Test MacBook Pro 14 pouces (M1 Max), l’ordinateur portable ultra-puissant

La perfection n'est pas de ce monde... mais on s'en approche de très près

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9.1
sur 10

En octobre 2021, Apple a présenté sa nouvelle gamme de MacBook Pro. Les deux modèles 14 et 16 pouces, dotés des puces M1 Pro et M1 Max basées sur l’architecture ARM et équipés d’un écran Liquid Retina XDR, sont venus redéfinir la gamme d’ordinateurs portables professionnels chez Apple. Offrant un énorme gain de performance pour une consommation réduite, ces Mac ont été très bien accueillis par le public, comme les premiers Mac M1.

Ce MacBook Pro 14 pouces est intéressant à plus d’un titre, notamment par son écran plus grand, son silence de fonctionnement et son autonomie, tout en offrant des performances bien supérieures aux anciens modèles, notamment pour la photo et la vidéo. Après plus de 4 mois d’utilisation, voici notre test complet du MacBook Pro 14 pouces M1 Max d’Apple.

Nouveau MacBook Pro 14 pouces M1 Max

Présentation du Macbook Pro 14 pouces M1 Max

Le MacBook Pro est l’ordinateur portable d’Apple idéal si vous souhaitez allier performance et mobilité. Son premier modèle a été dévoilé en 2006 par Steve Jobs avec un 15 pouces, suivi quelques mois plus tard d’une version 17 pouces. Au fil des années, la forme des MacBook Pro a changé, avec notamment avec une construction unibody en aluminium, la disparition du modèle 17 pouces et l’arrivée d’un 13 pouces, évolution du MacBook unibody.

Avant l’annonce d’octobre dernier, il existait deux modèles de MacBook Pro : 13 et 16 pouces (avec des diagonales d’écran de 13,3 et 16,2 pouces pour être précis). Ainsi, ce nouveau MacBook Pro 14” (14,2 pouces) vient se placer entre les deux modèles, offrant un écran plus étendu que le 13 pouces dans un format qui reste compact.

Doté des nouvelles puces M1 d’Apple, avec des versions M1 Pro et M1 Max, ces MacBook Pro cuvée 2021 devaient crever le plafond en termes de performances.

Comparatif processeur M1 Pro / M1 Max

Ces modèles se déclinent en plusieurs versions. Sur le 14 pouces, le modèle de base est doté d’une puce M1 Pro, avec un CPU 8 coeurs, GPU 14 coeurs, Neural Engine 16 coeurs, 16 Go de RAM unifiée et un SSD de 512 Go, au tarif de 2249 €. D’autres configurations sont possibles, en restant sur une puce M1 Pro mais en augmentant le nombre de coeurs CPU, GPU et Neural Engine, avec la possibilité de monter jusqu’à une puce Apple M1 Max avec CPU 10 cœurs, GPU 32 cœurs et Neural Engine 16 cœurs, pour un maximum de performances.

Puce M1 Max en une slide

En termes de RAM (mémoire unifiée), vous avez le choix entre 16 et 32 Go pour le M1 Pro et 32 ou 64 Go pour le M1 Max.

Enfin, le stockage va d’un SSD de 512 Go à 8 To. À noter que deux adaptateurs secteurs sont proposés pour le 14 pouces : 67 W ou 96 W, en fonction de la puissance de la configuration.

Sans trop entrer dans les détails, ces nouveaux SoC (système sur puce) sont des améliorations de la première puce M1, dévoilée en 2020. Ils disposent de davantage de coeurs CPU et GPU ainsi que d’une RAM unifiée pouvant aller jusqu’à 64 Go (pour le puce M1 Max). La bande passante mémoire est également beaucoup plus importante par rapport à la puce M1, notamment sur le M1 Max. A la clé, un système plus réactif, plus rapide et capable de gérer sans ralentissement des taches beaucoup plus gourmandes.

D’autres nouveautés, qui plairont forcément aux créateurs vidéo, ont été intégrés avec des accélérateurs matériels pour la vidéo H.264, HEVC, ProRes et ProRes RAW ainsi que des moteurs d’encodage et décodage vidéo. Ainsi, ces puces sont capables de gérer plusieurs flux vidéos en 4K et 8K ProRes sans saturer : la puce M1 Max dispose de deux moteurs d’encodage et décodage, notamment en ProRes. Les vidéastes apprécieront.

