Photographe humaniste dans la lignée de Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Sabine Weiss ou encore Edouard Boubat, Jean-Philippe Charbonnier est moins connu du public. Il n’en reste pas moins un représentant majeur de ce courant du 20ème siècle.

Doté d’un regard abrupt, il a parcouru le monde à la rencontre de l’humain — des grandes villes aux coins les plus reculés du monde. Mais aussi, ses immersions ont mis en lumière les conditions de vie déplorables des patients des hôpitaux psychiatriques français. Avec plus de 200 oeuvres exposées, le Pavillon Populaire de Montpellier lui accorde une rétrospective intitulée « L’autre et l’Ailleurs ». Débutée le 5 février 2020, elle est désormais prolongée jusqu’au 30 août 2020.

© Jean-Philippe Charbonnier

L’école humaniste de Jean-Philippe Charbonnier

Né en 1923, Jean-Philippe Charbonnier a vécu son enfance à Montmartre. Il se forme à la photo avec le photographe de cinéma Sam Lévin. C’est par la suite qu’il devient l’un des principaux photographes de la revue Réalités.

Pour Réalités, il voyage aux quatre coins du monde : en Chine, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, en Alaska, au Japon, aux Philippines, en Amérique, en Iran, et bien d’autres encore.

© Jean Philippe Charbonnier

L’école humaniste, développée dans les années 30, et connaissant un regain après la Seconde Guerre mondiale, est à son apogée entre 1945 et 1970. Prises durant cette période, les photographies de Jean-Philippe Charbonnier accordent à l’humain et à son histoire une place primordiale. Aussi à l’aise auprès des mineurs qu’aux Folies Bergère, il ne prend jamais de photographies à la volée, et dévoile des clichés engagés teintés d’un fort réalisme.

40 ans de photographie brute au plus proche de l’humain

L’Alaska, le désert du Sahara, l’île de Sein à Kyoto, New York ou encore les supermarchés américains… l’exposition retrace 40 ans de son oeuvre de 1944 à 1983.

Placée sous le commissariat d’Emmanuelle de l’Écotais et la direction artistique de Gilles Mora, cette rétrospective s’articule autour de reportages réalisés pour la revue Réalités. Ainsi, le remarquable reportage « Entre deux mondes », accompagné des textes de Hervé Bazin sur les hôpitaux psychiatriques est exposé pour la première fois dans son intégralité. Ces clichés avaient choqué l’opinion publique qui découvrait les malades dans des conditions dépourvues d’humanité. Le reportage avait d’ailleurs poussé l’institution à améliorer leurs conditions de traitement.

À découvrir également, une série photo couleur jusqu’ici évincée des expositions, car jugée indigne. Et puis, le Pavillon Populaire accueillera ses planches-contact qui révèlent ses choix, ses recadrages et son analyse.

© Jean-Philippe Charbonnier

Jean-Philippe Charbonnier propose au travers d’un regard original, une approche brute et empathique, loin de l’idéalisation du réel. À découvrir tout l’été au Pavillon Populaire de Montpellier.

« Cette rétrospective ambitieuse, la première depuis près de 30 ans, redéfinit les frontières de la fameuse «école humaniste» française, en particulier à travers les reportages réalisés par Charbonnier pour le magazine Réalités, dont certains sont présentés dans toute leur force photographique et sociale », a déclaré Gilles Mora, Directeur artistique du Pavillon Populaire.

Informations pratiques :
Jean-Philippe Charbonnier, « l’Autre et l’Ailleurs »
du 5 février au 19 avril 2020 – prolongation jusqu’au 30 août 2020
Pavillon Populaire de Montpellier
Esplanade Charles-de-Gaulle,
34000 Montpellier
Entrée libre