Jusqu’au 22 août 2021, la Bibliothèque nationale de France propose une exposition inédite autour de Paul Ickovic. Exposées pour la première fois en France, les photos de rue de ce photographe d’origine tchécoslovaque sont empreintes d’un humanisme qui rappelle les œuvres Henri Cartier-Bresson ou Josef Koudelka.

Paul Ickovic BNF

Deux femmes de chambre. Prague, Tchécoslovaquie, 1980. © Paul Ickovic I BnF, Estampes et photographie

Paul Ickovic, photographe cosmopolite

Né en 1944 en Angleterre de parents tchécoslovaques, Paul Ickovic parcourt le monde dès son plus jeune âge, avant d’arriver à New-York en 1957. Âgé de 13 ans – et encouragé par son ami, le photographe de mode Louis Faurer – il se lance dans la photographie. Son premier métier, pilote de ligne, l’amène à parcourir le monde. Son parcours photographique débute en 1964, quand il accompagne ses déplacement de prises de vue.

Paul Ickovic BNF

Métro. Paris, France, 1990.
© Paul Ickovic I BnF, Estampes et photographie

Il se spécialise rapidement dans la photo de rue, et réalise de nombreux portraits spontanés. Autant d’instants volés qui montrent, avec une grande humanité, et mille visages qui composent les villes du monde entier.

 » J’ai tout appris en regardant, en lisant des livres et en allant voir les expositions du musée d’Art moderne de New York », déclare-t-il dans une récente interview à Chroniques, le magazine de la BnF. « Si je devais me décrire, je dirais que je suis un flâneur. Je marche dans les rues, parfois jusqu’à six ou huit heures d’affilée. Il arrive que rien ne se passe pendant toute une journée et le lendemain, la chance est là et je prends cinq photos. Bien sûr, on essaie de planifier, mais le moment juste est imprévisible ».

Paul Ickovic BNF

Boston, USA. 1973. © Paul Ickovic | BnF, Estampes et photographie

Inspiré par les maîtres de la photographie humaniste du XXe siècle

Contemporain et admirateur de photographies comme Brassaï, Robert Franck ou Louis Faurer, il côtoie des artistes comme Josef Koudlka ou encore Henri-Cartier Bresson. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que les photos de Paul Ickovic soient exposées aux côtés de celles de Cartier-Bresson cet été à la BnF.

Expo photo : Henri Cartier-Bresson, Le Grand Jeu jusqu’au 22 août 2021 à la BNF

L’approche de ces différents photographes possède d’évidentes similarités. Tous accordent une large place à la rue et aux lieux publics, théâtre de la « comédie humaine ». Avec une certaine tendresse – mais aussi un sens aiguisé de l’ironie – Paul Ickovic porte un regard attentif à la vie des passants, à ces anonymes croisés au hasard des rues, des places, des cafés ou des stations de métro. Il réussit ainsi à saisir d’innombrables micro-instants du quotidien, avec une composition « sur le vif » rappelant les travaux de Cartier-Bresson.

Patricia. Québec City, Canada, 1975.
© Paul Ickovic I BnF, Estampes et photographie

« Les photographies de Brassaï me touchent par leur humanité et par le choix de ses sujets ; je me sens proche des gens qu’il photographie, des gens de la rue. Mais Henri Cartier-Bresson avait un sens unique de la composition. C’est un maître inégalé de la géométrie. Il m’a beaucoup apporté », déclare-t-il.

L’un des derniers photographes humanistes

S’affirmant comme membre de la « grande famille de l’Homme », promue par la photographie humaniste, il recherche constamment ce qui lie les êtres humains d’un pays à un autre – plutôt que ce qui les différencie.

Boy and parm. Prague, Tchécoslovaquie, 1980. © Paul Ickovic I BnF, Estampes et photographie

« Cet humanisme transparaît notamment dans ses portraits d’anonymes : distinguant parmi la foule des figures isolées, pensives et comme abstraites de la course du monde, le photographe les portraiture, souvent à leur insu, avec justesse et compassion. Derrière les masques de carnaval – sujet que cet amateur de Fellini apprécie tant – c’est la profondeur mélancolique des êtres qu’il sonde », détaille la BnF dans le cadre de cette exposition.

Paul Ickovic à la Bibliothèque nationale de France

À l’occasion du don que vient de consentir Paul Ickovic à la BnF, l’institution organise une exposition autour des travaux du photographe jusqu’au 22 août 2021. Il s’agit de la première fois que ses travaux sont exposés en France.

Quelque 40 épreuves, réalisées à cette occasion par le tireur américain David Haas, mettent en lumière quelques-uns des plus beaux clichés de ce photographe injustement méconnu. En parallèle, des documents d’archive soulignent le lien étroit avec les maîtres de la photographie humaniste.

Sarah. Barcelone, Espagne, 1984. © Paul Ickovic I BnF, Estampes et photographie

Les clichés de Paul Ickovic sont exposés à la Galerie des donateurs de la Bibliothèque François Mitterrand. Cette dernière offre un accès gratuit aux œuvres issus de dons remarquables consentis à la BnF, et célèbre la générosité de ceux qui contribuent à l’enrichissement de ses fonds.

Informations pratiques :

En transit : photographies de Paul Ickovic
Du 19 mai au 22 août 2021
Bibliothèque François Mitterrand – Galerie des donateurs
Quai François Mauriac, 75013 Paris
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h et les dimanches de 13h à 18h.
Entrée libre et gratuite.

Plus d’informations sur le site de la Bibliothèque nationale de France.