Alors que les lieux publics ont fermé depuis quelques jours, voici un photographe qui avait l’habitude de les photographier vides pour mieux se concentrer sur leur agencement de formes, lignes et courbes. Robert Götzfried a immortalisé les pistes de bowlings et leur variante le Kegelbahnen (aussi appelé ninepin bowling classic) du sud de l’Allemagne. Il nous immerge dans ces lieux sociaux vides où les photos ont pour point de rencontre la perspective absorbante des pistes rétro.

© Robert Götzfried

Photographier l’aspect graphique des espaces vides

Voici un aperçu des designs typiques des sixties, seventies et eighties en Allemagne. Certaines pistes sont toujours en usage, mais leur fréquentation se réduit peu à peu. Très populaires, elles étaient auparavant situées dans les sous-sols des restaurants allemands. « Les plus âgés fumaient des cigarettes et buvaient du vin ou des bières alors que les enfants étaient autorisés à prendre exceptionnellement une limonade », se souvient-il.

Robert Götzfried est né à Lindau, une petite ville du sud de l’Allemagne près du Lac Constance. Il a étudié les technologies d’impression et obtenu un Master en communication du design et de la photographie. Il a ensuite travaillé dans la publicité à Munich durant plusieurs années. Amateur de photographies en série, il a constitué un étonnant portfolio centré sur les lignes, les courbes, et les éléments qui composent une photographie dans une dimension purement graphique. Ses photographies font l’objet de publications dans The New York Times, CNN, El Paìs et bien d’autres.

© Robert Götzfried

© Robert Götzfried

Assemblage de lignes, de couleurs et de formes

Sur ces photographies frontales du célèbre jeu d’origine américaine, Götzfried fait ressortir le contraste entre les couleurs, les parties claires et sombres et l’agencement de motifs. Ici les motifs sont réguliers et récurrents — partant d’une structure classique où seules les couleurs, lumières et formes varient.

Ces allées s’inscrivent pour le photographe comme un souvenir d’enfance, un espace social démodé qui tend à disparaître. Robert Götzfried aime la photographie silencieuse, photographiant souvent des espaces publics vides, il les montre sous une autre dimension.

©Robert Götzfried

©Robert Götzfried

©Robert Götzfried

On découvre des pistes fantaisistes attenantes à celles plus modestes à découvrir sur le site de Robert Götzfried. Réalisées en sous-sol, dans un endroit clos, les photos donnent tout de même l’illusion du mouvement grâce à la perspective qui semble nous absorber vers le point de fuite ainsi que les juxtapositions de couleur qui donnent du relief. Quand les salles plus modestes en équipement s’ajoutent à ce répertoire original d’un temps qui semble bientôt révolu, la palette devient complète.

Robert Götzfried a également immortalisé les lignes de nos stades, vidés de leur public, à découvrir sur Phototrend. Un sujet qui ne pouvait pas être plus actuel.