Studio Jiminy, un espace de masterclass photo en ligne, a soufflé ses 5 bougies durant le confinement. Phototrend est partenaire de la plateforme depuis son lancement – nous avions interviewé Ylan de Raspide, son co-fondateur, avant son lancement.

Un bilan d’étape, 5 ans plus tard, s’imposait donc. En respectant les gestes barrières, nous avons posé nos questions à Ylan pour en savoir un peu plus sur le développement de Studio Jiminy, à l’heure où la formation en ligne a le vent en poupe pour des raisons évidentes de distanciation sociale.

Ylan de Raspide – © Sophie Thouvenin


Déjà, bon anniversaire ! Qu’est-ce que cela fait de souffler ces 5 bougies ?

Un coup de vieux ?

Plus sérieusement, cela fait immensément plaisir. Ce n’est pas rien de souffler 5 bougies pour une petite société indépendante. C’est un sentiment de fierté, car il nous a fallu surmonter pas mal de difficultés pour en arriver là, mais au bout de 5 ans l’envie est toujours là, plus forte même peut-être. Au quotidien, je suis heureux de travailler avec Sylvain Ceccaldi, mon associé, pour développer et continuer à faire grandir Studio Jiminy. C’est une chance que je mesure pleinement.

Peux-tu nous dire combien d’élèves sont passés par Studio Jiminy depuis sa création ?

Plus de 7000 élèves !

Est-ce que la vision de Studio Jiminy a évolué depuis sa création ?

Oui, et nous sommes d’ailleurs actuellement dans une phase de transition assez profonde, car aux côtés des Masterclass que nous continuons de produire, nous travaillons aujourd’hui à faire vivre une communauté, à encourager l’expérimentation au travers de Challenges Photo enthousiasmants (et je dois avouer que je suis bluffé par la qualité des images qui sont proposées) ou d’exercices ludiques de retouche.

Quelles sont les plus grosses réussites de Studio Jiminy ?

Durer, nous inscrire dans le temps. Dans cette perspective, 5 ans est une balise importante d’autant que pour nous faire connaître nous faisons peu voire pas de publicité : nos abonnés sont nos meilleurs ambassadeurs et la satisfaction qu’ils manifestent par rapport à la qualité de nos productions est une grande satisfaction.

Des choses que tu regrettes ou que tu aurais faites autrement ?

Pas réellement, car même les erreurs que nous avons commises (et il y a eu quelques errements) nous ont fait avancer. Nous apprenons et pour cela, il faut expérimenter, certaines choses marchent, d’autres pas.

Mais je peux souligner une piste en réflexion, une chose que nous n’avons pas encore faite et que je souhaiterais initier. J’aimerais parvenir à dresser des passerelles avec d’autres acteurs du monde de la photo sur Internet que j’apprécie : faire des émissions communes par exemple avec certaines chaînes YouTube, imaginer des axes de développement partagés avec un site photo duquel nous nous sentons proches (non, non, Damien, ce n’est pas un appel du pied) et pourquoi ne pas imaginer des rencontres avec d’autres acteurs du monde de la formation sur Internet, comme Empara.

Je trouverais passionnant que nous parvenions à imaginer ensemble une sorte de communauté élargie sur Internet consacrée à la photo, à l’intérieur de laquelle nous pourrions penser des créations communes (émissions YouTube, Challenges Photo, contenus web ou pourquoi pas papier…), tout en gardant bien sûr nos identités propres.

Allez, je l’avoue c’est un appel du pied, mais je trouverais cet axe de développement passionnant. Je serais curieux d’ailleurs de savoir ce qu’en pensent tes lecteurs !

Quelle est la formation dont tu es le plus fier ?

Ah non, c’est trop dur de répondre à cette question.. Chacune est une aventure humaine précieuse à mes yeux. Alors oui, avec le temps nous nous sommes améliorés, nous avons investi dans du matériel de plus grande qualité, mais j’aime notre première Masterclass autant que la prochaine !

Quel est le moment qui t’a le plus marqué dans cette aventure ?

J’ai plein d’anecdotes qui me reviennent en mémoire, de moments partagés à Etretat avec Frédéric Lefebvre quand le réveil sonne à 4h30 du matin pour un début de tournage ; de parkings désaffectés, la nuit à Paris à suivre Richard Vantielcke ; de la découverte des collemboles avec Myriam Dupouy… Plein.

Masterclass Studio Jiminy : la photo animalière avec Myriam Dupouy

Mais le moment qui m’a le plus marqué c’est probablement le lancement du site, il y a 5 ans. L’émotion ressentie quand Sylvain a appuyé sur le “gros bouton rouge” et que ce site, qui n’existait que sur notre environnement de travail s’est retrouvé en ligne, pour de vrai. 😉
Tu as dû Damien ressentir cette même émotion il y a dix ans au lancement de Phototrend, non ?

