Présenté en mars 2021, le Xiaomi Mi 11 Ultra est le modèle le plus ambitieux lancé par le constructeur chinois. Écran géant, triple module photo occupant toute la largeur du terminal, processeur surpuissant… Xiaomi ne cache plus ses ambitions et vise à rivaliser avec les modèles de Samsung et d’Apple.

Quelles performances pouvons-nous obtenir avec ce smartphone ultra haut-de-gamme ? Parvient-il à égaler – voire à dépasser – ses rivaux, notamment sur la partie photo ? Après l’avoir utilisé comme téléphone principal pendant tout l’été, voici notre bilan sur le Xiaomi Mi 11 Ultra.

Mi 11 Ultra : Xiaomi montre ses muscles

L’époque où les constructeurs chinois faisaient figure d’outsiders paraît aujourd’hui bien lointaine. En appliquant une politique tarifaire très agressive, Xiaomi a réussi en 3 ans à inonder le marché.

La marque caracole en 1e place du classement des constructeurs de smartphones en France – et la 2e dans le monde, derrière Samsung. Les ambitions de Xiaomi sont limpides : dépasser son rival sud-coréen, et devenir le n°1 des smartphones dans le monde.

Avec son Mi 11 Ultra, le constructeur cherche à montrer tout son savoir-faire, et n’hésite plus à rivaliser frontalement avec des terminaux comme l’iPhone 12 Pro Max et le Samsung Galaxy S21 Ultra. Pari réussi ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

[photo côte-à-côté Samsung, Apple et Xiaomi]

Voici les caractéristiques techniques du Xiaomi Mi 11 Ultra :

  • Écran : AMOLED, 6,9 pouces
  • Définition : 1440 x 3200 pixels
  • Appareil photo dorsal :
    • 50 Mpx (1/1,12 pouce), grand-angle 24 mm, f/2,0, Dual Pixel AF, Laser AF, OIS
    • 48 Mpx (1/2 pouce), ultra grand-angle 12 mm, f/2,2, Dual Pixel AF
    • 48 Mpx, (1/2 pouce), zoom x5 120 mm, f/4,1, Dual Pixel AF, OIS
  • Appareil photo frontal : 20 Mpx (1/2,2 pouce), 26 m, f/2,2, Dual Pixel AF
  • Vidéo : 8K (24 i/s), 4K (60 i/s), FHD (1920 i/s)
  • OS : Android 11, surcouche MIUI
  • Processeur : Snapdragon 888 5G
  • Mémoire vive : 12 ou 16 Go
  • Batterie : 5000 mAh
  • Stockage : 256 ou 512 Go
  • Dimensions : 74,6 x 164,3 x 8,4 mm
  • Poids : 234 g

Design et finitions : Xiaomi veut jouer dans la cour des grands

En premier lieu, le Xiaomi Mi 11 Ultra impressionne par la qualité de ses finitions. Avec son dos en céramique, son châssis en aluminium et son superbe écran AMOLED WQHD+ occupant 91 % de la face avant, le smartphone affiche clairement son positionnement haut de gamme. De ce point de vue, le terminal de Xiaomi est une franche réussite et n’a rien à envier à ses concurrents.

Côté design, le Mi 11 Ultra s’avère très audacieux. En effet, il est l’un des (très) rares smartphones à être équipé d’un double-écran. Au dos, l’immense rectangle noir abrite en effet un petit écran – ainsi que les 3 capteurs photo. Quelques notifications, l’horloge, une photo… Certes sympathique, ce mini-afficheur s’avère très limité. Et surtout, ce bloc alourdit énormément le smartphone, tant d’un point de vue physique qu’esthétique.

Avec ses 234 grammes, le Mi 11 Ultra est lourd, très lourd. De même, sa très grande taille (16,4 cm de haut, 7,5 cm de large) ne le destine pas à celles et ceux voulant un « petit » smartphone.

Côté matériel : un magnifique écran et une partie photo ambitieuse

Heureusement, le smartphone se rattrape avec son très bel écran AMOLED de 6,9 pouces. La restitution des couleurs et des contrastes est impeccable. On apprécie la fréquence de rafraîchissement à 120 Hz. De même, les (innombrables) options d’affichage raviront les plus technophiles. On regrettera simplement que la dalle ne propose pas une fréquence « adaptative » (comme le Samsung Galaxy S21 Ultra) et que le terminal ne propose pas la reconnaissance faciale sécurisée.

