Les constructeurs d’appareils photo misent de plus en plus sur les appareils hybrides (Canon et Nikon en sont les derniers exemples en date). Toutefois, nombreux sont les photographes – professionnels ou amateurs – à leur préférer le système reflex traditionnel, dont le parc optique est particulièrement vaste.

À ce titre, le Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM est un objectif intéressant dans le parc Canon, car il offre une solution (relativement) abordable pour bénéficier d’un ultra-grand angle stabilisé pour reflex full frame. Nous avons notamment profité d’un voyage à San Francisco et au cœur des montagnes du Jura pour tester ses performances. Le 16-35 mm f/4 est-il la meilleure optique pour les photos d’architecture et de paysage ? Réponse dans ce test photo.

Présentation du Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM

Cette optique 16-35 mm est l’un des trois zooms ultra grand-angle proposés par Canon, aux côtés du 16-35 mm f/2,8L USM et du Canon EF 11-24 mm f/4 L USM. Elle est notamment conçue pour les amateurs de paysage, d’architecture, mais aussi de reportage (sans toutefois remplacer le « traditionnel » 24-70 mm).

Elle appartient à la série L des objectifs Canon, reconnaissable à son fin liseré rouge. Nous avons donc affaire à une optique orientée haut de gamme. Toutefois, son ouverture à f/4 la fait appartenir à une gamme « intermédiaire » de Canon, visant à proposer des optiques « abordables » aux propriétaires d’appareils reflex plein format. Vendues entre 1000 et 2000€, elles s’avèrent moins onéreuses que leur équivalent avec ouverture à f/2,8… et bénéficient de la stabilisation optique. Dans cette gamme d’objectifs, citons aussi le 24-70mm f/4 L IS USM, ainsi que le 70-200mm f/4 L IS USM II.

Cette ouverture maximale à f/4 est associée à un diaphragme circulaire à 9 lamelles, permettant de jouer (dans une certaine mesure) sur la profondeur de champ et d’obtenir un arrière-plan suffisamment doux et homogène. La construction optique est composée de 16 éléments répartis en 12 groupes. L’objectif est muni d’un moteur USM offrant une mise au point particulièrement rapide et silencieuse. Le Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM est également doté d’un mécanisme de stabilisation optique offrant une compensation de 4 IL.

Enfin, l’objectif présente une résistance accrue à la poussière et aux projections d’eau. La mise au point minimale est de 28 centimètres, un bon point. L’optique affiche des dimensions relativement contenues : 11,28 centimètres de long, 8,26 centimètres de large et pèse seulement 615 grammes sur la balance (en comparaison, la troisième itération du Canon 16-35 mm avec ouverture constante à f/2,8 pèse 790 grammes… et n’inclut pas de mécanisme de stabilisation optique). Le diamètre du filtre est de 77 mm.

Cet objectif a été conçu avant tout pour les reflex Canon plein format. Il pourra toutefois être utilisé avec un reflex Canon équipé d’un capteur APS-C ; dans cette configuration, il équivaudra à un 26-58 mm compte tenu du coefficient de conversion de 1,6x… et perdra donc sa vocation d’objectif ultra grand-angle.

Caractéristiques complètes de l’objectif Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM :

  • type d’objectif : zoom
  • format couvert : 24×36 mm
  • plage de focale : 16-35 mm
  • équivalent APS-C : 25-58 mm
  • construction : 16 éléments répartis en 12 groupes
  • ouverture maximale : f/4
  • ouverture minimale : f/22
  • nombre de lamelles du diaphragme : 9
  • autofocus : oui, moteur USM
  • distance minimale de mise au point : 28 cm
  • stabilisation optique : oui, jusqu’à 4 vitesses
  • diamètre du filtre : 77 mm
  • tropicalisation : oui
  • poids : 615 g
  • dimensions : 8,26 x 11,28 cm (D x L)
  • pareil soleil : fourni, référence EW-88D
  • étui de protection : semi-rigide, fourni, référence LP1222

Prise en main du Canon EF 16-35 mm f/4L IS USM

Disons-le d’emblée : le Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM est un très bel objectif, dont la conception est particulièrement réussie. Comme à son habitude, Canon livre une copie particulièrement sobre : seul le fin liseré rouge (qui indique son appartenance à la série L) se distingue du noir dont est vêtu l’objectif. Globalement, l’optique est très sobre, relativement discrète, et ne paraît pas « massive » une fois montée sur le boîtier.