Est-ce que la façon d’apprendre la photo a évolué depuis 2015 ?

J’ai une expérience assez longue en tant qu’éditeur de livres pratiques en photo. J’ai le sentiment que les apprenants aujourd’hui souhaitent aller vers plus d’expérimentation, développer non pas seulement leur technique, mais aussi leur regard, leur approche artistique et créative. C’est ce que nous ressentons aux retours de nos abonnés, et ce que nous tentons de développer avec Studio Jiminy.

Comment faites-vous vivre la communauté d’abonnés Studio Jiminy entre la sortie de masterclass ?

Sur notre chaîne YouTube, nous proposons des formats plus légers, et qui viennent compléter nos formations Studio Jiminy. Ce peuvent être des rencontres avec des photographes ou des tutos Photoshop. Ces contenus sont ouverts à tous et servent également de vitrine à Studio Jiminy.

Nous proposons également sur notre Groupe Facebook, chaque semaine, des challenges Photo et des exercices Photoshop.

Ces relais (YouTube, Facebook) sont autant de satellites qui gravitent autour de Studio Jiminy.

La photo, est-ce un marché de niche selon toi ?

La pratique de la photo n’a jamais été aussi importante, et les smartphones ont beaucoup fait pour démocratiser son accès. Jamais on n’a échangé autant d’images.

Mais la pratique de la photo en amateur, par contre, reste je pense un secteur plus délimité, oui.

Comment devient-on un meilleur photographe ?

En pratiquant ! Nous avons dès le début conçu Studio Jiminy comme le compagnon du photographe amateur, celui qui vous motive, vous montre que c’est possible, vous donne des idées, des techniques, vous encourage à développer votre regard, tout cela grâce à nos formateurs, mais aussi aux autres élèves.

Pour devenir un meilleur photographe, il faut aussi être curieux, voir des expos ou des catalogues d’expo ; de la photo, mais aussi de la peinture, des films… Tout cela vient nourrir plus ou moins consciemment une culture de l’image, un certain sens du regard.

De plus en plus de photographes s’adonnent à la vidéo avec leurs appareils. Est-ce qu’une masterclass sur ce sujet est en préparation ?

Pas pour le moment. Notre ADN reste la photo. (Et ceci est probablement la réponse la plus courte de l’interview).

Studio Jiminy étant un site d’apprentissage en ligne, est-ce que la crise du Covid-19 a montré un attrait pour vos masterclass en ligne ?

Difficile à estimer. Nous avons eu une augmentation du nombre d’élèves sur le mois, mais aussi parce que nous avons pour la période fait une opération 1 mois à 9.90 euros alors qu’auparavant l’offre plancher était de 59 euros pour 3 mois. 

Quelles sont les prochaines grandes étapes pour Studio Jiminy en 2020 ?

Un nouveau site ! Nous y travaillons depuis plus d’un an, il va finir par sortir. Et il réservera beaucoup de nouveautés, il intégrera aux Masterclass des challenges, permettra véritablement l’expérimentation, encouragera encore plus la pratique.

La place de l’abonné changera radicalement : il ne sera plus simple spectateur de nos contenus, il deviendra un acteur du site. C’est un grand changement en perspective qui devrait faire passer un cap à Studio Jiminy.

Et bien sûr, nous préparons de nouvelles formations (4 sont en cours de production) et une nouvelle collection : 5 Clefs de composition en…

Le mot de la fin ?

J’aimerais bien te laisser le mot de la fin, Damien. Phototrend existe depuis plus de 10 ans, comment imagines-tu l’évolution des sites indépendants consacrés à la photo en France ? Vers plus de rapprochement ou au contraire vers la revendication d’une identité propre ? Pour caricaturer, plutôt vers une ouverture ou une fermeture des frontières ?

Damien : format original que cette interview. Pour répondre à ta question, je pense qu’aujourd’hui de plus en plus de sites indépendants (tous domaines confondus) arrivent à tirer leur épingle du jeu et trouvent leur modèle, Studio Jiminy et Phototrend en sont deux exemples. Chaque média cherche cependant à se construire une marque propre, en créant ses propres rendez-vous, ses propres habitudes et sa patte éditoriale ou ses « trucs » qui sont reconnaissables.

Phototrend n’hésite pas à créer des passerelles avec d’autres sites, notamment en partageant du contenu – comme avec Studio – ou simplement des liens vers des articles présents sur des sites concurrents, notamment dans notre article Sunday Links hebdomadaire. Peu de sites ont cependant cette approche d’ouverture, ni même les capacités de créer ces ponts, se focalisant sur son pré carré. Il faudra voir si le déconfinement numérique aura lieu, si tu me permets.


Merci Ylan d’avoir répondu à nos questions.

Pour célébrer son anniversaire, Studio Jiminy propose une promotion de -40 % sur l’abonnement 12 mois, l’occasion de découvrir ses masterclass photo.