, nous avons identifié la nécessité d’améliorer davantage l’autofocus, ce qui a conduit au S5 II. En intégrant les retours utilisateurs collectés sur la gamme S5 II, nous avons finalement développé notre meilleur modèle haut de gamme : le S1 II. Après six ans, nous avons enfin atteint notre objectif.

Avez-vous des chiffres de ventes précis pour le Lumix S1 II par rapport au S1R II ?
La répartition entre le S1R II et le S1 II varie selon les régions. Aux États-Unis, les utilisateurs orientés vidéo sont majoritaires, si bien que le S1 II enregistre de meilleures ventes. En Chine et au Japon, c’est le S1R II qui domine. En Europe, la répartition est à peu près équilibrée, même si le S1 II devance légèrement le S1R II.
En France, ces boîtiers sont vendus presque au même prix, alors comment choisir entre le S1 II et le S1R II ?
Le S1R II est un modèle haut de gamme orienté photo. Les clients ayant besoin d’une haute définition choisiront le S1R II. Le S1 II est davantage axé vidéo, mais lorsqu’ils ont besoin de plage dynamique et de réactivité élevée, ils se tourneront également vers le S1 II.
Cela dit, les utilisateurs vidéo bénéficient aussi d’un capteur haute définition, car il leur permet de recadrer les séquences vidéo et d’enregistrer dans n’importe quel format d’image. Quoi qu’il en soit, les deux modèles ont leurs avantages propres, et les utilisateurs peuvent choisir celui qui correspond le mieux à leur usage.
Le S1R II utilise un capteur non empilé, ce qui produit davantage de rolling shutter que ses concurrents directs (EOS R5 Mark II, Nikon Z8). Pourquoi ce choix ? Comment répondez-vous aux critiques sur ce point ?
Le choix du capteur pour le S1R II est avant tout conditionné par l’usage et la conception de chaque appareil au sein de la gamme globale. Tandis que le S1 II adopte un capteur partiellement empilé et couvre les « domaines de la vitesse » tels que la photo d’action et la vidéo, le S1R II ne se positionne pas sur le même axe et a été développé comme le modèle qui pousse la qualité d’image au plus haut niveau dans l’histoire de Lumix.

Nous avons opté pour un capteur non empilé (BSI) parce que nous savions qu’il offrirait les meilleurs résultats sur les « aspects fondamentaux de la photographie », tels que la plage dynamique, la cohérence des dégradés et le rendu des textures. En particulier dans les situations où la « profondeur » d’une image est en jeu, comme le paysage, le portrait, la publicité ou la prise de vue en studio, je pense que les bénéfices de cette architecture de capteur se révèlent les plus utiles.

Bien entendu, nous reconnaissons que les capteurs empilés sont excellents pour le suivi de sujets en mouvement, la rafale à haute vitesse, la réduction du rolling shutter en obturation électronique et l’enregistrement vidéo à haute fréquence d’images grâce à leur vitesse de lecture élevée. C’est précisément pour cette raison que le S1 II répond à ces besoins.
Nous avons cherché à construire une gamme capable de maximiser les performances dans chaque domaine : le S1 II pour les utilisateurs en quête de performances en photo d’action et en vidéo, et le S1R II pour ceux qui recherchent la meilleure qualité d’image. Plutôt que d’être omnipotents, nous pensons que « maximiser la valeur en se spécialisant sur l’usage de l’utilisateur cible » conduira à la satisfaction d’un plus large éventail d’utilisateurs.
La réaction du marché conforte également cette orientation. Le S1R II a reçu beaucoup d’éloges en termes de résolution des détails, de richesse tonale et de rendu des textures, et je perçois ces retours comme une validation solide de notre développement centré sur la qualité d’image.
Parlons du Lumix S9. Comment est-il utilisé ? Est-il principalement employé pour la vidéo, ou également pour la photo ?
Le S9 cible les nouveaux clients jeunes qui viennent du smartphone. C’est notre audience visée. Ils utilisent la photo et la vidéo de manière égale. Plus précisément, les utilisateurs du S9 ne créent pas seulement des vidéos longues, mais aussi des vidéos courtes. Pour eux, la vidéo courte est aussi importante que la photo. C’est pourquoi nous avons renforcé à la fois nos technologies d’enregistrement vidéo courte et nos technologies de prise de vue photo.

