Parcourir les photographies sur papier glacé des magazines de mode a été un déclic pour Harry Fayt. C’est plus tard, en 2008 que lui vient sa passion pour la photographie subaquatique. Alors qu’il dirige son studio de photographie de famille — après avoir shooté pour des publications mode — il recherche un nouveau défi, qui lui permettrait de faire des expérimentations avec la photo.

Malgré les difficultés liées aux conditions de travail dans les piscines privées, il se lance dans la photographie de bébés, après avoir vu « la pub Evian qui mettait en scène des bébés nageurs« . On pense aussi à la pochette d’album de Nirvana. Il a ensuite l’occasion de travailler avec des adolescents et en lui se forge peu à peu l’idée de rassembler ses compétences autour de la photographie de mode … subaquatique. Évoluant au gré de ses inspirations, ses photographies sont une perpétuelle réflexion autour de thèmes et de performances inédites.

Ses dernières créations sont exposées du 31 janvier au 08 mars 2020 à la Galerie Liehrmann, 4 Boulevard Piercot, à Liège, en Belgique.

©Harry Fayt

« Sous l’eau il n’y a que des challenges et des solutions, c’est une partie de mon travail que j’adore, trouver des astuces pour que tout aille comme je le veux. Le contrôle est important, mais parfois il faut lâcher un peu prise et on obtient des résultats étonnants. »

© Harry Fayt

Harry Fayt s’entoure d’une équipe solide qui le suit dans tous ses projets et délires créatifs : son assistant Jean Michel Parmentier, qui le complète et l’aide dans la préparation des décors ; Éric Veleno, son fidèle plongeur sécurité qui s’occupe d’entrainer les modèles avant les shootings ; sa maquilleuse Allison Irskens, à ses côtés depuis ses débuts, secondée par Louise Hogge. « Une bonne équipe, c’est indispensable pour ce genre de projet« , explique le photographe.

©Harry Fayt

Des mises en scènes inspirées des grands thèmes de l’art

Dans ses photographies de nu subaquatiques, la lumière est très travaillée, il ajoute des touches de couleurs et joue avec les reflets, le mouvement donne un sentiment d’apesanteur et de tranquillité propre au monde sous-marin. Il en publie un livre « Rebirth » sorti en 2019. Sa dernière série « Modern Icons » est surréaliste, avec un univers pop parfois inspiré des grands thèmes de l’art classique. Ce style lui offre davantage de possibilités dans le storytelling. L’aspect religieux est mis en avant. Il exploite par exemple le motif du poisson, symbole de représentation de Jésus, et l’idée lui vient de cette madone qui tiendrait un bocal avec un poisson.

 

Au travers de dessins, de la commande des accessoires et de sa recherche permanente de modèles qui colleraient à l’image qu’il a en tête, la mise en scène fait l’objet d’un long processus créatif au coeur de l’élaboration du style de ses images.  « L’eau apporte surtout un surréalisme qui me suffit déjà dans bien des cas, j ‘essaie de l’étoffer avec certains effets, des liquides de couleur comme le vin, les bulles, etc… »

© Harry Fayt

« Modern Icons est une série de réinterprétations des grands thèmes de l’art souvent basé sur la religion et la mythologie. Je sélectionne une oeuvre qui m’inspire et je la ré-interprète toujours en lui donnant un sens nouveau. Parfois reconnaissable, parfois à l’opposé. Je m’amuse à les corrompre en leur attribuant un rôle qu’elles n’ont pas choisi. Parfois neutre et esthétique, parfois politique et engagé, je veux que mon public se pose des questions« , indique l’artiste.

© Harry Fayt

La performance en photographie subaquatique

La photographie subaquatique a ses propres challenges : préparer tous les éléments pour impacter le moins possible la qualité de l’eau, régler l’inclinaison du décor, etc. Les modèles suivent un briefing avant le shooting afin de savoir comment se comporter sous l’eau, optimiser les poses et maximiser la sécurité, pour laquelle Harry Fayt met un point d’honneur. C’est ce qui est le plus difficile à gérer selon le photographe dans un shooting en apnée.

« Je dirais que le plus stressant dans un shoot, c’est le modèle. Je ne peux pas me limiter aux personnes qui ont de l’expérience sous l’eau, car sinon je ne bosserais qu’avec 3 personnes. Par contre, quand je shoote pour des marques j’utilise des modèles que je connais et avec qui j’ai déjà travaillé : on ne peut pas se permettre d’avoir un souci quand c’est pour un client. »

© Harry Fayt

Pour trouver ses modèles, le photographe belge — qui recherche des visages particuliers —se rend sur des plateformes comme Purpleport, Model Mayhem, Instagram ou Facebook. S’il ne trouve pas « le » visage auquel il pense pour une photographie en particulier, il met le projet de côté pour un temps.

© Harry Fayt

Côté matériel, Harry Fayt utilise un Canon 5DS R et un objectif 24-70 mm f/2,8 dans un caisson Nauticam, ainsi que des flashs sous-marins Ikelite placés sous l’eau avec un générateur SCORO 3200S Broncolor en dehors de l’eau.

Les projets à venir pour Harry Fayt

Terminant actuellement sa série « Modern Icons » afin de monter une grande exposition accompagné d’un livre documenté avec les oeuvres originales du texte, Harry Fayt a en tête de travailler par la suite de nouveaux thèmes comme le freakshow et le cinéma, qu’on imagine bien se fondre dans son univers surréaliste.

© Harry Fayt

En parallèle, il travaille sur une série qui se nomme Heart made in Belgium sur les artistes belges de la scène artistique au sens large. « J’ai dans mes projet JCVD et Poelvoorde, des monuments que je dois appâter. »

Pour découvrir les autres photographie d’Harry Fayt, rendez-vous sur son site et sur son compte Instagram.