Sous le capot, le Mi 11 Ultra se dote de la puce Qualcomm la plus puissante du marché à ce jour (un Snapdragon 888), accompagnée de 12 Go de mémoire vive. De quoi endurer les usages les plus gourmands.

Côté photo, le Xiaomi Mi 11 Ultra frappe un grand coup. Le terminal intègre un total de 3 capteurs photo. Pour l’objectif principal (24 mm), on retrouve avec surprise un capteur Samsung Isocell GN2. Affichant 50 Mpx, ce capteur de grande taille (pour un smartphone) est de type 1/1,12 pouce (11,4 x 8,6 mm). De par sa taille, il se rapproche des capteurs 1 pouce.

Au-delà du capteur principal fourni par Samsung, le Mi 11 Ultra se distingue en intégrant le même capteur pour le téléobjectif et pour l’ultra grand-angle. On retrouve donc deux capteurs Sony IMX586, surmontés par une optique équivalent 14 mm ouvrant à f/2,2 et par un zoom « périscopique » x5 équivalent 120 mm ouvrant à f/4,1.  Une fiche technique très ambitieuse, qui rivalise sans aucun mal avec les cadors du secteur.

Ainsi paré, le Xiaomi Mi 11 Ultra doit donc être en mesure de livrer des images d’excellente qualité, en photo comme en vidéo, de jour comme de nuit. Est-ce le cas ? C’est ce que nous allons voir toute de suite.

Qualité d’image : le Xiaomi Mi 11 Ultra, un photophone séduisant

Sur le terrain, le Xiaomi Mi 11 Ultra s’avère très polyvalent avec ses 3 objectifs. Seul reproche : le terminal oblige à faire le grand écart entre la focale principale (24 mm) et le téléobjectif x5 (120 mm). Entre les deux, point d’objectif « intermédiaire » : on est donc obligé de recourir au zoom numérique, très destructeur pour nos images.

Du reste, le Xiaomi Mi 11 Ultra est capable de produire de très belles images, avec une belle justesse dans la restitution des couleurs et des contrastes. Le HDR se montre plutôt raisonnable, et les images ressemblent assez souvent à celles d’un Samsung Galaxy S21 Ultra. Mais comme avec ce dernier, les couleurs primaires sont parfois très saturées (notamment pour les rouges et les verts). Un peu plus de subtilité ne ferait parfois pas de mal…

Buttes-Chaumont, heure dorée. La transition entre les plans est exemplaire, et le smartphone réussit même à reproduire les bulles de bokeh. Xiaomi Mi 11 Ultra, 1/40s, f/2,0, 100 ISO

Chemin de fer de Petite Ceinture, canal de l’Ourcq – Xiaomi Mi 11 Ultra, 24 mm, 1/270s, f/2,0, 50 ISO

Du côté de l’ultra grand-angle (14 mm), même son de cloche. Les images sont très belles… mais les bords de l’image souffrent d’une baisse de qualité assez notable. De même, les distorsions sont assez prononcées et ne semblent pas corrigées par l’IA de l’appareil.

Phototrend Test Xiaomi Mi 11 Ultra

Reflets à Villefranche-sur-Mer – Xiaomi Mi 11 Ultra, 14 mm, 1/130s, f/2,2, 56 ISO

Sur le quai, deux immenses arbres aux troncs noueux apportent un peu de fraîcheur – Xiaomi Mi 11 Ultra, 14 mm, f/140s, f/2,2, 56 ISO

Enfin, le télézoom x5 est très satisfaisant. Pour une fois, le téléobjectif n’est pas en retrait par rapport aux 2 autres optiques. Les images riches et détaillées, et le rendu des couleurs et des contrastes est agréable… même si le lissage est parfois un peu trop présent.

Vous pensiez vraiment que j’allais ne pas mettre de photo de train dans l’un de mes tests ? C’est mal me connaître ! Xiaomi Mi 11 Ultra, zoom x5, 120 mm, f/4,1, 1/100s, 59 ISO

Rade de Beaulieu – Xiaomi Mi 11 Ultra, zoom x5, 120 mm, 1/160s, f/4,1, 50 ISO

De nuit, les résultats sont plaisants… mais assez inégaux en fonction des objectifs. Oui, le capteur principal se débrouille bien – même si l’on reste encore assez loin de ce que peut produire un « simple » compact expert.