Voici les caractéristiques techniques du MacBook Pro 14 pouces que nous avons testé :

  • Puce Apple M1 Max, architecture ARM
  • CPU 10 cœurs (8 coeurs haute performance et 2 coeurs à haute efficacité énergétique)
  • GPU 24 cœurs
  • Neural Engine 16 cœurs
  • Mémoire vive (RAM) : 64 Go de mémoire unifiée (option 32 Go disponible)
  • Stockage : SSD de 1 To (options de 512 Go à 8 To)
  • Écran Liquid Retina XDR 14,2 pouces de 3 024 x 1 964 pixels
  • Luminosité : jusqu’à 1 000 nits constants, 1 600 nits en pointe
  • Caméra FaceTime HD 1080p
  • Magic Keyboard avec Touch ID et Trackpad Force Touch
  • Connectivité sans fil : Wifi 6 802.11ax, Bluetooth 5.0
  • Connectique : 3 ports Thunderbolt 4 (USB-C), 1 port HDMI, lecteur de carte SDXC, port MagSafe 3, prise casque 3,5 mm compatible casque à haute impédance
  • Adaptateur secteur USB‑C MagSafe 3 de 96 W
  • Autonomie : batterie 70 Wh, jusqu’à 11 h en navigation web sans fil, 17 h en lecture vidéo Apple TV
  • Dimensions (H x L x P) : 1,55 x 31,26 x 22,12 cm
  • Poids : 1,6 kg

Prise en main et ergonomie du MacBook Pro 14 pouces M1 Max

Première rencontre, première sensation. Massif. Au déballage, on est assez étonné par la densité de l’ordinateur. Venant d’un MacBook Pro 13 pouces Intel aux bordures affinées avec les années, ce MacBook Pro 14 pouces nous ramène en quelque sorte à la case départ, avec un changement de cap.

MacBook Pro 14 pouces M1 Max : fin mais costaud

Apple semble enfin avoir voulu optimiser les dimensions du MacBook Pro et l’occupation interne, en en faisant un rectangle le plus plat possible, mais avec une épaisseur identique sur toute la surface de la machine. Les arrêtes restent un peu arrondies, sauf au niveau de l’aide à l’ouverture, où l’arrête est un peu tranchante. Ce nouveau châssis en aluminium nous fait pensé à un PowerBook Titanium G4.

Attention, arrête tranchante

En résulte un modèle très bien fini, mais massif, même si l’appareil est plus fin de 0,1 mm (1,55 cm). L’ordinateur est cependant plus large de 8,5 mm (31,26 cm) et plus profond de 8,8 mm (22,12 cm). Mais il est surtout plus lourd d’environ 200 g (1,6 kg), soit le poids d’un smartphone. Sur le papier, cela n’a pas l’air de grand chose, mais dans la réalité, ces quelques millimètres et grammes supplémentaires se font sentir.

1,6 kg de puissance
Patins artistiques

Quand on regarde le reste des spécifications de la machine, on comprend aisément le choix d’Apple d’avoir privilégier la performance plutôt que le poids (à l’inverse du Macbook Air, finalement).

A l’usage, cet ordinateur nous accompagne dans un sac à dos au quotidien (ou presque, avec le télétravail) aux côtés d’un hybride plein format, et le poids n’est pas excessif. L’astuce pour ne pas surcharger le sac ? Avoir un bloc secteur là où vous allez, quoi que ce n’est même plus nécessaire avec ce Mac, comme nous le verrons plus tard.

L’inscription “MacBook Pro” sous l’écran disparait et se retrouve sous le châssis. Sous le Mac, quatre petits pieds surélevent un peu plus la machine que sur les précédents modèles, afin de créer un espace supplémentaire pour le refroidissement de la machine, qui a d’ailleurs été revu.

Du noir – et des traces de doigt

Une fois l’écran ouvert, on découvre un nouveau clavier noirExit la TouchBar, Apple a repris la disposition des touches présentes sur le Magic Keyboard, avec notamment le retour de la touche “Echap” physique. Aveu d’échec pour Apple ? L’abandon de la TouchBar fait perdre une option de personnalisation, mais avouons-le, nous ne l’utilisions quasiment pas.

Bonne nouvelle pour les utilisateurs de Macs à clavier à mécanisme papillon : Apple revient en arrière avec un clavier à mécanisme à ciseaux. La différence ? Des touches plus épaisses, mais un clavier plus robuste, moins sensible à la poussière et qui devrait éviter le fiasco des précédents Mac, avec les touches qui se bloquaient à répétition.

Touch ID et clavier ciseaux

Point important si vous travaillez dans un espace ouvert : le bruit des touches a vraiment été réduit par rapport aux derniers MacBook Pro Intel. Bref, que du bon pour ce nouveau clavier ? Oui, ou presque. Les touches sont toujours rétroéclairés, mais il n’y a plus de raccourci clavier pour gérer la puissance du rétroéclairage.

Aussi, la couleur noire des touches et du fond du clavier est belle, mais à l’usage, c’est assez salissant et les traces de doigt se voient très vite. Enfin, Apple ne règle toujours pas un problème : les traces du clavier sur l’écran lorsque l’on referme celui-ci. Depuis plusieurs générations déjà, nous avons donc opté pour un petit chiffon de nettoyage en microfibre à étaler sur le clavier pour protéger l’écran. Rudement efficace.

