The Lonely State, c’est le nom de cette série de photos réalisées par l’artiste Philippe Vitry, qui offrent une véritable immersion au cœur de l’Amérique désenchantée. Il nous emmène au gré des hasards sur les « à-côtés » des routes désertiques, ces espaces laissés dans l’ombre.

Paysage américain de Philippe Vitry

© Philippe Vitry

Paysages désertiques, carcasses de voitures abandonnées et rouillées laissées au bord de la route…l’artiste Philippe Vitry vous propose un voyage photographique hors du commun pour explorer la facette méconnue des États-Unis.

Observer ses photos, c’est comme se laisser entraîner dans une aventure sur des routes énigmatiques au milieu de nulle part, des espaces dénués de toute présence humaine dans les profondeurs du désert.

Capturer les beautés singulières

Après un parcours en marketing du luxe, Philippe Vitry a créé une entreprise sur le thème des soirées collaboratives, une aventure qui lui a permis de multiplier les expériences photographiques.

À 15 ans, il découvre la photo avant d’explorer de multiples domaines, du collage à la peinture en passant par l’écriture. C’est au cours d’un voyage aux États-Unis qu’il s’est découvert une vraie passion pour la photographie.

« J’ai réalisé que l’appareil photo me donnait envie de sortir, d’explorer la ville. C’est comme si l’objet était devenu une raison en soi de s’aventurer n’importe où, en espérant trouver un détail intriguant, une image qui sorte de l’ordinaire. Tout cela a été très instinctif et l’on se retrouve en quête d’une beauté singulière à saisir ici et là dans la ville », explique-t-il. The Lonely state est né de l’une de ses expéditions américaines.

Vestiges d’une gloire passée

Guidé par la curiosité, Philippe Vitry éprouve le besoin de photographier les à-côtés de la route, ces extrémités périphériques occultées du champ de vision.

L’occasion de découvrir des paysages désertiques parfois montagneux, des grands espaces qui se déploient à l’infini, marqués ici et là par des carcasses rouillées de voitures abandonnés et des diners ordinaires. Des images parfois sombres, aux teintes tirant vers le bleu et l’ocre, qui offrent un cadre singulier à cette Amérique loin des clichés aux couleurs saturées.

Paysage américain de Philippe Vitry

© Philippe Vitry

Une Ford Mustang à l’abandon, un vieux modèle de Plymouth, une montagne de pièces détachées… autant de voitures et objets témoins d’un passé glorieux que l’on retrouve dans ces photos. Des œuvres qui révèlent l’épreuve du temps sur les machines, l’usure des inventions humaines au fil des années. Une Amérique désenchantée où le rêve américain semble s’être estompé.

Ces œuvres révèlent aussi la dimension intemporelle de ces vieux objets. « Outre l’aspect historique, il y a une dimension symbolique autour de ces épaves qui résistent aux saisons en prenant racine dans le paysage », déclare-t-il.

« Elles sont véritablement hors du temps, de l’utile ou du beau, et plus personne ne les attend ni ne les regarde. S’arrêter pour les photographier, c’est un peu comme s’inscrire dans leurs temps à elles, s’extraire un court instant du présent et d’une vie parfois trop rapide ou compétitive ; pour souffler un peu ! »

« Outre l’aspect historique, il y a une dimension symbolique autour de ces épaves qui résistent aux saisons en prenant racine dans le paysage. »

Le concept de The Lonely State pourrait voir le jour dans d’autres pays. Un projet qui pourrait être complété par des portraits et des rencontres pour offrir un nouveau regard sur les « à-côtés » des routes.

Pour découvrir les travaux de Philippe Vitry, rendez-vous sur son compte Instagram. Sa série sur les afterworks, nommée « Excuse My Party » est également à retrouver sur Instagram.