Menton, résidence des frères Bogdanov – Xiaomi Mi 11 Ultra, 24 mm, 1/7s, f/2,0, 805 ISO

Dans certains cas, le niveau de micro-contrastes est trop élevé et les images manquent de naturel. De même, la reproduction des détails reste largement perfectible. À noter que le mode « nuit » s’active automatiquement dès que le niveau de lumière est insuffisant.

Fourteen café – Xiaomi Mi 11 Ultra, 24 mm, 1/13s, f/2,0, 522 ISO

Virée à Aix-en-Provence – Xiaomi Mi 11 Ultra, 24 mm, f/25s, f/2, 849 ISO

De même, les images produites avec l’ultra grand-angle sont agréables à regarder sur l’écran du smartphone. Mais en zoomant dans l’image, on s’aperçoit bien vite d’une (grosse) baisse de détails. La faute à un lissage très agressif, couplé à une accentuation des micro-contrastes assez artificielle.

Une nuit à Menton – Xiaomi Mi 11 Ultra, 14 mm, 1/25s, f/2,0, 801 ISO

Lutte finale – Xiaomi Mi 11 Ultra, 14 mm, 1/35s, f/2,2, 299 ISO

Enfin, les clichés capturés avec le zoom x5 sont corrects… Mais l’objectif souffre d’une ouverture très peu lumineuse (f/4,1), qui ne lui permet pas d’être à l’aise la nuit. Résultat, les images manquent franchement de naturel. Pire, l’effet de « blooming » est très important, avec des fuites de lumière inesthétiques.

L’image est plaisante en soi, mais les fuites de lumière autour des phares du bateau sont assez inesthétiques. De Xiaomi Mi 11 Ultra, zoom x5, 120 mm, 1/13s, f/4,1, 1560 ISO

Xiaomi Mi 11 Ultra, zoom x5, 120 mm, 1/13s, f/4,1, 2342 ISO

Last but not least, le mode Pro permet de capturer des images très créatives en reprenant la main sur les réglages manuels. Et, pour une fois, il est disponible avec les 3 objectifs ! Unique regret : contrairement au récent Sony Xperia 1 III, il ne dispose pas d’un mode de rappel des réglages précédents, ce qui est bien dommage.

Speed frenzy – Mode Pro, Xiaomi Mi 11 Ultra, 24 mm, f/2,0, 3,2s, 50 ISO

En vidéo, le terminal permet de capturer des séquences en 4K à 60 i/s avec tous les capteurs… Mais le « crop » dans l’image est impressionnant, l’ultra grand-angle affichant la même focale que le grand-angle en mode photo ! Du reste, les images sont plaisantes et la stabilisation est remarquable.

L’appareil peut aussi filmer en 8K, et ce avec les 3 focales. Malgré tout les images manquent un poil de fluidité, les séquences étant capturées à 24 i/s seulement.

Interface et performance : le Xiaomi Mi 11 Ultra souffle le chaud et le froid

Avec son processeur Snapdragon 888 et ses 12 Go de mémoire vive, le Xiaomi Mi 11 Ultra ne devrait souffrir d’aucun ralentissement. Au quotidien, l’interface MIUI (en version 12.5.6) est d’une remarquable fluidité. Facile à prendre en main, elle rappelle beaucoup la surcouche OneUI de Samsung.

Malgré tout, nous avons fait face à un petit nombre de bugs et de lags assez agaçants. Dans un cas sur 5, l’écran ne s’allume pas lors d’un appel, nous empêchant de décrocher. De même, le smartphone se montre assez agressif dans sa gestion du multitâche, et « tue » trop rapidement certaines applications (Messenger, par exemple), nous faisant louper certaines notifications.

Côté photo, l’interface proposée par Xiaomi est séduisante. Les (très) nombreux modes de prise de vue sont regroupés dans un onglet « Plus », évitant de trop encombrer l’affichage. Malheureusement, la réactivité est insuffisante. Après un changement de focale, lorsque la lumière diminue un peu ou lorsque le sujet se déplace rapidement, l’affichage de la scène devient saccadé et le smartphone refuse parfois de déclencher la capture.