Conformément à la réputation de la série L, la qualité de fabrication du Canon EF 16-35 mm f/4L IS USM est irréprochable et les finitions sont exemplaires. La lentille frontale est légèrement bombée, sans qu’elle ne vienne gêner d’aucune façon le montage de filtres. Ce 16-35 mm f/4 est un objectif à encombrement constant, quelque soit la distance de mise au point. Monté sur un reflex, l’objectif ne paraît ni excessivement lourd ni trop imposant. Son poids relativement contenu offre une bonne prise en main du couple boîtier-objectif.

Vissé à un Canon 6D, l’ensemble pèse un peu moins de 1,4 kg, donnant la possibilité de réaliser de longues séances photo sans trop fatiguer les bras et les poignets. De manière générale, cet objectif s’avère très équilibré et ses mensurations lui permettront d’être transporté facilement par les photographes férus d’architecture ou de paysage.

La bague de zoom est positionnée sur la partie inférieure de l’objectif. Large et confortable, elle se montre relativement courte mais suffisamment souple. La bague de mise au point manuelle est un peu plus large, et sa course est relativement longue (sans que cela ne devienne excessif). Très souple, elle autorise un réglage de la mise au point sans aucune difficulté. Des repères de butée sont présents aux distances minimales et à l’infini. Le mécanisme de cette bague manuelle est lié directement au bloc de mise au point optique, permettant de déplacer les différents éléments sans devoir recourir au moteur USM.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USMSur le dessus de l’objectif, une fenêtre permet d’indiquer la distance de mise au point. Sur le côté droit, on retrouve également deux interrupteurs. Le premier autorise la désactivation complète de la motorisation USM et d’effectuer la mise au point manuelle. Comme sur tous les objectifs dotés de ce type de moteurs, la retouche manuelle du point est aussi disponible lorsque l’autofocus est activé. Le second permet de désactiver la stabilisation de l’objectif (indispensable lors de prises de vue sur trépied). Enfin, notons que le Canon 16-35 mm f/4L IS USM est livré avec une housse semi-rigide de bonne facture, ainsi qu’avec un pare-soleil. Un bon point pour Canon, qui se montre parfois moins généreux.

Qualité d’image du Canon 16-35 mm f/4L IS USM

Ouvrons maintenant le chapitre consacré à la qualité des images prises avec le Canon 16-35 mm f/4L IS USM. Nous avons profité de nos différents voyages pour le tester en conditions réelles et tester les performances de l’ultra grand-angle « abordable » de Canon. Pour ce faire, nous avons monté cette optique sur un Canon EOS 6D, équipé d’un capteur CMOS 24 x 36 mm de 20,2 millions de pixels.

Nous avons particulièrement prêté attention à l’homogénéité de cette optique (à différentes ouvertures), à la sensation de piqué, au vignettage, mais également aux performances de la stabilisation optique. D’après Canon, celle-ci devrait permettre de gagner jusqu’à 4 IL : un point que nous ne manquerons pas de vérifier.

Comme nous l’indiquions précédemment, le 16-35 mm f/4 repose sur une formule optique composé de 16 lentilles dont trois éléments asphériques. Selon Canon, ceux-ci assurent « une netteté et une clarté exceptionnelle de bout en bout, tant en termes d’image que de plage de focales ». Le constructeur japonais a également intégré deux éléments UD (Ultra Low Dispersion). Leur but : lutter contre l’apparition d’aberration chromatiques. Par ailleurs, Canon met l’accent sur le traitement Super Spectra (destiné à améliorer les contrastes et la restitution des couleurs) et au fluorite (pour limiter les traces laissées par les projections d’eau et la poussière).

Canon 16-35 Mm F/4 L IS USM

Canon 16-35 mm f/4 L IS USM – 35 mm – 1,6s – f/6,3 – 200 ISO

Dans l’ensemble, la qualité des photos produites avec ce Canon 16-35 mm f/4L IS USM est excellente. Certes, les images ne sont pas totalement exemptes de défaut (ultra grand-angle oblige), mais force est de reconnaître la maîtrise de Canon. Nous sommes en présence d’une optique présentant un très bon niveau de piqué, à condition de fermer le diaphragme à f/7,1 ou plus. Dans cette situation, c’est surtout au centre de l’image que l’objectif se montre le plus performant.

