Ragnar Kjartansson, Me and My Mother 2015, 2015 © Ragnar Kjartansson ; Courtesy of the artist, Luhring Augustine, New York and i8 Gallery, Reykjavik

Exposition collective au BAL : “À partir d’elle, des artistes et leur mère”

Après une grande rétrospective consacrée à Harry Gruyaert, place à une exposition collective au BAL. Une trentaine de personnalités sont réunies sous une phrase bien évocatrice, « À partir d’elle, des artistes et leur mère », pour autant d’évocations des relations qu’entretiennent les artistes avec la figure maternelle. À découvrir jusqu’au 25 février 2024.

LaToya Ruby Frazier, Momme Portrait Series (Shadow) [Série de portrait de Momme (Ombre)], de l’ensemble The Notion of Family [La Notion de Famille], 2008 © LaToya Ruby Frazier / Cnap

Avant d’écrire La Chambre claire, grand essai théorique sur la photographie et sa place dans l’histoire de l’art, Roland Barthes a écrit un magnifique Journal de deuil d’où est tiré le titre de l’exposition. « Sans doute je serai mal, tant que je n’aurai pas écrit quelque chose à partir d’elle. » C’est de sa mère dont il s’agit, du deuil de sa mère que l’écriture lui permet de traverser ; autant que sa recherche sur le médium photographique et sa capacité à faire revenir les disparus, justement.

Anna Maria Maiolino, Por um Fio, de l’ensemble fotopoemação, 1976
© Anna Maria Maiolino © Photo : Regina Vater, Courtesy the Artist; Videoinsight ® Collection, Turin, Galleria Raffaella Cortese, Milano–Albisola

L’originalité de cette exposition tient dans la diversité des artistes exposés. Bien que la photographie soit au centre, écrivains, cinéastes et artistes visuels sont tous à la fois convoqués sur ce thème de la filiation – et c’est ainsi qu’on peut retrouver le travail d’Hervé Guibert à côté de celui de Sophie Calle, Chantal Akerman, Pier Paolo Pasolini, ou encore Michel Journiac et Paul Graham.

Cette diversité s’incarne également dans les images elles-mêmes, provenant d’artistes d’origines sociales et géographiques très larges, du vingtième siècle comme de contemporains. C’est ainsi que des photographies à l’esthétique documentaire (LaToya Ruby Frazier, Paul Graham) avoisinent des travaux plus conceptuels et expérimentaux (Ilene Segalove, Michel Journiac), le tout dans une cohérence orchestrée parfaitement par Julie Héraut, la commissaire de l’exposition.

À noter qu’un ouvrage éponyme a été publié en coédition avec Delpire&co.

Informations pratiques :
À partir d’elle, des artistes et leur mère
Le BAL
Du 12 octobre 2023 au 25 février 2024
6 impasse de la Défense 75018 Paris
Du mercredi au dimanche : 12h – 19h (nocturne jusqu’à 20h les mercredis)
Tarifs : 8 €, tarif réduit 6 €

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  1. Bonjour,

    Je me permets de vous contacter afin de vous informer de l’exposition comme je me voudrais « être » par le commissaire marc donnadieu. L’exposition est visible jusqu’au 6 avril dans l’espace the bridge par christian berst.

    Marc Donnadieu, commissaire de l’exposition, a choisi de faire dialoguer des œuvres d’art brut et d’art contemporain, en particulier celles d’artistes de la performance des années 1960-1980. Il met en lumière la façon dont la diversité d’usage de l’outil photographique permet de montrer au monde des existences et des identités multiples, transitoires ou définitives.

    Avec des œuvres de Marcel Bascoulard, Anna et Bernhard Blume, Jorge Alberto Cadi, Luciano Castelli, José Manuel Egea, Le Fétichiste (anonyme), Michel Journiac, Henry Lewis, Tomasz Machciński, M A R S, MOHROR, Pierre Molinier, David Newman, Gaston Paris, Luboš Plný, Arnulf Rainer et Decebal Scriba.

    Je reste à votre disposition si besoin,

    Bien à vous,

    Amanda