L’an dernier, vous avez lancé une édition limitée Titanium Gold pour le Lumix S . Prévoyez-vous de lancer d’autres éditions limitées de cet appareil ?
Nous devons recueillir les informations de nos clients et, en fonction de leurs besoins, étudier et déterminer quelles versions spécifiques développer. Pour les utilisateurs du S9, nous souhaitons offrir non seulement le plaisir de la prise de vue photo et vidéo, mais aussi la satisfaction de posséder un modèle tendance. C’est pourquoi nous proposons de nombreuses versions colorées de cet appareil, et nous continuerons à étudier les nouvelles déclinaisons colorées à développer à l’avenir.

Prévoyez-vous de lancer d’autres objectifs compacts, comme l’objectif pancake 26 mm ?
Bonne question ! Nous recevons beaucoup de retours de clients qui attendent un objectif de petite taille adapté au S9. Nous entendons ces voix, et nous allons étudier quel type d’objectifs développer à l’avenir.
En utilisant des technologies modernes comme l’impression 3D, pourriez-vous produire des objectifs en plus petites quantités pour satisfaire des besoins plus diversifiés ?
En général, en tant que fabricant, nous définissons les volumes pour justifier l’investissement initial.
La production d’objectifs requiert des technologies de fabrication de haute précision, et l’impression 3D n’est actuellement pas en mesure de répondre à ces exigences. Cependant, nous nous intéressons aux technologies de production permettant de fabriquer des séries plus réduites de modèles variés. L’une des solutions que nous utilisons consiste à partager le même châssis, comme pour notre série d’objectifs f/1.8, sur différentes focales. Une autre approche est de recourir à de petites équipes pour produire des séries plus limitées.

Avec la L-Mount Alliance, de nombreux fabricants partagent également la même monture. C’est l’une des solutions pour produire une grande variété de modèles d’objectifs, même en petites quantités.
Les choix d’objectifs de Panasonic peuvent surprendre : le 100-500 mm f/5-7,1 et le 24-60 mm f/2,8 concurrencent directement des objectifs Sigma. Pourquoi avez-vous lancé ces deux optiques spécifiques ? N’y a-t-il pas une coordination au sein de la L-Mount Alliance pour éviter les « doublons » ?
Les téléobjectifs et les zooms standard lumineux sont très attendus par de nombreux créateurs. Sigma est un partenaire de la L-Mount Alliance, mais aussi un concurrent. Nous nous challengeons et nous améliorons mutuellement. Nous n’ajustons pas notre offre pour éviter les recoupements.
Le Lumix S1 IIE est en substance un S5 II dans le boîtier du S1 II. Quelle est la logique derrière ce produit ?
Le S1 IIE est doté de nombreuses fonctions absentes du S5 II : enregistrement 6K Open Gate en 30p, enregistrement 6K CinemaScope, enregistrement interne en ProRes RAW, prise de vue haute définition 96 Mpx même en mode stabilisé à main levée, ainsi qu’un slot CFexpress, entre autres. Il offre un large éventail de fonctionnalités vidéo et photo que recherchent les passionnés avancés.

Au CP+, vous avez présenté le micro canon DMW-DMS1. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ses principales caractéristiques ? À quel public s’adresse-t-il ?
Notre client cible pour ce micro canon est le créateur solo. D’après leurs retours, ils ont besoin d’un microphone de haute qualité évitant les erreurs d’enregistrement. Dans les grandes productions avec une équipe, une personne est entièrement dédiée au son. Mais en mode solo, le créateur doit tout gérer. Pour les aider à éviter les erreurs d’enregistrement, le S1 II et le GH7 proposent l’enregistrement en 32 bits flottants. Ce microphone offre une très large plage dynamique et contribue à minimiser les erreurs d’enregistrement.


