« Delta Hill Riders » est la première série personnelle du photographe Rory Doyle, résidant au Mississippi ; et elle a remporté cette année le 2019 ZEISS Photography Award. La série met en lumière la culture des cowboys afro-américains du Delta du Mississippi. Loin des clichés hollywoodiens du mythe du cowboy et à travers une série documentaire saisissante, le photographe établit un véritable lien avec la communauté qu’il dépeint.

Rory Doyle souhaitait être journaliste et a suivi une licence de presse écrite, jusqu’au jour où il prend un cours de photographie, nommé Photojournalism 101. Il réalise alors qu’il préfère raconter des histoires au travers de photographies et débute ainsi la photographie documentaire.

© Rory Doyle

1er prix du Zeiss Photography Award 2019

En collaboration avec la World Photography Organisation, le Zeiss Photography Award est attribué chaque année depuis 2016 aux gagnants de sa compétition par la célèbre firme allemande d’optiques. Avec pour thème cette année « Voir au-delà ; L’inattendu », le concours a challengé les candidats dans la production d’une série de 5 à 10 images, dans laquelle le regard devait se porter au-delà de l’ordinaire et présenter quelque chose d’inattendu, de surprenant — que ce soit à travers le paysage et l’environnement physique, l’expression humaine, l’émotion et l’interaction, à travers une cause politique ou sociale ou un projet plus conceptuel. L’élément inattendu pouvait être d’intérêt global ou très personnel, et mettre en vitrine le familier d’une façon nouvelle aussi bien que quelque chose de totalement différent.

« Recevoir le Zeiss Photography Award 2019 a été fantastique — presque surréaliste. En vue du nombre de photographes qui ont participé à travers le monde, c’est un honneur incroyable de gagner. Mon prix inclut 12 000 euros d’objectifs Zeiss (qui sont excellents pour mon Sony) et 3 000 euros de budget pour soutenir mes futurs projets photo. Je suis incroyablement reconnaissant de recevoir ce prix« , nous a confié Rory Doyle.

© Rory Doyle

Le quotidien et les traditions des cowboys et cowgirls afro-américains en images

Désirant mettre en lumière la sous-culture des cowboys et cowgirls afro-américains dans le Delta du Mississippi rural aux Etats-Unis, l’expérience immersive de Rory Doyle débute à la parade annuelle de Noël à Cleveland alors qu’il voit défiler un petit groupe de cavaliers. « Ça a été vraiment la première fois où j’ai pensé à la diversité de la culture cowboy. » Loin de l’archétype américain du cow-boy perçu comme une figure héroïque blanche — comme on les voit incarnés dans les films par John Wayne ; Rory Doyle met en lumière ces communautés largement sous-représentées dans l’histoire des cowboys — alors qu’une récente étude du Smithsonian estime à 1 cowboy sur 4 le nombre de cowboys et cowgirls afro-américains, depuis la Sécession.

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« J’ai senti qu’il y avait là une histoire à partager ; qui non seulement représentait le Mississippi rural, mais qui en plus touchait une histoire qui s’étendait au pays entier. »

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« Depuis le tout début de ma présence à leurs côtés, les cavaliers m’ont accepté, et étaient plutôt excités à l’idée d’avoir quelqu’un les documentant pour la première fois. » Dans le Delta du Mississippi, le photographe américain a répertorié quatre activités principales associées au rôle de cowboy et cowgirl. Des balades dans les sentiers, accompagnés par des motos, des spectacles à cheval avec des prix à la clé basés sur les performances du cheval et du cavalier ; le rodéo, qui reste un évènement moins populaire que dans le Wild West et les « Cowboy Night » dans les clubs locaux où, vêtus de leurs chapeaux et de leurs boots, ils se rassemblent, et font leur publicité.

Le dénominateur commun qui rassemble tous ces cow-boys et cow-girls que Rory Doyle a pu rencontrer depuis février 2019 est leur passion pour les chevaux et les traditions cowboys. Ces traditions se transmettent de génération en génération. Le mot « cowboy » a différentes significations à travers le monde. Au Mississippi, il s’agit d’être un travailleur, mais également de s’identifier à la culture Western.

© Rory Doyle

© Rory Doyle

Au-delà de leur identité de cow-boy, Rory Doyle a souhaité s’intéresser à la vie de ces individus qui composent la communauté. Il a pu y découvrir des personnes venant d’horizons différents : retraité, étudiants, épiciers, et toutes sortes de jobs confondus. « Personne n’est un cowboy à plein temps, mais ils prennent tous part à la tradition lors de leur temps libre« , relate-t-il.

Pour réaliser ce reportage, Rory Doyle s’est muni d’un reflex Nikon et d’un hybride Sony Alpha. « Les deux marques sont excellentes. Elles m’ont aidé dans mon but principal : raconter une histoire de A à Z et en profondeur. Je fais toujours attention aux moments de la narration qui sont les moins flagrants, car je pense que de grandes vérités sont révélées lorsque l’on regarde au-delà de ce qui est attendu. »

© Rory Doyle

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Une série inattendue, qui nous ouvre avec empathie au quotidien de cette communauté de cowboys et cowgirls afro-américains. Rory Doyle a su retranscrire le naturel de l’aspect documentaire qu’il a combiné à la mise en scène de la tradition et de l’image cow-boy. Loin des clichés, « Delta Hill Riders » nous donne une meilleure compréhension documentée du cowboy contemporain au Mississippi.

Découvrez l’ensemble du travail de Rory Doyle sur son site internet ainsi que sur Instagram.