Test du Lumu, le posemètre nouvelle génération

Aujourd’hui, nous testons pour vous le posemètre nouvelle génération de la marque slovène Lumu. Lancé suite à une campagne Kickstarter réussie (244.085$ récoltés sur 20.000$ visés), le Lumu connait un large succès dans le monde entier.

lumu_concept

En effet, le Lumu se présente comme la solution posemètre du XXIe siècle. Relié à votre smartphone par la prise jack, le Lumu et son application (iOS & Android) vous offrent une nouvelle solution de mesure de la lumière et bien plus. Est-ce que ce produit répond véritablement à nos attentes ? C’est parti pour le test.

Un posemètre, mais pour quoi faire ?

Qui dit posemètre dit souvent photographie argentique, un sujet cher à certains d’entre vous. Ces dernières années, il est facile de constater un retour aux origines de la photo et des principes de base comme l’utilisation d’un simple appareil avec une pellicule pour capteur.

Loin de la course au matériel et aux pixels, la photo argentique permet de (re)prendre le temps de déclencher et de (re)penser ses clichés avec la contrainte, si cela en est une, du nombre de photos limité par la pellicule.

© Leo Piastra

Comme l’évoque Anne-Laure Vaquette, Business Manager chez Kodak Alaris dans le dernier numéro de FishEye Mag, la photo argentique permet « aux plus jeunes d’entre nous de découvrir les fondements de ce qui nous passionne. »

Pour rappel, afin de déclencher avec le bon couple ouverture/vitesse d’obturation, il est nécessaire d’utiliser une cellule. La cellule intégrée à nos appareils numériques évalue la quantité de lumière présente (calculée en fonction de la mesure d’exposition) afin de déclencher à la bonne vitesse en fonction de l’ouverture et de la sensibilité.

Le mode automatique, par exemple, effectue ce réglage à la fois au niveau de la vitesse et de l’ouverture du diaphragme pour obtenir le meilleur résultat.

© James (Jimbo) Eckberg
Différentes cellules « externes » ou posemètres © James (Jimbo) Eckberg

Les appareils argentiques intégraient également cette cellule, mais beaucoup de photographes avaient recours à une cellule externe, appelée posemètre, pour plus de polyvalence et de fiabilité.

Deux types de mesure de lumière sont possibles : la lumière incidente, c’est à dire la lumière qui arrive sur le sujet à mesurer, et la lumière réfléchie qui correspond à la lumière que pourrait dégager le sujet. Un posemètre s’utilise en plaçant la cellule photosensible au niveau du sujet à photographier ou en sa direction suivant le type de mesure utilisé.

Présentation du Lumu

Lumu est livré dans une boite métallique et une petite sacoche en cuir permet de protéger le capteur. Un tour de cou permettant de transporter le Lumu est également fourni avec.

Si vous possédez des produits de la marque à la pomme, vous ne serez pas dépaysé, l’ensemble est très soigné.

DSC_2014 DSC_2015 DSC_2033

DSC_2019
© Leo Piastra

Application obligatoire

Pour utiliser la cellule, vous devez télécharger l’application Lumu Photo. L’application est d’ailleurs obligatoire pour utiliser le Lumu et elle permet d’effectuer la mesure, mais pas seulement.

Les réglages vous permettent de renseigner quel type d’appareil vous utilisez, argentique ou numérique, de calibrer la cellule en fonction de certaines contraintes ainsi que de nombreux réglages précis en fonction de votre utilisation.

La calibration de notre Lumu était correctement effectuée d’origine. Elle doit être vérifiée pour chaque appareil avec lequel vous l’utilisez.

Il est également possible de créer des notes associées à une mesure, afin de pouvoir mémoriser des réglages pour une situation en particulier ainsi que d’y ajouter une photo prise avec votre smartphone, pour mieux mémoriser le moment de la mesure et de la prise de vue par exemple.

Menu principal - Différents réglages disponibles - Création d'une nouvelle note sur un nouveau film
Menu principal – Différents réglages disponibles – Création d’une nouvelle note sur un nouveau film

Il existe également une application Lumu Vidéo destinée aux vidéastes en quête de réglages précis.

A noter que les applications peuvent fonctionner sur tablettes mais ne sont pour le moment pas optimisées.

Le Lumu sur le terrain

En photo de paysage

Pour le test, nous avons réalisé deux photos identiques avec pour la première prise la cellule intégrée de l’appareil et la seconde avec les réglages préconisés par l’application Lumu.

