Dans sa série « Paysages urbains : portraits dans l’espace », la photographe taïwanaise Wei Chang étudie le portrait sous tous les angles dans des paysages urbains ordinaires. À travers des couleurs claires et désaturées, elle capture des visages sans émotions, mis en scène dans un univers dystopique.

© Wei Chang

Wei Chang est une jeune photographe de Taipei, la capitale taïwanaise. Après avoir fréquenté l’université de Cheng-Chi, elle part en France étudier au DNAP de Nancy. Son travail est réalisé en collaboration avec des danseurs, artistes performeurs et designers indépendants. Elle met en scène ses photographies mais pratique également la photographie de rue.

« Je perçois la photographie comme un moyen de visualiser les idées que j’ai en tête. Dans ce projet, je visualise ces portraits de manière à ce qu’ils aient une implication avec l’environnement. Cependant, je réalise également des portraits qui présentent simplement la forme des corps. »

© Wei Chang

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Portraits dans les backstages de Taipei

Wei Chang pratique essentiellement le portrait, interrogeant la relation entre le corps et l’espace. Elle n’a pas recours à de gros plans, la focalisation sur ses modèles passe par leur intégration dans un environnement qui les surpasse.

Ces photographies ont été prises à Taipei, dans des lieux qui passent inaperçu et qui sont ignorés au sein de la métropole. Ces endroits ont été soigneusement choisis par l’artiste pour présenter le paysage urbain de sa ville natale : une piscine située au centre d’une zone résidentielle, les tours d’un parking entouré de vieux bâtiments, des ponts d’autoroutes ou les recoins d’une université. Ces endroits sont pour Wei Chang comme les coulisses de la ville.

« Ce sont des endroits auxquels les gens ne font pas vraiment attention mais au sein desquels nous vivons. Ce ne sont jamais des ruines ou des endroits abandonnés, mais plutôt des espaces ignorés même s’ils sont juste sous nos yeux. »

© Wei Chang

Redéfinir l’espace urbain

L’univers dystopique de la série est « un effort sans fin pour voir aussi loin que possible dans des espaces clos », explique l’artiste.

Le choix est fait de ne pas représenter l’atmosphère bondée et saturée de la métropole taïwanaise pour mieux se focaliser sur une personne, un corps, et l’architecture des lieux. Au profit également de la représentation de ces espaces clos sans que l’on n’aperçoive même le ciel. C’est ainsi que Wei Chang entend montrer l’atmosphère de ces zones urbaines : silencieuses et impassibles. « Je suis fascinée par le paysage urbain et la structure des architectures et des espaces », déclare t-elle.

© Wei Chang

Passionnée par les détails de la vie urbaine — aussi bien physiques que concernant les mentalités —Wei Chang crée un univers dystopique à travers « Paysages urbains : portraits dans l’espace » qui n’en reste pas moins poétique.

Wei Chang travaille actuellement sur une série de portraits masculins de danseurs, dont le thème se concentrera sur le corps et le genre. Pour en savoir plus, rendez-vous sur son site internet.