Vos applications mobiles constituent une véritable différenciation. Pouvez-vous nous expliquer la philosophie derrière Lumix Lab 2.0 et Magic LUT ? Est-ce là l’avenir que vous envisagez pour la photographie hybride ?
Nous avons développé Lumix Lab dans l’espoir que le plus grand nombre puisse profiter confortablement d’une grande variété d’expressions cinématiques grâce aux LUT (Look Up Tables). Pour minimiser les frictions dans le workflow, nous avons mis l’accent sur la facilité de téléchargement et d’utilisation des LUT recommandées, ainsi que sur l’amélioration de l’ergonomie de la fonction « LUT en temps réel », qui permet d’appliquer des LUT directement sur l’appareil via cette application.
Magic LUT a été développé avec un soin particulier pour enrichir davantage le plaisir des LUT. S’appuyant sur les dernières technologies d’IA, il intègre une fonction capable de générer des LUT à partir du style d’une image. Cela offre un environnement où chacun peut facilement obtenir l’expression cinématique désirée, et nous espérons que toujours plus de personnes pourront en profiter.

Où en êtes-vous sur l’intégration de l’IA dans vos appareils ? Au-delà de la détection de sujet, quelles sont les prochaines applications concrètes prévues ?
L’IA ouvre la voie à des applications toujours plus avancées, non seulement dans le suivi de sujet et la reconnaissance de scène, mais aussi dans l’édition automatique, l’optimisation et la génération automatique de vidéos. À l’avenir, nous nous concentrerons sur le développement de fonctions réduisant la charge opérationnelle des utilisateurs et rendant le travail créatif plus intuitif.
Je ne peux pas dévoiler d’idées spécifiques ici à l’avance, mais je pense qu’il existe deux grandes orientations dans lesquelles l’IA apporte de la valeur aux appareils photo.
La première est « le renforcement de la créativité ». À mesure que les appareils apprendront à connaître les scènes et les sujets, ils ne se contenteront plus de réduire les erreurs de prise de vue grâce à une exposition et une mise au point appropriées, mais pourront aussi potentiellement améliorer la qualité d’image elle-même. De plus, je pense que nous pouvons envisager un futur où l’appareil anticipe l’image envisagée par l’utilisateur et suggère les réglages et la composition optimaux.
La seconde est « l’amélioration de la productivité et du workflow ». Nous réfléchissons à des mécanismes permettant un contrôle plus intuitif de l’expression colorimétrique et simplifiant considérablement le processus de post-traitement. De plus, rendre plus intelligentes les tâches qui suivent la prise de vue, comme l’organisation, la sélection et la finition, pourrait accroître l’efficacité pour parvenir au résultat souhaité par l’utilisateur.
De nos jours, de nombreux utilisateurs ont grandi avec les smartphones. S’ils admirent la qualité d’image unique des appareils photo, des barrières subsistent lorsqu’ils perçoivent la chose comme « difficile » ou « contraignante ». Nous visons une expérience utilisateur au coût d’apprentissage minimal, qui abaisse les freins psychologiques à l’utilisation d’un appareil photo et favorise la coopération avec l’IA, élargissant ainsi un futur dans lequel les appareils photo numériques pourront naturellement être perçus comme « une autre option » que les utilisateurs peuvent saisir spontanément.
Selon vous, le Micro 4/3 a-t-il un avenir ? Panasonic n’a rien sorti en 2025, et le boîtier le plus récent, le G97, est une reprise du G90 de 2019. Pouvez-vous nous rassurer sur l’engagement de Panasonic envers ce format ?
L’un de nos atouts est que Lumix peut proposer des appareils distinctifs avec deux montures différentes. Ces dernières années, nous avons introduit chaque année des produits uniques, comme le GH7, le G9 II, le G97 et le G100D.
