Un nouveau regard sur la photographie ferroviaire. Le photographe italien Pietro Pietromarchi a parcouru le monde entier en quête des derniers trains à vapeur, qu’il immortalise à l’argentique noir et blanc. À mi-chemin entre art et documentaire, Steam Power fait aujourd’hui l’objet d’un livre aux éditions Lienart et d’une exposition à la galerie Minsky jusqu’au 15 janvier 2022.

Leaving Viseu De Sus – Maramures County, Romania, February 2019. © Pietro Pietromarchi

Steam Power : aux quatre coins du globe, à la poursuite des derniers trais à vapeur

De la Patagonie au Zimbabwe, du Sri Lanka à la Corée du Nord, Pietro Pietromarchi voyage à travers le monde pour saisir les derniers vestiges d’une espèce en voir d’extinction : les trains à locomotives à vapeur. Comme chez beaucoup d’autres photographes avant lui, sa passion remonte à l’enfance.

Pattipola Station – Uva Province, Sri Lanka, February 2018. © Pietro Pietromarchi

Né en 1965 à Venise, il fait sa première rencontre avec la machine à l’âge de 5 ans, à un passage à niveau. Marqué à vie par cette « bête humaine », il développe un immense intérêt pour la traction vapeur et capture sa première photographie en 1974, avec un petit Instamatic.

Diplômé en architecture de l’école Polytechnique de Milan, il multiplie les voyages dans des contrées lointaines, à la rencontre des hommes qui font vivre ces monstres de fer et de vapeur, survivants d’un monde où le charbon faisait tourner l’économie du monde entier.

Loco Driver – Thomson Junction, Zimbabwe, July 2017. © Pietro Pietromarchi

L’œil de l’architecte, la sensibilité artistique du photographe

Dans ses clichés à la composition très riche et structurée, son œil d’architecte se discerne aisément. Pour autant, Pietro Pietromarchi réussit à restituer à merveille l’aspect organique et vivant de ces machines à vapeur. Sur certaines photos, la locomotive s’efface presque du cadre, seulement présente grâce au panache de vapeur blanc traversé par la lumière du soleil.

On remarque d’emblée son goût pour la géométrie et le jeu sur les différentes formes du cadre. Dans certains de ses clichés, les effets de symétrie, la poursuite des reflets et des perspectives créés par les rails lui permettent de s’affranchir de la simple dimension documentaire.

Sunset Near Zin Kyaik Mon State, Myanmar, January 2017. © Pietro Pietromarchi

L’œuvre d’un artisan passionné

Point notable, Pietro Pietromarchi réalise exclusivement ses clichés à l’aide d’un boîtier Hasselblad 503 argentique, et de pellicule Kodak Tri-X 400. Ce procédé, très artisanal, donne à l’image un rendu au grain très particulier. Mais il s’avère également très contraignant pour le photographe, qui n’a le droit qu’à une seule tentative pour capturer le passage du train.

Through The Mountain. Central Province, Sri Lanka, February 2018. © Pietro Pietromarchi

S’aventurant dans des mines de charbon en Chine ou dans la jungle du Sri Lanka, il n’hésite pas à endurer des conditions très difficiles pour réussir à capturer le cliché tant convoité. Chacune de ses photos demandent un long travail de préparation, d’anticipation et de réglage de l’appareil photo pour immortaliser ces machines sorties d’un autre temps.

Into The Wild. Rio Negro Province, Patagonia, August 2019. © Pietro Pietromarchi

Pour repérer les meilleurs « spots », Pietro Pietromarchi se base sur Google Maps, et fait également appel à des fixeurs. Mais de son propre aveu, rien ne peut remplacer l’expérience du terrain : « la meilleure solution, c’est d’y retourner plusieurs fois pour bien connaître les endroits ». Il s’est ainsi rendu 9 fois en Chine, et a également visité plusieurs fois les pays (Sri Lanka, Pakistan, Birmanie) où les infrastructures ferroviaires n’ont que très peu évolué depuis le début du XXe siècle.

Sunset Near Kali – Bago Region, Myanmar, December 2019. © Pietro Pietromarchi

Steam Power : un livre, une expo

Le travail de Pietro Pietromarchi fait aujourd’hui l’objet d’un livre et d’une exposition : Steam Power. Enrichi des textes de la journaliste et critique d’art Bénédicte Philippe, l’ouvrage de 168 pages regroupe plus de 140 photos de l’artiste, capturées au cours de ces dernières années. Paru aux éditions Lienart, l’ouvrage est disponible au tarif de 35 €.

En parallèle, une sélection de ses meilleurs clichés sont exposés du 2 décembre 2021 au 15 janvier 2022 à la Galerie Minsky, à Paris. Les tirages sont réalisés par Diamantino Quintas sur papier baryté. L’occasion de découvrir toute la richesse méticuleuse des photographies de Pietro Pietromarchi.

Informations pratiques :
Steam Power, de Pietro Pietromarchi
Du 2 décembre 2021 au 15 janvier 2022
Galerie Minsky
37 rue Vaneau, 75007 Paris
du mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h
Entrée libre