Côté son, Apple a réussi à glisser six haut-parleurs avec woofers pour un son stéréo très riche et bien réparti – et avec des basses ! Ecouter de la musique ou regarder une vidéo avec les haut-parleurs interne du Mac est clairement agréable. Avec des AirPods ou AirPods Pro, ce Mac peut spatialiser le son grâce à l’audio spatial. Une franche réussite : en regardant une vidéo et en tournant la tête dans un train, on se demande même si les Airpods ne sont pas débranchés et que le son vient de l’ordinateur.

6 haut-parleurs

Un mot sur le trackpad : ce dernier est de taille quasi-identique à la version 13 pouces et toujours aussi confortable.

Retour aux ports

Enfin ! Apple semble s’être résigné à faire machine arrière après avoir oté la quasi totalité de la connectique sur les MacBook Pro en 2016. Ainsi, en plus des ports Thunderbolt (désormais en version 4, toujours en USB-C), cet ordinateur fait le plein de ports.

MagSafe 3, 2 ports Thunderbolt 4 et prise jack 3,5 mm à haute impédance

On retrouve donc :

  • 3 ports Thunderbolt 4 USB-C compatibles USB 4
  • un port HDMI 2.0 (limité à un flux 4K 60Hz)
  • un lecteur de carte SDXC compatible UHS-II
  • et… un port MagSafe 3 pour le rechargement de la batterie (en plus de l’option USB-C)
Lecteur SD, port Thunderbolt 4 et HDMI 2.0

Ce réarrangement signe donc le retour du fameux lecteur SD, cher aux photographes. Ses performances sont très honnêtes, même s’il n’atteint pas les limites de l’UHS-II (312 Mo/s) et plafonne à environ 250 Mo/s avec les meilleures cartes SD UHS-II.

Ne plus avoir à utiliser de lecteur de carte externe sera un vrai confort pour les photographes et vidéastes, même si en 2022, de plus en plus d’appareils pro utilisent des formats plus rapides, comme le CF Express. Apple fait donc le minimum, mais c’est suffisant pour la plupart des utilisateurs.

Dommage qu’Apple se soit limité au HDMI 2.0, alors qu’il utilise lui-même le HDMI 2.1 sur son Apple TV 4K. Cela aurait pu permettre d’aller au-delà de la 4K 60p et d’afficher jusqu’en 8K à 60 Hz ou 4K à 120 Hz, mais aussi offrir une fréquence de rafraîchissement dynamique.

Côté USB-C, ce Mac dispose donc de 3 ports Thunderbolt 4. Ils offrent un débit jusqu’à 40 Gb/s) et sont compatibles Thunderbolt et USB 4. Si on perd un port par rapport aux Mac 13 pouces, l’ajout du MagSafe, de l’HDMI et du lecteur de carte SD devrait vous soulager.

Enfin, Apple ne fait pas l’impasse sur le port jack 3,5 mm, qui est maintenant compatible avec les casques audio à haute impédance. Les mélomanes apprécieront l’amplificateur intégré à la machine.

Côté connectivité sans-fil, Apple intègre le Wifi 6 sur ces Mac mais se contente du Bluetooth 5.0.

Ecran Liquid Retina Display XDR : le confort à l’état pur, avec encoche

Ce MacBook Pro 14 est le premier à intégrer un écran à technologie Liquid Retina Display XDR. Il embarque également (enfin) une nouvelle webcam 1080p située sous une (large) encoche en haut de l’écran.

Un écran superlatif

Concrètement, l’écran est doté d’une technologie mini-LED reprise du moniteur Pro Display XDR d’Apple, offrant un très haut niveau de contraste (1 000 000:1) et une luminosité de 1000 nits (jusqu’à des pointes de 1600 nits pour l’affichage avec une gamme dynamique étendue). C’est 2 voire 3 fois plus lumineux que le 13 pouces et surtout beaucoup beaucoup plus contrasté. En extérieur et en plein soleil, ce portable devient ainsi beaucoup plus agréable à utiliser.

En visionnage de vidéos HDR, le rendu est tout simplement époustouflant. On se croirait tout simplement face à un écran OLED. Toutes les nuances sont parfaitement restituées, grâce à une profondeur 10 bits. Et bonne nouvelle, on trouve de plus en plus de contenu HDR (ou Dolby Vision) : en plus des séries et films en streaming, les derniers iPhone 12 et 13 sont compatibles, sans compter les caméras vidéo de chez Sony ou Panasonic.

