Alors que le marché des drones est dominé à 70 % par DJI, la concurrence fourbit ses armes et tente de proposer des engins novateurs par leur design ou par leur utilisation de l’intelligence artificielle. Dernier exemple en date : le drone compact Skydio 2, faisant massivement appel à l’IA et capable, selon son fabricant, d’éviter n’importe quel obstacle et de voler en totale autonomie. Retour sur ses principales caractéristiques.

Skydio 2 : le drone qui se joue des obstacles sur sa route

Comme son nom l’indique, le Skydio 2 est la seconde itération d’un engin volant conçu par d’anciens étudiants du prestigieux MIT ayant notamment contribué à Project Wing, le drone autonome de livraison conçu par Google.

Extérieurement, le Skydio 2 est un drone compact affichant une (légère) ressemblance avec le Mavic Pro de DJI… même si ses bras ne sont pas repliables. On notera aussi les hélices avant montées sous les bras de l’appareil. Doté d’une autonomie de vol de 23 minutes maximum, il peut résister à des vents de 40 km/h et est capable d’atteindre la vitesse de 58 km/h. Grâce à un profilage particulier des pales de ses hélices, ce drone doit également se montrer 50 % plus silencieux que ses concurrents.

Mesurant 22,3 x 27,3 x 7,4 cm, il affiche un poids de 775 grammes – et reste donc sous la limite des 800 grammes imposant au pilote de suivre une formation obligatoire sur la plateforme AlphaTango.

 

Mais son véritable atout différenciateur se situe bien au-delà de ces considérations. Grâce à sa puce graphique Nvidia Tegra TX2 et à ses 6 caméras possédant chacune un angle de champ de 200 degrés, le Skydio 2 est capable d’effectuer un mapping en 3D de son environnement.

Selon ses concepteurs, l’engin génère en temps réel une image 3D de 45 Mpx et est donc en mesure de « voir » tout autour de lui. Ce qui lui permet donc d’éviter efficacement tous les obstacles placés sur son chemin – là où les drones de la concurrence peinent souvent à détecter et à éviter les éléments de petite taille. Sur les différentes vidéos promotionnelles publiées par Skydio, on peut ainsi voir le drone évoluer au milieu d’environnements (très) complexes comme au milieu d’une forêt.

Le drone qui vole tout seul

Ce mapping 3D de son environnement permet ainsi au Skydio 2 de calculer sa trajectoire de manière totalement autonome… et, selon son constructeur, de se passer entièrement du pilotage par l’utilisateur. Un point que vient souligner l’un des slogans de ce drone : « it does the flying, you do the doing » (il s’occupe du pilotage, vous vous occupez du reste). Dans la pratique, il suffit à l’utilisateur d’activer le suivi du sujet et de définir le mode de vol désiré, et le drone calcule automatiquement sa trajectoire en évitant les obstacles.

Cette manière de fonctionne ouvre la porte à de nouveaux usages. Ainsi, les amateurs de sports pourraient se livrer à leur activité sans se préoccuper du pilotage du drone – ce dernier s’occupant tout seul de les suivre et d’enregistrer leurs exploits.

Pour localiser son propriétaire, le Skydio 2 se base sur un système GPS et Glonass et est relié en Wifi à un smartphone – offrant une portée maximale de 200 mètres. Pour améliorer ce point, le constructeur américain propose également le Beacon, une télécommande ultra-compacte permettant de contrôler le drone et faisant passer la portée maximale à 1,5 km. Elle permet également au drone de suivre son propriétaire, même lorsque ce dernier n’est pas visible (sous des branches d’arbre, par exemple).

Si vous souhaitez reprendre le contrôle de l’appareil, Skydio propose également une télécommande « classique » – qui n’est autre que celle accompagnant le Parrot Anafi, lancé en juillet 2018. Cette dernière permet un pilotage plus conventionnel de l’appareil. Cependant, la détection des obstacles demeure prête à corriger automatiquement la trajectoire de l’engin en cas de besoin. De quoi éviter que son précieux engin ne finisse sa course dans un arbre. Enfin, cette télécommande permet de contrôler le drone jusqu’à 3,5 km de distance.

