Les Douches la Galerie expose « The Color Work » de Vivian Maier du 19 janvier au 30 mars 2019. Vivian Maier photographia inlassablement les rues de Chicago et New York, mais son talent resta anonyme toute sa vie.

Cette exposition de photos en couleur de Vivian Maier est une première en France après la sortie du livre The Color Work de Vivian Maier.

Revue de livre : Vivian Maier, « The Color Work »

Ce n’est qu’à sa mort en 2009 que son travail est découvert et mis en lumière par John Maloof. La grande passion de Vivian Maier pour la photographie était restée inconnue jusqu’alors : elle passa son enfance avec sa mère entre la France et les Etats-Unis et il semble que ce soit une amie de sa mère, la photographe portraitiste Jeanne Bertrand, qui l’initiera à la photographie.

Plus tard, devenue nourrice, elle profitait de ses moments de liberté pour arpenter les rues avec son Rolleiflex, capturant l’humanité citadine avec poésie, s’inscrivant ainsi dans la lignée de l’histoire de la photographie de rue.

© Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection; Howard Greenberg Gallery, New York; Les Douches la Galerie, Paris

Vivian Maier pris ses premiers clichés en France vers 1949 avec un Kodak Brownie, appareil simple destiné à l’amateur. Elle retourne aux États-Unis en 1951 où elle devint nourrice et travailla pour une famille à Southampton, dans la banlieue de New York. Elle achète en 1952 son Rolleiflex, appareil moyen format couramment utilisé par les photographes de l’époque. La photographie prend alors une part de plus en plus importante de sa vie. Quittant New York pour Chicago en 1956, elle entre au service de la famille Gensburg. Elle y élève leurs trois enfants et utilise sa salle de bains pour y développer ses films.

Débute alors la période la plus prolifique de l’oeuvre de Maier.

© Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection; Howard Greenberg Gallery, New York; Les Douches la Galerie, Paris

© Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection; Howard Greenberg Gallery, New York; Les Douches la Galerie, Paris

En 1973, Maier quitte cette famille et ne peut plus développer elle-même ses films. Travaillant de famille en famille, elle emporte avec elle de plus en plus de pellicules non développées et de photos non tirées. À la fin des années 1970, Maier a cessé d’utiliser son Rolleiflex. La plupart de ses photographies prises dans les années 1980 et 1990 étaient des couleurs transparentes, prises sur un film Ektachrome. Ces pellicules resteront également non développés, tant ses soucis financiers deviennent importants. Elle stocke alors ses négatifs, pellicules et documents dans un storage.

Au début des années 2000, les enfants Gensburg la prennent en charge et la logent dans un petit studio. Ses affaires sont oubliées jusqu’à ce qu’elles se retrouvent en 2007 dans une vente aux enchères pour impayés, sans qu’elle le sache. Et c’est durant cette vente aux enchères que John Maloof découvre son travail, sans arriver à retrouver leur auteur, jusqu’à la mort de Vivian Maier en 2009.

© Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection; Howard Greenberg Gallery, New York; Les Douches la Galerie, Paris

William Meyers écrit dans le Wall Street Journal que parce que Maier utilisait un Rolleiflex moyen format plutôt qu’un appareil photo 35 mm, ses images sont plus détaillées que celles de la plupart des photographes de rue. Il écrit que son travail rappelle les photographies de Harry Callahan, de Garry Winogrand et de Weegee, ainsi que de Robert Frank. Il note également qu’il y a beaucoup d’autoportraits dans son travail, « dans de nombreuses permutations ingénieuses, comme si elle vérifiait sa propre identité ou s’interpolait dans l’environnement. Elle a souvent photographié sa propre ombre, elle-même. éventuellement comme un moyen d’être là et simultanément pas tout à fait là-bas.  »

© Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection; Howard Greenberg Gallery, New York; Les Douches la Galerie, Paris

© Estate of Vivian Maier, Courtesy Maloof Collection; Howard Greenberg Gallery, New York; Les Douches la Galerie, Paris

Roberta Smith elle, écrivant dans le New York Times, a attiré l’attention sur le fait que les photographies de Maier rappellent de nombreux photographes célèbres du XXe siècle, tout en possédant une esthétique qui leur est propre. Elle écrit que le travail de Maier « peut ajouter à l’histoire de la photographie de rue du XXe siècle en le résumant avec une minutie presque encyclopédique, en se rapprochant de presque tous les photographes connus, dont Weegee, Robert Frank et Richard Avedon. Puis son travail glisse dans une autre direction, tout en maintenant un élément distinctif de calme, une composition claire et une douceur caractérisée par une absence de mouvement soudain ou une émotion extrême.  »

Informations pratiques
Exposition du 19 janvier au 30 mars 2019
Les Douches la Galerie
5, rue Legouvé 75010 Paris
lesdoucheslagalerie.com
Du mercredi au samedi, de 14h à 19h
Entrée libre