Bonjour le contenu HDR

En traitement photo, les images très contrastées sont bien rendues et les noirs sont juste bien noirs (et non gris foncé comme sur certaines dalles). On peut dire qu’ici, Apple a franchi une nouvelle étape dans la qualité de ses écrans, tellement que l’on hésite parfois à le brancher à un écran externe et à lui fermer son capot, tant la qualité est là.

L’écran dispose également de plusieurs modes de référence pour s’adapter à vos usages. Ainsi, il est possible de passer du mode XDR (DCI-P3) à des modes vidéo, cinéma, ou encore à un mode Photographie (espace P3 et point blanc D65) qui désactive le mode Night Shift et True Tone. Un mode Internet et Web passe à un espace colorimétrique sRGB et verrouille la luminosité de l’écran. Vous pouvez même créer vos propres préréglages. Cela ne remplace pas un bon calibrage d’écran et surtout des conditions d’éclairage contrôlées pour la retouche, mais ces options sont bienvenues et accessibles dans le centre de contrôle.

Les habitués d’espace colorimétrique remarqueront qu’Apple ne parle pas de sRGB comme espace de base, mais de DCI-P3. Ce dernier couvre la gamme de couleurs du cinéma et est environ 25% plus large que l’espace colorimétrique sRGB, notamment dans les tons verts et rouges.

Ecran brillant, finition anti-reflets et luminosité max : il est possible de travailler en plein soleil

Seule petite ombre au tableau – et encore, on chipote – ce Mac ne dispose pas d’un écran mat – comme tous les Mac actuels – et on observe un peu de blooming sur les contours de zones blanches avec un fond noir et avec la luminosité poussée au max. Clairement, cela ne devrait pas trop vous déranger.

L’écran dispose également de ProMotion, pour un taux de rafraîchissement adaptatif jusqu’à 120 Hz, rendant l’expérience du système très fluide – pour les applications compatibles – tout en économisant de la batterie.

On retrouve l’affichage True Tone qui permet de régler la luminosité et la température de l’écran en fonction de l’éclairage de la pièce. À désactiver lorsque vous travaillez sur vos photos bien entendu, tout comme le mode Night Shift qui “réchauffe” les couleurs à l’écran pour reposer vos yeux avant le sommeil.

L’écran de 3 024 x 1 964 pixels dispose d’une résolution Retina de 254 ppp, ce qui permet bien entendu de ne plus distinguer aucun pixel à l’oeil nu. Sa définition utile est cependant par défaut de 1 512 x 982 pixels, soit un peu plus que les 1 440 x 900 pixels du 13 pouces. Ainsi, on gagne un peu en largeur et en hauteur. Vous pouvez toujours opter pour plus d’espace avec une définition de 1 800 x 1169 px dans les paramètres, mais à l’usage le besoin ne s’en est pas fait sentir.

Si vous avez besoin de plus d’espace, sachez que ce modèle M1 Max permet de brancher jusqu’à 3 écrans 6K 60Hz supplémentaires en USB-C ainsi qu’un écran 4K 60Hz en HDMI. Bref, les possibilités sont énormes, et sans mettre à genoux l’ordinateur, qui tire ici pleinement profit de son architecture moderne. Petit détail : depuis les puces M1, le branchement d’un écran ne fait plus sauter l’affichage principal.

La fameuse encoche

Un petit mot sur l’encoche présente au milieu de la bordure supérieure de l’écran. Cette encoche intègre une webcam 1080p assistée par le moteur Neural Engine, qui offre une bien meilleure qualité d’image en visio.

L’encoche est cependant relativement large. Apple aurait-il pu la faire plus fine ? Oui sûrement. Dispose-t-elle de Face ID ? Non, l’usage de Touch ID au clavier est suffisant. Est-elle gênante ? Oui, car elle réduit l’espace de la barre de menus, et certains peuvent même se retrouver masquer. En utilisant un application comme Bartender, il est possible de masquer des éléments de la barre de menus, ce qui aide.

Inception by Notion

Pourtant, au bout de quelques temps, on s’habitue et ce “notch” n’est plus aussi visible. En mode plein écran, Apple a décidé de masquer complètement la hauteur qui contient l’encoche, ce qui réduit un peu l’espace disponible. Par contre, cette encoche, en permettant d’intégrer au plus près la webcam, permet d’affiner considérablement les bordures de l’écran, qui sont de seulement 5 mm.

5 mm de finesse

En conclusion de cette partie sur l’écran, le MacBook Pro 14 pouces est une franche réussite, avec une qualité et un confort encore jamais vu sur un Mac Apple. On voit bien ici que les MacBook Pro bénéficient des innovations issues des iPhone et iPad. Reste que cet écran flatteur pourra vous induire en erreur si vous souhaitez imprimer ou retoucher vos photos, pensez donc au calibrage.

