La Fondation Prince Albert II de Monaco vient d’annoncer les lauréats de son 1er prix de la photographie environmentale. Les projets mettent en perspective les vues les plus surprenantes de la vie sauvage, ses crises et les notes d’espoir qui se dégagent de ce tableau. Kathleen Ricker remporte le Prix de Photographe environnemental de l’année avec « Gorilla By The Water ».

Homme et faune sauvage : destins croisés, territoires partagés

Avec pour vocation la protection de l’environnement et la promotion du développement durable, la Fondation Prince Albert II de Monaco a lancé cette année son premier concours de photographie. Sur le thème « Homme et faune sauvage : Destins croisés, Territoires partagés », son concours proposait d’illustrer notre environnement actuel, ses défis et ses promesses. Plus de 1300 photographes ont répondu à l’appel, pour un total de 5 600 images reçues en provenance des quatre coins du monde.

« Passer en revue les images des participants a provoqué un poignant rappel des raisons d’existence de la Fondation Prince Albert II de Monaco, et mis en exergue le besoin urgent de progrès plus conséquents concernant les enjeux environnementaux. » ont déclaré les organisateurs.

Ainsi, les participants ont mis en lumière l’éclat et les mystères de la vie sauvage, mais aussi des vues concrètes de l’impact nocif des activités humaines sur la nature. Pour finir, au sein de la catégorie « Raisons d’espérer », les images font la démonstration de la possibilité d’une cohabitation contemporaine respectueuse. Un état des lieux de la vie sauvage et de notre environnement en images.

Le Concours se décline en 3 catégories « Beauté de la faune sauvage », « Faune sauvage en crise » et « Une lueur d’espoir ». C’est Kathleen Ricker qui remporte le Prix de Photographe environnemental de l’année avec « Gorilla By The Water ». Sa photographie dépeint un jeune gorille dans sa traversée d’une rivière en pleine forêt d’Ouganda.

Voici le Palmarès de cette première édition du concours. Vous pouvez également les retrouver sur le site Internet dédié.

Photographe environnemental de l’année 2021

La photo Gorilla By The Water de Kathleen Ricker, remporte le Prix de la Fondation Prince Albert II de Monaco. « La photographe a parfaitement capturé la magie du moment, lorsque le gorille oublie sa présence et se concentre sur sa traversée de la rivière, au coeur d’une somptueuse forêt ougandaise » a commenté Jean-Michel Krief, Membre du Jury.

© Kathleen Ricker / PA2F Environmental Photography Award 2021

Catégorie Beauté de la faune sauvage

Vitrine de la beauté et de la variété des espèces, la catégorie « Beauté de la faune sauvage » célèbre la complexité de leurs modes de vie et les ressources insoupçonnées de leurs habitats naturels.

Beauté de la faune sauvage – 1er Prix

Lincoln Macgregor remporte le 1er Prix de la Catégorie, avec son cliché « Forêt Enchantée« .

La photographie de Lincoln montre un wombat déambulant dans une forêt australienne à la lueur du champignon Omphalotus nidiformis, une espèce bioluminescente. La lumière produite par le champignon donne une atmosphère empreinte de magie et d’onirisme.

Aussi, la photographie a été prise avec un dispositif équipé d’un détecteur de mouvement (que l’on nomme « piège photographique »). Réglé à une exposition de 30 secondes, et équipé d’un flash, il a permis d’illuminer le wombat en pleine nuit, dans un environnement tamisé. Une atmosphère résolument intimiste et mystérieuse se dégage de la photographie.

© Lincoln Macgregor / PA2F Environmental Photography Award 2021

Beauté de la faune sauvage – Prix du Public

Le Prix du Public est attribué à Mitchell Lewis avec sa photographie « Caché des regards ».

© Mitchell Lewis / PA2F Environmental Photography Award 2021

Beauté de la faune sauvage – 2nd Prix

Borisov Evgeny remporte le second Prix de la Catégorie « Beauté de la faune sauvage ».

© Borisov Evgeny / PA2F Environmental Photography Award 2021

Beauté de la faune sauvage – 3e Prix

Gabriel Barathieu remporte le 3e Prix de cette catégorie. Un banc de poissons en formation. Le but de cette figure aquatique est d’intimider les prédateurs. On peut y discerner deux espèces de poissons.

« La difficulté de cette photographie réside dans l’homogénéité de l’éclairage. Vous devez à la fois être très proche du banc, et avoir une lumière aussi vaste que possible pour éviter un point chaud (une tâche de lumière au centre de l’image, ndlr) tout comme des zones d’ombre. Tout cela en faisant les plus petits mouvements possibles pour que les poissons ne se dispersent pas ». a précisé Gabriel Barathieu.

© Gabriel Barathieu / PA2F Environmental Photography Award 2021

Catégorie « Faune sauvage en crise »

Focus sur l’impact négatif des activités humaines sur la vie sauvage, la catégorie « Faune sauvage en crise » met en perspective l’irrationalité de notre relation envers elle. Les photographies participantes ont documenté les difficultés auxquelles la vie sauvage est confrontée, et plus particulièrement, celles qui ont un rapport direct ou indirect avec l’activité humaine (crise climatique et destruction des écosystèmes, notamment).

Faune sauvage en crise – 1er Prix

Maxim Sayapin remporte le 1er Prix de la catégorie. Sa série « Traces de vie dans le royaume de la mort » dépeint la transformation de l’habitat naturel des oiseaux. Sur les côtes israéliennes, il nous rend témoins de ce nid, constitué à partir de brindilles et de morceaux de plastique.

