Créé il y a 25 ans sous l’égide de la Fondation de France, le Prix HSBC vise à soutenir la création contemporaine en aidant à la promotion et à la valorisation des oeuvres des artistes émergents. Chaque année, le concours récompense 2 photographes. Cette année, c’est la hollandaise Louise Honée et la française Charlotte Mano qui ont été désignées parmi les 12 finalistes. Présentation de leur série.

© Charlotte Mano

Des photographes qui travaillent sur la représentation du réel. Sans restriction de thème, le concours HSBC laisse ouvert le champ des possibles en terme de créativité, de narration et de procédés depuis sa création en 1995. Le but : parcourir un large panel de tendances contemporaines parmi les propositions des participants.

Cette année, c’est Fannie Escoulen, commissaire d’exposition spécialisée en photographie contemporaine qui a été désignée comme Conseillère artistique, choisissant une dizaine de finalistes à présenter au jury.

Les lauréats — Regards posés sur des problématiques contemporaines

Louise Honée vit à Arnhem, aux Pays-Bas. Elle a étudié l’histoire de l’art à l’Université d’Amsterdam — cursus qui lui a permit de révéler sa passion pour la photographie. Elle poursuit ses études à la Photo Academy d’Amsterdam se spécialisant dans la photographie documentaire.

Sa série « We love where we live » — projet de près de 2 ans dans le comté de McDowell County, en Virginie Occidentale — a été réalisée entre le printemps 2017 et l’automne 2019. Avec pour sujet central la jeunesse, elle met la construction de l’identité en lien avec l’environnement dans lequel les jeunes évoluent.

Durement touchée par la fermeture des mines de charbon, cette ville des Appalaches – autrefois très prospère – prend parfois des airs de ville fantôme avec pour tout commerce un Mc Donald’s, un Wendy’s et un supermarché Family Dollar. Ainsi, la photographe se concentre sur la fragilité de la jeunesse et les perspectives d’avenirs qui lui sont offertes.

« Ses images en noir et blanc, d’une grande pureté formelle, en disent aussi long sur l’espoir de vies à reconstruire et ces attentes infinies qui se transformeront peut-être demain en promesses. » a déclaré Fannie Escoulen, conseillère artistique de cette édition 2020.

© Louise Honée

« Thank you mum » de Charlotte Mano est une série intime sur le vécu de la maladie de sa mère atteinte d’un cancer. À travers une mosaïque d’images qui tentent de retranscrire cette tranche de vie par le rapport qu’elles entretiennent, les émotions que la maladie suscite, elle nous ramène à notre condition humaine qu’elle n’hésite pas à mettre à nu.

« Dans ce projet d’une grande sensibilité, Charlotte Mano utilise l’image comme une thérapie et nous livre, par l’emploi de la mise en scène, de la narration, de l’imaginaire, un témoignage bouleversant sur la disparition annoncée de sa mère » explique Fannie Escoulen Conseillère artistique 2020.

Née en 1990, Charlotte Mano a étudié les Lettres Modernes et la Communication Culturelle avant d’intégrer l’école des Gobelins. De sa formation, elle tire ses nombreuses inspirations — particulièrement dans la littérature fantastique du XIXème siècle.

© Charlotte Mano

« Les douze finalistes de cette édition 2020 ont l’ambition de s’être attelés à de grands projets, qu’ils soient intimes et personnels, politiques, écologiques ou historiques. Tous sont traversés par des prises de conscience, habités par des grands sujets de société, concernés par des événements de leur quotidien. C’est dans cet engagement que les dossiers se révèlent, et que les écritures photographiques, aussi diverses soient-elles, s’affirment. » a résumé Fannie Escoulen

Cette année, Charlotte Mano et Louise Honée vont donc être exposées dans 4 lieux et leur première monographie sera publiée aux éditions Xavier Barral. Deux artistes émergentes avec des écritures visuelles singulières à suivre.

Pour regarder l’intégralité de la série de Charlotte Mano, rendez-vous sur son site. Les travaux de Louise Honée sont à découvrir sur son site.