© Juliette Agnel

Juliette Agnel, lauréate du Prix Niépce Gens d’Images 2023

Le 25 mai dernier, le jury du Prix Niépce Gens d’Images annonçait les lauréats de la 68e édition à la Bibliothèque nationale de France. Juliette Agnel remporte ainsi cette édition 2023 pour son travail photographique au long cours sur le rapport de l’Homme à l’immensité de la nature.

Juliette Agnel
La nuit noire, 2018 © Juliette Agnel

Prix Niépce Gens d’Images : 68e édition

Crée en 1955 par Albert Plécy, le Prix Niépce Gens d’Images est le premier prix photographique professionnel lancé en France. Soutenu par le Ministère de la Culture ainsi que la Bibliothèque nationale de France, le Prix récompense chaque année un photographe confirmé d’au moins 50 ans, afin de lui offrir une plus grande visibilité auprès du public et de l’accompagner sur la scène photographique.

Parmi 15 candidats, le jury a sélectionné Juliette Agnel comme lauréate de cette 68e édition, dont le travail était présenté par Françoise Paviot, galeriste. La photographe reçoit ainsi une dotation de 15 000 € et fera l’objet comme chaque année de 3 expositions, à la Bnf, au Jeu de Paume du Château de Tours et à la Galerie Dityvon à Angers.

Le jury, présidé par Héloïse Conesa, conservatrice chargée de la photographie contemporaine à la BnF, était composé entre autres de Quentin Bajac, directeur du Jeu de Paume, Vincent Bengold, directeur du Festival Itinéraires des photo voyageurs, Sylvain Besson, directeur des collections du Musée Niépce, Nathalie Bocher-Lenoir, présidente des Gens d’images ou encore Julien Magre, lauréat de l’édition 2022.

Juliette Agnel : quand la photographie nourrit la recherche

Après des études en arts plastiques et ethno-esthétisme, suivies d’un passage aux Beaux-Arts de Paris, Juliette Agnel part sur les routes de l’Afrique, équipée d’une caméra super 8 et d’un appareil photo. Pendant plus de 15 ans, elle revient régulièrement sur le continent africain. Elle y travaille sur les paysages extrêmes, les rituels, la mémoire, mais surtout sur la temporalité, sur le visible et l’invisible.

À travers chacune de ses séries, la photographe rassemble des clichés qui capturent à la fois des paysages, mais également des éléments témoins du temps qui passe. En 2018, elle s’intéressait aux icebergs du Groenland, réunis dans sa série Les Portes de Glaces.

Elle s’est ensuite rendue sur des sites archéologiques du Nord du Soudan en 2019. De 2021 à 2023, elle s’est concentrée sur les grottes préhistoriques d’Arcy-sur-Cure dans l’Yonne. Sa série La main de l’enfant, réalisée pendant cette période, sera exposée aux rencontres d’Arles en juillet 2023.

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Juliette Agnel
La main de l’enfant, 2023 © Juliette Agnel

Françoise Paviot, qui accompagne la photographe depuis des années, admire la profondeur de son travail photographique. « Face à l’immensité de la nature, elle ne cesse d’interroger ses émotions mais tout en nous donnant la possibilité, à nous aussi, de nous interroger sur les fondements de notre humanité. Si le medium photographique a la possibilité d’exprimer une temporalité, elle en use pour donner à la plasticité de ses images une durée qui nous fait sentir et comprendre ces extrêmes qui nous habitent depuis la nuit des temps », écrit la galeriste dans un communiqué de presse.

Juliette Agnel
Taharqa la nuit, 2019 © Juliette Agnel

Vous pourrez retrouver l’intégralité du travail de Juliette Agnel sur son site Internet. Un ouvrage rétrospectif de son travail intitulé Un autre monde est à paraître le 23 juin aux éditions Maison CF.