Pour sa 12e édition, les Sony World Photography Awards, concurs photo international organisé par la World Photography Organisation en partenariat avec Sony, ont fait encore carton plein ! Avec plus de 327 000 soumissions pour l’édition 2019, en provenance de plus de 195 pays, les SWPA ont su s’imposer dans le paysage photographique comme un concours récompensant la photographie au sens large, à la fois professionnelle et amateur, mais aussi jeune avec les concours Youth et Student. Rappelons que la participation au concours est gratuite.

Les gagnants du concours Open ont été dévoilés plus tôt dans le mois, avec plusieurs photographes français récompensés. Voici sans plus attendre les gagnants du concours Professional, ainsi que les photographes remportant le prix de Photographer of the Year et Open Photographer of the Year qui ont été dévoilés le 17 avril 2019 à Londres.

Sony World Photography Awards 2019 : les photographes français dominent la catégorie Open

Pour rappel, l’édition 2019 du concours Professional des  Sony World Photography Awards comprend 10 catégories récompensant des séries photo composées de 5 à 10 images : Architecture, Brief, Creative, Discovery, Documentary, Landscape, Natural World & Wildlife, Portraiture, Sport et Still Life.

Quatre français(es) obtiennent des places d’importance dans les catégories Creative, Natural World & Wildlife, Portraiture et la première place dans la catégorie Still Life.

Catégorie Architecture

La 1ère place de la catégorie Architecture est attribuée au photographe allemand Stephan Zirwes. Sa série « Cut Outs Place-Pools 2018 » [Lieux segmentés-Piscines 2018] a été réalisé par drône à quelques mètres du sol et rend hommage à l’architecture des piscines allemandes, ces lieux où milieux sociaux, origines et personnalités se mélangent sans distinctions.

© Stephan Zirwes, Germany

Tuomas Uusheimo (Finlande) remporte la seconde place avec « Palmio Sanatorium » et Peter Franck (Allemagne) la 3e place avec « Back to the Future« .

Catégorie Brief

La 1ère place de la catégorie Brief a été attribuée à la photographe belge Rebecca Fertinel pour sa série « Ubuntu- Je suis parce que nous sommes« . Les photographies sont prises lors d’un mariage au sein duquel elle a découvert, et nous fait découvrir à son tour, la communauté congolaise en Belgique et le principe du « Ubuntu » selon lequel on ne devient vraiment humain que lorsqu’on est connecté à tout et à tout le monde. Elle capture l’ambiance mais également les moments de silence.

© Rebecca Fertinel, Belgique

Christina Stohn remporte la seconde place avec la série « Höllental und Himmelreich » [Vallée de la Mort et Royaume du Paradis] et Edward Thompson (Royaume-Uni) remporte la 3e place avec « In the garden of England » [Dans le jardin d’Angleterre].

Catégorie Creative

La première place est attribuée à Marinka Masséus (Pays-Bas). Sa série « Chosen [not] to be » [Choisi d'[ne pas] être] entreprend de redonner aux personnes atteintes de trisomie 21 leur place dans les arts visuels. La série reflète leur réalité — les barrières auxquelles elles doivent faire face, le refus de la société de reconnaitre leurs capacités — et retranscrit leurs expériences visuellement.

© Marinka Masséus, Pays-Bas

Leah Schretenthaler (USA) remporte la seconde place avec la série « The Invasive Species of Built Environment » [Les spécimens envahissants dans l’environnement de construction] et le français Pol Kurucz remporte la 3e place avec « The Normals« .

Catégorie Discovery

Le premier prix a été attribué à Jean Marc Caimi & Valentina Piccinni (Italie) pour la série « Güle Güle » [Au-revoir, en turc]. Réalisée à Istanbul, la série témoigne des changements profonds au sein du pays et de la société turque. Gentrification, marginalisation des classes les plus pauvres, exacerbation des discriminations envers l’homosexualité, massive immigration de réfugiés syriens, et litiges autour de la communauté kurde : le contenu informatif et didactique sont en arrière plan de l’immédiateté visuelle ; pour mieux représenter la complexité de la ville et le contraste de ses microcosmes.

© Jean Marc Caimi & Valentina Piccinni, Italie

Le photographe chinois Boyuan Zhang remporte la seconde place avec « JiangNan » (du nom de la plus large région autonome du Nord-Ouest de la Chine) et Karina Bikbulatova (Russie) la 3e place avec « The Two Parallels-10« .

Catégorie Documentary

Federico Borella (Italie) remporte le 1er prix avec « Five Degrees« . La série s’immerge auprès des fermiers indiens, qui voient leurs vies liées aux changements climatiques et au réchauffement des températures — alors que 59 300 d’entre eux sont morts par suicide au cours des 30 dernières années. Le photographe s’interroge sur ce qui les mène à cet acte radical.

© Federico Borella, Italie

La 2seconde place est attribuée à Brent Stirton (Afrique du Sud) avec la série « Akashinga »[Les braves]. Le troisième prix est attribué à Mustafa Hassona (Palestine) et « Le droit palestinien aux protestations« .