Performances du MacBook Pro 14 pouces (M1 Max, 2021)

Après avoir fait le tour du propriétaire, passons aux performances du MacBook Pro M1 Max. Durant notre test sur près de quatre mois, nous avons utilisé le MacBook Pro au quotidien pour la rédaction d’articles, la navigation web, le montage photo et de la vidéo.

La configuration que nous avons choisi est clairement musclée : Puce M1 Max, CPU 10 coeurs, GPU 24 coeurs, 64 Go de mémoire unifiée, SSD 1 To. Elle permet de voir l’avenir de manière sereine, puisqu’aucun élément n’est modifiable après achat sur ce Mac. L’objectif de ce Mac est de pouvoir être conservé pendant au moins 4-5 ans avant d’être mis à jour. Un mot à ce sujet : la cote à la revente des anciens Mac Intel a pris un grand coup suite à la sortie des Mac M1. De quoi réaliser de bonnes affaires à l’achat, de moins bonnes à la revente.

Encore plus de puissance

Ce ne sera une surprise pour personne, ces MacBook Pro sont très rapides et performants. Dotés d’un nouveau système SoC à base de puce Apple Silicon, ces ordinateurs portables poursuivent le virage entrepris par Apple en 2020 avec ses MacBook Air, MacBook Pro 13 et Mac mini M1.

A ce sujet, nous n’allons pas revenir en détail sur l’architecture ARM, les améliorations logiciels attendues et l’optimisation des applications pour Mac M1, notre test du Mac mini M1 est rempli d’éléments de réponse.

Pour rappel, la mémoire choisie dans votre configuration est une mémoire unifiée : elle est partagée par les différents éléments du SoC (processeur, carte graphique, moteur neuronal) et permet d’optimiser son utilisation en évitant les redondances. Ainsi, 8 Go de mémoire unifiée n’est pas vraiment comparable avec 8 Go de RAM, mais plutôt avec 16 Go.

Nous pouvons cependant ajouter que depuis le test du Mac mini M1, de nouvelles applications sont devenues 100 % optimisées pour les Mac à puce M1 (et M1 Pro/Max). Notons par exemple Adobe Lightroom ClassicPhotoshopPremiere Pro, Topaz Video Enhance AI, etc. Même Dropbox est désormais adapté à l’architecture ARM.

Dans un usage quotidien, et par rapport à un Mac Intel, l’ordinateur est très rapide : l’allumage se fait en quelques secondes, les fenêtres s’ouvrent très vite, et comme pour le Mac mini, on observe une très grande réactivité, peu importe la tache effectuée. Comme vu plus haut, le traitement des données et les flux se font directement au sein de la puce M1 qui regroupe CPU, GPU et nombreux contrôleurs.

Comme pour le test du Mac mini M1, nous n’allons pas vous inonder de graphiques et de tableaux, mais la puce M1 Max dotée de 10 coeurs (8 coeurs hautes performances et 2 coeurs à haute efficace énergétique) offre des performances de haut vol. En utilisation légère ou pour les taches de synchronisation iCloud, le Mac fait appel aux coeurs Icestorm (à haute efficacité énergétique) et quand les besoins de puissance se font sentir, ce sont les processeurs Firestorm qui prennent la relève.

Dans pas mal de comparatifs publié sur le web, cette puce M1 Max fait jeu égal avec les processeurs Intel i9 et AMD Ryzen haut de gamme, qui consomment davantage. Ici, Apple a réussi un excellent compromis en termes d’efficacité énergétique. Branché au secteur, ce MacBook Pro peut d’ailleurs rivaliser avec le Mac Pro 2019 entrée de gamme, notamment grâce à une mémoire LPDDR5-6400 plus rapide.

MacBook Pro 14 pouces M1 Max : Deux fois plus rapide qu’un Mac M1

Pour tester les performances du MacBook Pro M1 Max 2021, nous l’avons chronométré lors de l’export de 101 fichiers RAW de 55 Mo chacun dans Lightroom Classic, et d’une vidéo en 4K (UHD) de 10 minutes avec Adobe Premiere Pro. À noter que ces deux logiciels sont désormais optimisés pour processeur Apple M1.

 Export 101 fichiers RAW (Lightroom)Export vidéo 10 min. 4K 30 i/s (Premiere Pro)
MacBook Pro M1 Max (2021)1 min 43 sec3 min 14 sec
Mac mini M1 (2020)3 min 9 sec6 min 42 sec
Acer ConceptD 73 min 15 sec2 min 37 sec
Macbook Pro 15 (2017)5 min 7 sec8 min 17 sec
Macbook Pro 13 (2019)4 min 10 sec13 min 15 sec

Sur le terrain, l’export de notre lot de 101 RAW depuis Lightroom Classic a pris seulement 1 minute et 43 secondes avec le MacBook Pro doté de 64 Go de RAM, soit deux fois plus rapide que le Mac Mini M1 testé en 2020. Si la quantité de RAM n’est pas la même, la principale différence est liée au processeur.

