« Polyarnye Nochi » signifie en russe « Nuits Polaires ». Le photographe anglais Simon Roberts s’est rendu en Russie pour s’intéresser aux températures glaciales qui recouvrent le pays une fois l’hiver venu. Célèbre pour ses hivers impitoyables et ses températures négatives extrêmes, la Russie a longtemps attiré et continue d’attirer les artistes pour la majesté de son grand froid : des peintres réalistes et romantiques du XIXe siècle aux réalisateurs de films modernes tels que Tarkovsky ou Zviagentsev.

© Simon Roberts

© Simon Roberts

En se rendant à l’extrême nord de la Russie, Simon Roberts assiste au crépuscule perpétuel qui a lieu de décembre à la mi-janvier, lorsque les « nuits polaires » arrivent. Ses photos font allusion à la pénombre entre la réalité du sujet et la qualité surréaliste de l’image. Souvent, il équilibre la nature onirique du sujet avec l’utilisation d’une longue exposition pour rendre autant de détails que possible sur la photographie sur la force de ces hivers et leur saisissante beauté.

© Simon Roberts

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Dans ces images, le monde semble comme figé sous une épaisse couche de glace et de neige. Quelques silhouettes émergent parfois dans ces paysages, bravant le froid, mais dans l’ensemble les compositions de Roberts s’avèrent dénuées d’êtres humains, comme si l’hiver recouvrait de son épais manteau les traces laissées par l’humanité derrière elle.

© Simon Roberts

Certaines photos font penser à des paysages post-apocalyptiques, comme par exemple les gigantesques usines sous la neige, renvoyant dans nos inconscients collectifs à la notion d’ « hiver nucléaire » forgée dans les années 80. La sensation d’assister à la fin de quelque chose, qu’il s’agisse d’une ère ou plus simplement de l’été, est omniprésente. C’est la force de l’hiver russe d’avoir cette connotation tragique, liée à tous les hivers impitoyables qui ont parsemés le XXe siècle en URSS et les souffrances qu’ils ont provoqués (privations, pénuries, températures extrêmes, désolation et isolement, etc…).

Les images aux teintes bleutées capturées par Simon Roberts transcrivent avec justesse l’impression de désolation et, paradoxalement, la majesté qui accompagne l’hiver russe.

Pour en voir plus, le site de Simon Roberts