Huawei revient sur le devant de la scène. La marque chinoise, longtemps empêtrée dans ses déboires avec l’administration américaine, dévoile en grande pompe les Huawei P50 et P50 Pro. Tous deux misent sur une fiche technique très complète, notamment en photo. Retour sur les caractéristiques de ce smartphone dévoilé loin de nos contrées.

Le retour de Huawei

Un temps pressenti comme le nouveau n°1 mondial sur le marché des smartphones, Huawei s’était fait beaucoup plus discret ces dernières années. Et pour cause : frappée par les restrictions imposées par l’administration de D. Trump, la marque n’avait plus le droit de commercer avec des entreprises américaines (dont Google et Qualcomm).

Mais aujourd’hui, les choses semblent avoir évolué. Ainsi, ces deux nouveaux smartphones Huawei bénéficient d’une puce haut de gamme Qualcomm 888… mais en version 4G uniquement. Par ailleurs, ils ne s’appuient plus sur Android. Ils sont ainsi les premiers smartphones à tourner sous Harmony OS, le système d’exploitation développé par la marque chinoise.

Parés pour rivaliser avec Apple, Samsung… ou Xiaomi

Au-delà, les smartphones Huawei P50 et P50 Pro reposent sur une fiche technique très fournie. On notera leur grand écran de 6,5 pouces (P50) et de 6,6 pouces (P50 Pro), orné d’un petit poinçon pour la caméra, et dotés d’une définition de 2700 x 1228 px. Cependant, seule la version Pro a le droit à un écran aux bords incurvés et à un taux de rafraîchissement de 120 Hz – le P50 devant se contenter de 90 Hz.

De même, seule la version Pro est compatible avec la charge sans fil (50W). Côté batterie, le P50 Pro embarque un accu de 4360 mAh, tandis que le P50 intègre une batterie de 4100 mAh. Heureusement, les deux versions sont compatibles avec la charge filaire rapide 66W.

Ils doivent ainsi rivaliser sans peine avec les modèles de Samsung et d’Apple… mais aussi avec la concurrence chinoise incarnée par Xiaomi et les marques du groupe BBK Communications (OnePlus, Oppo, Vivo, Realme).

Un bloc photo renouvelé

Les Huawei P50 et P50 Pro se distinguent aussi par leur module photo dorsal, dont le design ne devrait laisser personne indifférent. Les différents capteurs sont regroupés au sein de 2 cercles de couleur noire. Baptisé « Dual-Matrix Camera » par Huawei, ils dépassent légèrement de la surface du smartphone. Leur look n’est pas sans analogie avec une paire de lunettes de soleil.

Au-delà de ces considérations esthétiques, le bloc photo des P50 et P50 Pro est toujours conçu en partenariat avec Leica. Une constante chez Huawei depuis de nombreuses années.

Dans la pratique, le Huawei P50 Pro intègre :

  • Un capteur principal de 50 Mpx, de type 1/1,28 pouce (pixels de 1,22 µm), avec objectif stabilisé équivalent 23 mm ouvrant à f/1,8, AF à détection de phase « omnidirectionnel » aidé par Laser ;
  • Un capteur de 64 Mpx dédié au télézoom (taille inconnue), surmonté par un objectif « périscopique » équivalent 90 mm ouvrant à f/3,5, AF à détection de phase, stabilisation optique (prolongé par un zoom numérique x100) ;
  • Un capteur de 13 Mpx (taille inconnue) dédié à l’ultra grand-angle équivalent 13 mm, ouvrant à f/2,2 ;
  • Un capteur de 40 Mpx monochrome avec objectif équivalent 23 mm ouvrant à f/1,6.

De son côté, le P50 reprend cette fiche technique. Toutefois, il fait l’impasse sur le capteur monochrome et son téléobjectif est différent, avec un équivalent 125 mm.

Huawei P50 Pro

Plusieurs choses sont à noter. D’une part, la taille du capteur principal (type 1/1,28 pouce) semble « raisonnable » au regard de ce que propose maintenant la concurrence. Xiaomi, grand rival de Huawei, a réussi à voir encore plus grand, avec un capteur de type 1/1,12 pouce. Sans oublier Sharp : le constructeur japonais a récemment dévoilé le 1er smartphone doté d’un capteur 1 pouce, l’Aquos R6.

D’autre part, la focale du téléobjectif, équivalent 90 mm, paraît presque timide au regard de ce que Huawei avait proposé par le passé. On se souvient par exemple du Huawei P30 Pro, qui était l’un des premiers smartphones à s’équiper d’une focale équivalent 135 mm.

Plus récemment, la concurrence s’est permis de griller la politesse à Huawei, en intégrant un (voire plusieurs) objectifs à longue focale. À ce petit jeu, mentionnons le récent Samsung Galaxy S21 Pro, doté de 2 téléobjectifs, équivalent 70 et 240 mm.

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Plus étonnant encore, le Huawei P50 se permet d’offrir une focale plus longue que son grand frère. Là où la version « Pro » se contente de 90 mm (zoom x3,5), la version « classique » monte à 125 mm (zoom x5). Une situation pour le moins étonnante !

Par ailleurs, on notera l’ouverture réduite du téléobjectif (f/3,5), ce qui laisse craindre des performances en retrait en basse lumière.

Enfin, notons le retour du capteur monochrome (sur la version Pro uniquement). Comptant 40 Mpx, il doit venir en renfort du capteur principal pour produire des images plus détaillées, avec moins de bruit numérique (notamment en basse lumière).

En vidéo, les deux modèles sont capables de filmer en 4K à 60 i/s, et disposent d’un mode de ralenti atteignant 960 i/s.

In fine, les caractéristiques photo du Huawei P50 Pro (et du P50) sont alléchantes, et nous sommes curieux de voir ce qu’elles pourront donner sur le terrain.

Prix et disponibilité des Huawei P50 et P50 Pro

C’est là que réside la véritable inconnue de ces deux nouveaux smartphones de Huawei. Pour l’heure, la marque chinoise n’a pas annoncé son retour en Europe – même si les 2 modèles sont bien présents sur le site (anglais) de Huawei.

La vente des Huawei P50 et P50 Pro doit débuter en Chine en septembre prochain. La version « classique » est affichée à partir de 4488 yuans (580 €), et la version « Pro » à partir de 5988 yuans (779 €).

Notre premier avis sur les Huawei P50 et P50 Pro

Signe du retour en force de Huawei, ces deux nouveaux modèles attirent l’attention. D’une part, à cause de leur modèle photo, toujours conçu avec Leica, et dont le design est particulièrement marqué. D’autre part, ils viennent inaugurer Harmony OS, le nouveau système d’exploitation conçu par la marque, forcée de se passer des services de Google.

Si le PDG de Huawei, Richard Yu, s’est bien gardé de mentionner une quelconque date de sortie internationale, il n’est pas à exclure que Huawei tente de distribuer ces nouveaux modèles sous nos contrées, afin de regagner le cœur (et le portefeuille) des consommateurs européens, bien que l’absence de la 5G et de l’écosystème Google risquent de leur être préjudiciable.