Lightroom Classic (et le notch)

C’est également bien meilleur qu’avec un MacBook Pro 13 pouces (2019) doté d’un processeur i7 quatre coeurs à 2,8 GHz (haut de gamme), de 16 Go de RAM et d’une puce graphique intégrée Intel Iris Plus Graphics 655. Il fait également bien mieux que l’ordinateur portable Acer ConceptD 7 que nous avions testé, et qui est rappelons-le doté d’un processeur Intel i7 6 coeurs à 2,6 GHz, de 32 Go de RAM et surtout d’une carte graphique Nvidia GeForce RTX 2080 Q-Max dotée de 8 Go de mémoire dédiée.

En montage vidéo, le MacBook Pro M1 Max se débrouille – sans surprise – extrêmement très bien. Il est capable de travailler sur plusieurs flux vidéos en 4K et 8K ProRes sans saturer grâce notamment à son accélération matérielle qui gère le H.264, HEVC, ProRes et ProRes RAW. L’export d’une vidéo 4K 30 i/s de 10 minutes avec Adobe Premiere Pro lui ont pris 3 min 14, plus de deux fois moins ici encore que le Mac mini M1.

Du 5,7K Apple ProRes 422 HQ, digéré sans problème

Ceci est notamment permis par l’ajout du moteurs d’encodage et décodage vidéo, qui sont spécialisés dans une seule tâche, et offrent ainsi un gain de performance pour l’encodage et le décodage de vidéos, notamment avec des vidéos ProRes. Ainsi, ce Mac est particulièrement adapté pour monter dans ces formats, une première pour un portable. Jusque-là, les vidéastes se tournaient vers des Mac Pro dotés de cartes Afterburner dédiées. Dorénavant, il est possible de manipuler de gros fichiers vidéos en 4K, 6K ou 8K sur cette machine sans se soucier de créer des proxys.

Durant nos tests, nous n’avons clairement pas réussi à mettre cet ordinateur à genoux. C’est pour cette raison que nous pensons qu’une machine d’aujourd’hui pourra encore tenir de nombreuses années, notamment avec le développement des flux vidéo très haute définition.

Un GPU digne d’une carte graphique dédiée

Le MacBook Pro M1 Max (mais aussi le M1 Pro) dispose d’un GPU intégré à son système Apple Silicon. Doté de 14 à 32 coeurs, le GPU est clairement une force sur ces ordinateurs, capable d’effectuer des calculs graphiques jusque là réservés à des cartes graphiques dédiées. Ainsi, les rares jeux vidéo disponibles sur macOS peuvent très bien tourner, même à 60 fps. Les applications professionnelles de montage ou traitement vidéo, ainsi que de 3D, peuvent également bénéficier de cette puce puissante – pour un ordinateur portable.

Apple parle de performances jusqu’à 13x plus rapide sur un MacBook Pro 14 M1 Max boosté au maximum par rapport à un MacBook Pro 13 Intel Core i7 quadricoeur 2,3 Ghz également boosté, avec du montage vidéo 4K ProRes 422.

Neural Engine : gain de temps en Machine Learning

L’un des atouts des récents Mac M1 et M1 Pro/Max est la présence d’un moteur neural (Neural Engine) doté de 16 coeurs. Ce dernier est présent sur les iPhone et iPad depuis quelque temps déjà et permet de décharger le processeur principal pour des traitements bien spécifiques basés sur l’apprentissage automatique. Sur le MacBook Pro, le Neural Engine permet d’effectuer des tâches de Machine Learning (ML) comme le traitement de l’image assisté par IA, la reconnaissance vocale ou encore l’analyse vidéo.

Comme sur les premiers Mac M1, ce moteur permet d’accélérer grandement les processus de traitement d’image utilisant l’intelligence artificielle. Notre logiciel de retouche fétiche, Pixelmator Pro, dispose d’une fonction ML Super Resolution qui permet d’augmenter la définition des images tout en conservant la netteté et le détail.

Sur ce Mac, les performances sont bien meilleures qu’avec des puces Intel (dépourvu du Neural Engine) mais le gain est quasiment nul par rapport aux premiers Mac M1. Normal, la puce Neural Engine n’a pas vraiment évolué, tellement elle était déjà très bonne. Reste que peu de logiciels encore utilisent son potentiel, ce qui est bien dommage.

SSD interne : ultra rapide

Le disque interne SSD de 1 To présent dans notre configuration offre des vitesses époustouflantes, avec 5155 Mo/s en écriture et 5125 Mo/s en lecture (BlackMagic Speed Test).