Catégorie Landscape

Yan Wang Preston (Royaume-Uni) remporte le 1er prix de la catégorie Paysage. Sa série « To the South of the Colorful Clouds » [Au Sud des nuages colorés] explore le mystique « rétablissement écologique » à Dali, Province du Yunnan en Chine — cette zone rurale urbanisée pour créer « un espace international de détente » et un « modèle de ville écologique ». Le sol est recouvert d’une terre semi-artificielle rouge qui sert de base à l’introduction de plantes et arbres ; et fait l’originalité des couleurs du paysage du photographe anglais.

©Yan Wang Preston, Royaume-Uni

La seconde place est attribuée à l’anglais Marco Kesseler pour « Polytunnel » et la 3e place à Kieran Dodds (Royaume-Uni) pour sa série « Hierotopia« .

Catégorie Natural World & Wildlife

La première place est attribuée à Jasper Doest (Pays-Bas) et sa série « Meet Bob« . Le photographe suit Bob, un flamand rose caribéen de l’île néerlandaise Curaçao. Sa vie a pris un tournant dramatique lorsqu’il a tenté de voler depuis la fenêtre d’un hôtel — incident qui lui a laissé une grave commotion. Depuis, il a été recueilli par une femme vétérinaire de la localité et est devenu ambassadeur de la fondation pour la protection de la vie animale qu’elle dirige.

Christian Vizl (Mexique) remporte la seconde place avec « Ocean Ambassadors » et la française Maela Ohana la 3e place avec « Aigles à deux têtes« .

© Jasper Doest, Pays-Bas

Catégorie Portraiture

Le premier prix est attribué à Àlvaro Laiz (Espagne). Sa série « The Edge » fait de la communauté paléo-sibérienne Chukchi la clé de compréhension du peuplement américain. L’Amérique est habitée depuis 16 500 ans depuis le franchissement du détroit de Beijing. La communauté Chukchi (établie du côté russe du détroit) pense qu’il n’y a ni passé, ni présent ni futur — que nous ne serions pas seulement nous-mêmes mais aussi nos ancêtres et notre progéniture. Leurs portraits sont réalisés autour de cette idée et de l’analyse scientifique de leurs données génétiques par le photographe espagnol.

© Alvaro Laiz, Espagne

Le second prix va à l’italien Massimo Giovannini et sa série « Henkó » [« Changement » et « Lumière variable/inhabituelle » en japonais]. La française Laetitia Vançon remporte la 3e place avec sa série « À la fin de la journée« .

Catégorie Sport

La 1ère place est attribuée à l’italien Alessandro Grassani et sa série « La boxe contre la violence : Les femmes boxeuses de Goma« . Tristement nommée « la capitale mondiale du viol » cette province de la République démocratique du Congo est l’un des pires endroits au monde où vivre pour une femme. Le photographe dépeint ces femmes qui n’ont pas baissé les bras et qui — plus fortes et vivantes que jamais — ont trouvé espoir et passion dans la boxe. La boxe est ici un moyen de survivre et de lutter contre les injustices, avec l’espoir de concourir en championnat.

©Alessandro Grassani , Italie

La seconde place va au japonais Kohei Ueno et sa série « Sous la surface de la compétition de plongée-libre » la 3ème place à Thomas Nielsen (Danemark) avec « The Big Score« .

Catégorie Still Life

La 1ère place est attribuée aux français Nicolas Gaspardel & Pauline Baert pour la série « Yuck » [Beurk]. La série reprend l’univers de la pop culture autour de la photographie culinaire pour faire l’éloge du « Beurk ». Avec ironie, les photographies sont métaphoriquement poétiques autant que dérangeantes.

© Nicolas Gaspardel, Pauline Baert, France

Yiming Zhang (Chine) remporte le second prix de la catégorie avec « Watching a balloon rise« [Regarder un ballon s’élever] et Cletus Nelson Nwadike (Suède) le 3e prix avec « Lutte pour la liberté« .

Professional Photographer of the Year

Federico Borella (Italie), gagnant dans la catégorie Documentary, gagne également le prix du photographe de l’année du concours professionnel avec sa série Five Degrees sur le suicide des fermiers indiens et le réchauffement climatique.

Open Photographer of the Year

Après avoir dévoilé les différents gagnants dans la catégorie Open, le gagnant du titre « Photographe de l’année » est la photographe plasticienne américaine Christy Lee Rogers pour sa série « Harmony« . Née à Hawaï, elle se sert du medium de l’eau pour briser les conventions de la photographie contemporaine.

© Christy Lee Rogers, USA

L’ensemble des gagnants des Sony World Photography Awards 2019 catégorie Professional, Open, Youth et Student, ainsi que les finalistes, sont à découvrir sur le site de la compétition. Les photographies sont également exposées à la Somerset House à Londres du 18 avril au 6 mai 2019, avant une tournée mondiale.