Escales Photos : dixième édition du festival breton jusqu’au 31 octobre

Cap vers la Bretagne pour la dixième édition du festival Escales Photos. Du 1er juillet au 31 octobre 2022, les expositions accrochées en libre accès extérieur s’étendent sur 7 communes littorales : Locmariaquer, La Trinité-sur-Mer, Plouharnel, Le Palais (Belle-Île-en-Mer), les îles de Houat et d’Hoëdic et, pour la première fois, Arzon. L’occasion de découvrir des tirages grand format qui s’insèrent parfaitement dans ce paysage breton, où les photographies semblent entrer en résonance avec les multiples facettes de son patrimoine culturel, et en première place les mégalithes devenus emblématiques de la région.

Photographie © Kourtney Roy

De terre, de ciel et de pierre

Effectivement, la Bretagne est la région du monde où l’on compte le plus grand nombre de mégalithes : 550 sites ont été répertoriés et on y trouve les vestiges préhistoriques les plus monumentaux et singuliers architecturalement. Pour cette dixième édition, le festival a noué un partenariat artistique avec le Centre des Monuments Nationaux et l’Association Paysages de Mégalithes. C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet photographique du trio Alain Willaume, Denis Bourges et Flore-Aël Surun, membres du collectif Tendance floue dont le travail croise des approches à la fois sociales, culturelles, documentaires voire historiques.

© Denis Bourges / Tendance floue

Parfois à la frontière du surréalisme, les photographies consacrées à ces monolithes immuables mettent en lumière leur beauté mystérieuse, mystique, et leur façon de s’insérer au milieu d’un paysage ou d’une époque. À travers les mille manières dont ces monuments de pierre ont été réapproprié au fil des âges, on peut aisément identifier les imaginaires variés des différents peuples ayant occupé les environnements alentour.

© Flore-Aël Surun / Tendance floue

Vivre parmi les pierres

« Vivre parmi les pierres ». Le titre de ce projet d’Israel Ariño et Clara Gassul dévoile une démarche légèrement différente du collectif Tendance floue. Ce duo de photographes s’est attelé à réaliser des portraits à la chambre photographique, et ainsi, poursuivre leurs expériences artistiques dans le domaine des techniques anciennes ; peut-être la meilleure méthode pour immortaliser ces hommes, ces pierres, et ce temps long caractéristique dans un hommage artistique qui fait des ponts entre la forme et le fond.

©Israel Arino et Clara Gassull

Autrefois érigés, entre 5000 et 3000 av. JC, ces pierres impressionnantes prennent désormais place au milieu d’espaces de vie et structurent l’habitat. Éparpillés sur des kilomètres dans une logique qui nous échappe, ces mégalithes sont maintenant source de questionnements sur leur signification et le rôle qu’ils ont pu jouer à travers les siècles. Aujourd’hui, ils jonchent des terrains vagues, ou parfois des terres agricoles où œuvrent des fermiers qui doivent les contourner pour travailler. Derrière les pierres, on trouve les visages et les corps qui cohabitent : ainsi personnifiées, ces roches deviennent tour à tour un abri, un caillou à grimper pour un enfant ou une masse qu’on rêverait pouvoir altérer, déplacer.

Don’t look around

Le festival a donné carte blanche à Kourtney Roy, photographe canadienne atypique à l’univers étrange qu’on imaginerait peu s’épanouir dans un paysage breton et minéral. Pourtant, la photographe s’est emparée de ce décor de façon unique tout en gardant ce qui constitue son identité : une esthétique vintage, décalée, presque cinématographique dans ces couleurs flashy et ces représentations inspirées des films de genre.

© Kourtney Roy

Elle défait ces paysages de leur immobilisme et leur redonne vie en mettant en scène ces modèles comme des personnages d’un film d’action ou d’horreur, aux poses exagérées et aux visages maniérés. Kourtney Roy poursuit l’élaboration d’un imaginaire teinté de légendes dans ce cadre déjà très mystérieux, avec, toujours présents en arrière-plan, ces dolmens et menhirs comme des protagonistes de ses photographies qu’on pourrait croire prêts à s’éveiller.

© Kourtney Roy

Véritable photographe du dérangement, Kourney Roy a eu plaisir à jouer avec les espaces que ces paysages bretons lui ont offerts, les modèles devenant des éléments agissants dans l’effet de surprise qu’on ressent en découvrant ces images. Parce qu’elles semblent être d’un autre temps, ses photographies en deviennent intemporelles, en écho avec la volonté des organisateurs du festival d’inscrire l’intemporalité et l’immortalité des monolithes au cœur des travaux des exposants.

© Kourtney Roy

D’autres expositions

Les communes de Houat, Hoëdic, La Trinité-sur-Mer, Le Palais à Belle-Île-en-Mer et Arzon exposent d’autres travaux photographiques, notamment Pôles sensibles de Xavier Boscher, Mor braz enchanté de Franck Betermin, Skiant armor d’Erwan Amice, Petit peuple de l’estran de Katell Mary, Route pêche Grand Nord de Chris Miller, La vie ici, la vie là-bas de Fabrice Le Henanff et Fabrice Picard, Da bep lec’h de Franck Betermin, C’était la vie au phare de Daniel Cariou, et Tous les marins ont les yeux bleus de Maud Bernos, qu’on avait déjà pu découvrir au festival d’Arles et dans une édition cosignée Maylis de Kerangal.


Informations pratiques :
Escales Photos, le festival du Mor Braz
Morbihan Sud
Du 1er juillet au 31 octobre 2022
Exposition en extérieur
Accès libre

En savoir plus sur le site du festival.

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