Photo avec la cellule intégrée
Photo avec la cellule intégrée – © Leo Piastra
Photo avec le LUMU Lightmeter
Photo avec le LUMU Lightmeter – © Leo Piastra
Réglages LUMU vs Cellule FE2 intégrée
Réglages LUMU vs Cellule FE2 intégrée

Hormis le ciel qui est différent dû au fort vent qu’il y avait ce jour-là, on constate que le Lumu fait très bien son travail. Il a proposé des réglages identiques à la cellule intégrée à l’appareil argentique.

Avec un sujet rapproché

Le Lumu mesure la lumière incidente, c’est à dire la lumière qui arrive sur le sujet à mesurer. Un point qui peut être dérangeant pour certains, un détail pour d’autres.

Mesure de l'exposition - ©leoguets
Mesure de l’exposition – © Leo Piastra
Résultat - ©leoguets
Résultat – © Leo Piastra

Ici le sujet est correctement exposé, les réglages proposés par Lumu étant également les mêmes que ceux de la cellule intégrée de notre appareil.

Pourquoi choisir le Lumu ?

Ce posemètre nouvelle génération s’avère très plaisant à utiliser. Un simple branchement sur votre smartphone via la prise Jack, une mesure rapide et vous avez vos réglages. Pas le temps pour la cellule de vider la batterie de votre téléphone, nous n’avons constaté aucun changement d’autonomie suite à son utilisation. Mais si vous utilisez le Lumu de manière intensive, il faudra réfléchir à la batterie de votre smartphone.

Sa petite taille en fait un compagnon toujours à portée de main, disponible directement sur votre appareil photo grâce à son étui en cuir pouvant être attaché à votre courroie. Le Lumu sait ainsi se faire oublié tout en restant toujours disponible.

DSC_2021
© Leo Piastra

Le Lumu est une solution fiable face à certaines cellules intégrées des appareils argentique de l’époque qui pouvaient avoir une cellule mal calibrée, peu précise et mettant en danger le résultat de votre pellicule.

C’est également une alternative sérieuse aux posemètres traditionnels qui peuvent rapidement coûter une petite fortune, selon les fonctionnalités (de 100€ à +500€). Ici le Lumu propose une solution fiable et complète pour ceux qui souhaiterons aller plus loin en précision avec leur appareils (argentique ou numérique), ou tout simplement si votre appareil argentique ne possède pas (ou plus) de cellule intégrée.

Lumu est disponible pour 149€ sur le site du fabricant, un prix un peu élevé pour une utilisation qui peut parfois être trop exceptionnelle, mais qui devient abordable pour un usage indispensable à la bonne exposition de ses clichés lorsqu’on ne possède pas de cellule.

Dans notre cas, la cellule intégrée de notre Nikon FE2 convient parfaitement pour obtenir de bons résultats.

Le posemètre Lumu ne dispose pas d’une fonction flashmètre afin de mesurer la lumière provenant de flashs, mais il est possible que Lumu travaille sur une mise à jour logicielle afin de proposer cette fonctionnalité.

Lumu Lightmeter, le posemètre 2.0

Le Lumu est une excellente alternative aux posemètres traditionnels. Toujours sur soi, il s’utilise obligatoirement avec l’application iOS ou Android et est discret, simple d’utilisation et ne nécessite pas de batterie supplémentaire si ce n’est celle de votre smartphone.

La mesure de lumière est restreinte à la lumière incidente sans que cela ne soit une véritable limite.

En conclusion, le Lumu ravira les amateurs d’argentique comme numérique pour sa fiabilité, sa compacité et même son design. Seul son prix de 149€ pourra en rebuter certains, mais les solutions concurrentes traditionnelles sont également dans ces tarifs, bien que plus encombrantes et nécessitant une batterie supplémentaire.

Retrouvez plus d’informations sur le site Lumu.eu.

Note des lecteurs0 Note
0
Taille réduite
Accessoires fournis
Pas de problème d’autonomie
Ouvert aux applications tierces
Application Lumu Vidéo
Son prix, 149€ sur le Shop Lumu
Nécessite un smartphone sous iOS ou Android (pas d’autres OS supporté
Mesure uniquement la lumière incidente
Dépend directement de la batterie disponible de votre téléphone (pas de batterie, pas de Lumu)
8.5
La suite après cette publicité
Rédacteur

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

  1. Bonjour,
    Intéressant ? mais je travaille avec une chambre shen Hao 5×7 inches et un spotmètre Pentax comme Ansels Adams.
    Votre posemètre serait intéressant pour les photographes à la chambre technique MAIS il faut essayer avant
    Pourquoi pas, me contacter si nécessaire.
    J’ai un android Smartphone Samsung

  2. Bonjour,

    Je ne comprends pas pourquoi vous dites que cette cellule portative ne mesure que la lumière « incidente ».