Capteur Sony de 12 Mpx, vidéos 4K en HDR et photos en RAW

Pour capturer les aventures de son propriétaire, le Skydio 2 est équipé d’un capteur CMOS Sony IMX577 de 1/1,23 pouces de 12 Mpx – surmonté d’une optique équivalent 20 mm ouvrant à f/2,8. En photo comme en vidéo, la plage de sensibilité s’étend de 100 à 3200 ISO. Ainsi paré, le Skydio 2 est capable de capturer des vidéos en 4K (UHD) à 60 i/s maximum, mais peut également enregistrer des séquences en slow motion à 120 i/s en Full HD (1080p). Par ailleurs, le drone est capable de filmer en HDR, offrant une meilleure restitution des scènes très contrastées. En photo, le drone permet de shooter des images de 4056 x 3040 pixels en JPEG et en RAW (format DNG).

On notera le processeur Qualcomm QCS605 dédié au traitement des données générées le capteur photo et vidéo – la puce Nvidia étant destinée à la cartographie 3D de l’environnement du drone.

Ce module caméra est stabilisé mécaniquement sur 3 axes. Fait intéressant, la caméra peut être orientée vers le bas (-110 degrés maximum) mais également vers le haut (+45 degrés) : une particularité que l’on retrouve également sur le Parrot Anafi.

À l’instar des drones de DJI et de Parrot, on retrouve également plusieurs modes de prise de vue (Dronie, Rocket, suivi intelligent du sujet) permettant d’ordonner à l’appareil le type de scène qu’il doit capturer en toute autonomie.

Les images peuvent être enregistrées sur une carte micro-SD de 128 Go maximum mais peuvent également être transférées (en Wifi) sur le smartphone de son propriétaire via l’application prévue à cet effet.

Retrouvez ci-dessous une sélection de photos capturées avec le Skydio 2 (fournies par la marque) : 

Prix et disponibilité du Skydio 2

Muni de cet arsenal de technologies, le Skydio 2 affiche un tarif « presque » raisonnable en regard de ses capacités (théoriques). Il est proposé en précommande au tarif de 999 $ sur le site de son constructeur, et est fourni avec une batterie, 2 hélices supplémentaires, un bloc secteur, un câble USB-C et une valisette de transport

La micro-radiocommande Skydio 2 Beacon et la télécommande « classique » Skydio 2 Controller sont proposés séparément et sont vendus chacun pour la modique somme de 149 $. À noter qu’un pack complet « Pro Kit Upgrade » est également disponible pour 1500 $.

Malheureusement, le Skydio 2 n’est pas (encore ?) proposé en Europe : gare aux frais de ports et aux frais de douane si vous souhaitez l’importer.

Notre premier avis sur le Skydio 2

Capable (selon son constructeur) de voler en totale autonomie, sans aucune intervention de son propriétaire, le Skydio 2 préfigure l’avenir du drone de loisir : un engin capable de voler seul, de calculer automatiquement sa trajectoire et de l’adapter en fonction des obstacles qu’il détecte sur sa route. De cette manière, cette caméra volante permettrait de ne plus devoir se focaliser sur le pilotage et nécessiterait un temps d’apprentissage quasi-nul – deux points qui rebutent souvent les utilisateurs n’ayant jamais piloté de drone et redoutant de l’envoyer dans un mur au moindre écart de pilotage.

Cette manière de (se) filmer avec un drone est sans doute celle qui s’imposera au cours des prochaines années, ouvrant de nouvelles possibilités créatives et participant encore davantage à démocratiser la pratique du drone. Cependant, l’obligation de garder l’appareil dans son champ de vision –une obligation légale dans de nombreux pays, dont la France – pourrait s’avérer problématique pour certains usages sportifs : difficile de dévaler une pente en VTT et de surveiller constamment les évolutions de sa caméra volante…

Cela étant, le Skydio 2 est une initiative particulièrement intéressante, montrant l’ingéniosité de certains constructeurs, bien décidés à (tenter) de voler la vedette à DJI.