Même en utilisant les touches de volume, l’appareil est capable de « louper » la capture de la photo. Un point très frustrant en street photo, en photo de sport ou d’animaux, notamment. Et encore plus sur un terminal vendu initialement 1200 €.

Enfin, un mot au sujet de la chauffe de l’appareil. En un mot comme en cent, le Xiaomi Mi 11 Ultra chauffe beaucoup et très vite. L’appareil photo, l’affichage de pages web avec beaucoup de Javascript… des usages « classiques » suffisent à faire grimper la température.

En usage intensif – comme avec le jeu Forza Street –, le smartphone atteint parfois 49°C. Des valeurs que nous n’avons jamais noté sur le OnePlus 9 Pro, pourtant doté du même processeur.

Une mise à jour publiée fin juillet est venue amoindrir ce souci. Mais au quotidien la dissipation thermique du Xiaomi Mi 11 Ultra demeure largement perfectible.

Autonomie : le Xiaomi Mi 11 Ultra, plus sprinter que coureur de fond

Avec sa batterie de 5000 mAh, le Xiaomi Mi 11 Ultra doit proposer une autonome hors-pair. Et, dans les faits, le smartphone est capable de se montrer « raisonnable ». Problème : en tirant parti de toutes les possibilités offertes par le smartphone, la batterie est assez vite à genoux.

Même en veille, l’appareil se montre assez gourmand, pouvant parfois perdre entre 5 et 10 % de batterie en une nuit. En voyage, on peine à rester réellement toute une journée loin d’une prise secteur. De ce point de vue, le Samsung Galaxy S21 Ultra est un bien meilleur élève.

Le processeur Snapdragon 888 5G, le rafraîchissement à 120 Hz, la définition WQHD+ (3200 x 1400 pixels), le mode « Always On » de l’écran ont un impact très lourd sur la batterie. Évidemment, il est possible de réduire (un peu) la consommation en diminuant la définition et en passant à 60 Hz. Mais pour un smartphone aussi haut de gamme, de tels compromis font un peu mal au cœur…

Heureusement, le terminal se rattrape avec la recharge ultra-rapide 67W. En à peine 1/2 h, on peut passer de 3 à 80 %. Une recharge complète prend environ 1 h. Des performances que l’on aimerait voir plus souvent sur les appareils de la concurrence !

À l’heure du bilan : le Xiaomi Mi 11 Ultra, un compétiteur pertinent… mais perfectible

Après cet été passé en compagnie du Xiaomi Mi 11 Ultra, le bilan est globalement positif. Le constructeur chinois livre un terminal bien construit, bien fini, agréable à utiliser et performant.

Côté photo, le terminal fait un bon compagnon photo en voyage comme au quotidien. La polyvalence offerte par les 3 objectifs est très appréciable, même si nous aurions aimé voir une focale « intermédiaire » pour combler l’écart entre l’optique principale (24 mm) et le zoom x5 (120 mm) – comme sur le Samsung Galaxy S21 Ultra.

Les couleurs primaires sont parfois un peu trop saturées et le lissage est souvent très prononcé. Mais au global le rendu des images est plaisant. De nuit, les résultats demeurent corrects, mais la baisse de qualité est importante, surtout avec le télézoom qui pêche par son ouverture très faible (f/4,1).

Menton, plongée dans le ciel – Xiaomi Mi 11 Ultra, 14 mm, 1/950s, f/2,2, 56 ISO

Du reste, l’appareil photo souffre de quelques bugs et ralentissements assez agaçants – surtout pour un terminal aussi onéreux. Espérons que Xiaomi corrige rapidement ces problèmes.

Lancé au tarif de 1200 € (avec 256 Go de stockage), le Xiaomi Mi 11 Ultra est aujourd’hui en rupture de stock. Interrogée par Phototrend, la marque indique que l’appareil est victime de son succès. Mais son remplaçant ne devrait pas tarder, les rumeurs de Xiaomi 12 Ultra se faisant de plus en plus insistantes.

Oui, le constructeur chinois s’installe en grande pompe sur le secteur ultra-prisé des smartphones haut de gamme, avec un terminal séduisant à bien des aspects. Cependant, la route est encore longue pour réussir à détrôner pour de bon les Samsung Galaxy S et les iPhone, dont la cohérence de l’écosystème – et surtout l’image de marque – demeurent difficile à égaler.