    Il me semble que cela dépend de la manière dont vous la pointez pour effectuer la mesure non?

    Exemple, vous voulez shooter conventionnel avec la lumière derrière vous: Vous pouvez mesurer la lumière réfléchie en pointant la cellule directement sur votre sujet (admettons une personne) et si vous vous placez exactement devant le sujet en lui tournant le dos, ou même à sa place, vous mesurerez la lumière incidente non?

    si vous mesurez uniquement la lumière provenant du sujet, ce sera toujours la mesure de la lumière réfléchie et non incidente.

    Bien sûr, si vous pointez la cellule sur un monument distant de 100 mètres ce sera quasi inutile, comme on a pu s’en rendre compte avec l’exemple d’un reflex argentique muni lui même déjà d’une cellule.

    Par contre, faire un contre-jour en mesurant la lumière réfléchie directement par le sujet sera je pense, utile, car permettra d’effectuer les corrections nécessaires à la parfaite exposition du sujet qui ne sera pas « noir » quand les hautes lumières derrières auront elles, cramé et la photo et la cellule de l’appareil…

    Enfin me semble -t-il …

    A l’époque, on se servait d’une Gossens Lunasix avec mon beauf qui possédait un Zeiss-Ikon Voïgtlander, un Roleiflex 6×6 et une chambre Linhoff…

    C’est ainsi que nous procédions, maintenant, avec l’âge, j’ai peut être oublié quelque chose en route 😀 ma tête peut être !

  3. Je me souviens que pour certaines tofs, on mesurait les deux lumières, incidentes et réfléchies, puis on faisait une moyenne…

    C’est comme ça que je me souviens d’avoir vu mon beauf (c’est lui qui m’a initié à la photo et aussi la voile!) griffonner savamment sur des bouts de papiers pour en sortir la moyenne adéquate…

    Après, y’avait son Icarex 35 Voïgtlander qui s’enrayait au moment crucial ce qui le mettait dans des rages folles mdrrrr 😀

  4. Je pense que ce sera très utile pour utiliser de vieux appareils argentiques comme ceux que j’ai cités qui comme le Voïgtlander avait une cellule dans le prisme, mais « non couplée » et tous les appareils ou chambres anciennes n’ayant pas de cellule ou aux vieilles cellules hors d’usage comme c’est très souvent le cas des « silicium » et autres Cds (Cadmium Sulfure) …

    Sinon, l’utilité restera très limitée sur des appareils déjà « modernes » entre guillemets comme mes Contax ou mes Pentax des années 70 et 80/90 qui étaient déjà bien équipés à ce niveau avec des cellules TTL y compris au flash ainsi que de multiples moyens de corrections, que ce soit au niveau des IL en plus ou moins ou du correcteur d’exposition / mémorisation…

    Avec mon 139 Quartz dans le cas d’un contre-jour, je fais une mesure sur une zone sombre, par exemple aux pieds du sujet sur le sol, je tiens le levier de mémo d’expo et je pointe sur le sujet en contre jour, map faite ou corrigée, je déclenche, et la photo est toujours excellente.

  5. Sur le papier, l’idée est géniale puisque la cellule est petite et donc facile à transporter sur soi.

    Mais deux gros problèmes de base se posent !
    – son prix élevé qui ne la différencie pas d’une vraie cellule (tout juste 40 euros d’écart pour un appareil peu complet et polyavlent)
    – sa polyvalence justement… il faut un téléphone compatible, charger le soft et au niveau fonctions, il en manque (lumière réfléchie, flashmètre, spotmètre).

    Et quid du suivi dans le temps ?

    Il faut voire commet le produit va évoluer tant dans les mises à jour du soft que des fonctions pour être une véritable alternative sérieuse.

    Pour le moment, je ne peux qu’encourager l’idée mais je dis dommage que le produit ne soit pas abouti et pas assez différencié en terme de prix.

  6. Ping : Sunday Links
  7. l’usage d’un posemètre n’est pas réservé à l’argentique, pour avoir un mesure de lumière incidente fiable on utilise un posemètre aussi en numerique