Le photographe animalier Will Burrard-Lucas vient de dévoiler une série de photos inédites, qui mettent en scène un léopard noir sous un ciel étoilé. Un spectacle rarissime, et qui a demandé 6 mois de patience au photographe.

© Will Burrard-Lucas

Les léopards noirs sont des animaux particulièrement rares. Ils doivent leur robe sombre à un gène qui provoque un excès de pigment dans leur peau. Si la présence de léopards noirs était connue en Asie du Sud-Est, ils sont beaucoup plus rares au Kenya.

Photographe animalier britannique, Will Burrard-Lucas s’est spécialisé dans la capture de photos de nuit, présentant les animaux sous un ciel étoilé. « Mes images d’étoiles offrent une perspective rarement vue : elles donnent un aperçu du royaume nocturne où les animaux tels que les hyènes, les léopards et les lions sont dans leur élément naturel », déclare-t-il.

Photographed with a Camtraptions camera trap. Laikipia Wilderness Camp, Kenya. – © Will Burrard-Lucas

Cependant, réussir à capturer les animaux de la savane sous la voûte étoilée est loin d’être chose aisée. « Cela m’a pris 6 semaines pour avoir une poignée d’images de hyènes et de lions sous les étoiles en Zambie – et ces animaux sont faciles à trouver. J’ai dû attendre un mois avant de capturer une seule photo d’un rhinocéros noir sous les étoiles, alors même que j’étais dans une réserve de rhinos », indique le photographe.

S’étant senti bridé par les possibilités offertes par son équipement, le photographe a conçu ses propres caméras-pièges, nommées Camtraptions. Il les a placées à différents endroits propices à la rencontre avec les léopards.

© Will Burrard-Lucas

« Pour me rendre la tâche encore plus difficile, je me suis rendu compte que le léopard noir s’aventurait plus loin que d’habitude, afin d’éviter un mâle plus gros que lui et de se créer son propre territoire. De fait, il passait nettement moins souvent devant mes caméras-pièges. En revanche, le gros mâle tacheté passait assez souvent », indique le photographe.

© Will Burrard-Lucas

« Cela ne m’a pris qu’une quinzaine de jours pour obtenir la photo que je voulais, à part qu’il s’agissait du mauvais léopard ! Cependant, il s’agit sans doute de ma photo préférée d’un léopard tacheté, donc je n’étais pas trop déçu », raconte-t-il.

© Will Burrard-Lucas

Après plusieurs mois d’attente – et des aléas liés à la météo, mais aussi à des babouins ayant entrepris de savamment démonter les caméras-pièges – Will Burrard-Lucas réussit à obtenir la photo tant désirée. « Après 6 mois de persévérance, je retourne vers un groupe de 3 caméras que j’avais placées sur un rocher prometteur. L’une des caméras était un reflex infrarouge, que j’avais installée pour faire un making-of. Et sur sa carte mémoire, je trouve cette image… »

© Will Burrard-Lucas

« Anxieux, je regarde les images prises par les autres caméras, et je trouve les deux images que j’attendais avec tellement d’impatience », nous raconte-t-il.

© Will Burrard-Lucas

© Will Burrard-Lucas

Grâce aux ciels dégagés du mois de juillet, le photographe réussit à capturer une image supplémentaire. Un spectacle sublime et envoûtant d’un léopard noir se promenant sous la voûte céleste.

© Will Burrard-Lucas

Will Burrard-Lucas nous dévoile également quelques éléments sur la méthode qu’il utilise. Pour réussir à capturer les étoiles, il utilise un temps de pose de 15 secondes environ. En revanche, pour figer l’animal dans le champ de la caméra, il déclenche un flash au début de l’exposition. Ce procédé permet de combiner pose longue et éclairage ultra-rapide – ce qui peut donner des images au rendu particulièrement étrange.

© Will Burrard-Lucas

Les photographies de Will Burrard-Lucas sont à retrouver dans un très bel ouvrage (en anglais), paru aux éditions Chronicle Books, et disponible au tarif de 35 $.

Pour suivre les travaux de Will Burrard-Lucas, vous pouvez le suivre sur son blogsa page Facebook et sa chaîne Youtube.