Contrairement à certains de ses concurrents, le piqué baisse assez peu sur les bords, et l’image demeure cependant assez homogène. Comme souvent, le piqué maximal s’atteint en fermant le diaphragme : entre f/8 et f/11, le piqué est impressionnant. De la même manière, l’homogénéité optimale s’obtient aux ouvertures moyennes (entre f/8 et f/11, voire f/13). Toutefois, même aux plus grandes ouvertures, l’objectif parvient à produire des images fort homogènes sur toute la plage focale.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 16 mm, 1/1600s, f/6,3, 800 ISO

Cet objectif se montre remarquablement cohérent et ne souffre d’aucun défaut majeur. Nous avons également été agréablement surpris par l’absence quasi-totale d’aberrations chromatiques. Au cours de nos différents shootings sur le terrain, nous n’avons pas réussi à trouver des images où les aberrations soient présentes. Un bon point pour cet objectif.

La gestion de la distorsion s’avère correcte, sans pour autant faire de miracles. À 16 mm, elle se montre relativement présente (c.f. photo ci-après). Toutefois, les distorsions sont nettement moins présentes que sur certains autres grand-angles, comme comme le Canon EF 24-70 mm f/2,8L USM, où les lignes verticales avaient nettement tendance à converger vers le haut à 24 mm. Ce Canon 16-35 mm f/4L IS USM fera donc le bonheur des amateurs d’architecture.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM

À 16 mm, les distorsions peuvent faire leur apparition. Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 16 mm, 1/100s, f/14, 100 ISO

Le vignettage est généralement (assez) présent sur les objectifs grand-angle et ultra grand-angle. Sur notre 16-35 mm f/4, il s’avère relativement peu marqué et très doux. Il s’estompe progressivement, et n’est plus visible à partir de 24 mm à f/5,6. Il disparaît totalement à 35 mm à f/5,6.

Loin de constituer un obstacle, il permet souvent de mieux valoriser le sujet, que ce soit en photographie de paysage ou d’architecture.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM

Lever de soleil sur l’Oakland Bay Birdge, San Francisco – Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 35 mm, 1/1600s, f/4, 100 ISO

Si les focales les plus longues permettent de jouer avec aisance sur les effets de profondeur de champ, tel n’est pas le cas sur les objectifs ultra grand-angle. Toutefois, en plaçant le sujet très près de l’objectif et en s’approchant d’une longueur focale de 35 mm, il est possible d’adoucir (un peu) l’arrière-plan en ouvrant le diaphragme à f/4. L’impression de bokeh n’est pas extrêmement saisissante, mais offre malgré tout la possibilité de détacher le sujet de son environnement. Toutefois, grâce à son diaphragme composé de 9 lamelles, le flou d’avant-plan et d’arrière-plan généré par cet objectif s’avère très doux et très progressif.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 24 mm, 1/200s, f/4, 400 ISO

Autofocus du Canon 16-35 mm f/4L IS USM

À l’image de ses performances optiques, l’autofocus de cet objectif est de très bonne facture. Monté sur notre Canon 6D, le 16-35 mm f/4 se montre suffisamment réactif et trouve le point rapidement. La motorisation USM permet à l’autofocus d’être particulièrement vif et précis, même sur des sujets se déplaçant rapidement dans le champ. Cet objectif étant davantage destiné à être utilisé pour des photos de paysage, d’architecture ou de voyage, les besoins en matière de réactivité ne seront peut-être pas les mêmes que sur une optique aux plus grandes longueurs focales (un 70-200 par exemple). Toutefois, la vélocité de ce 16-35 mm est très appréciable. Cette optique se montre aussi très silencieuse : un point qui intéressera notamment les vidéastes.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM

Japan Bridge – Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 35 mm, 1/500s, f/7,1, 640 ISO

Stabilisation optique

Le Canon 16-35 mm f/4L IS USM est doté d’un mécanisme de stabilisation optique qui, selon son constructeur, devrait lui permettre de gagner jusqu’à 4 vitesses. Les résultats se montrent-ils à la hauteur de nos espérances ? Sur le terrain, la stabilisation de cette optique permet de shooter à main levée avec une vitesse d’obturation assez lente… sans pour autant faire de miracles. À 1/8e à 32mm, les photos sont encore nettes et détaillées.

Sur l’image ci-dessous, le métro produit un agréable flou de mouvement, tandis que le pilier de la station demeure net.