© Maxim Sayapin/ PA2F Environmental Photography Award 2021

Faune sauvage en crise – Prix du Public

Maxime Aliaga remporte Le Prix du Public pour ‘Captif’. Il fait également partie des pré-sélectionnés.

Avec cette image, il porte aux consciences une problématique se déroulant en Indonésie et en Malaisie. Au coeur des marchés noirs qui y sont organisés, de jeunes orang outans sont séparés de leur mère — généralement tuées par les braconniers. Maxime Aliaga explique que détenir un animal sauvage en captivité y est formellement interdit ; cependant, c’est une marque de richesse pour certaines familles de posséder un jeune orang-outan comme animal domestique.

Un traffic traqué par les autorités locales qui recueillent les orang-outans issus de ces ventes illégales. Cette photographie est prise dans l’un de leurs centres de réhabilitation qui ont pour mission de les réintroduire dans leur habitat naturel.

© Maxime Aliaga / PA2F Environmental Photography Award 2021

Faune sauvage en crise – 2nd Prix

Le pouvoir évocateur de la photographie de Tom Svensson a séduit le jury. Elle remporte le second Prix de la catégorie « Faune sauvage en crise ».

© Tom Svensson / PA2F Environmental Photography Award 2021

Faune sauvage en crise – 3e Prix

Tom Svensson remporte également le 3ème Prix de la Catégorie « Faune sauvage en crise ».

© Tom Svensson / PA2F Environmental Photography Award 2021

Catégorie « Une lueur d’espoir »

Cette catégorie du Concours de la Fondation Prince Albert II de Monaco explore les solutions que l’humanité a trouvé pour développer des relations plus harmonieuses avec la nature et la vie sauvage. Au travers d’efforts de conservation et d’actions elles sont mises en oeuvres pour favoriser d’un futur plus durable.

Une lueur d’espoir – 1er Prix

Emmanuel Rondeau remporte le 1er Prix de la Catégorie « Une lueur d’espoir ». Sa photographie « Le cerf au-dessus de l’autoroute » montre un cerf empruntant un chemin. Celui-ci a la particularité de croiser l’autoroute A10, en Charente-Maritime, France. Une nouvelle vision de l’autoroute qui permet une continuité écologique autant qu’un voyage libre et sécurisé pour les espèces sauvages. Une esquisse de solution mise en oeuvre, ouvrant nos imaginations sur d’autres possibles.

© Emmanuel Rondeau / PA2F Environmental Photography Award 2021

Une lueur d’espoir – Prix du Public

Le Prix du Public a été décerné à Mathieu Courdesses pour sa photographie « Love in the Jungle ». Dans la forêt de Sumatra, de plus en plus de primates meurent à cause de la déforestation. Gunung Leuser Park a été construit par des associations et eco-lodges afin de protéger les Orang-Outans.

Mathieu Courdesses a passé plusieurs jours à leur recherche au coeur de la jungle de Sumatra. « Au début, c’est le jeune orang-outan qui, de branches en branches a approché mon objectif avec curiosité. Après quelques minutes, une seconde forme orange s’est mis a bouger vers moi. C’était la mère. En restant quelques minutes de plus, la confiance s’est installée et j’ai été en mesure de capturer ce petit moment de grâce entre les plantes grimpantes » se remémore t-il.

Alors qu’il avait préparé ses plus gros objectifs dans la perspective de ce projet, le photographe s’est vite rendu compte de son erreur. Il explique que la forêt tropicale et la jungle de Sumatra, permettent d’aller a plus près des animaux, à quelques centièmes seulement –  à l’inverse de la forêt africaine. C’est donc finalement un 50 mm qu’il a utilisé pour cette photographie.

© Mathieu Courdesses / PA2F Environmental Photography Award 2021

Une lueur d’espoir – 2nd Prix

Matthew Bagley remporte le second Prix de la Catégorie « Une lueur d’espoir ».

© Matthew Bagley / PA2F Environmental Photography Award 2021

Une lueur d’espoir – 3e Prix

TrungAnh remporte le 3ème Prix de la Catégorie « Une lueur d’espoir ».

La mangroves de Bau Ca Cai sur la côte du Vietnam fait l’objet d’un projet du Fond du Green Climate (GCF), en collaboration avec le gouvernement du Vietnam. Celui-ci a pour but d’accroître la résilience des communautés vulnérables des côtes du Vietnam, face aux impacts du changement climatique.

Une initiative qui a pour but la plantation de 50 hectares d’arbres. L’image de TrungAnh la met en perspective. En mettant l’accent sur les lignes, elle représente l’activité humaine autour de la nature, par la force des symboles.

© TrungAnh / PA2F Environmental Photography Award 2021

Les nombreuses participations ont fait émerger un état des lieux de la planète. L’originalité des instants et actions documentées nous permettent d’élargir les perspectives pour mettre en oeuvre une cohabitation plus respectueuse des espèces qui la peuplent.

Kathleen Ricker reçoit le Prix de la Photographe Environnementale 2021 de la Fondation Prince Albert II de Monaco et sa dotation de 6000 euros. Les lauréats et pré-sélectionnés seront exposés en mai 2021 dans les Jardins des Boulingrins de Monaco. Vous pouvez également découvrir leur travaux sur le site de l’exposition numérique.