Des performances SSD internes tout bonnement époustouflantes

Clairement, on est présence d’un stockage interne ultra rapide, qui permet d’accélérer grandement les choses au quotidien. En guise de comparaison, le SSD du Mac Mini M1 de 2020 offrait des vitesses 2x plus lentes – sans pour autant être mauvaises. Comme l’indique cette mesure, le SSD interne n’aura aucun soucis pour traiter des vidéos RAW de très haute résolution.

Pour les disques externes en SSD, les performances sont toujours un peu moins bonnes qu’avec les Mac Intel. Dans notre test, nous avons perdu quelques dizaines de Mo/s sur un SSD SanDisk Extreme Pro en USB-C, mais d’autres testeurs indiquent que certains disques, notamment en USB-C 3.1 Gen 1, offrent des performances presque deux fois moins bonnes que sur un Mac Intel. Apple n’a toujours pas corrigé le tir sur ce point et a d’ailleurs sauté la norme USB-C 3.1 Gen 2×2 pour passer directement à l’USB 4, mais il n’existe encore que peu de systèmes de stockage compatibles.

Silence, ça tourne

Quoi ? Apple a mis des ventilateurs dans ce Mac ? Si nous n’avions pas suivi la présentation d’Apple, c’est ce que nous aurions pu croire. En effet, depuis que nous disposons de la machine, nous n’avons que très rarement entendu souffler les ventilateurs, hormis dans les tâches très intensives, comme le calcul d’aperçu standard dans Lightroom ou l’export d’images – sans compter toutes les applications et onglets de navigateur ouverts en arrière-plan. Et encore, à ce moment là le bruit est beaucoup moins gênant que sur les précédents MacBook Pro Intel.

La raison ? Les puces M1 Pro/Max chauffent peu, même lorsqu’elles sont fortement sollicités. En plus de cela, Apple a optimisé le flux d’air, ce qui permet de mieux refroidir les composants sans augmenter la vitesse de rotation des ventilateurs. Les ventilateurs sont d’ailleurs plus gros, avec des fentes latérales importantes. Tout cela concourt à un silence de fonctionnement.

Un « centre aéré » comme dirait Apple

Ce silence n’est pas accessoire. Avec un ancien MacBook Pro 13 pouces Intel, la moindre tache un peu lourde faisait souffler le ventilateur, ce qui à la longue pouvait être assez dérangeant, notamment si vous enregistrez du son avec le micro du Mac. Une montée en température réduite est également un atout pour garder des performances maximales plus longtemps (sans étranglement thermique).

Ce MacBook Pro M1 Max est donc parfaitement silencieux, on aime !

Autonomie du MacBook Pro 14 pouces : plus de fil à la patte

Déjà étonnante sur les premiers MacBook Air et Pro à puce M1, l’autonomie de ce Mac est ici encore une très bonne surprise. Apple donne jusqu’à 11 h d’autonomie en navigation web sans fil et 17 h en visionnage vidéo. Durant notre test, nous avons été largement surpris par la durée d’utilisation possible éloigné d’une prise secteur. Ainsi, sans se soucier des applications ouvertes, et en utilisation mélangée du Wi-Fi, de Safari, Brave, Spark, Lightroom, Notion, Ulysses, Photoshop, Pixelmator, Twitter, Slack, Dropbox, etc. nous avons pu très régulièrement passer une journée complète sur batterie, soit entre 7 et 8 h. Cela, sans forcer.

Autonomie « réelle » record

On est vraiment à des années lumières des Mac Intel, dont la batterie, notamment sur les 13 pouces, pouvait fondre comme neige au soleil. Ici, on a vraiment l’impression qu’Apple a rendu le système beaucoup moins énergivore.

Pour la charge, on retrouve un nouveau format, le MagSafe 3. Gadget pour certains, c’est une très bonne nouvelle : il permet de voir l’état de recharge (sans ouvrir l’ordinateur) grâce à une diode sur le connecteur. Bien sûr, la recharge en USB-C des deux côtés de la machine reste possible – ce que nous apprécions, là encore.

Connecteur MagSafe 3

Bonne nouvelle également : le câble MagSafe n’est plus fixé au chargeur, qui est une brique USB-C PD. En cas de panne du câble, on pourra donc toujours utiliser le chargeur secteur.

Avec le bloc de recharge 96 W, la recharge rapide est possible, ce qui permet de recharger la moitié de la batterie en 30 minutes. Ce dernier pèse tout de même 306 g, c’est à préciser. La recharge rapide est possible en USB-C ou MagSafe avec l’adaptateur secteur. Il est également possible de recharger via d’autres systèmes (écrans ou dock) qui supportent au moins 94 W.

Chargeur 96W pour la recharge rapide

En conclusion, il devient vraiment possible d’utiliser ce Mac en mobilité, sans trop se soucier de la batterie. Une batterie externe en USB-C pourra d’ailleurs suffire pour un apport ponctuel. Il est également possible de recharger le Mac avec des chargeurs moins puissants, comme celui de l’iPad Pro, moyennant un temps de charge plus long.