Canon EF 16-35 mm F/4 L IS USM

Times Square Subway Station – Canon EF 16-35 mm F/4 L IS USM – 32 mm, 1/8s, f/8, 2500 ISO

On peut donc assez facilement gagner 1 ou 2 vitesses grâce au mécanisme de stabilisation, mais le chiffre de 4 IL avancé par Canon paraît légèrement exagéré. Toutefois, la question de la pertinence de la stabilisation sur un objectif ultra grand-angle peut se poser, vu que les plages focales de l’objectif ne nécessitent pas une vitesse d’obturation très élevée.

Retrouvez ci-dessous une sélection d’images capturées avec le Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM :

Quelles sont les alternatives au Canon 16-35 mm f/4L IS USM ?

Comme nous l’évoquions au début de ce test, ce Canon 16-35 mm f/4L IS USM n’est pas le seul zoom ultra-grand angle proposé au catalogue du constructeur japonais. En effet, le haut de gamme est incarné par son alter ego avec ouverture constante à f/2,8.

Au-delà de l’ouverture maximale plus grande, le Canon 16-35 mm f/2,8 L III USM se différencie par l’absence de stabilisation optique… mais aussi par son positionnement tarifaire sensiblement plus élevé : il est actuellement proposé à 1999 €, contre 1049 € pour la version avec ouverture à f/4 que nous avons testée.

Faisons également mention du Canon EF 11-24 mm f/4L USM : lui aussi doté d’une ouverture constante à f/4, il se montre toutefois moins long (seulement 24 mm), mais surtout beaucoup plus large (11 mm). S’il se montrera peut-être moins polyvalent qu’un objectif 16-35 mm, il fera le bonheur des photographes d’architecture… malgré des distorsions et un vignettage plus important que sur le EF 16-35 f/4L IS USM.

Du côté de la concurrence, Tamron a récemment mis à jour son objectif ultra grand-angle lumineux, le Tamron SP 15-30 mm f/2,8 Di VC USD G2. Vendu à un prix similaire à celui du Canon EF 16-35 mm f/4L IS USM, il se montre également très performant et intègre la stabilisation optique… et se targue même de proposer une ouverture constante à f/2,8.

Test du Tamron SP 15-30mm f/2,8 Di VC USD G2, un zoom UGA polyvalent

Chez Sigma, point d’optique proposant une focale similaire à notre 16-35mm. L’ultra grand-angle est représenté par deux objectifs de la série Art : le 12-24mm F4 DG HSM et le 14-24mm F2.8 DG HSM. S’ils offrent une belle performance optique, ni l’un ni l’autre ne sont dotés de la stabilisation optique.

Faisons aussi mention du Tokina Opera 16-28mm f/2.8 FF, récemment annoncé par Tokina. Certes dépourvu de la stabilisation optique, cet objectif bénéficie d’une construction optique intéressante, d’une ouverture f/2.8 et est actuellement en disponible au tarif imbattable de… 698€.

Tokina Opera 16-28 mm f/2,8 FF : un zoom grand-angle pour capteurs plein format haute résolution

Enfin, faisons mention de l’ancêtre du 16-35 mm, le Canon 17-40 mm f/4L USM. Un peu ancien, il se montre moins performant dans sa gestion du vignettage et occasionne l’apparition de distorsions. Toutefois, la qualité des images qu’il permet d’obtenir est remarquable. Elle offre ainsi une alternative abordable fort qualitative à 759€.

À qui s’adresse le Canon 16-35 mm f/4L IS USM ?

On s’imagine bien souvent que les optiques ultra grand-angle répondent uniquement à des usages très spécifiques et ne sont pas assez polyvalentes pour une utilisation « au quotidien ». Pourtant, le 16-35 mm est à l’aise dans bien des situations. La photographie de paysage, évidemment, où l’absence quasi-totale de distorsion donne la possibilité de réaliser de belles photos panoramiques. Mais il sera aussi très utile pour la photographie d’architecture où il permettra de mettre en valeur les bâtiments aux dimensions les plus imposantes.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM

Les tours de la Défense – Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 16 mm, 15s, f/14, 200 ISO

Certains photographes pourront également l’utiliser en photographie de rue ou en reportage, en se plaçant au plus près du sujet. L’ouverture à f/4 permettra peut-être moins de jouer sur la profondeur de champ que certaines autres optiques ouvrant à f/2,8 (voire f/1,8 sur certaines focales fixes ultra grand-angle). Cependant, sa faible distance de mise au point (28 cm minimum) peut donner lieu à un flou d’arrière-plan assez intéressant si le sujet est suffisamment éloigné de l’arrière-plan.