Par ailleurs, nous avons activement renouvelé notre gamme d’objectifs, avec notamment le Panasonic Leica DG Vario Elmar 100-400 mm f/4-6,3 II ASPH Power O.I.S et le Panasonic Leica DG Vario-Elmarit 35-100 mm f/2,8 Power O.I.S. Je pense que l’agilité et la légèreté obtenues en compactant l’ensemble du système photo, objectifs compris, demeurent un attrait durable du Micro 4/3. Nous continuerons à formuler de nouvelles propositions qui mettent davantage en lumière le charme unique du Micro 4/3.
Face à la vague des compacts premium (Ricoh GR IV, Fujifilm X100 VI, Sony RX1R III…), Panasonic envisage-t-il de revenir sur ce segment, peut-être avec un successeur du LX100 II ?
Les chiffres CIPA pour 2025 ont atteint 107 % par rapport à l’année précédente, marquant la cinquième année consécutive de croissance du marché mondial des appareils photo. Cette dynamique est portée par le regain de demande pour les modèles d’entrée de gamme destinés aux nouveaux utilisateurs et pour les appareils à objectif intégré. Nous allons également accélérer nos nouvelles propositions pour les nouveaux utilisateurs. Nous reconnaissons les appareils compacts premium comme un segment important, et nous continuerons à formuler de nouvelles propositions dans ce domaine.
Votre positionnement vidéo reste très fort. Comment voyez-vous l’évolution entre les hybrides haut de gamme et les caméras cinéma compactes ? Ces gammes de produits vont-elles converger ?
Comme mentionné précédemment, les améliorations de performances des hybrides ont conduit à une croissance régulière du marché prosumer, où professionnels et grand public se rejoignent. À mesure que les produits du marché prosumer deviennent de plus en plus polyvalents, nous continuerons à nous efforcer de proposer les produits les mieux adaptés à chaque scénario d’utilisation, des hybrides destinés à un usage cinématographique jusqu’à la prise de vue cinéma professionnelle.
Dans un précédent entretien, vous nous aviez dit que la France était vraiment importante pour Lumix et Panasonic. Quel bilan tirez-vous de la croissance ou de la progression des parts de marché en France ?
Pour Panasonic, la France est le premier marché en termes de parts de marché plein format parmi les pays européens. Et ces deux dernières années, nos parts de marché ont connu une progression très rapide sur ce segment.
D’après les données GfK, notre part de marché moyenne dans les « EU3 » – les principaux pays européens (Royaume-Uni, Allemagne et France) – était d’environ 6-7 % l’an dernier. Cette année, nous visons à presque doubler ce chiffre pour atteindre environ 10-12 %.
Parmi ces trois pays, le marché français enregistre toujours la part la plus élevée pour Lumix, atteignant environ 13-14 % du marché global. Ainsi, en termes de croissance par rapport à l’année précédente, nous pensons que Panasonic a réalisé le plus grand bond et la plus forte progression en France.
Comment expliquez-vous cette croissance spécifique au marché français ?
L’un des facteurs clés de notre progression des parts de marché en France est liée à nos kits. Les ventes en kit [boîtier + objectif, NDLR] signifient que de nouveaux clients choisissent Lumix, ce qui est une très bonne nouvelle. Avec de nombreux modèles entrée et milieu de gamme, comme le S9, le S5 II et le S5D, il y a beaucoup de nouveaux venus qui peuvent facilement choisir Lumix. De plus, nous proposons des objectifs compacts à hautes performances.
D’autres fabricants progressent grâce à l’APS-C. En revanche, leurs résultats plein format sont en baisse par rapport aux nôtres. Nous n’avons pas d’APS-C ; nous nous concentrons sur le plein format.

Nous remercions M. Toshiyuki Tsumura d’avoir répondu à nos questions. Nous remercions également les équipes de Panasonic Japon et de Panasonic France d’avoir rendu cet entretien possible.