À qui s’adresse le MacBook Pro 14 pouces M1 ?

Nous arrivons à la conclusion de ce test. À qui s’adresse ce nouveau MacBook Pro 14 pouce d’Apple ? La question pourrait s’avérer difficile, tant les configurations possibles diffèrent – ainsi que le prix. Mais avec un tarif débutant à 2249 €, ces nouveaux Mac ne sont pas pour tout le monde. Pour être tout à fait honnête, notre configuration avoisine les 3900 €, et doit trouver son utilité dans un flux de travail professionnel (ou une passion) bien défini et surtout sur du long terme.

Le MacBook Pro 14 pouces (M1 Pro ou M1 Max) est selon nous l’outil idéal pour le professionnel qui souhaite s’équiper d’une machine qui ne le ralentira pas dans son processus, que ce soit pour de la retouche photo, du développement ou bien du montage vidéo. En effet, avec ce tarif et ce niveau de performances, le calcul peut vite être fait : combien de temps cet ordinateur peut-il me faire économiser en durée d’exportation, temps de montage ou temps de compilation (pour des applications par exemple) ? Et à cette question, de nombreuses sociétés technologiques semblent avoir trouvé la réponse, puisqu’elles équipent leurs ingénieurs de cette machine les yeux fermés.

Par rapport au Macs M1 sortis l’an dernier – et qui devrait être renouvelé sous peu – cet ordinateur est bien plus puissant, mais peut-être un peu trop puissant pour vos besoins, du moins à l’heure actuelle. Ainsi, si vous ne faites que de la bureautique, du traitement d’image simple et un peu de vidéo, un MacBook Air M1 est déjà un grand bon en avant et devrait vous satisfaire.

Par contre, si vous avez besoin du maximum de puissance dans un Mac, avec la certitude de vous dire que la machine ne viendra pas vous ralentir ni aujourd’hui ni demain, ce modèle est à envisager. Avec jusqu’à 64 Go de RAM, cet ordinateur est la machine Apple portable rêvée pour les développeurs qui lancent beaucoup de machines virtuelles, pour les graphistes qui travaillent sur de gros fichiers images et surtout vidéo, de la 3D, de l’After Effects.

Nous pensons d’ailleurs que, comparé aux premiers Mac M1, cet ordinateur est relativement mature pour être conservé sur une durée d’au moins 5 ans.

Bref, vous l’aurez compris, le Macbook Pro 14 pouces M1 Max n’est pas pour tout le monde, mais si vous pensez en avoir l’utilité, vous ne serez pas déçu.

Conclusion : Apple a plié le game ?

En novembre 2020, Apple avait dévoilé sa nouvelle architecture ARM M1, offrant plus de performance et une meilleure autonomie à ses ordinateurs. Apple se donnait 2 ans pour faire sortir Intel de ses Mac et opter pour sa technologie Apple Silicon. Presque 1 an et demi, le pari semble plutôt gagné tant les Macs à puce M1 sont venu renverser le marché.

Avec des performances bien supérieures aux modèles Intel, les MacBook Pro 14 et 16 pouces M1 sont venus en quelque sorte enterrer leur prédécesseur Intel. À tel point que ces derniers se retrouvent vraiment ballottés sur le marché de l’occasion, où les Mac conservaient une valeur élevée à la revente jusqu’à présent.

Le MacBook Pro 14 pouces signe ainsi le retour de nombreux ports utiles, comme le lecteur SD ou HDMI, un écran Liquid Retina XDR superlatif et capable de rivaliser avec les plus belles TV OLED, un système audio puissant, le tout avec un silence de fonctionnement et une grande autonomie. Ajoutez à cela les performances brutes CPU et GPU offertes par les puces M1 Pro et M1 Max (pour les plus exigeants) et vous vous retrouvez avec un ordinateur portable presque parfait (la perfection n’existe pas) et qui devrait vous accompagner dans la durée.

Le MacBook Pro 14 pouces M1 2021 est disponible à partir de 2249 € avec une puce M1 Pro. Vous pouvez retrouver plusieurs configurations disponibles à l’achat à la Fnac ou bien configurer votre Mac sur le site d’Apple.

Test MacBook Pro 14 pouces (M1 Max), l’ordinateur portable ultra-puissant
Fabrication / finitions
9
Ergonomie
8.5
Performances
9.5
Ecran
9.5
Points forts
superbe écran
performance de haut vol
autonomie supérieure
nombreux ports
silence de fonctionnement
Points faibles
design massif
pas de face ID malgré l'encoche
cette encoche justement
tarif professionnel
on cherche encore...
9.1
sur 10