L’ouverture maximale à f/4 permet également à cet objectif 16-35 mm de se montrer à l’aise lors de prises de vue en basse luminosité sans monter la sensibilité du capteur de manière excessive. Grâce à la stabilisation optique intégrée, il devient possible de prendre des photos à de (très) basse vitesse à main levée.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM

Géométrie – Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 16 mm, f/6,3, 1/60s, 640 ISO

Le 16-35 mm peut-il devenir l’objectif principal du photographe, celui qui sera vissé constamment (ou presque) à son reflex ? Si votre pratique vous amène à photographier des plans très larges, quasi-cinématographiques, vous pourrez tirer parti du très grand angle de vue de cet objectif. À 35 mm, il se montre très polyvalent et sera plus fréquemment utilisable qu’une focale fixe à 14 mm.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM

Soleil levant sur l’est parisien – Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 16 mm, f/6,3, 1/60s, 640 ISO

En voyage, cette plage focale permet de shooter une grande diversité de sujets, aussi bien en pleine nature (vive les grands espaces…) qu’en ville, où elle permettra de valoriser efficacement les paysages urbains. Complétée par un « petit » objectif 50 mm et un 70-200 mm, il devient possible de bénéficier d’une plage optique ultra-large et, potentiellement, de réaliser des photographies moins « standard » que celles produites avec un 24-70 mm.

Conclusion

De par la qualité des images qu’il permet d’obtenir, de l’excellence de ses finitions et de l’efficacité de sa motorisation USM, le Canon EF 16-35 mm f/4L IS USM est un excellent objectif que l’on prend plaisir à utiliser dans de nombreuses occasions. Relativement léger (615 grammes sur la balance) et compact, il forme un couple bien assorti avec un reflex plein format. L’absence quasi-totale de distorsions et d’aberrations chromatiques est remarquable, de même que la sensation de piqué, qui atteint un bon niveau dès f/4 et devient excellente à f/7,1.

Toutefois, l’objectif n’est pas totalement exempt de défaut. Le vignettage n’est pas totalement absent (mais peut-il l’être vraiment sur une optique aux focales aussi courtes ?). Néanmoins, celui-ci se montre très progressif et très doux, et ne représente donc pas un obstacle réel pour ce 16-35 mm. En revanche, son mécanisme de stabilisation gagnerait à être encore plus efficace, permettant d’atteindre des temps de pose très long à main levée. À 1/8e de seconde, le résultat est correct, mais le flou de bougé fait inévitablement son apparition en descendant vers 1/5e de seconde. Enfin, certains utilisateurs remarqueront un (léger) manque de fluidité de la bague de zoom… qui s’atténue néanmoins très rapidement à l’usage.

Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 16 mm, 1/5s, f/8, 2000 ISO

La Défense à l’heure bleue (à main levée)- Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, 16 mm, 1/5s, f/8, 2000 ISO

Au final, Canon livre une copie très équilibrée, produisant des images d’une grande homogénéité. Le 16-35 mm f/4L IS USM est une excellente optique qui ne souffre d’aucun réel défaut. Elle permettra aux photographes exigeants de bénéficier d’une excellente solution pour réaliser des images d’architecture et de paysage.

Disponible à partir de 1049 €, cette optique haut de gamme offre un excellent rapport qualité-prix. Son alter ego, le Canon 16-35 mm f/2,8L III USM, est vendue quasiment deux fois plus cher. La différence d’ouverture permet-elle de justifier un tel écart de prix ? Certes, l’ouverture à f/2,8 lui permet d’être encore plus lumineuse, mais elle se montre également plus lourde et n’est pas équipée de la stabilisation. Par ailleurs, elle souffre également d’un niveau de vignettage assez élevé et d’un (relatif) manque d’homogénéité.

En l’état, le Canon EF 16-35 mm f/4L IS USM est donc un excellent choix d’objectif ultra grand-angle pour reflex (et hybride) Canon plein format, qui fera le bonheur de la très grande majorité des photographes.

Canon 16 35 F4 Urbex (1)

Test du Canon 16-35 mm f/4 L IS USM, l'ultra grand-angle "abordable"
Qualité de fabrication, finitions excellentesGrande homogénéitéExcellent piqué dès f/7,1Poids relativement contenuPerformances de l'autofocus
Mécanisme de stabilisation performant, mais en-deçà de la promesse de CanonLéger vignettage
8.7Note finale
Fabrication / finitions9
Qualité d'image8.5
Ergonomie générale / praticité8.5