La photographie infrarouge, c’est bien ; la photographie infrarouge avec un drone, c’est encore mieux ! C’est en partant de ce constat que Philip Bloom, vidéaste britannique ayant notamment collaboré avec Lucasfilm, CNN ou la BBC, a décidé d’utiliser un DJI Mavic 2 Pro pour capturer des images aériennes oniriques, au rendu immédiatement reconnaissable.

Pour mémoire, l’infrarouge est une discipline photographique très spécifique, qui repose sur la capture d’ondes lumineuses qui sont – habituellement – invisibles à l’œil nu et bloquées par les appareils photo.

Pour parvenir à capturer ces images, Philip Bloom s’est servi d’un drone DJI Mavic 2 Pro dont le capteur a été défiltré par l’entreprise américaine Kolari Vision. En retirant le filtre anti-IR et en le remplaçant par un filtre spécifique, le capteur est capable de percevoir non seulement le spectre visible (compris entre 380 nm et 780 nm), mais également les infrarouges (au-delà de 780 nm).

Si cette discipline vous intéresse, n’hésitez pas à consulter le site de l’association Photographie Infrarouge et à participer à l’un de leurs workshops d’initiation.

Test du workshop d’initiation à la photographie infrarouge

Afin d’obtenir ce rendu très caractéristique, aux arbres rouge vif et aux océans bleu turquoise, Philip Bloom a utilisé un filtre IR Chrome – développé par Kolari Vision en partenariat avec le photographe français Pierre-Louis Ferrer, et qui vise à reproduire le rendu des célèbres pellicules Aerochrome de Kodak.

Vers la fin de la vidéo, certaines séquences montrent l’utilisation d’autres filtres : on retrouve ainsi le rendu très caractéristique d’un filtre de 850 nm, offrant un paysage monochrome aux contrastes saisissants, ainsi que des images réalisées grâce des filtres de 665 nm (dont les couleurs n’ont pas été inversées par le vidéaste).

À noter que Philip Bloom n’en est pas à son premier coup d’essai avec la photographie infrarouge : en 2016, le réalisateur avait dévoilé une vidéo en slow motion de la ville de Las Vegas – cette fois en utilisant un Sony RX100 Mark IV modifié.

À travers ces deux réalisations, Philip Bloom s’inscrit dans une démarche initiée par l’artiste irlandais Richard Mosse. En 2013, ce dernier avait sorti un film nommé The Enclave, une plongée au cœur de la République Démocratique du Congo déchirée par les conflits militaires : l’ambiance inquiétante capturée par R. Mosse contrastait profondément avec le rendu rouge-rose de l’infrarouge.